Glaglagla – Carte postale de Suède

La Suède, pays des grands froids, des manteaux en peau d'ours polaire et des chaussures en fourrure de phoque. Sus aux clichés !

Glaglagla – Carte postale de Suède

« OH MON DIEU ! Mais ça va ? T’as pas trop froid ? » : voici la réaction de 99% des gens de mon entourage quand ils apprennent que je passe le semestre en Suède. Aujourd’hui nous allons donc parler glaçons, flocons et bout du nez rubicond. C’est pas compliqué, tout le monde le sait : en Suède il fait un froid polaire.

Là je prends ma voix de Norman et je dis : FAUX !

Petite mise au point sur l’hiver suédois

Bon, d’accord on ne va pas se mentir : si vous avez grandi sur la côte d’Azur, que pour vous la capitale « C’est déjà le Nord » et que passer vos vacances en Bretagne signifie forcément « été pourri » ça risque d’être un peu difficile au début. Mais si vous n’avez connu que Paris, Metz, Lille ou Bruxelles ça passera très bien. En ce qui me concerne le froid était même une motivation supplémentaire pour aller en Suède (je suis caniculophobe, ne me jugez pas merci) et… j’ai presque été déçue : mon pantalon de ski reste desespérément au fond du placard. Frustration.

En fait il convient juste de faire quelques petits rappels pour tordre le cou aux clichés !

  • La Suède est un pays très très long (1600km). C’est grosso modo la distance entre Hambourg et Rome ! Vous trouverez donc des statistiques affolantes sur Internet avec des températures minimales à -30°C, -40°C, voire -50°C (soyons fous) mais elles concernent l’extrême nord du pays !
  • L’immense majorité de la population (85% tout de même) vit dans le tiers Sud du pays et on y atteint rarement les -20°C (je les attends toujours). À Stockholm, la moyenne des températures hivernales est… -2°C. Pas bien méchant donc.
  • La neige tombe souvent mais pas toute la journée, ni en très grosse quantité. Personnellement je préfère ça à la pluie.
  • Le vent a également une grande importance sur le froid ressenti et coup de chance il est peu présent à l’intérieur des terres. De manière générale, le froid suédois est supportable parce que l’air est SEC.

Moralité, si vous vivez en ville, vous n’aurez pas un hiver beaucoup plus rude qu’en France. Par contre il faut vous préparer psychologiquement à un hiver qui dure beaucoup, beaucoup plus longtemps. Disons qu’il neige souvent de novembre à avril pour viser large… En revanche, dès la mi-mars les journées sont plus longues qu’en France !

L’impact du froid sur la vie quotidienne

La première chose que je peux dire c’est que la neige n’est pas une gêne au quotidien et ça change tout ! Même quand il neige toute la journée sans discontinuité les routes sont toujours dégagées, les bus circulent et la vie continue. Les municipalités déposent des gravillons sur les pistes cyclables dès les premiers flocons. Du coup faire du vélo sur la neige bien tassée est un jeu d’enfant.

Les Suédois-es mettent également un point d’honneur à ce que tous les lieux publics et les transports en commun soient bien chauffés et… ils y parviennent. Souvent un système de « sas » à double portes à l’entrée aide à l’isolation (alors que je ne sais pas vous mais j’ai le souvenir de certaines salles de cours glaciales dans mon ancien lycée…). Si vous enfilez trois pulls l’un sur l’autre, vous allez bêtement mourir de chaud, alors profitez du chauffage, vous êtes au pays du cocooning.

Enfin, l’avantage de cet hiver si long c’est que les Suédois-es profitent à 100% de leur été. Oui, un vrai été avec des barbecues qui durent toute la nuit (puisqu’elle ne tombe pas) et des mômes qui se baignent dans la mer Baltique. Un été avec des fraises et des gens qui passent leur vie dehors à pique-niquer. Il faut bien faire le plein de vitamine D !

Pire que la neige, l’expérience du dégel

Quand je suis arrivée en Suède, début janvier, tout était comme je l’avais imaginé : entièrement blanc, scintillant, immaculé. Magnifique. C’était comme ça depuis Noël et ça a duré deux semaines. Il faisait bon (-3°C, -4°C) puis on a eu un jour de grand froid (-15°C) et enfin il s’est passé un truc absolument horrible : on a pris 20°C en deux jours et la neige a fondu. Et là, en l’espace de trois jours j’ai appris plein de trucs :

  • La variation de température est tellement importante qu’il est possible d’avoir très chaud même s’il fait 2°C. Allez expliquer ça à votre organisme.
  • La neige blanche, fraîche c’est merveilleux. La boue grisâtre c’est l’enfer. Les Suédois-es ont même un mot pour ça : ils l’appellent « slask » (comprenez « sprotch », c’est pareil). C’est moche, triste, on éclabousse ses vêtements, mais il y a pire.
  • Se déplacer en voiture/à vélo/à pied sur la neige, on l’a déjà dit ce n’est pas un problème en Suède. Sur le slask et dans les flaques c’est plutôt sale mais encore jouable. Le pire vient en réalité quand il recommence à faire froid et que l’eau gèle. Alors la ville entière devient une patinoire et vous finissez par faire comme les Suédois-es : PRIER pour que la neige tombe à nouveau et qu’elle tienne le plus longtemps possible.

J’ai aussi appris à ne pas laisser mon vélo tout seul trop longtemps mais c’est une autre histoire.

Le froid en Suède : petites choses à savoir

Pour être entièrement honnête il y a quand même eu quelques situations où je me suis dit « Tiens, il caille là » :

  • L’antivol de ton vélo peut geler. Tu casses ta clé dedans et c’est une journée qui commence dans la joie et la bonne humeur.
  • On peut rouler sur certains lacs. Il y a des routes tout à fait officielles où l’épaisseur de glace atteint plusieurs dizaines de centimètres. Même si elles ne sont pas ouvertes toute l’année, elles sont signalées sur les cartes routières. En été, les pêcheurs rigolent bien parce qu’ils se retrouvent avec des panneaux de signalisation au milieu du lac…
  • Tu n’as pas besoin de t’habiller avec 36 couches (même le collant sous le pantalon est superflu) mais il y a quand même une chose à laquelle tu ne couperas pas : les GANTS (le bonnet est en option selon le vent). J’ai dit qu’il faisait un froid très sec, ce qui veut dire qu’on ne le sent pas mais qu’il attaque tout de même ! Protège tes extrémités sinon tu vas devoir vider ton tube de crème hydratante.

Et toi ? Es-tu frileuse de nature ? As-tu suffisamment confiance en ton métabolisme pour prendre l’avion direction Stockholm sans bourrer ta valise de chaufferettes ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Georgia Parker
    Georgia Parker, Le 9 mars 2013 à 17h11

    Et ben je dois être sacrément frileuse alors. Parce que cet hiver je l'ai bien senti passé, surtout en décembre où on a eu -15° plusieurs jours. C'est surtout le vent qui est fatal, par exemple là il fait 0° degré, il y a du soleil donc c'est cool mais il y a énormément de vent. Je ne sors jamais sans mon gros manteau, mon écharpe, mes gants et un truc sur la tête + ma capuche sinon j'ai beaucoup trop froid.
    Au premier semestre j'habitais dans un endroit un peu à l'écart entouré de champ et le vent y était HORRIBLE... impossible d'avancer à vélo. Enfin bref.

    Sinon je m'y retrouve pour tout ce qui concerne le vélo sur la neige, l'antivol qui gel etc

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