L’effet « Chair de poule » : tout le monde aime se faire peur

Notre Dossier du mois : le paranormal. Le paranormal m’a souvent fascinée, parfois fait peur, d’où l’idée de ce papier : la nature humaine aime, entre horreur et fascination, les choses que rationalité, sciences et logique ne peuvent expliquer. Donc OK, on va extrapoler et parler de la peur en général : avouez que, pour […]

L’effet « Chair de poule » : tout le monde aime se faire peur

Notre Dossier du mois : le paranormal. Le paranormal m’a souvent fascinée, parfois fait peur, d’où l’idée de ce papier : la nature humaine aime, entre horreur et fascination, les choses que rationalité, sciences et logique ne peuvent expliquer. Donc OK, on va extrapoler et parler de la peur en général : avouez que, pour le plaisir du frisson, vous aussi vous faites parfois exprès de vous faire des frayeurs !

(si même Vikidia, le Wikipédia des 8-13 ans, le dit…)

Voici une liste de trucs qui me foutaient la trouille quand j’étais petite – et qui me donnent encore la chair de poule aujourd’hui, quand je n’ai pas assez dormi et que mon imagination me joue des tours. J’ai appelé ça « l’effet Chair de poule » : tu sais que ça va te faire peur, mais paradoxalement, c’est aussi précisément ce que tu recherches.

LE NOIR

Pas « les noirs » hein, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Je n’ai jamais prononcé le gimmick « Maman, pourquoi le monsieur il est noir ? » de ma vie ; j’ai toujours été du genre pro-diversité des couleurs, limite j’aurais pu candidater au poste de Miss France dès l’âge de 8 ans.

Non, oui, je parle DU NOIR, de la pénombre, de l’absence de lumière – c’est ce noir-là qui me dérange. Bizarrement pourtant, j’ai toujours aimé flirter avec la pénombre. Genre je sais que j’en ai peur, mais délibérément, je me fais des frayeurs. Exprès, pour le goût de l’aventure. Quand mes parents s’absentaient un soir pour aller dîner chez des amis, je faisais exprès de n’allumer aucune lumière pour descendre dans les escaliers et aller aux toilettes. Et la nuit, pour aller me servir un verre d’eau dans la cuisine, je rasais les murs dans la pénombre, imaginant être dans un jeu télévisé où toucher à l’interrupteur est l’équivalent de tomber dans l’eau dans Intervilles.

La déformation avec l’âge : (maman, si tu me lis, arrête-toi maintenant) Au lycée, pour rentrer de boîte, je prenais un raccourci et passais sur le pont au dessus de la voie ferrée, près du ravin que les gosses du coin appellent « le coupe-gorge ». Comble de l’inconscience : je mettais le son au maximum sur mon iPod, un peu comme pour dire « non non, je n’entends rien, je ne vois rien, je suis dans mon monde et la voix de Peaches m’est rassurante ». Ouais, je n’entendais rien : surtout pas les pas des éventuels loubards qui me suivaient. Stupidité adolescente : 10/10.

LES MIROIRS

Ou « les salles de bain en général ». C’est marrant, apparemment je ne suis pas la seule. Mais d’où vient cette peur répandue de la salle de bain ? Des scènes de film d’horreur, je suppose. Quand je suis dans ma salle de bain, je ne peux pas m’empêcher de me regarder les yeux écarquillés dans le miroir, en me brossant les dents, imaginant qu’une silhouette va soudainement surgir de derrière les serviettes de bain. Et quand je suis sous la douche, je m’imagine des gouttes de sang sorties de nulle part, et qui, subitement couleraient le long de la vitre. Quand j’étais au collège, cette phobie/fascination me hantait tellement que j’ai fini par toujours mettre mon ordi et un épisode de Friends dessus, à côté de moi, pendant que je me lavais.

La déformation avec l’alcool : Un samedi soir, en soirée chez des potes, j’ai fait des bonds dans le salon en pensant avoir vu l’apparition du visage d’une femme dans le miroir de la salle de bain. En fait, c’était juste le double-reflet sur la vitre pleine de buée d’une copine qui passait sur le balcon. La conclusion ? L’excès de whisky-coca est effectivement générateur d’un trop plein d’imagination. Tu m’étonnes que des auteurs font de la boisson leur muse inspiratrice.

LE PLANCHER QUI CRAQUE

Ou « tous les bruits étranges » en général. Je me souviens de toutes ces fois où, incapable de fermer l’oeil dans mon lit, je me suis mise à sur-évaluer le moindre bruit dans la maison. Les pas dans les escaliers, le robinet qui fuit, le soi-disant courant d’air alors que toutes les fenêtres sont fermées, les meubles qui craquent… façon pop-corn au ciné, je me mettais toute possibilité de faire nuit blanche sous la dent.

Le summum a été atteint ce soir de juillet où avec mes parents et ma petite soeur on est revenus d’une semaine de vacances en Égypte. À peine le pas de la porte franchi que ma petite soeur « jure avoir entendu un bruit, là-haut ». Ni une ni deux, mon père fait s’asseoir ma mère et ma petite soeur dans le salon, me tend un couteau et va chercher le plus gros râteau de la maison dans le garage. Tous les deux, on est alors montés dans les chambres, prenant bien soin de d’abord fermer toutes les portes avant de se mettre à inspecter une par une les pièces (bonne tactique – dans le cas où quelqu’un se cachait dans une chambre autre que celle qu’on fouillait, on l’aurait forcément entendu ouvrir la porte pour en sortir). Bon, finalement, il n’y avait rien. Mais on a rigolé et on a pris ça pour un bon exercice d’entraînement – au cas où un jour…, sait-on jamais.

Un autre soir, j’ai écumé tous les sites qui, de près ou de loin, parlaient de bruits suspects dans la maison.

Ce genre de messages me faisait littéralement frémir – et en même temps, enthousiasmait l’ado en ébullition que j’étais. Je me souviens avoir lu quelque part sur un site paranormal que « plus l’on fait attention aux bruits, plus l’on devient sensible aux va et viens des morts, plus ils essayent de capter notre attention ». Comment vous dire ? Je comptais plus de 50 bruits suspects dans ma chambre avant de tomber de fatigue. Ça a duré plusieurs mois.

La déformation cinématographique : Oh, je vous le précise ou pas ? Tout ça s’est passé à l’époque où le film « Sixième sens » faisait le buzz partout.

JE VOIS DES GENS MOOOOORTS

LES SÉANCES DE SPIRITISME

Vous avez remarqué à quel point, quand on a entre 12 et 17 ans et qu’on fait des voyages scolaires, il y a toujours un camarade ou 2 pour être vachement enthousiastes à l’idée de « discuter avec l’au-delà » ? Et bien sûr, si « vous n’êtes pas chauds », il y en a toujours quelques autres pour vous accuser d’être le pire des trouillards que la terre ait enfanté. Rétrospectivement, et maintenant que j’ai 23 ans : je sais que je n’y crois pas, mais je ne sais toujours pas qui de Fanny, Marion, Karen et Hélène a poussé le verre.

La déformation « défi d’adolescents toujours pas relevé » : il me faut un jour aller dans cette supposée maison hantée à Seclin. Oh, zut, elle a été détruite l’année dernière, quel dommage !

A lire aussi : les séances de spiritisme, l’Instant Putassier de Bobby Freckles

LE SOURIRE DE L’ANGE

(vous n’êtes pas obligées de cliquer) Vous voyez ce que c’est ? Imaginez, vous marchez dans la rue. Des types vous arrêtent, vous claquent contre un mur et vous entaillent les 2 côtés de la bouche. Suite à quoi, ils pressent du citron sur vos écorchures (bah oui, sinon c’est pas drôle), et ça pique tellement que vous hurlez à la mort, agrandissant un peu plus la plaie, déchirant vos commissures des lèvres jusqu’aux oreilles.

Ah, et comme il y a toujours plusieurs versions aux contes de fée : apparemment, ça marche aussi avec le sel et les fils de fer (respectivement à la place du citron et du couteau). Bref. Impossible de savoir si c’est une légende urbaine ou non, mais des mecs de mon hypokhâgne affirmaient que l’année d’avant, une fille de la prépa s’est fait coincer par « le gang du sourire de l’ange » sur la route de la piscine. La nana (si elle existe vraiment) n’a pas pu s’empêcher de hurler face à la douleur, et elle est maintenant défigurée à vie. Bien sûr, pour ajouter à la psychose : l’année où j’étais dans cette prépa, l’option piscine a basculé vers le créneau « 19h/20h », soit l’heure où en hiver, il fait déjà noir partout.

La déformation opportuniste : Je ne suis jamais allée à la piscine.

Et comme ça ne sert à rien de parler des maux sans proposer des remèdes, voici, pour terminer, une sélection de livres choisis par la rédac « pour vaincre la peur » :



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Voici le dernier commentaire en date :

  • Mathilde-la-fee
    Mathilde-la-fee, Le 15 mars 2011 à 23h17

    Aha, j'adore ce genre de discussion :)
    Je crois un peu au paranormal, sauf que ça ne me fait pas peur puisque je suis persuadée que si fantôme il y a, ils ne sont pas méchants. Je sais pas trop pourquoi, mais je me dis que ça doit déjà être super galère de revenir de l'au-delà que si ils se donnent tout se mal, c'est surement pas pour venir nous emmerder !

    Par contre j'ai deux anecdote 'de-quand-j'étais-petite' qui, rétrospectivement me font bcp rire.

    La première se passe en voiture avec ma famille, genre un relativement long trajet qui nous obligeait à être sur l'autoroute la nuit. Ma grand soeur voulait raconter une histoire drôle à mon grand frère, et ça donnait ça : C'est une femme qui tue son mari dans la cuisine, et il reste une grosse tâche de sang par terre. Alors elle frotte, elle frotte mais ça part pas. Tout à tout le téléphone sonne et elle entend "si la tâche de sang..." et elle a trop peur, elle raccroche. Comme elle flippe elle s'acharne sur la tâche. Re-coup de téléphone : "si la tâche de sang n'est pas partie..." et elle raccroche. Elle a de plus en plus peur, elle frotte de plus en plus fort et il reste encore du sang. Le téléphone re-re-sonne, elle a super peur, (à ce moment là, moi aussi, du coup je bouche les oreilles, et n'entends que vaguement la fin de l'histoire, mais je vous raconte la suite parce que c'est la fin qui me fait rétrospectivement rire.) elle hésite à décrocher, mais finalement elle décroche, elle veut savoir la fin de la phrase. "Si la tâche de sang n'est pas partie avant minuit..." elle regarde l'horloge et elle raccroche. 23h30, il lui reste une demie heure. Au bout de 20min le téléphone re-re-re-sonne et elle n'a tjs pas réussi à faire partir le sang mais elle décroche. "si la tâche de sang n'est pas partie avant minuit J'ATTAQUE !!!"
    à ce moment-là je me mets à hurler et à pleurer, puisque j'entendais quand même encore un peu, j'avais eu la fin de l'histoire, et personne ne comprenait pourquoi. Et quand j'ai fini par pouvoir m'expliquer, tout le monde à bien ri parce que la fin de la phrase n'étais pas "j'attaque" mais "utilisez AJAX ! " (bon après la vanne en elle-même est pourrie hein.)

    Et sinon, une des plus belles frayeurs de ma vie, c'était avec ma meilleure amie. On se connait depuis qu'on a huit ans, et à chaque fois que je dormais chez elle on regardait des films d'horreur. Le pire, ce fut le jour on a décidé de regarder The Ring. On les louait tjs dans un distributeur à côté de chez elle, c'était à l'époque où VHS et DVD cohabitaient encore. Et comme par hasard il ne restait plus que la cassette de the ring (me demandez pas lequel on n'a vu que les premières minutes). Le seul truc dont je me souviens c'est que le film commence sur une scène ou deux amies sont chez l'une d'elle et elles se font tuer par la nana. Ensuite on assiste à l'enterrement d'une des deux et là sa mère dit "le plus horrible c'est quand j'ai découvert son corps dans le placard, et son visage déformé par la peur". Et là, BIM flash-back et on voit la gamine recroquevillée dans son placard, avec la tête déformer mais vraiment version film d'horreur improbable. On a tellement flippé qu'on a sauté sur la télécommande pour arrêter le film . Et là deuxième frayeur, la télé n'était pas calée sur une chaîne mais en mode "bataille des petits points" (oui j'appelle ça comme ça), comme dans le film juste avant que la fille débarque. On était complètement tétanisée à l'idée de sortir du lit pour aller jusqu'à la télé et l'éteindre, et en même temps la télé allumée nous faisait peur.
    Je n'ai plus jamais pu aller faire pipi chez elle la nuit.

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