L’Instant Putassier #44 : Les étudiants

Pondu par Pr. Bobby Freckles le 6 mai 2011     

L’étudiant, ce traîne-savates mou comme un bulot et pourtant aussi exalté qu’un écureuil nourri aux amphètes, cet individu à l’hygiène et aux mœurs douteuses qui maugréé un lâche « ché pas » mais qui, au fond, est persuadé de tout savoir, cet adolescent enfin libre du joug de ses parents qui mélange encore slips blancs et jogging rouge dans la machine à laver, OUI ! Toi l’étudiant, la plaie de mes après-midis de dur labeur et de mes nuits où je cherche à simplement siroter ma bière sans avoir une bande de jeunes qui me beuglent dans les oreilles, ce papier est pour toi.

Pourquoi l’étudiant est-il un loup pour l’étudiant ? Arrivera-t-il un jour à être pris au sérieux ? Comment peut-il gâcher « les plus belles années de sa vie » dès la licence ? Réponses avec le panel des étudiants les plus insupportables.

 

CELUI QUI NE SAIT PAS CE QU’IL FOUT LÀ : Après le bac, le pauvre gaillard ne savait pas quoi faire de sa peau (et qui l’en blâmera ?). Il a donc décidé de rentrer en fac d’histoire. Ou de psycho. Ou de socio. Avant de réaliser qu’il avait plus de motivation pour se couper les ongles de doigts de pieds le matin que pour aller en cours… et que les débouchés étaient faibles. Vous ne le reverrez plus après la première année.

CELUI QUI SE DÉCOUVRE UNE ÂME DE BOSSEUR : A moitié dyslexique, il a parcouru le grand chelem (2 Secondes, 2 Premières, 2 Terminales) avant d’obtenir enfin son diplôme. Il n’a plus d’acné dans le dos depuis un moment, mais soudain il a trouvé sa voie. La filière qu’il a choisie est une révélation : il sera prothésiste dentaire. Il bûche désormais 24 heures sur 24, suit un nouveau régime à base de redbull, et lance des regards noirs suivis d’un bruyant « CHUT ! » à l’étudiant qui se baisse pour ramasser son crayon dans l’amphi.

CELUI QUI SE DÉCOUVRE UNE ÂME DE BRANLEUR : Il a bossé comme un forcené pour avoir son bac (qu’il a eu au rattrapage), possède enfin son petit chez-soi qu’il aura décoré avec amour (tenture de Bob Marley, lampe lave…), et s’est acheté un tas de jolis feutres pour la rentrée. Mais finalement, il décide de se reposer un peu. Il passera son année sabbatique à fumer des joints et jouer à la PS3. Vous le reverrez dans les couloirs de la fac l’année suivante. Après un ou deux redoublements et beaucoup de glande, il finira par se réveiller.

LInstant Putassier #44 : Les étudiants sean pennQuelqu’un a vu mon polycop’ ? © 1982, Universal Pictures

CELUI QUI TAXE TOUT LE MONDE : Le clochard de l’Université, c’est lui. Son père est médecin, sa mère diplomate, mais il ne porte que des guenilles et se cherche encore intellectuellement (« Nicolas Hulot, c’est un gros pourri »). Il vous demande vos notes de cours alors que vous lui avez dit bonjour une fois dans votre vie, et encore, c’était parce qu’il vous taxait une roulé en même temps. Il n’a jamais de thune pour se payer un café. Personne ne veut être son ami, excepté les clochards des autres filières avec qui il traîne dans le bus.

CELUI QUI A TROP DE FACILITÉS : Il veille la nuit précédant l’exam, arrive avec une haleine de phoque et la paupière qui palpite sous l’effet du guronsan, et il obtient les félicitations du jury. Le salaud.

CELUI QUI N’EST PAS A CHEVAL SUR LES HORAIRES : Il arrive toujours en retard aux TD et/ou quitte le cours précipitamment avec l’assurance du gars qui a un truc très urgent à faire (sa mère accouche, il doit donner un rein, son appartement est en train de brûler). Bien dans ses baskets, si le prof se permet de lui signaler son retard chronique, il pourra lui répondre « Non, je ne suis pas en retard » (note : cette scène a réellement été vécue).

CELUI QUI EST BIEN TROP VIEUX : Il n’a pas l’âge de la retraite non plus, mais il se promène avec un très grand parapluie qui l’aide à marcher. Une odeur étrange s’échappe de son imper quand il le plie soigneusement sur le dossier de sa chaise, et il pose des questions de novices (« Excusez-moi, est-ce que vous autorisez qu’on écrive nos dissertations au stylo-plume ? »). La rumeur veut qu’il en soit à sa 15ème première année.

CELUI QUI EST BIEN TROP JEUNE : Il semble imberbe et porte un sac Hello Kitty. Au début, vous le preniez pour le petit frère d’un autre étudiant, jusqu’à voir sa trogne apparaître dans la salle de cours (vous êtes en master 1).

CELUI QUI DEVIENT CLICHÉ : Ça ne fait pas une semaine qu’il est inscrit en fac de droit qu’il se ramène en costard-cravate. Il s’est laissé pousser les cheveux et écrit de la poésie dans des carnets en cuir dès lors qu’il a commencé son cursus en fac de lettres. Il trimballe sous le bras un siège en toile noire avec son nom floqué dessus depuis qu’il est rentré dans la filière « cinéma & réalisation ».

CELUI QUI FAIT TROP LA FÊTE : Certaines personnes ne savent pas gérer l’indépendance inhérente au statut d’étudiant. Il sèche les cours, fait la tournée des bars du centre-ville du mercredi soir au lundi matin, se fait virer de boîte, se met à dealer et a toujours un peu de vomi sur ses chaussures. Vous finissez par apprendre qu’il s’est fait manger par des chiens de punks à chiens dans une rave party, ce qui vous incite à passer les samedis soirs des deux prochains mois devant la télé.

CELUI QUI DEVIENT MILITANT : Très à droite ou très à gauche, l’enragé passe plus de temps dans les organisations politico-pouet de son université qu’à la B.U. Bercé par ses rêves de révolution romantique, sa raison d’être est de titiller la fibre anarchiste qu’il y a en chacun de ses compatriotes. Une fois, il est arrivé à une manifestation étudiante avec un bandana à la Rambo sur sa calvitie naissance et du maquillage camo sur les joues. Il a réussi à avoir toutes ses années grâce à des miraculeux points du jury.

La prochaine fois, je vous parlerai des gens qui arrivent à montrer leur raie du cul en toutes circonstances (pantalon sans ceinture, tee-shirt trop court, etc.)

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  1. KirkjaKirkja

    Le 09 mai 2011 à 01:14

    Haha, par rapport à "l'étudiant cliché", ça me rappelle que j'adore m'amuser à deviner dans quelle filière peut se trouver l'étudiant que je croise, par exemple. Et mes potes du coup jouent avec moi : quand ils croisent quelqu'un qu'ils connaissent (et que je connais pas), ils me demandent de deviner dans quelle filière est la personne..
    Sur une dizaine de personnes, je fais un sans-faute, pour le moment. :lunette:
  2. KinzaKinza

    Le 10 mai 2011 à 00:42

    La prochaine fois, je vous parlerai des gens qui arrivent à montrer leur raie du cul en toutes circonstances (pantalon sans ceinture, tee-shirt trop court, etc.)

    -> Je VEUX lire cet article !






    … Je suis sérieuse !
  3. fa$h_youli73fa$h_youli73

    Le 10 mai 2011 à 11:52

    "CELUI QUI A TROP DE FACILITÉS : Il veille la nuit précédant l’exam, arrive avec une haleine de phoque et la paupière qui palpite sous l’effet du guronsan, et il obtient les félicitations du jury. Le salaud."

    Ma pote E. était comme ça à la fac : elle sortait en boite la veille d'exam , se soulait et décrochait une super note …j'ai jamais compris :erf:
  4. MélanosssMélanosss

    Le 10 mai 2011 à 20:11

    AhAhAh j'ai adoré cet article, forcément j'ai eu plusieurs de ces phénomènes durant mes 4 années de fac… Psycho en plus (où en 1ère année on a vraiment de tout !)

    Par contre moi je me suis pas retrouvée dedans, j'ai souvent été sérieuse (avec une trousse très remplie et des codes couleurs => Mémoire Visuelle Power !), un agenda (je note tout), des calepins, en fait je pense que pour survivre à la jungle de la fac (surtout lettres, et surtout psycho) il faut être organisée, et je ne vois pas ça comme un signe de non-maturation, au contraire…
    Tous les ans je fais les inscriptions et les emplois du temps de mes potes pcq ils n'y comprennent rien, et les personnes en psycho savent qu'au niveau des infos et de l'organisation, c'est souvent du grand n'importe quoi…

    Oh si je suis peut-être dans une catégorie : celle qui est en M1 Psy et qui à travers ses stages, s'est rendue compte que c'était pas le métier là qu'elle voulait faire… :facepalm: (mieux vaut tard que jamais, comme on dit)
    En tout cas ça fais plaisir de voir des étudiantes en psycho et pas forcément là par hasard et pas forcément des glandeuses ! :rockon:
  5. Lady Von DuckLady Von Duck

    Le 14 mai 2011 à 04:25

    Je suis dans la catégorie de ceux qui ne savent pas ce qu'ils foutent là (en histoire en plus)
  6. SoniiiaSoniiia

    Le 22 mai 2011 à 23:31

    Je me reconnais tout à fait dans la catégorie "CELUI QUI N’EST PAS A CHEVAL SUR LES HORAIRES"
    Je ne suis pas en retard que en amphi et aux TD mais aussi aux examens. Oui, oui! même aux exam!!! et là toute une salle avec plus de 700 étudiants se retournent sur moi, impossible de rentrer dans la salle discrètement les portes font un bruit pas possible!
    Je suis reconnue comme la retardataire chronique et J'ASSUME!!
  7. TKTTKT

    Le 29 mai 2011 à 18:30

    Posted by _lilou_
    "CELUI QUI NE SAIT PAS CE QU’IL FOUT LÀ: Après le bac, le pauvre gaillard ne savait pas quoi faire de sa peau (et qui l’en blâmera ?). Il a donc décidé de rentrer en fac d’histoire. Ou de psycho. Ou de socio. Avant de réaliser qu’il avait plus de motivation pour se couper les ongles de doigts de pieds le matin que pour aller en cours… et que les débouchés étaient faibles. Vous ne le reverrez plus après la première année.

    Mon dieu mais c' est moi !!! c' est mon histoire jme force à aller à QUELQUE cours parce que sinon je culpabilise et une fois que j' y suis je me dis qu 'est que je fous la lol sans compter que je suis toujours en retard au td ( Les profs sont habitués à mes retards maintenant il se retourne même plus à mon arrivé :cretin:) au amphis et même au examen
  8. chompichompi

    Le 27 novembre 2011 à 15:30

    Sinon en ce qui concerne des spécimens, je parlerais de mes amies en 1ère année de lettres (parce que maintenant en L3 on a un peu évolué quand même) :

    - celle qui bosse comme une dingue et qui se tape des taules (j'avais mal au cœur pour elle :/)
    - celle pour qui bosser c'est sa vie et qui méprise les autres (ah, aujourd'hui elle est toujours comme ça, mais c'est plus mon amie :D), et qui heureusement, a de bonnes notes !
    - celle qui trainait sur FB pendant les cours, mais qui avait (a toujours) des putains de facilités, même si au jour d'aujourd'hui elle bosse bien plus qu'avant (mais en L3 le niveau n'est plus le même en même temps).

    Et moi, qui peut avoir des 17/20 comme des 6/20 selon les matières, qui arrive une fois sur deux en retard, qui est à la fois flemmarde ("p'tain allez encore 5 mn et j'm'y mets !!") mais bosseuse, en atteste le nombre de travaux facultatifs que je prends (et que j'honore, s'il vous plait !), qui a quelques facilités, mais pas trop quand même, pas super organisée, et qui obtient quand même ses semestres avec 13 de moyenne. Bref, une étudiante à peu près normale, du moins je crois. :)
  9. Lana BananaLana Banana

    Le 27 novembre 2011 à 16:19

    plus là
  10. KenzuneKenzune

    Le 16 février 2014 à 20:19

    AHAHAHAHAHA!! :troll:

    Je m'y reconnais tellement que je vois une personne bien précise en tête de ma fac pour chaque situation.
    Je crois que je suis dans la catégorie: "Celle qui s'est découvert une âme de glandeuse" avec option "celle qui devient militante".

    Là, j'ai terminé le stade "militantisme", je suis à la phase "glandage actif" (m'en fous, je sais que ce mot n'existe pas). :hesite:

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