Puisque l’heure madmoiZelle est au « feel good », causons cette semaine d’un concept psychologique un peu spécial : le sentiment d’efficacité personnelle, ou la confiance qu’un individu aurait dans ses capacités de mener à bien quelque chose…
Publié initialement le 9 janvier 2012
Avant d’aller plus loin, allons donc faire un p’tit live test pour mesurer nos propres « SEP » : rendez-vous sur cette page.
**** Interlude test ****
Si vous n’avez pas eu une crise de flemme aiguë, vous venez de remplir une échelle de mesure du sentiment d’efficacité personnelle. Qu’est-ce donc que ce truc psychologique ?
Posé par Albert Bandura, professeur de psychologie à l’Université de Standord, le concept de « sentiment d’efficacité personnelle » (aussi appelé « sentiment d’auto-efficacité ») se définit comme la croyance que nous possédons en nos propres capacités de produire une tâche. Plus précisément, selon les termes de l’auteur, « l’efficacité personnelle perçue concerne la croyance de l’individu en sa capacité d’organiser et d’exécuter la ligne de conduite requise pour produire des résultats souhaités ».
En 2012, nous aurions pu dire que le SEP, c’est le sentiment d’avoir le swag, de faire des trucs like a boss, de faire péter le modjo, quoi. De fait, le SEP n’est pas une croyance en notre propre valeur, mais une croyance en nos aptitudes ; il n’est pas non plus une mesure des aptitudes réelles, mais de ce que l’on pense avoir comme aptitudes, ce que l’on croit pouvoir faire quelles que soient nos aptitudes effectives. Ça fait un peu trop « d’aptitudes » pour une seule phrase, mais vous me suivez ?
Évidemment, notre croyance en nos aptitudes peut être différente en fonction de l’activité : je peux penser être une méga-tête en anglais et une supra-quiche en mathématiques.
Manifestement, selon les études menées à ce sujet, un sentiment d’efficacité personnelle élevé permettrait d’obtenir des performances plus élevées. Ça veut dire quoi, qu’il suffit d’y croire pour réussir ? Pas vraiment.
En réalité, la théorie explique que si nous croyons pouvoir réussir, nous aurions plus tendance à organiser et réaliser certaines actions pour atteindre notre buts… Nous nous engagerions plus fortement dans l’action, en mobilisant plus de motivation et plus de ressources ; et lorsqu’une difficulté se présente, nous aurions plus tendance à persévérer et à maintenir nos efforts.
Les personnes aux SEP plus élevés dans un domaine particulier voient les difficultés comme des challenges plutôt que comme des menaces ; et si d’aventure ils doivent faire face à l’échec, ils l’attribueraient à un manque d’effort, ou une cause extérieure…
A l’inverse, les individus ayant un faible SEP (toujours dans un domaine particulier) auraient tendance à éviter les difficultés, qu’ils perçoivent comme menaçantes. De ce fait leur implication sera moindre et lorsqu’un obstacle se présentera, ils pourraient stopper leurs efforts plus rapidement et abandonner leurs objectifs. Face à l’échec, ils se centreraient sur leurs déficiences personnelles (tandis que les individus ayant un SEP élevé mettraient plus en exergue des causes « ponctuelles »… Pour schématiser, un individu au faible SEP serait plus à même de se dire qu’il ne peut pas y arriver, que c’est en lui, alors que quelqu’un au SEP qui déchire estimerait que son échec est dû à une erreur ou une cause ponctuelle…), et il serait plus compliqué pour eux de retrouver ensuite un sens
d’efficacité.
Mais comment développe-t-on un sentiment d’auto-efficacité ?
- en accumulant des expériences que l’on maîtrise et que l’on réussit (si j’ai réussi une fois, pourquoi échouerai-je la seconde ?)
- en observant les expériences réussies d’autres personnes (s’il peut le faire, MOI AUSSI)
- par la persuasion sociale, c’est-à-dire en écoutant les encouragements ou découragements des autres (manque de bol, il semble plus aisé de foutre en l’air le SEP de quelqu’un que de l’améliorer)
- par des états physiologiques et émotifs (si je me sens stressée à l’approche d’une activité quelconque, je pourrais interpréter ma réaction comme un signe que je ne peux pas y arriver – et donc développer un faible SEP ; si je suis de mauvais poil – genre python royal qu’aurait pas bouffé son antilope mensuelle, mon humeur pourrait aussi affecter ma croyance en mes capacités)
Malgré tout, il est évident que la seule croyance que l’on va réussir ne peut pas suffire à créer notre réussite ; et l’approche de Bandura ne néglige pas l’influence essentielle de l’environnement sur les comportements. Selon le chercheur, nos cognitions (= croyances, pensées, émotions) pourraient influencer non seulement nos conduites, mais aussi notre manière de percevoir l’environnement. En ce sens, il y aurait là des influences réciproques homme-environnement : l’individu serait tant le produit que le producteur de son environnement.
Le concept développé par Albert Bandura a permis de multiples recherches dans des champs d’application tout aussi multiples et il a été constaté (entre autres) que : le SEP pourrait bien influencer notre carrière professionnelle (nous aurions de l’intérêt pour les activités dans lesquelles nous pensons réussir… Nous choisirions nos voies professionnelles, nos études pour partie en fonction des chances de réussite que l’on estime avoir avec elles) et aurait un rôle à jouer dans la parentalité (un individu au faible SEP aurait plus de mal à assumer le rôle parental).
Comme mentionné plus haut, le sentiment d’efficacité personnelle n’est pas quelque chose de fixe, il pourra varier en fonction des jours, des situations, de votre humeur au moment T, des domaines (à moins d’être mégalomane, je veux dire), etc… Mais peut-être pourrait-il être un allié de taille : si l’on prenait conscience de son importance, pourrait-on en faire un allier et développer des SEP de fou-fou ? Hein ?
Pour aller plus loin / sources
– Un article sur la théorie sociale cognitive de Bandura et le bilan de compétences
– Échelle d’auto-efficacité des enseignants
– Un article de sciences humaines









Le 23 janvier 2012 à 19:33
J'ai eu 35, et je me reconnais dedans.Mais ce qui est étonnant par rapport à mon expérience, c'est que malgré ça je manque de confiance en moi, et j'ai tendance à être défaitiste. Enfin "défaitiste", ce sont les autres qui m'appellent comme ça, je me suis toujours dit que j'étais surtout réaliste haha !
Je pars la plupart du temps sur le principe que je ne vais pas réussir, et j'envisage ce qui va se présenter à moi par la suite, quelles seront les autres issues possibles pour finalement atteindre mon objectif. Je suis quasi-incapable de ne pas penser à "l'après possible échec".J'ai besoin de trouver des solutions en avance pour pouvoir faire face, et rebondir rapidement.
J'ai trouvé les questions vagues aussi, parce que je sais également que je passe par plusieurs phases quand je fais face à un échec :
1. Chialer comme si cet échec allait conditionner le reste de ma vie, et puis de toute manière je suis moche, pas sympa, et personne ne voudra jamais de ma carcasse.
2. Screw you the universe, tu voulais me faire échouer ? Très bien, tu vas voir ce que je vais te mettre dans la face maintenant, rira bien qui rira le dernier.
Enfin bref je finis toujours par me dire que de toute manière, si je me donne les moyens de faire quelque chose, j'y arriverai.
Et merci Justine_ pour tes articles !
Le 14 août 2012 à 11:43
J'ai eu 34, et je suis assez d'accord avec ce "score" en faitEn fait plus que l'estime de soi, c'est le fait de vouloir quelque chose au-délà du normal qui me fait me bouger, quand je veux quelque chose au point de ne penser plus qu'à ça, je n'arrêterais pas avant de l'avoir obtenu, donc c'est plus de l'obstination (obession ?) mais bon, ça marche plutôt bien
Après c'est vrai que je réagis plutôt sereinement face à des situations inattendues, donc ça doit aider pour le score…
Tu as vraiment gagner un concours scientifique internationale
Désolée, je sais que c'est pas vraiment le but de ce post, mais c'est un des exemples pour lesquelles tu devrais être super fière ! J'ai eu un score élevé mais pourtant je sais que je n'aurais JAMAIS pu faire ça, j'veux dire tu dois être méga intelligente !
En fait si tu as une petite opinion de toi même c'est sûrement que tu accordes trop d'attention sur tes échecs,
plutôt que de tirer profit de tes exploits. Pareil pour ton road-trip en bus, c'est le genre de choses qui donne confiance en soi, surtout si tu étais seule, puisque tu es livrée à toi-même, dans des pays que tu ne connais pas etc…
Je ne sais pas quel genre d'échecs tu as vécu mais c'est quand même des trucs énormes que tu as accompli, donc ne soit pas aussi pessimiste à ton égard
A côté de ça la première partie de ton post m'a fait réagir, parce que ça prouve bien à quel point tu n'as pas confiance en toi, alors que si tu tires profit des choses que tu as accompli y'a pas de raison que tu n'y arrives pas de plus petit. (Si tu as gagné un concours international scientifique pourquoi tu n'arriverais pas tes exams ??)
Enfin voilà, désolé pour ce loooong post, j'espère que ton estime de toi remontera
Edit : En fait je vois que l'article date d'il y genre super longtemps
Le 14 août 2012 à 15:28
Il a été réédité aujourd'hui, c'est pour ça
J'ai eu 34 aussi, mais je suis également convaincue que c'est un score fluctuant. Aujourd'hui, je suis en forme, méga motivée, j'entame un micro-régime, je ne m'inquiète pas de mon avenir à la fac et j'ai eu 34. Hier, j'étais fatiguée, j'avais le courage de rien et je me sentais incapable de réussir ma 3ème année de fac (j'ai eu mon S3 de justesse, raté mon S4, pourquoi le S5 serait-il meilleur?), je pense que j'aurais eu genre 3 à ce test
Alors peut-être que ça dépend de l'énergie qu'on a (être optimiste demande quand même plus d'énergie qu'être pessimiste ou se laisser aller), mais pas seulement. Peut-être que c'est une question d'habitude, qu'à force de se dire "je peux le faire" on finit par y croire et on le fait. Si c'est le cas, il faudrait s'entraîner..? Se fixer des objectifs atteignables, les atteindre et augmenter l' "atteignable" petit à petit..?
J'en sais rien, au final, la psycho n'est pas tellement mon domaine (euphémisme inside) mais je suis certaine que la personne la mieux placée pour encourager, c'est celle qui sait toujours ce qu'on ressent, celle qui est avec nous toute la journée, tous les jours: soi-même.
Je conclue avec mon musique-motivation du moment:
Foster the People - Houdini - YouTubeRaise up to your ability & focus on your ability
Le 14 août 2012 à 22:58
La première fois que j'ai fait ce test, mon résultat était dans la moyenne. Aujourd'hui, le résultat est inférieur à la moyenne: "Vous semblez manquer de confiance dans votre capacité de résoudre les situations avec succès. Vous pouvez avoir des difficultés avec la résolution de problèmes, craindre l'échec et avoir tendance à éviter d'essayer des solutions ou de vous fixer des buts intéressants qui représentent un défi. Les personnes qui ont un sentiment d'efficacité plus faible que la moyenne ont souvent tendance à être plus pessimistes et à avoir une estime de soi plus faible. Elles peuvent avoir tendance à être introverties et timides. Elles ont souvent un risque plus élevé d'anxiété, de dépression et d'isolement".ça, je l'ai compris au cours de mon stage, le fait de ne pas avoir confiance retarde mon travail (je fais toujours appel aux autres pour trouver une solution, je suis gênée de chercher une solution comme si c'était perdu d'avance, et quand j'ai une idée, je n'ose pas le proposer..).
Après rien n'est figé, ça me fait réfléchir de sorte qu'à l'avenir je devienne moins trouillarde.
Le 15 août 2012 à 02:19
comme il a été mentionné dans l'article le SEP n'est pas fixe donc des fois il se peut que notre destin de la journée soit dans les main d'une chanson qui pourra nous motiver ou pas( j'ai adorer la chanson d' Anne-lau ) , des fois une mauvaise journée m'anéantit fichant le SEP a zéro mais d'autre fois au contraire cela me pousse a faire mieux, personnellement je passe par un terrible changement du SEP au cours de mes études de médecine , motivéegros bisouuu a toutes
Le 15 août 2012 à 12:58
J'ai eu un résultat de 15, ce qui ne me surprend qu'à moitié. C'est marrant, mais si je me base uniquement sur mon cas, je dirais qu'un faible sentiment d'efficacité personnelle est lié à un très gros égo…Le 16 août 2012 à 21:08
J'ai eu 35 et ce score ne m'étonne pas. Je ne suis pas toujours sûre de ce que je fais et j'ai pas toujours confiance en moi, mais je me fixe des objectifs assez hauts que j'arrive à 99% à atteindre. La 1e fois de ma vie où j'ai raté mon objectif, j'ai fait une grève de la faim pendant 1 semaine parce que je me dégoûtais…On m'a forcé à aller au delà de mes limites du coup, je ne supporte pas l'échec et je refuse de baisser les bras parce que pour moi, il y a toujours un moyen de réussir.
Le 23 septembre 2012 à 17:05
euh… oui ^^ au canada =)
mais ça ne m'a pas beaucoup aidé à améliorer ma confiance en moi.
mais j'ai de la chance, j'ai un petit copain parfait, qui a force de me répéter tous les jours pendant des mois et des mois que j'étais géniale, a fini par réussir à me faire comprendre que je n'étais pas la fille la plus nulle du monde.
j'ai un peu plus confiance en moi, scolairement et professionnellement parlant en tout cas. le pire c'est que de l'extérieur, je suis sure que presque personne ne peut voir à quel point je suis peu sûre de moi.
pour le reste, ça viendra en son temps. j'ai confiance ^^
merci pour ton com!
Le 23 septembre 2012 à 20:58
Tu as écris mot pour mot ce que j'aurais pût écrire et j'ai un score de 38 !
Le 13 janvier 2013 à 12:56
J'ai un score de 24 :Vous semblez manquer de confiance dans votre capacité de résoudre les situations avec succès. Vous pouvez avoir des difficultés avec la résolution de problèmes, craindre l'échec et avoir tendance à éviter d'essayer des solutions ou de vous fixer des buts intéressants qui représentent un défi. Les personnes qui ont un sentiment d'efficacité plus faible que la moyenne ont souvent tendance à être plus pessimistes et à avoir une estime de soi plus faible. Elles peuvent avoir tendance à être introverties et timides. Elles ont souvent un risque plus élevé d'anxiété, de dépression et d'isolement.
En même temps, je n'ai rien appris de nouveau sur moi mais c'est une confirmation.