Trois conseils d’adulte que ma mère m’a inceptionnés

Maintenant qu'elle est adulte, Daria Marx est une tête de pioche alors on imagine mal ce que ça pouvait être quand elle était ado :) Voici néanmoins trois conseils de sa mère qu'elle a retenus contre vents et marées !

Trois conseils d’adulte que ma mère m’a inceptionnés

On a tous passé notre enfance et notre adolescence a hausser les épaules comme des vieux punks pourris sous les semonces et les remontrances de nos parents et de nos grands-parents.

« Je te dis que ma chambre est rangée, mais tu peux pas comprendre, parce que ta vision de l’ordre est tellement petit-bourgeois et réactionnaire que ca te défrise que je puisse décider comme une adulte de 14 ans de ranger mes chaussettes sales dépareillées à même le plancher ».

« Je refuse ton autorité et ton couvre feu stupide de 23h pendant les grandes vacances, parce que regarde la réalité, mère, aujourd’hui à quinze ans, on est une adulte, et partout dans le monde, y’a des millions de filles de mon âge qui sont déjà enceintes et mariées, alors je vois vraiment pas pourquoi j’irai pas boire de la bière avec mes potes toute la nuit, j’assume mes responsabilités. »

Toutes ces grandes phrases sans queue ni tête qu’on pouvait inventer pour se sortir de n’importe quelle situation, de n’importe quelle obligation, avec au top du summum le fameux « je peux pas je suis indisposée » servie 3 fois par mois en cours de gym pour éviter d’avoir l’air d’un labrador défoncé pendant le cours d’endurance, ou d’un petit baleineau gracile devant les garçons à la piscine.

On a tellement voulu lutter contre l’ordre naturel des choses, obéir à ses parents, faire ses lacets et moucher son nez, qu’on se demande ce qu’on emporte vraiment avec nous de leurs conseils d’adultes, une fois l’âge du Biactol terminé.

Laissez-moi partager avec vous les secrets ancestraux transmis dans la colère et dans les larmes par ma mère désespérée :

1/ Ne pars pas les mains vides

Qu’est ce que ca a pu me gonfler d’entendre cette phrase à chaque fois que je me levais de table ou que je débarrassais ! Ne pars pas les mains vides, sois utiles, ne reste pas plantée là comme un vieux cactus pourri, sors les mains de tes poches, aide à la cuisine, vide les courses de la voiture et sors les poubelles ! Tout de suite !

N’empêche que dans mon appartement de grande fille qui tente de résister depuis plusieurs mois au paillasson Hello Kitty, cette maxime m’apparaît jour après jour comme salvatrice. Si j’emporte quelque chose à la cuisine, ou vers la machine à laver à chacun de mes déplacements, j’économise un temps précieux, et surtout j’optimise mes trajets, ce qui me permet de passer plus de temps le cul enfoncé dans le canapé (ou à faire quelque chose de totalement cool avec des gens totalement branchés, mais je préfère dire la vérité et toute la vérité, je suis une feignasse).

2/ Vide moi ce putain de cendrier avant d’aller te coucher !

Bon, fumer, c’est mal. On est d’accord. Ne commencez jamais et arrêtez immédiatement. Merci. J’ai une maman fumeuse qui a toujours considéré qu’elle était mal placée pour me demander d’aller me planquer pour cloper, et qui tolérait donc que je me la grille sous son toit.

Son seul cheval de bataille, c’était l’odeur du tabac froid au petit déjeuner, puisque je laissais invariablement la coupelle pleine de mégots se transformer en macadam quelque part sous mon lit ou sous mon canapé. Et c’est peut-être parce que l’odorat se développe en vieillissant, mais à 17 ans, je m’en contrefoutais, et je partais même vaillamment à l’assaut des mégots les moins fumés en cas de dèche complète.

Aujourd’hui, me réveiller le nez dans mes vieilles cigarettes me donne envie de gerber. Pire que ca, l’odeur du tabac sur mes vêtements, dans mes cheveux ou dans une voiture me dérange vraiment. Je ne suis pas loin de l’arrêt complet de cette substance du diable, il ne me manque que la volonté. Mais j’ai retenu la leçon : je vide consciencieusement mon cendrier, même bourrée, même fatiguée.

3/ Garde toujours de quoi prendre un taxi dans ton porte-monnaie

J’ai bien conscience que ce conseil ne s’applique qu’à celles qui habitent en ville, là où les taxis poussent à même le béton au pied des gares et des immeubles. Pour les autres, pardon. Quand j’ai commencé à sortir, ma mère me glissait toujours un petit billet en plus, pas pour le boire, pas pour le fumer, pas pour faire des cocottes en papier, mais pour avoir de quoi rentrer, au cas ou. Et moi je me foutais de sa gueule, parce que je n’imaginais pas rentrer autrement que comme c’était prévu, avec Dédé ou avec l’autre-que-je-connaissais-pas-mais-qui-avait-dit-à-Aurélie-qu’elle-allait-me-ramener. J’avais un plan. J’étais maîtresse de la situation. J’étais dans un groupe. Rien ne pouvait nous arriver.

Et puis, peu à peu, les amis te plantant pour le beau blond rencontré dans la salle de bain de machin, et la copine à voiture ne pointant jamais son nez à la soirée, j’ai compris qu’assurer ses arrières, c’était aussi sortir en toute tranquillité. Je ne dis pas que j’ai toujours de quoi prendre un taxi dans mon sac, mais j’ai toujours une solution sobre de repli pas très loin, au cas où les choses partent en cacahuètes, où que j’aie juste envie de rentrer me faire un marathon de séries nocturnes en tête à tête avec moi même.

Il y a encore des tas de choses que ma mère voudrait que je fasse et que je ne fais pas. Des tas de conseils que je n’écoute pas ou que je n’applique pas. Pour certains, c’est normal, ma vie est différente de la sienne, tout n’est pas parfaitement applicable à toutes les situations. Pour d’autres, j’ai la sensation qu’ils viendront me mordre les fesses dans pas très longtemps, parce qu’elle comprend des choses que je ne vois pas, parce qu’elle a l’expérience de vie que je n’ai pas. Parce qu’elle me connaît bien, et que toutes les justifications du monde n’y changeront rien.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Aerith
    Aerith, Le 27 septembre 2011 à 12h33

    Celui qui me vient tout de suite à l'esprit vient de mon papa: "laisse pas la lumière allumée, on n'est pas à Versailles ici"
    Depuis que je vis seule, c'est limite une obsession, je ne supporte pas quand il y a plus d'une pièce dont la lumière est allumée haha.

    "Ne pars pas les mains vide", c'est un grand classique mais quand on vit seule, ça permet vraiment de ne pas perdre du temps.
    "Range petit à petit", c'est mon dicton. Ma chambre chez mes parents étaient un champs de bataille, chez moi, c'est toujours clean. Dès que quelque chose traine, est sale, hop, un petit coup, ça évite de passer des heures à faire le ménage.
    "Tu appeles quand tu es arrivée", phrase qui est désormais sortie à mes potes à toutes les soirées qui ont lieu chez moi.
    Et celle de mon père encore, qui m'a légérement névrosé "tu fais attention hein", chaque fois que je partais de chez moi.

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