Personne ne t’aime vraiment ? Tes potes t’ignorent ? T’es paumée ? Cet article est pour toi

Toujours celle qu'on oublie. Qu'on n'invite pas. Qu'on n'écoute pas. Qui doit être bien banale et inintéressante pour que personne ne l'aime vraiment. Si ce texte te parle, cet article est pour toi.

Personne ne t’aime vraiment ? Tes potes t’ignorent ? T’es paumée ? Cet article est pour toi

À toutes ces filles que personne n’aime vraiment.

Pourquoi se dire « personne ne m’aime » ?

À toi qui manges toute seule, avec des écouteurs dans les oreilles, même si parfois y a rien dedans, mais ça donne l’illusion que tu es accompagnée.

À toi qui sirotes ton café dans un coin de la fac, les yeux rivés sur ton téléphone à faire défiler la vie de gens qui ont l’air d’être plus aimés que toi.

À toi qui relances toujours tes « potes », qui as l’impression que tu es la pièce rapportée, l’éternelle cinquième roue du carrosse.

Celle qu’on ne pense pas à inviter, celle qu’on ne rappelle pas si elle a du retard, celle qu’on ne relance jamais pour avoir la certitude de sa présence.

Celle qui est sympa, oui, bien sûr, et le plus souvent prévenante, disponible, gentille, peut-être trop, tiens, c’est peut-être ça.

À toi qui es gentille, toujours un mot pour les autres, toujours un service rendu, toujours dix minutes à offrir, mais qui as l’impression de passer ta vie en sens unique.

À toi qui te plies en quatre pour les autres et qui as l’impression qu’on ne lèverait pas le petit doigt pour toi.

À toi qui as l’impression que personne n’en a rien à foutre de toi. Que tu pourrais être là ou pas là, ça serait pareil.

À toi qui as des rêves simples, des espoirs loin d’être vertigineux : quelques amis sur lesquels compter, une relation amoureuse saine, un parcours qui t’épanouit.

Et qui a l’impression que non, pas de ça pour toi, tu ne mérites même pas ça — cette base qui ne te semble pas si incroyable pourtant…

J’ai des choses à te dire

J’ai envie de te parler. Déjà parce que je te lis, je t’entends, je te vois. Tu as l’impression d’être plus grise que les murs tristes qui t’entourent, mais c’est loin d’être le cas.

Je te vois, je sais que tu es là, je sais ce que tu vis.

Peut-être que tu te dis que j’y connais rien, que je peux pas te comprendre, que je suis une cool kid des Internets avec mon mec cool, mon job cool, ma vie cool.

Mais quand t’enlèves tout ça, quand t’enlèves ces dernières années que j’ai la chance incroyable d’avoir vécues, y a toi.

Y a la Mymy de 20 ans qui grignote son panini sur un banc encore un peu humide de rosée froide, dans sa fac moche qui ne la mène nulle part, entourée de gens qui ont tous l’air d’avoir un endroit où aller.

Y a la Mymy de 20 ans qui se cache dans des coins chelou pour fumer ses clopes, parce que quitte à être toute seule autant que personne ne la voie.

Y a la Mymy de 20 ans qui se demande toujours ce que les gens pourraient bien lui vouloir, qui en est arrivée à se méfier quand on vient lui parler.

Me parler ? À moi ? Ok, c’est quoi le piège ? Tu veux mes cours, tu veux une clope, tu veux un service, tu veux mon cul ?

Parce que ne nous mentons pas, on sait tous les deux que ce n’est pas ma personne qui t’intéresse. Cette personne qui n’intéresse personne.

C’est ça la meuf que je suis, que j’ai toujours été, même si j’ai appris à m’épanouir et à faire taire cette satanée voix.

Il y a des gens qui t’aiment, et ils n’attendent que de te rencontrer

Tu sais, hier j’ai enregistré un épisode vachement cool de The Boys Club que j’ai hâte de te faire écouter.

L’invité a dit un truc qui m’a marquée.

Il me racontait qu’enfant, puis ado, il n’était bien nulle part. Jamais le mec cool, jamais le mec populaire, jamais le mec rebelle, jamais le mec qui plaît.

Le mec terne. Le mec qu’on oublie. Le mec qui est dans la bande, ouais, mais jamais son moteur, son coeur, pas le centre névralgique.

Le mec qui chope pas, qui aime des trucs chelou que personne ne connaît, qui ne se reconnaît dans aucun des parcours qu’il contemple.

Cet invité est maintenant super épanoui, 100% lui-même. Il a fait de ses passions chelou son métier, il mène une vie dont le « lui » de 14 ans ne pouvait même pas rêver.

Et quand je lui ai demandé ce qui avait changé, il m’a dit :

« En fait je crois que chaque personne peut trouver des gens avec lesquels s’assembler. Moi aussi je peux m’assembler avec des gens, sauf qu’ils n’étaient pas là où j’étais.

Puis j’ai fini par bouger, changer de pays, de ville, de potes, de métier. Et j’ai trouvé mes gens. Alors maintenant je m’assemble. »

L’image m’a parlé. J’ai imaginé un petit triangle perdu au milieu de ronds et de carrés, persuadé que c’est lui l’anomalie, c’est lui le problème.

Rêvant la nuit d’être un peu plus carré, un peu plus rond.

Jusqu’à ce qu’il trouve ce qu’il n’osait même pas imaginer : d’autres triangles. Qui n’attendaient que de lui ouvrir les bras.

Ne plus penser pour oublier

J’ai pensé à toi, et à moi, à cette meuf que j’étais, au fond à gauche de l’amphi, le plus près possible de la porte parce que parfois, tout me semblait si vain que je me barrais.

À cette meuf qui n’osait ni parler, ni draguer, ni postuler, parce que à quoi bon. Autant rentrer chez moi et trouver n’importe quel moyen pour éteindre mon cerveau.

Faire passer le temps avec des séries télé, des bouquins, de l’alcool, des errances, pour surtout ne pas penser au fait que personne ne m’aime vraiment.

Si ces mots vibrent dans tes tripes, si t’as un peu envie de fermer l’onglet parce que c’est chiant de se voir décrite comme ça, attends deux secondes.

J’ai bientôt fini, je veux juste te dire deux-trois trucs.

Je t’aime, et je ne suis pas la seule

Tu mérites d’être aimée.

Tu mérites de trouver tes gens. Ils existent. Ils sont là, quelque part.

Je sais que t’as l’impression que c’est trop tard. Que t’as assez donné. Que si c’était vrai, ça aurait dû marcher.

Crois-moi : il n’est pas trop tard.

Dans ta poitrine, là, brûle le même feu sacré que tu admires chez les autres. Et au fond, tu le sais, je crois.

Tu le sais parce que tu le sens crépiter, mais si, quand passe cette chanson qui te fout en vrac, quand tu sens son odeur dans le tram, quand tu n’arrives pas à dormir et que tu n’as personne à qui le dire.

Il brûle, ton feu, c’est juste que les gens ne l’ont pas encore vu. Mais ils le verront. Tes gens le verront, ceux que tu finiras par trouver.

Je te dis pas forcément de tout plaquer, de t’expatrier, de te tirer, je serais mal placée pour ça, moi qui n’ai jamais osé faire la moindre demande d’Erasmus.

Si tu le sens, si ça te titille, si ça te taraude, fais-le ! Mais si ça ne fait pas crépiter ton feu, ne te force pas.

Écoute. Écoute-toi. Qu’est-ce qui te fait vibrer ? Qu’est-ce qui te fait chanter, danser, pleurer, sauter, crier, courir, ressentir, vivre ?

Suis ce fil d’Ariane. Pas à pas. Accorde-toi le droit d’écouter le feu qui brûle. Il te mènera, forcément, à ce qui te rend heureuse.

T’es pas nulle. T’es pas morne. T’es pas terne.

Peut-être que tes potes t’oublient, peut-être que tu t’es fait larguer comme une vieille chaussette, peut-être que t’en es à ton huitième refus de stage, à ton énième période de chômage.

Peut-être que t’as plus la force. Que tu te dis, eh bien si le monde s’en fout de moi, qu’il m’oublie, j’arrête. Je baisse les bras.

Je t’en supplie, ne fais pas ça. Ne laisse pas ton feu s’éteindre.

De toute façon c’est impossible, il continuera à t’enfumer de l’intérieur, et tu sauras toujours, confusément, que t’as abandonné ces braises qui auraient pu tant te réchauffer.

Je sais que c’est dur. Je suis désolée si ta vie ne ressemble pas à ce que tu imaginais, ce que tu espérais, à ce que l’enfant que tu étais dessinait avant de s’endormir.

Mais elle peut y ressembler. Il n’est jamais trop tard. Le futur est toujours devant. Un pas en avant, puis un autre, et un jour t’y es.

Tu regardes autour de toi. Tu lis des meufs qui pensent que personne ne les aimera.

Tu te rends compte que t’as fini par apprendre à être aimée. Et que ça s’est fait si doucement que tu t’en es même pas rendue compte.

Baisse pas les bras. Y a qu’une seule toi, c’est la plus précieuse des choses. Y a que toi qui peut être toi.

Et le monde serait bien triste sans toi.

Courage. Moi, je t’aime fort — il ne te reste plus qu’à découvrir toutes les autres personnes qui pourront elles aussi te le dire.

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Mymy

Mymy, entre deux bouquins qu'elle chronique parfois en vidéos, est la rédac-chef adjointe/correctrice/community manager de madmoiZelle. Elle aime rester chez elle, les chatons mignons, la raclette du dimanche et les séries télé avec des retournements de situation dedans.

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Commentaires
  • Samsayonara
    Samsayonara, Le 11 mars 2019 à 14h11

    Ah, un texte qui me parle, à moi aussi. La petite meuf qu'on choisissait en dernier pour les équipes de sport... Pire... le coup des quatre équipes de basket, dans une classe de 29... On s'y attend à être choisi en dernier, mais pas au grand moment de solitude quand aucune équipe ne se manifeste pour te choisir. Ce jour là, j'ai quitté le cours de sport, furieuse après ces "copains", car tout le monde attendait, en regardant ailleurs, qu'une équipe se "dévoue" pour choper la "naine".
    Oh, ça a changé quand on a formé les équipes d'acrogym avec les baraques sports études.Tout le monde voulait de la petite nana de 40 kilos. On me regardait comme ça: :puppyeyes:. C'était fendard; pour UNE fois.

    J'ai aussi été la jolie fille timide mais pas interessante, avec qui un mec est sorti suite à un pari. :annoyed:

    La fille un peu chelou, qui finissait par rester seule car je préférais être seule, que de me sentir seule en étant avec d'autres. Qui passait des heures à "penser", en grande conversation avec elle même... A lire, des heures, et des heures... Qui n'allait pas vers les autres, qui flippait lorsqu'on venait lui parler : kékimeveut? Parce que forcément, quelqu'un me parle que parce qu'il a besoin de moi ou se moquer. Du coup pareil, on espère être remarqué sans vraiment faire le premier pas.

    Et puis un jour, est venue la meuf obligée de faire équipe avec moi en master pour les TD. Qui n'osait pas m'aborder, gênée, puis après avoir discuté gentiment, m'a dit: " bah en fait, t'es super sympa". XD " car comme tu vas pas vers les autres, on a l'impression que tu veux pas qu'on te fasse chier".

    J'ai fini par changer d'attitude et être actrice de ma vie plutôt que de la subir. Faire de mes goûts chelous des forces - et je trouve des gens avec les mêmes goûts que moi parfois. Dans les groupes, les asso, les réunions... Je suis celle très observatrice qui entend ceux qui n'arrivent pas à se faire entendre, celle qui est capable d'interrompre tout le monde pour dire : "s il vous plaît, écoutez jean Louis, c'est très interessant! " Ce n'est pas simple. Le tort aussi de cette société est de nous faire croire que l'humain est grégaire et que le groupe est la norme, d'une, et personne ne nous dit que pour trouver nos semblables, parfois suffit de partir !;)

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