J’ai testé pour vous… bosser dans le BTP, un milieu 99% masculin

Pondu par Sassinak le 9 décembre 2012     

Sassinak est une jeune femme maître d’oeuvre dans le bâtiment. Conséquence : elle ne travaille qu’avec des hommes… et vous explique comment ça se passe !

Je me présente : je m’appelle Sassinak, j’ai 23 ans et j’évolue dans un univers professionnel entièrement masculin.

Un univers masculin, comment ça ?

Je travaille dans le monde merveilleux du BTP. Mon métier, c’est de faire couler du béton, monter des agglos, ouvrir des tranchées. J’occupe le poste de maître d’œuvre, c’est-à-dire que j’assure le lien technique entre le maître d’ouvrage (le propriétaire) et les entreprises. Mon client, le maître d’ouvrage, m’indique ce qu’il veut faire sur sa propriété, je m’occupe de définir un cahier des charges en accord avec lui, de trouver des entreprises, de passer des appels d’offre, de suivre les travaux et de faire la réception. Pour prendre un exemple simple, si vous voulez construire une maison, le maître d’œuvre est souvent l’architecte. Vous dites « Je veux une maison », l’architecte se charge de vous faire raconter la maison de vos rêves, de la dessiner, et en avant Guingamp !*

C’est un métier un peu difficile, dans le sens où une bonne partie de mon travail se passe dehors. Oui, l’hiver je me les gèle souvent, surtout lors des lancements de chantier à 7h du matin (joie dans mon cœur le lundi matin quand le chantier est à 2h de route de la maison). Et oui, l’été c’est souvent l’enfer quand il faut gérer une réception en plein cagnard. Le point positif, c’est qu’on n’apprécie jamais autant d’être dans un bureau chauffé que quand on a passé la matinée dehors par -5°C. Ma maman me demande souvent si je ne veux pas changer pour un métier plus tranquille dans un bureau. Personnellement, je ne conçois pour l’instant de passer ma journée assise derrière un PC.

Jai testé pour vous... bosser dans le BTP, un milieu 99% masculin hardhat

Je ne vais pas être de mauvaise foi : je savais bien en choisissant cette voie qu’il n’y aurait pas beaucoup de filles. En revanche, je ne m’attendais pas à n’avoir aucune femme dans mon environnement de travail. Il est vrai que je fais des travaux routiers, et par leur difficulté ils ne sont pas très prisés par les femmes. Il y a en revanche de plus en plus de conductrices de travaux dans le bâtiment, avancée que je salue. Pour être honnête, je côtoie quelques femmes. Toutes sont des secrétaires. Oui, je sais, c’est un sacré cliché, mais c’est aussi ma réalité.

Travailler avec des hommes, qu’est-ce que ça implique ?

Avant de décrocher mon diplôme (je suis ingénieur en génie civil, EH OUAIS !), j’ai fait quelques stages. L’un d’eux s’est assez mal passé : un des ouvriers refusait de me serrer la main, c’était contraire à sa religion… Et le grutier a passé les deux mois de ma présence à pester parce qu’une femme sur un chantier, ça porte malheur. Charmant. Les personnes qui encadraient le chantier ont su être suffisamment intelligentes et sont intervenues à bon escient. Cette réaction m’a d’abord mise mal à l’aise puis m’a confortée dans mon choix de carrière. Après tout, si toutes les filles baissent les bras dès le premier misogyne venu, on n’avancera jamais ! D’autres stages se sont passés à merveille, j’ai rencontré des gens heureux de voir la gente féminine débarquer et ayant réellement envie de m’apprendre des choses.

Dans mon poste actuel, je suis confrontée à deux types de personnes : les plus de 45 ans et les moins de 35 ans (mais où sont les 35-45 ans ?!). Avantages et inconvénients.

Les plus de 45 ans sont les plus délicats à gérer, ce sont souvent des « vieux de la vieille » qui font leur métier depuis des décennies. Pour beaucoup, j’ai l’âge de leurs enfants, pour certains de leurs petits-enfants. Je pourrais donc facilement être leur fille, chose qu’ils ont tous la délicatesse de ne pas dire (il faut dire aussi que ça leur colle un sacré coup de vieux). Mon métier implique de les encadrer, de leur donner un planning et de les engueuler quand il y a un souci. Je suis entravée par un préjugé : un homme qui hausse la voix est perçu comme quelqu’un qui « en a », une femme qui fait la même chose est une hystérique. J’ai donc appris à ne jamais lever la voix, mais à verbaliser le plus possible les choses. L’autre souci, c’est qu’il est compliqué d’engueuler quelqu’un qui pourrait être ton père et qui est moins enclin à te prendre au sérieux du fait que tu es une nana. Je m’astreins donc à être irréprochable : je fais le maximum de choses en concertation avec les entreprises, j’écoute leur point de vue, je donne le mien, je prouve que je connais mon sujet (c’est important de montrer que je ne passe pas mes journées à me faire les ongles en lisant madmoiZelle) et je me débrouille le plus possible pour arriver à un accord sans passer par la case « hurlements sauvages ».

Jai testé pour vous... bosser dans le BTP, un milieu 99% masculin jouet

Quand je dois faire preuve d’autorité, je prépare toujours mes arguments avant la réunion/le coup de fil : qu’est-ce qu’il s’est passé, qu’est-ce qui était convenu, à quel moment c’est parti en cacahuète, et pourquoi je ne suis pas contente. Stratégie en béton (BLAGUE) qui a toujours payé. Mon point fort, c’est mon chef et mes collègues. Ils sont tous ultra contents d’avoir une nana avec eux, déjà parce qu’ils trouvent que c’est bien que la jeune génération touche à tout (oui, « jeune génération » : mes collègues ont tous plus de 45 ans) et faut avouer que ça les change agréablement des vieux barbus de tous les jours. Ils sont donc toujours prêts à m’épauler si j’ai un souci. Les entreprises savent qu’ils font bloc avec moi, et ça aide.

Pour les moins de 35 ans, c’est beaucoup plus simple. Ils sont de la génération que ça ne dérange pas de voir une nana traîner ses chaussures de sécurité dans le coin. J’ai des relations plus simples et plus directes avec eux. Le tutoiement est venu plus facilement (dans le BTP, de toute façon, le « vous » n’existe pas). Il est beaucoup plus simple, pour eux comme pour moi, de hurler un bon coup et de reprendre des relations tout à fait cordiales ensuite. Je pense que pour eux, fille ou garçon, ça ne fait pas de différence. Et ça, c’est juste chouette.

Pour les madZ qui se demandent si elles veulent s’orienter là-dedans, je dirai juste : viendez ! (En plus, y a plein de beaux mecs à mater.)

*Je milite pour la réhabilitation des expressions obsolètes.

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224 BIG UP
 

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Les 10 dernières réactions à cet article sur le forum

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  1. Priscilla-Priscilla-

    Le 10 décembre 2012 à 10:08

    un homme qui hausse la voix est perçu comme quelqu’un qui « en a », une femme qui fait la même chose est une hystérique. J’ai donc appris à ne jamais lever la voix, mais à verbaliser le plus possible les choses.[…]et je me débrouille le plus possible pour arriver à un accord sans passer par la case « hurlements sauvages ».
    Big up. L'histoire de ma vie.
    Posted by 5aje
    En revanche, je ne suis pas de ton avis lorsque tu dis dit qu'il vaut mieux ne pas hausser le ton : quand tu te retrouve en réunion de chantier et que tu as 10 gars qui sont partis dans une discussion débile, à un moment, tu es obligée de te faire entendre parce qu'ils ont pratiquement oublié que tu étais là.

    Je partage son avis sur le "ne pas hausser le ton mais verbaliser" car oui, çà fait très mauvaise presse que l'on soit un mec ou une fille. Généralement, celui qui vocifère ne joue que sur l'argument du "plus tu cries, plus tu te fais entendre". La logique serait de compter sur le pouvoir de ses arguments. Enfin je l'ai souvent expérimentée. Je suis souvent vite passée pour la "fille qui a ses règles" quand çà partait en cacahuètes.

    Je m’astreins donc à être irréprochable : je fais le maximum de choses en concertation avec les entreprises, j’écoute leur point de vue, je donne le mien, je prouve que je connais mon sujet (c’est important de montrer que je ne passe pas mes journées à me faire les ongles en lisant madmoiZelle)
    C'est une des raisons pour lesquelles j'ai vraiment l'impression que dans un milieu masculin, une femme doit travailler 10000fois plus. On n'a carrément pas droit à l'erreur, au risque de retomber dans les clichés "c'est trop dur car elle est une femme", "elle est en retard car elle a pris plus de temps pour se pomponner", "elle ne sera pas au boulot car elle a ses règles". Du coup, j'ai un peu tiqué sur la phrase :
    Il est vrai que je fais des travaux routiers, et par leur difficulté ils ne sont pas très prisés par les femmes.

    Le point positif est à mon avis est que oui, les femmes ont tendance à être de plus en plus "sollicitées" dans ces environnements masculins. Et c'est plutôt encourageant. Même s'il reste toujours des murmures, des insinuations misogynes à l'arrivée d'un femme (chez les "vieilles" générations).
  2. Li-LooLi-Loo

    Le 10 décembre 2012 à 10:27

    "un des ouvriers refusait de me serrer la main, c’était contraire à sa religion…"

    Je voulais juste dire qu'il y a effectivement des interdictions de ce genre dans certains cultes, ce n'était pas juste ce mec là qui était misogyne.

    Et gros gros big up à cette Madz du tonnerre!!
    A quand un article d'un homme qui bosse dans un milieu féminin? parce-que ça doit pas être facile tous les jours.
  3. AustineAustine

    Le 10 décembre 2012 à 14:02

    Bonjour je suis une gonzesse et je boss dans le BTP!!!

    J'ai commencé par un apprentissage en peinture, je vous dit direct avoir 16 ans et bossé sur les chantiers blindé de mecs, c'est pas facile tout les jours!!
    Il faut faire attention à tout:
    - en été, il ne faut pas montrer trop de peau
    - ne pas être trop féminine
    - et surtout ne pas avoir peur d'ouvrir sa grande bouche!!

    Dans ma boite, ça posait pas trop de soucis que je sois une nana, mais le problème venait surtout des autres entreprises sur le chantier.
    Il y a tout d'abord c'est qui te sifflent de loin, c'est relou mais ils sont pas méchant. Ensuite il y a les remarque macho "tu t'es tromper, ici c'est pas un salon de coiffure!" … et ceux qui ont les mains baladeuses : " Je te laisse pas sortir, si tu me fait pas un bisou!", m'ont dit une fois de grands costaux qui sont venus s'enfermer dans le logement où je bossais.


    Maintenant, j'ai 22 ans et je suis encore en apprentissage mais en tant qu'Economiste de la construction.

    Ça se passe mieux sur les chantiers, car maintenant c'est un peu moi la "chef".
    Mais j'ai eu du mal (et j'en ai encore) à ce que les autres chargés d'affaires (mâles) arrêtent de me considérer comme une secrétaire.


    Etre une femme dans le BTP, c'est se battre tout les jours (un peu) pour faire sa place. On peu dire qu'on la mérite plus que certain hommes.
  4. LisazertyLisazerty

    Le 11 décembre 2012 à 17:23

    Cet article est très intéressant et traite d'une façon anodine d'un problème assez récurent dans la société française. Par contre ce qui est positif, c'est que les jeunes gens semblent changer la donne (ouf)!

    Je m'y "connais" un peu, car ma grand-mère était ingénieure spécialisée dans le béton armé, bon nombre de ses amies ont des métiers très peu glamour dans le même style.
    Comment ce fait-ce ? Eh bien, elle n'a pas vécu en France tout simplement, mais en Russie.

    C'est là que ça devient intéressant, les femmes russes ont réussi à acquérir une parité quasi-totale dans le monde du travail. En effet, dés les révolutions de 1917, les femmes ont acquis les mêmes droits que les hommes, la famille comme noyau de la société n'existait plus (mon arrière grand-mère a eu 2 enfants hors mariage, ma grand-mère a divorcé 2 fois, ça n'a jamais choqué personne), la population s'est prolétarisé et le travail d'un "prolétaire" est rarement un travail glamour.

    Ce qui est vraiment marrant c'est que la femme russe n'est pas une féministe, la plupart de mes amies russes peuvent être carriéristes et indépendantes, mais elles ne sont pas du tout féministes, si un homme rentre dans leur foyer, elles se plieront tout de suite en quatre pour le servir et leur seul vrai but dans la vie c'est de "bien" se marier et d'avoir des enfants. Et pourtant dans cette société particulièrement machiste, ce sont les femmes qui tiennent à la fois les rennes à la maisons et le marteau piqueur sur les chantiers.
  5. SassinakSassinak

    Le 11 décembre 2012 à 22:27

    Hello !

    Désolée d'avoir été aussi longue à répondre, j'ai mis un peu de temps à comprendre le fonctionnement du forum (pas l'habitude…).

    Je suis contente de voir que les filles qui vivent dans la même ambiance que moi ont les mêmes ressentis. Ne côtoyant pas de femmes au quotidien, j'ai du mal à me faire une idée de ce qui est normal de ressentir (à propos, @Hole:cupidon: corporatiste !).

    Pour répondre à endorph1ne
    Sinon, question assez personnelle, à laquelle tu n'es pas obligée de répondre : comment vis-tu ta féminité au quotidien ? Je veux dire que t'as bien le droit d'avoir un joli rouge à lèvre, des ongles manucurés et d'être bien coiffée. Et malheureusement pour encore beaucoup de gens, une femme qui bosse dans un environnement "de mecs" se doit d'être sapée comme un sac, avoir un physique de camionneur et bien sûr, être lesbienne (de mon point de vue ça n'empêche en rien d'être féminine mais je parle de clichés là). J'imagine que ça doit te décrédibiliser encore plus auprès de certains, du genre "oh elle va pas vouloir se casser un ongle" ou "elle ferait mieux de faire son boulot plutôt que de se regarder dans le miroir" ?
    Alors, pour moi il faut séparer deux choses: le chantier et le bureau. Les filles conductrices de chantier ne peuvent généralement pas séparer les deux, le bureau étant bien souvent un algeco sur le chantier.:
    Sur le chantier, pour des questions de sécurité, c'est pantalon et au moins baskets, sinon chaussures de sécurité. Je suis tombée une fois sur un treillis soudé, vu l'état de mon coude en lambeau, j'ai remercié mon jean. Les jours où je suis au bureau ou si j'ai des réunions, je fais souvent péter les talons et les jupes, ça me change. On m'a sorti une fois "c'est quoi ces chaussures de gonzesses ?". Réponse: "ce sont des chaussures de fille, et elles me vont mieux qu'à toi. Si tu veux, je peux t'en avoir dans ta pointure". Fin des remarques sur mes vêtements. Après, bien sûr, on est dans un milieu professionnel. Quel que soit la proportion des deux sexes, j'estime que ce n'est pas le lieu pour les décolletés plongeants et les minijupes, donc j'évite.
    Pour le maquillage, je fais le strict minimum (mascara et baume à lèvres), tout simplement parce que je ne sais pas me maquiller. Mais j'apprend tranquillement le week end, et le jour où je viendrais maquillée, je ne tolèrerai que des compliments ;)
    Question manucure, j'ai déjà ruiné mon vernis à ongle sur un chantier, et sans aucune hésitation ni aucune râlerie après. J'ai juste fait comme si ça n'existait pas, et je continuerai dans cette voie !

    @sabrinalafraise ouais, je vois bien ce que tu veux dire là Tu peux faire tout ce que tu veux, faire des propositions, quand ça sort de ta bouche, ça compte pas. Le chef d'à côté dit EXACTEMENT la même chose 5 minutes plus tard, et il applaudit des deux mains
    BOULETS !!

    @Ailedelalune Je plussoie le coup de l'entrainement à la répartie !

    @Lulubellule ça m'intéresserait de lire ta thèse quand tu auras terminé, si jamais c'était possible

    @LouAnne Je pense sincèrement qu'il faut prendre les deux expériences. Il faut passer un peu de temps comme ouvrier pour avoir une idée du travail qu'ils font, et pour avoir une idée des cadences, de ce qui est supportable. Savoir aussi comment le conduc est perçu par ses gars. J'ai appris par exemple l'importance d'aller dire bonjour à tout le monde quand tu arrives sur le chantier. Et il faut aussi voir un peu de BE pour comprendre les rouages de la bête.

    @Broly je voulais dire par là (métier peu prisé par les femmes), que c'est un métier où il faut pouvoir être dehors à toutes les heures et par tous les temps. Beaucoup de mes amiEs sont rebutées par ça et préfèrent rester au chaud dans leur bureau, c'est tout ce que j'ai voulu exprimer :)

    @Li-loo voui, je suis d'accord avec toi. mais il y a une différence entre refuser de serrer la main à un femme en la considérant ostensiblement comme une sous merde, et refuser la même chose en respectant sa qualité de femme ! Je ne l’ai pas développé dans l’article parce que j’ai crains une polémique à ce sujet, qui n’a pas lieu d’être. J’ai tout à fait conscience qu’il s’agissait là du comportement d’un individu et pas de la communauté musulmane en général.

    @Lisazerty Alors ça, c'est hyper intéressant, je ne savais pas du tout que la Russie était comme ça. J'aurais jamais pensé dire ça, mais big up à la Russie sur ce coup là !
  6. nwasettnwasett

    Le 18 décembre 2012 à 08:38

    hey salut les copines de chantier!

    Spoiler!
    Moi j'ai bossé pendant 3 ans dans une boite qui vend et installe des piscines, des pompes, et de l'arrosage.

    Sur le chantier pendant 3 ans, j'ai trouvé que ça se passait vraiment bien avec les gars. Une fois les bases posées (genre, non je tolère pas les vannes sexistes à répétition,1 de temps en temps ok mais faut s'attendre à une méchante répartie sur ta virilité mon pote) c'était des mecs super, toujours ok pour me donner un coup de main à porter des trucs lourds (j'en ai charrié des tonnes de sable!) et me demander conseil même pour des trucs techniques ou je pouvais être plus calée qu'eux.

    En fait je pense pas avoir eu + de difficulté que n'importe quel "petit jeune" qui serait arrivé dans l'équipe et aurait dû faire sa place et ses preuves.

    Pareil avec le chef (65 ans), qui me donnait la même charge qu'aux autres gars, tout en mettant à profit mes petits + (relation client, par exemple).

    Par contre, le fils du patron, 30 ans, blagues sexistes, t'es mal habillée= tu fais pas envie t'es moche, tu fais un effort=t'es là pour allumer, t'es en chaleur, enfin vraiment pénible… autant les autres pouvaient vanner "gentiment" autant lui était lourd, mais lourd… :p

    Bon après, y'a les clients: qui pensent que parce que t'es une fille, t'y connais rien. Qui sont des vieux de la vieille qui pensent tout savoir et vivent mal de se faire expliquer comment marche tel ou tel matériel par une "gamine".

    Et puis les gars des autres boites, que tu croises sur le chantier, qui savent pas vraiment qui t'es ni pourquoi t'es là. Un jour j'ai mis une beigne à un mec qui m'a touché les seins après une pause déj trop arrosée. Mais comme j'ai dit plus haut, une fois qu'ils ont compris que tu bosses comme eux, y'a plus de problème. Même avec mon vernis à ongle pétant et mes shorts déchirés en été ^^


    Je pense que l'expérience est vachement différente quand on est pas chef! En tout cas j'aimerais bien y retourner :p
  7. °sam°°sam°

    Le 20 décembre 2012 à 23:30

    Je connais ça aussi, bon pas dans le bâtiment mais en mécanique ^^ je bosse dans un bureau d'étude en aéronautique qui est composé d'une trentaine de personnes que des hommes sauf moi et une collègue ! Je me suis complètement reconnu dans ton article surtout que j'occupe un poste ou je dois chercher toute les petites erreurs et courir après tout le monde pour les régler étant de nature très timide ça a pas été facile de s'imposer au début ! Mais maintenant ça va, la plupart de mes collègues sont dans la catégorie "jeune génération" et c'est vrai qu'on voit la différence ^^
  8. JustineRLJustineRL

    Le 01 mai 2013 à 17:54

    Bonjour,

    J'ai 24 ans et je travaille en tant qu'assistante communication dans une entreprise de matériels TP.
    Je suis en plein dans la rédaction de mon mémoire de fin d'étude qui a pour super chouette sujet "le recrutement des femmes dans le BTP".

    Je recherche des témoignages, des échanges sur le quotidien des femmes qui bossent dans le BTP, et si vous avez un petit peu de votre temps à m'accorder, j'aimerais vous poser quelques petites questions.

    Merci à toutEs pour votre aide :)
  9. PikwikPikwik

    Le 02 mai 2013 à 20:02

    Hey les Madz!!!

    J'ai été super contente de lire cet article, simple et très juste, et tous vos commentaires!

    Je suis pour ma part archéologue, et si mes études se déroulent dans un milieu assez féminin (même si les hauts postes restent relativement réservés aux z'hommes), il m'est arrivé de travailler sur des chantiers préventifs. Comprendre : fouiller et en apprendre un max sur des vestiges archéologiques avant qu'on ne construise un parking, une autoroute, une voie ferrée, un immeuble… Du coup là, on est vite confrontée aux différents métiers du BTP et à l'atmosphère chargée de testostérone!

    J'ai eu affaire à deux types de personnalités, sans tenir compte de l'âge. Le mec ouvert, conducteur de pelle mécanique, qu'on a dû former à la "fouille à la pelle" et qui, au fil des 6 mois passés avec nous, s'est finalement intéresse à l'archéo, pose des questions, s'enquiert de nos études et de notre avenir, et de l'avenir de ce qu'on a découvert ensemble. Qui partage ses repas avec nous, etc, etc… Bref, du bonheur!

    Et puis l'autre personnalité, le mec qui se les touche quand il surprend un peu trop de peau… Ben oui, quand on fouille en plein été, on a tendance à mettre débardeur et éventuellement short (surtout en Provence!). Du coup, on voit la peau, et souvent les décolletés (quand on se penche quoi… et on est TOUJOURS penchée!!!). Celui-là s'est fait remettre en place par une de mes collègues, remontée au chef, explications, etc… Mais les "gonzesses" sur les chantiers, ça n'a rien à y faire!

    Alors les Madz, allez-y! Non seulement vous pouvez y faire un job génial, côté BTP ou autre, mais en plus ça fait avancer la question de la parité. Même si des gars se moqueront de voir des nanas dans la poussière ou la boue, à terme, ça les fera cogiter! Et ça, c'est précieux! Même si c'est 1 sur 10 des gars qu'on rencontre, pas grave, c'est toujours bon à prendre!

    Bises à toutes les Madz!!!
  10. m4rym4ry

    Le 15 mai 2013 à 21:40

    Moi je suis en terminale STI et nous ne sommes "que" 5 filles dans ma classe pour 19 gars, c'est un record d'apres mes prof et sa ce voit qu'il ne sont pas habitué a donner cour a des fille XD prof en électrotechnique et mécanique depuis des année il on enseigner cas des garçons, alors au début en 1 er c'était drôle de voir les prof faire des blagues complètement machiste, après sa devient lourd dotans plus que les gars de ma classe suivais le même chemin! Mais après les prof ont arrêter ce genre de blague ( on a encore le droit a certain blague de Q qu'il raconte sans s'en rendre compte , mais on laisse passer) au départ quand il nous fesais cour il essayais de trouver des exemple pour que l'on puissent "comprendre" ( au cas ou que l'on soit plus stupide que les garçon ) il comptait des élément électronique avec des objet de quotidien (fer a repasser, four ou lisseur…). Mon prof principal lui refuse d'engeuler les gars quand il font des connerie si on est la… Mais être des filles en nombre minoritaire a ses avantages, les prof nous font plus confiance, il on finit par être d'accord sur le faite que l'on est plus apliquer a nos cour que les gars, (on travail 4 fois plus aussi ) avec les gars dans. Ma classe l'ambiance était bien au début puis sa c'est dégrader, il ce sont lier contre nous, on c'est fait insulter plusieurs fois et prendre en photos et difuser sur le net a notre insue, les prof non rien fait, sauf une assistante qui est venue en cour d'année et qui c'est rendu compte de ce qui ce passais, maintenant que l'on a mit les point sur les "i" tout vas mieux :P
    on a eu droit a plusieurs visite dans des entreprise très masculine ( arselom mittal pas exemple, ou areva ) avec chaussure de sécurité, casque et bleu de travail :) pendant c'est visite nous somme rentre dans plusieurs bureau, les mur était parsemer de phot de fille nue…
    pendant mon année de terminal les prof nous connaissai sauf un qui nous a balancer de très jolie phrase dans le genre "les filles sont plus maligne elle savent tout" d'un tin de reproche, mais la encore on a parler avec lui est sa c'est arranger
    Quand jau choisi cette filière et que ma mere a vue les cours que jamais avoir elle ma demander très inquiète si je ne me trompais pas de branche !
    Malgres tout sa j'adore la classe, et ma filière et si je devais revenir en arrière je ferais les même choix, elle ma apprit a forger mon caractère, a ne pas le laisser faire par un gars qui croit être meilleur qu'une fille simplement parsesquil est un mec, au contraire nous somme assez proche de nos prof d' électrotechnique et il le disent eux même avoir des filles changent elles ont une meilleur façon de voir des chose, elle sont plus organiser et savent s'imposer quand il le faut ! Je compte morrienter dans les BTP et je n'ai pas peur du faute que l'on soit peut de filles, au contraire dans ma classe en tans que fille nous somme super solidaire entre nous ! Je passe dans les classe de seconde pour présenter ma filière et j'essaye de pousser au maximum les filles a y aller ! Qui sait peut être qu'un jour on inversera la tendance !

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