J’ai raté mes partiels, et ça m’a sauvé la vie


Kalindi s'est mal orientée en sortant du lycée et a passé des années dans une école qui ne lui plaisait pas. En ratant un jour ses partiels, il lui a fallu changer de voie, et c'est la meilleure chose qui lui soit jamais arrivée.

J’ai raté mes partiels, et ça m’a sauvé la vie

J’ai toujours été une élève médiocre, distraite et désorganisée.

Être médiocre, un art de vivre de la primaire au lycée

En primaire, je n’avais JAMAIS de protège-cahiers, de trousses remplies, ni même parfois de stylos.

Je perdais tout, j’oubliais mes affaires dans la cour de récréation ou à la maison.

Mes parents étaient un peu désespérés mais se disaient que ça finirait par s’arranger, qu’un cerveau mieux organisé me pousserait quand je serais un peu plus grande.

Mais au collège, ça a empiré.

En plus de n’avoir jamais mes affaires, j’ai commencé à ne plus faire mes devoirs et à ne plus trop non plus noter mes cours.

J’écoutais juste les profs d’une oreille distraite en écrivant quelques mots-clés sur des feuilles sales, en me disant que ça serait amplement suffisant pour réussir mes contrôles.

Ce qui s’est vérifié par la suite.

Je réussissais toujours mes exams, mais ne dépassais jamais les 10, 12 ou 14/20.

Ainsi, j’ai poursuivi sur la route de la flemme et du désintérêt, passant les classes avec toujours les mêmes remarques sur mes bulletins scolaires :

« Peut mieux faire. »

« Se repose sur ses acquis. »

Et autres expressions adorées des profs.

Je n’avais jamais la chance de recevoir des « encouragements » ni bien sûr des « félicitations » ou encore des « tableaux d’honneur », dont tous mes camarades se délectaient, en bas des bulletins.

Et pour être honnête, je m’en contrecarrais totalement.

Le principal était pour moi de ne surtout pas redoubler ni de recevoir d’avertissements.

Ma mère de son côté s’arrachait les cheveux, me répétant sans cesse :

« Tu veux pas te donner un tout petit peu de mal, sans déconner ? Tu veux pas faire quelques efforts ? »

Je promettais puis recommençais à n’être jamais très concentrée à l’école.

J’ai fait des études que je détestais

La vérité c’était que l’école m’indifférait parfaitement.

Toute ma scolarité, je l’ai passée à attendre d’être une adulte, pour gagner ma propre thune et arrêter de passer des heures à apprendre des trucs que je considérais peu nécessaires.

Sauf que même avec le bac en poche, quand le gros du travail semblait fait, il fallait encore, pour faire plaisir à mes parents et m’offrir un « bel avenir », que je fasse des putain d’études.

Après le bac, j’étais donc franchement démoralisée, lassée par le système scolaire, et j’ai du coup choisi un cursus au pifomètre (après une année sabbatique) en m’orientant vers l’art de la traduction, parce que pourquoi pas.

J’ai passé 3 ans de ma vie à littéralement DÉTESTER ce que je faisais. Mais TOUT, hein.

Aucune matière ne trouvait grâce à mes yeux et je ne suis restée dans cette école que pour mes amies, qui étaient devenues ultra-importantes pour moi, et surtout parce que je ne voyais pas ce que je pouvais faire d’autre.

Ainsi j’ai traversé 3 années de déprime à piger que je m’étais mal orientée, sans pour autant prendre ma vie en main et chercher une nouvelle école.

La troisième année a été celle de mon Erasmus, qui m’a sauvé le moral, et remis les idées en place.

Vivre de ses passions, c’est possible ?

J’ai passé 6 mois à Munich, à ne pas aller à l’école bien sûr (l’Erasmus quoi), et à kiffer ma vie avec mes nouveaux amis venus du monde entier.

Je ne parlais jamais français, et j’ai du coup fait plus de progrès en 6 mois là-bas sans aller à l’école qu’en 3 ans d’études. L’ironie.

Si cet Erasmus m’a été bénéfique, ce n’est pas simplement parce qu’il m’a permis de grave m’envoyer en l’air et de dégommer des litres de bières délicieuses, mais surtout parce que j’y ai eu quelques épiphanies. 

J’ai réalisé qu’en fait j’avais des passions. J’aimais râler, écrire, aller au cinéma. Et écrire et râler sur le cinéma. Et si j’essayais d’en faire mon métier ? 

En rentrant en France, j’avais donc un nouvel objectif mais la flemme de sérieusement essayer de l’atteindre. De toute manière, il fallait que je me concentre sur mes examens, et que je bachote car je n’avais rien foutu depuis 6 mois.

Sans surprise, j’ai chié mes partiels.

Pas de beaucoup, mais suffisamment pour ne pas valider mon année. Et dans l’école privée ou j’étais inscrite, il n’y avait pas de rattrapages.

On était en juin, j’étais à Hambourg chez mon ex quand les résultats des partiels ont été mis en ligne, et j’ai dû m’asseoir pour ne pas tomber.

Pour la première fois de ma vie, j’avais raté mon année et on me proposait de… redoubler. Ma hantise !

Redoubler n’était pas une option

Il était hors de question que je me retape une année de traductions de manuels techniques (je me souviens encore de la foreuse) en allemand.

Il était temps, donc, que je me réoriente.

C’est ainsi que mon premier gros échec scolaire m’a obligé à me bouger le cul. 

Si je n’avais pas raté ces partiels et par extension mon année, je serais restée 2 ans de plus dans cette école où je dépérissais à petit feu.

L’échec a donc été pour moi très salvateur.

J’ai fini par passer des concours pour des écoles qui m’intéressaient.

J’ai été acceptée à l’ESJ, mon premier choix, mais encore une fois dans une filière qui me déplaisait : JRI (journaliste reporter d’images).

J’étais derrière la caméra alors que je voulais écrire, je réalisais des micro-trottoirs sur la gastro en hiver alors que je voulais rédiger des critiques de films et des romans.

Mais au moins, j’avais un pied dans un secteur d’activité qui me ressemblait davantage.

L’échec peut permettre de se réorienter

J’ai avancé jusqu’au Master sans aucun amour pour ce que je pratiquais, mais je sentais que tout cela déboucherait sur du positif.

En sortant de l’école avec mon diplôme en poche, j’ai décidé de ne plus jamais toucher à une caméra ni à une table de montage et j’ai postulé au culot dans des magazines.

Et de stage génial en stage génial, ma vocation s’est confirmée.

Aujourd’hui, je fais exactement ce que j’aime et je ne me vois pas faire autre chose.

C’est ce petit échec, essuyé il y a des années, qui m’a permis d’être là où je suis actuellement : à ma place. 

Alors douce lectrice, si tu as tendance à te démoraliser lorsque tu essuies une foirade, essaie de voir les choses sous un angle positif.

Parfois les erreurs sont nécessaires. Elles définissent pas qui tu es, n’entament pas ta valeur en tant qu’être humain et servent de temps à temps à du renouveau.

Alors appuie toi sur tes échecs pour rebondir, et pense à moi la prochaine fois que tu rates tes partiels. Qui sait, tu es peut-être en fait à l’aube d’une vie nouvelle ? 

À lire aussi : Ces gens que je croise quand je reviens là où j’ai grandi

Kalindi Ramphul

Kalindi Ramphul


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Commentaires

Lthiz

@Anémona je me reconnais dans les grandes lignes de ce que tu vis
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