Les trucs qu’on fait pour se donner une contenance

Typologions ensemble les petites manies qu'on a pour se donner une contenance quand on n'est pas super à l'aise.

Les trucs qu’on fait pour se donner une contenance

Parfois, il m’arrive de sortir en milieu hostile. D’aller dans des soirées où je ne connais qu’une personne qui connaît tout le monde, de me rendre au supermarché et d’attendre seule mon tour à la caisse sans savoir quoi faire, d’arriver à un point de rendez-vous avant la personne que je devais rejoindre, d’attendre un bus, un métro ou une trottinette. Des fois je le vis bien, mais de temps en temps, il arrive que l’ennui me fasse perdre mon self-control et que je me mette à prendre conscience de mon corps dans le sens où, d’un coup, je ne sais plus quoi en faire. Dans ces moments, je remarque que je répète toujours les mêmes gestes.

Dans ces moments, je remarque aussi que les autres individus dans la même situation que moi reproduisent parfois les mêmes gestes, preuve s’il en est qu’ils se sentent à peu près aussi à l’aise que moi. Ces gestes sont comme des troncs d’arbre sur lesquels on s’accroche dans l’océan de la gaucherie. Pour rendre hommage à ces tout petits riens qui nous donnent l’illusion de nous donner une certaine prestance malgré notre embarras, j’ai eu envie de lister avec vous les trucs qu’on fait pour se donner une contenance.

Ne pas garder les mains vides

Pour me donner une contenance, j’ai personnellement tendance à prendre quelque chose dans mes mains et à jouer avec (je vous implore de ne jamais sortir cette phrase de son contexte, merci, bisous). Arracher une feuille et la découper en petits morceaux, émietter un sucre, jouer avec un objet, tout est bon pour me donner l’illusion que je donne l’impression d’être cool, détendue, à ma place, même si j’imagine que c’est tout le contraire qui se produit à ce moment dans la tête des autres. Et j’ai surtout les mains sales, en fait.

Toucher ses cheveux

L’un des nombreux tics très prisés par les gens qui soudainement ne supportent plus ni la foule ni le fait d’être tout seul au milieu ni l’ennui ni la gêne, c’est de toucher leurs cheveux. J’en sais quelque chose, j’en suis. Alors quand on attend le métro, ça va, puisqu’il y en a un toutes les trois ou quatre minutes ; mais quand il s’agit d’attendre un bus, ou pire, un train qui a quinze heures et quart de retard, on a tout le temps de se pourrir les cheveux en les touchant et de se les graisser avec nos doigts sales.

A tel point qu’en les tordant et en ajoutant jaune d’oeuf, sel, poivre et moutarde, on pourrait faire de la mayonnaise.

J'ai rempli le pot la dernière fois que j'ai pris le train.

Revoir sa posture

S’appuyer sur une jambe, puis sur l’autre, puis sur les deux, pour revenir sur une jambe, puis poser son dos sur un mur, puis réajuster ses épaules, et tout recommencer depuis le début : quand nous sommes dans une position de passive, seule en attente de quelqu’un ou quelque chose et qu’on se sent observées, on bouge encore plus qu’un danseur de polka qui viendrait de prendre de la cocaïne pour la première fois, aurait mangé trop de piment au déjeuner et se serait ainsi fait sortir les hémorroïdes.

La légende veut que ce soit en attendant un taxi tombé en panne au bout de la rue que Mia Frye a commis ceci :

Prendre un air pensif et inspiré

Tu connais forcément BHL, sauveur de la Libye, cinéaste à la première personne, homme aux chemises blanches bien repassées ouvertes jusqu’au quatrième bouton, tête de file de la vague capillaire, légitime d’Arielle Dombasle et philosophe. Il est spécialiste du regard pensif et inspiré qu’on essaie tous d’arborer à un moment : ce regard, je l’appelle l’oeil chevalévyesque, en hommage à son créateur.

Je sais pas pourquoi, mais quand j’attends quelque chose, que je marche seule dans la rue et que je ne me sens tout simplement pas en confiance parce que je viens de me tordre la cheville alors que je me la racontais un peu, j’ai une certaine tendance à faire semblant de m’intéresser à tout ce qui m’entoure en fronçant les sourcils d’un air pénétré. Parfois, il m’arrive de croiser des personnes avec la même expression du visage, et j’ai envie d’aller leur claquer la bise ou de leur faire un check lapin, avec un sourire compatissant, compréhensif.

Jouer avec son portable

Jouer avec son portable pour se donner une contenance, c’est la version 2012 de toutes les manies qu’on a quand on n’est pas à son aise. On le sort une fois, on regarde si on a des notifications Facebook, puis on le range, puis on le ressort pour voir ses interactions Twitteriennes, puis on le range, puis on le sort pour regarder ses mails, puis on le range, puis on le range, puis on vérifie mille fois si on n’a pas un SMS, et c’est comme si l’Univers tout entier te disait « mais tu vois pas que ça sert à rien ? ».

La prochaine fois que tu passes devant un arrêt de bus, arrête-toi et regarde un peu les gens : y a peu de chance qu’il y en ait un qui ne soit pas en train de laisser des traces de doigts sur son meilleur ami technologique, de tenir une cigarette, de faire de l’origami bas de gamme avec un ticket usager. Au fond, on est tous pareil.

Et toi, quels sont les trucs que tu fais pour te donner une contenance ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Versus
    Versus, Le 27 novembre 2012 à 14h25

    CHECK LAPIN !:gnih:

    Sinon l'air bovin dans le vide, j'assume.

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