Celui qui m’a invitée chez lui pour finalement m’envoyer à l’hôtel

A la fin des vacances en 2006, j’ai rencontré l’homme de ma vie. Il était Turc, docteur en Sciences Politiques et m’a invité à passer un week-end en Italie… il était prévu que ca soit chez lui. Après des débuts douloureux (cf. Celui qui était nul sur Messenger. Oui oui, c’est bien le même !), […]

A la fin des vacances en 2006, j’ai rencontré l’homme de ma vie. Il était Turc, docteur en Sciences Politiques et m’a invité à passer un week-end en Italie… il était prévu que ca soit chez lui.

Après des débuts douloureux (cf. Celui qui était nul sur Messenger. Oui oui, c’est bien le même !), j’ai finalement choisi de quitter mon nouveau « home sweet home » pour accepter l’invitation de ce bel apollon du Sud qui m’invitait gentiment à venir passer un week-end chez lui.

Totalement sereine sur le résultat et les conséquences de ce week-end (nos conversations Messenger s’étant nettement améliorées), je passais mon vendredi soir à m’exfolier, à m’épiler, à choisir la nuisette qui irait bien avec mes dessous chics, à penser à emmener mon séchoir à cheveux, puisqu’il m’avait bien précisé qu’il n’en avait pas chez lui, bref je me préparais pour une jolie nuit d’amour, qui pourrait, peut-être, déboucher sur du plus.

Je prends donc le train de nuit pour l’Italie, rencontrant au passage dans mon wagon-lit deux Taïwanaises et un Allemand fort sympathiques, avec qui je débarque du train. L’homme de ma vie est un peu en retard, mais je le vois finalement qui s’approche de notre groupe international. Deux mois que nous nous sommes pas vus, mes compagnons étant toujours là en plus, une sorte de gêne s’installe, et ce n’est pas l’effusion comme cela se passait dans les prévisions que j’avais faites de ce grand moment, mais juste une gentille accolade, louche pour une amitié d’été, insuffisante pour une pré-romance.

Il n’empêche, nous voilà partis pour découvrir les joies de Florence. Petit déjeuner au « Latte », nous commençons à discuter, de tout, de rien, puis on aborde des questions politiques, forcément son sujet favori. Et là commence le pire. Il aborde le sujet de la dernière loi votée par le Parlement Français sur la reconnaissance du génocide arménien et donc sur la culpabilité de l’Empire Ottoman, ancêtre de la Turquie, dans cette affaire. J’essaie la diplomatie, en essayant de donner le moins possible mon avis sur la question. Mais étant donné que je suis moi-même diplômée en Sciences Politiques, il se doute que j’ai une opinion sur cette histoire. Donc il ne cesse de m’interroger. Me disant que ce jeune homme ne pouvait qu’être ouvert d’esprit, je tente une vérité bien enveloppée en lui disant que je ne connaissais pas assez la question pour me prononcer, que ce n’était peut-être pas les affaires du Parlement français, mais qu’une Nation sortait néanmoins toujours grandie de l’admission de ses erreurs passées.

Que n’avais-je pas dit ! Il entame une attaque en règle sur ma nationalité, me demande si je n’ai pas honte de me considérer française malgré mes origines étrangères, s’énerve contre tout ce que je peux dire jusqu’à ce que j’en vienne moi aussi à m’énerver et à lui dire dans mon plus bel anglais « I find your reaction completely stupid ».

Il m’abandonne alors devant un musée, revient tout de même me chercher une heure plus tard, puis me dit qu’il doit absolument rentrer pour une réunion imprévue (un samedi !), que je n’ai qu’à prendre le train (pour un petit trajet d’une heure et demie) pour le rejoindre trois heures plus tard chez lui. Pendant ces trois heures toute seule, je me demande si je dois rester à Florence, prendre le train pour retourner chez moi ou le rejoindre… Mon naturel optimiste me fait choisir la troisième solution, et je tente alors d’enlever de mon esprit ses dernières paroles pour me concentrer sur les dix heures de train de nuit et sur l’épilation, dans une logique « je suis venue, j’ai vu, j’aurai ce que je veux avoir ».

Il vient donc me chercher à la gare, et là, mes derniers espoirs s’envolent : il me dit alors du ton le plus innocent du monde, comme si c’était le plan prévu à l’avance, que j’avais donc une chambre qui m’attendait à l’hôtel. Pendant un moment, je me dis « ok, l’hôtel, c’est pour nous deux ». Mais non, l’hôtel (avec sèche-cheveux !), c’était bien rien que pour moi, la méchante Française qui avait eu le malheur de se déclarer du mauvais côté et qui a finalement visité la Toscane seule, en faisant une croix sur ce qui avait pu se passer cet été.

Octobre 2006, je viens de passer sans doute le week-end le plus lamentable de toute ma vie, remerciant finalement en partie les députés Français qui m’ont évité de me tromper sur ce que j’aurais pu croire être l’homme de ma vie.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Tite_bouille
    Tite_bouille, Le 30 novembre 2006 à 12h51

    MDR !!! il t'en arrive des choses dis moi !! en tout cas tu sais maintenant que c'est un auvre mec !! mais tkt pas toi tu as eu l'hotel avec seche cheveux moi jai eu l'hotel pitoyable ac le mec sans seche cheve pour me dire a la fin de la 1e nuit " bon c'etait genial mais on arrete ":eek:

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