Les pires conseils qu’on m’a donnés #2 – Le style

Après vous avoir relaté les pires conseils en terme de séduction qu'on a pu lui donner, Sophie-Pierre Pernaut revient cette fois-ci sur les astuces qu'elle a reçues pour peaufiner son style.

Les pires conseils qu’on m’a donnés #2 – Le style

S’il y a quelque chose qui ne saute pas aux yeux quand on me croise pour la première fois, c’est bien ma façon de m’habiller. Et pour cause : je n’ai pas vraiment de style, ni d’inspiration particulière. C’est pas faute de lire tous les articles de Joséphine et de passer du temps à remplir des paniers virtuels sur Asos, c’est juste que, bon, question style, je suis quelque peu pisse-froid (même si cette expression ne veut rien dire puisque c’est impossible). « Tout ça manque un peu de fantaisie », pourrait-on dire en somme ou dans tout autre département de France. Aujourd’hui, je ne complexe pas et me suis largement faite à l’idée de me fondre dans la masse, vestimentairement et esthétiquement parlant. Mais il fut un temps où j’écoutais tous les conseils qu’on me donnait. Et, bon, je n’aurais pas toujours dû. Voici donc une petite liste des pires conseils qu’on m’a donné en matière de style.

« Le noir te va tellement bien ! Tu devrais en mettre plus souvent.« 

Alors certes : j’ai les cheveux orange, la peau tantôt blanche tantôt rubiconde, le noir est donc une teinte qui ne me va pas trop mal. Disons que ça pourrait être pire. Ça pourrait être fuschia. Mais dire à une jeune donzelle influençable que le noir lui va bien, c’est s’assurer qu’elle ne mettra pas de couleurs avant de très longs mois.

Alors je me baladais partout avec mes éternels jeans noir de plus en plus délavés parce que je ne voulais plus mettre mes autres pantalons qui, je l’aurais parié, juraient avec mon faciès. J’aurais pu en profiter pour avoir une période gothique (comme beaucoup, quand j’étais plus jeune, j’avais déjà l’état d’esprit et ce serait passé comme un colis à Chronopost – en fait, non : on me dit dans l’oreillette que les choses ne sont pas aussi simples). Évidemment, un vêtement étant aussi périssable qu’un diamant est éternel, mes fringues perdaient au fur et à mesure de leur éclat et je me retrouvais très vite avec un jean noir qui tire sur le gris, un pull noir ébène flambant neuf et et un manteau un ton légèrement plus clair. Non seulement, c’est pas hyper fendard, mais ça fait un peu « ton sur ton foiré ».

(Oui, non, j’ai pas dit thon sur thon. C’est surfait.)

À noter que j’ai par la suite fait la même chose quand on m’a appris que le vert allait bien aux rousses ; peu regardante et manquant cruellement de logique, j’ai alors porté du vert, plein, tout le temps, tendance monochrome écolo. Même du vert genre stabylo. Une teinte qui ne va à personne, pas même aux enfants ni aux chatons. J’ai manqué provoquer des crises d’épilepsie à pas mal de gens qui n’avaient jusque là jamais été concernés par cette affection neurologique, c’est vous dire si j’étais dangereuse pour l’humanité toute entière.

« Tu devrais te couper la frange. Et la lisser.« 

Au lycée, j’étais un peu lasse de ma tête. N’ayant pas les moyens de m’offrir les services d’un-e chirugien-ne esthétique, je me suis contentée de prendre rendez-vous chez le coiffeur. Avant d’aller changer de coupe, j’ai fait un référendum auprès de mes amies pour essayer de définir laquelle m’irait le mieux. En ces temps pas si anciens, c’était la grande époque des franges et c’est donc tout naturellement qu’on m’a proposé d’en faire une. Problème : j’avais encore il y a quelques années les cheveux très bouclés. « C’est rien, tu la lisseras » me suis-je vue répondre.

C’est donc le temps d’une année scolaire que j’ai arboré une « mèche » jurant avec le reste de ma chevelure en fouillis. Je dis pas que ça ne va à personne, mais ça ne m’allait pas à moi. Ça me faisait une sorte d’escalope aux trois-quarts du front, pour te donner une idée. Une escalope cuite au beurre même, je dirais, puisque pour éviter qu’elle ne frise avec l’humidité allant de pair avec ma région natale, je l’enduisais de mousse lissante. N’étant pas reconnue pour mon sens de la demi-mesure, j’en mettais beaucoup trop, donnant alors l’impression d’avoir la frange plus grasse qu’un nem, plus sale que les fesses d’un nouveau-né après la sieste.

Une fois à la cantine, le cuisinier a commencé à me fariner la frange parce qu’il a cru que c’était une escalope de veuch veau.

« Fais-toi un smoky eyes en soirée. Ça fait festif.« 

Le smoky eyes, c’est très joli sur plein de monde. Je suis une des exceptions à la règle, mais je ne m’en suis rendue compte que bien trop tard.

Il y a deux ou trois ans, toute affairée que j’étais à obtenir ma licence, je sortais pas mal pour « décompresser ». Toujours prête à me faire la plus présentable possible pour aller lever le coude, j’essayais de me maquiller selon la couleur de mes yeux, ma carnation, ce genre de trucs. J’essayais de faire les choses bien, quoi. Et puis un jour, on m’a conseillé de tester le smoky eyes. Une méthode d’ornement oculaire que j’ai adoptée pendant de longs mois sans que personne ne me dise que ça ne m’allait pas.

Et ce n’est qu’un long laps de temps plus tard, alors que je remontais les clichés sur lesquels j’étais taguée sur Facebook, que j’ai compris pourquoi tout le monde me demandait si c’était ma cinquième soirée de la semaine : n’ayant pas compris qu’on pouvait faire des smoky avec d’autres teintes, je me contentais de me badigeonner les paupières d’un noir charbon sans dégradé qui fatiguait mon regard encore plus qu’une bonne grosse cuite. N’ayant pas vu la nécessité de commencer par suivre des tutos, je me prenais pour une autodidacte du pinceau et faisait comme bon me semblait. J’avais ainsi l’air du fruit de l’amour d’un cocker et d’un raton-laveur qui vient de se faire racketter symétriquement par une bande de sales brutes à la sortie du collège et qui ne dort plus depuis 4 ou 5 mois. Un résultat peu probant.

C’est limite si on m’a pas construit une mine sur la pommette par inadvertance.

Et toi, quels sont les pires conseils qu’on t’a donné pour parfaire ton apparence ? Viens me le chuchoter dans l’oreille dans les commentaires, qu’on se purge ensemble de ces traumatismes du passé.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Frédibou
    Frédibou, Le 15 août 2015 à 18h41

    Moi j'ai passé mon adolescence à porter des baggy, avec une coupe de cheveux dégueulasses, et tiré bien sûr de conseils moisis !

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