De la difficulté d’être ronde dans un monde si parfait

De la difficulté d’être ronde dans un monde si parfait
Mincir, ne pas dépasser le 36, perdre quelques kilos pour l'été, raffermir, muscler, tonifier... autant d'injonctions quotidiennement envoyées aux femmes, pour être toujours plus minces. Alfrédette n'est pas d'accord.

Il est difficile aujourd’hui de résister aux sournoises injonctions de la société. Aux kiosques des marchands de journaux s’étalent, tous plus vendeurs les uns que les autres, les multiples commandements contradictoires de la femme moderne parfaite : « soyez belle, mais naturelle« . « Ayez des enfants, mais une carrière« . « Pimentez votre vie sexuelle, mais n’oubliez quand même pas que la pipe, c’est le ciment du couple« . « Mangez bio« . « Soyez consumériste, mais feng-shui« . « Ingurgitez cinq fruits et légumes par jour« . Et tant d’autres ordres qui rythment notre quotidien du berceau à la tombe. Mais le plus répandu d’entre eux n’est pas des moindres : « soyez minces, ou ne soyez rien« .

La masse pondérale, cet obscure pomme de discorde

Le fait d’être ronde, au 21ème siècle, n’est plus un état, mais une maladie qu’il faut dissimuler, voiler, cacher, quitte à mettre en péril sa propre santé. Pour effacer les « vilains kilos » qu’ont le culot d’exhiber certaines femmes, fleurissent des régimes plus absurdes les uns que les autres. Ici, on conseille aux femmes une diète à mille calories par jour. Là, on leur ordonne de n’ingurgiter que du jus de citron mêlé de sucre. Et c’est ainsi que, d’un ton très docte, tous les médias ordonnent aux rondes de mettre leur santé en péril pour gagner en conformisme.

Mais n’y a-t’il pas, dans cette cruelle obsession du corps, une certaine forme de déni de l’esprit ? Par ailleurs, la dénégation s’érige en nouvelle norme. On nie le corps, en lui infligeant des privations aberrantes – qui parfois peuvent lui infliger des séquelles irréversible. On nie la chair, pourtant autrefois synonyme de  santé et de vie. On nie la mort, en la repoussant encore et encore, à coups de crèmes et de seringues – vains artifices qui ne trompent pas même ceux qui y ont recours.

Le poids, le péché et la culpabilité

Il est amusant de constater que souvent, plus un média prône l’indépendance et la liberté de la gent féminine, plus il s’enferme dans une réthorique judéo-chrétienne moralisatrice et simpliste. Dans les pages des magazines féminins comme sur les panneaux publicitaires, l’impératif a pris le pas sur le présent. Ainsi, l’enjeu de notre époque n’est-il plus de chercher à s’aimer, mais de chercher à ressembler aux mannequins de quinze ans et cinquante kilos qui défilent sur les podiums. Faire des études, être indépendante, bâtir des projets, se cultiver, défendre ses idéaux ? Tout cela n’est que littérature.

rubens De la difficulté dêtre ronde dans un monde si parfait

Trop de femmes, en intériorisant à l’extrême les absurdes injonctions de la société, sombrent dans des pathologies au nombre toujours croissant. La recrudescence des cas d’anorexie et de boulimie inquiète le corps médical. L’industrie pharmaceutique, quant à elle, redouble d’inventivité pour inventer chaque semaine un nouveau coupe-faim ou complément alimentaire qui n’a de miraculeux que le nom – le Mediator était au nombre d’entre eux. On connaît les conséquences dramatiques qu’a eu sa banalisation.

Le régime de l’été, cette infamie rituelle

Dès que reviennent les beaux jours, la plupart des magazines féminins s’adonnent avec une confondante régularité à poser cette ubuesque question : « Comment survivre à l’épreuve du maillot ?« . À première vue, l’interrogation semble innocente. Un brin sotte et paternaliste, mais sans risques. Et pourtant, elle tisse de nombreux amalgames tous plus dangereux les uns que les autres. La notion de « survie », appliquée à notre tour de taille, est pour le moins déplacée : devons-nous cesser de vivre, ou craindre de périr foudroyées dès lors que nous franchissons les troubles frontières du 36 ? Et puis, il y a ce mot : « épreuve ». Une épreuve, selon le dictionnaire, est un évènement douloureux, un malheur synonyme de souffrance, ou un « test qui permet de juger de la valeur de ». Là est le problème : la société, en rabaissant la valeur des femmes à celle de leur IMC, s’enfonce dans un machisme douloureux qui enferme les femmes dans un cercle vicieux dévastateur.

Le naturel est mort, vive le naturel !

À quoi bon nier l’évidence ? Nous ne sommes pas, et ne serons jamais, des clones. Il est des femmes nées pour être minces, comme il est des femmes nées pour être rondes. L’importance de la génétique dans nos morphologies peut certes être amoindrie – au prix d’efforts constants – mais jamais elle ne sera balayée. Pourquoi s’en plaindre ? Rien ne serait plus triste qu’un monde où les corps se ressembleraient au point de se confondre. Les hommes eux-mêmes s’y sentiraient perdus – car leurs goûts sont aussi variés que nos formes, quoi qu’en disent les cerbères qui voudraient faire de la femme un triste objet lisse et conforme. Alors, de grâce, cessons de haïr nos corps dès qu’ils sortent du moule étriqué des conventions sociales. Et réapprenons à nous aimer, telles que nous sommes. « Parce que nous le valons bien ».

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  • Rocky ducky
    Rocky ducky, Le lundi 6 août 2012 à 13h29

    Moi c'est ce terme "ronde" utilisé un peu partout qui me gave un peu... "Ronde" pour moi cela signifie "qui a des rondeurs" et j'assimile plutôt ça à un beau corps féminin qui a des seins, des fesses (je trouve certains corps avec peu de poitrines très beaux aussi, c'est vraiment au cas par cas, me faite pas dire ce que je n'ai pas écris ;) ). Il me semble qu'au début ce terme a été utilisé pour remplacer le "trop gros(se) " devenu politiquement incorrect, mais c'est dommage de le remplacer par ronde je trouve. J'utilise gros(se) dans la vie de tout les jours et "surpoids" dans le domaine médical, et je n'ai pas l'impression que ce soit méchant. Après tout on n'hésite pas à dire "maigre" ou "trop maigre" en parlant des gens en sous-poids , on ne dis pas "peu rond(e) " que je sache?
    Après chacun utilise les mots qu'il veut tant qu'il ne blesse personne (mais est-ce vraiment possible d'épurer son langage jusqu'à ne froisser personne justement?). De mon expérience personnelle, mon entourage et mes patients étaient plutôt contents quand je parlais de surpoids ou d'être trop gros, plutôt que "rond" qui les exaspérait aussi.

  • Autruche-verte
    Autruche-verte, Le lundi 6 août 2012 à 17h20

    J'aimerai remercier tout particulièrement cette fameuse societé de consomation, à qui j'ai pensé très fort pendant 5 mois, a genoux face a mes wc avec deux doigts profonds dans la gorge.
    "Trop de femmes, en intériorisant à l’extrême les absurdes injonctions de la société, sombrent dans des pathologies au nombre toujours croissant. La recrudescence des cas d’anorexie et de boulimie inquiète le corps médical."
    Je vais sur mes 18ans et je sors tout juste d'un épisode d'anorexie, j'y ai laissé 12kg, et je n'ai plus mes règles depuis 6 mois. Personnellement, la difficulté d'être ronde, elle m'a mis KO.
    Oui car avant l'anorexie, enfin depuis mes 11 ans en fait, j'étais hyperphagique, (Pour celle qui connaissent pas, c'est genre 3 fois par semaines tu manges l’intégralité de tes placards en l'espace de 20 minutes, au sens propre hein, sans pouvoir t’arrêter, mais sans te faire vomir après.)
    J'étais donc ronde et mal dans ma peau, et je suis devenue anorexique et mal dans ma tête. Merci, du fond du coeur, la société de consommation.

    Courage à toutes celles qui traversent ça, j'ai réussi à m'en sortir et vous le pouvez aussi.

  • Ave Maria
    Ave Maria, Le mardi 7 août 2012 à 02h48

    Hahha "l'épreuve du maillot de bain". Je suis TRES ronde (poids à trois chiffres ;)) et je me rappellerais toujours les regards des 6 personnes interloquées en me demandant "Mais tu vas VRAIMENT mettre un bikini sur la plage?" lorsque j'ai dit que je m'en acheterais bien un 2e pour cet été.

    OUI je vais mettre un bikini et j'EMMERDE ceux à qui ca plait pas. Parce que moi aussi j'ai le droit de pas avoir de sable qui pique et qui gratte au niveau du ventre, non mais! (et je suis sérieuse)

  • Daffy duck
    Daffy duck, Le mardi 7 août 2012 à 11h31

    Je vois pas pourquoi on associe laideur/beauté et poids. Pour moi ça n'a rien à voir.

    Parfois je me demande si on ne dit pas à la femme "prends du temps pour devenir la femme idéale, apprendre à l'être, ça sera toujours du temps que tu ne passeras pas à te cultiver et à élever ton esprit". Reste un être de chair et non un être spirituel, tu n'as pas à penser tu as juste à paraitre.

    Je dis pas qu'on est toutes des grandes débiles à faire des régimes et faire du shopping, je dis juste que notre enveloppe charnelle n'est qu'une partie de nous. C'est pas elle qui fait notre valeur (à part sur le marché du sexe bien sûr) en tout cas elle ne fait pas TOUTE notre valeur, pas besoin d'y accorder un temps fou. Il y a des activités bien réjouissante qui se soldent moins par des déceptions.

    Et surtout il faut apprendre à vivre pour soi et non pas pour les autres et encore moins pour des inconnus.

  • Annie D'Astrée
    Annie D'Astrée, Le lundi 13 août 2012 à 02h16

    Neoxys;3433745
    Pourquoi toujours se victimiser et simplifier le débat à une histoire de c-est-la-faute-aux-medias(-et-au-capitalisme) ? Personne dans ces tours de verre ne veut envoyer les rondes dans des Kolkhoze, ce sont au contraire les chouchoux de la société marchande. Elle consomme comme il faut dans un schéma de parfait cercle vicieux : trop de nourriture (viande, snack), trop de vêtements pour "se cacher", trop de régimes pour maigrir, trop de divertissement pour combler l'ennui, trop de magazines pour se rendre envieuse, etc. Je sais qu'il y a des exceptions mais je sais aussi qu'il y a chez les rondes une conscience trop tranquille ...

    Une ronde devrait tout faire pour ne plus l'être. Ce n'est pas bon pour sa santé, pour nos dépenses de santé que payent la communauté, pour la nature qui doit subir sa sur-consommation, pour vous, pour les autres. Il n y a absolument rien de positif dans le fait d'être ronde et c'est quelque chose de totalement choisi (avant de faire 100kg, on en fait 90, 80, 70 ...). Il y a des prédispositions oui, mais regardez quand même ce que vous donnez à manger à vos gênes ...

    Alors évidemment je ne parle pas des filles avec des petites poignée d'amour toute mignonne, des hanches un peu trop large ou des joues rondes, ce sont des filles "normales" qui j'espère n'auront jamais l'hystérie de brandir une pancarte "fiere d'être ronde". Je parle vraiment de celles qui déforment leur naturel et forcent la raison (et s'il le faut à la loi et la politique) à les considérer comme normal, à leur devoir un respect ...

    http://static.guim.co.uk/sys-images...259598717242/Overweight-Demonstrators-001.jpg

    Séditieusement votre,
    J'avais envie de t'envoyer une photo de moi en sous-vêtement qui te fait un signe de la main que ma mère n'aurait pas approuvé mais je vais tenter de m'exprimer en adulte,


    Moi j'suis une grosse, et depuis longtemps. Et j'aime bien. Je veux dire par là j'aime pas le gras qui dépasse des pantalons mais j'aime mon gras, parce que c'est le mien. Je parlerais pas des régimes à partir de 8 ans, qui m'ont fait perdre puis reprendre tellement souvent que ca en devient risible, mais disons que j'arrive à un compromis avec mon corps: "T'es pas si mal, j't'aime bien, et le jour où faudra qu'on change, on s'y mettra pour de bon, lentement, juste pour nous."
    On m'a jamais insultée de boudin (Si une fois je crois.), ni de gros tas, ni de vache, j'ai des amis, des amants (enfin pas vraiment mais j'suis moins seule que la moyenne disons), et ca je sais que ca tient en mon attitude. Je la soigne dans le sens où je ne suis pas une grosse, je suis une femme. Mes robes, mes talons, mes postures, j'ai toujours tout fait pour qu'on ne se dise pas: Ouh mate le gros tas là! On me dit que je suis belle et c'est pas de la pitié, parce que je le sais, je suis belle, belle et fière. Parce que c'est une étape de ma vie ou ca me va mes bras, mes seins, mes hanches. J'ai 20 ans, et je sais qu'un jour, je voudrais changer, et à ce moment là je changerais, pas pour être mince, mais pour perdre une ou deux tailles, pour me sentir plus lègere, plus en phase avec ma personnalité. Mais je dis tout ça je sais que j'ai de la chance, ma taille est marquée, mes jambes sont galbées, j'ai pas de ventre, je fais un petit 46 et pas de double menton. Je ne me plains jamais que je suis grosse, parce que ce serait de l'hypocrisie et de la lacheté. Le jour où je m'en plaindrais, je maigrirais.
    Voilà pour ma personne.
    En gros (hi hi), ce que j'essaie de dire c'est que,
    1) Moi et mes 100kg ca va, merci
    2) T'es bourrée de préjugés à la con. On est pas tous gros parce qu'on maitrise pas son corps. J'ai grossi pas parce que je voulais, ca s'est fait, et j'ai rien fait pour l'arreter certes, mais c'est du passé et le corps que j'ai maintenant je le regarde et je le kiffe. Alors tu remballes tes injonctions pondérales.
    3)T'as peur des gros, t'as peur d'être grosse. Tu trouves ça moche et ca t'empeche de mener ta petite vie de savoir qu'il y'a des gens pas comme toi dans ce bas-monde, de savoir que le monde n'est pas basé sur ta propre vision de l'esthetique. T'as envie de nous effacer à coups de conseils-santé hypocrites que t'essaies de faire passer pour une inquietude purement médicale. Et après ça t'oses dire que personne ne veut envoyer les grosses en kolkhoze, je trouve ca d'une ironie stupéfiante.
    Bisous

  • CocomicStrip
    CocomicStrip, Le lundi 13 août 2012 à 03h20

    Neoxys;3433745
    Pourquoi toujours se victimiser et simplifier le débat à une histoire de c-est-la-faute-aux-medias(-et-au-capitalisme) ? Personne dans ces tours de verre ne veut envoyer les rondes dans des Kolkhoze, ce sont au contraire les chouchoux de la société marchande. Elle consomme comme il faut dans un schéma de parfait cercle vicieux : trop de nourriture (viande, snack), trop de vêtements pour "se cacher", trop de régimes pour maigrir, trop de divertissement pour combler l'ennui, trop de magazines pour se rendre envieuse, etc. Je sais qu'il y a des exceptions mais je sais aussi qu'il y a chez les rondes une conscience trop tranquille ...

    Une ronde devrait tout faire pour ne plus l'être. Ce n'est pas bon pour sa santé, pour nos dépenses de santé que payent la communauté, pour la nature qui doit subir sa sur-consommation, pour vous, pour les autres. Il n y a absolument rien de positif dans le fait d'être ronde et c'est quelque chose de totalement choisi (avant de faire 100kg, on en fait 90, 80, 70 ...). Il y a des prédispositions oui, mais regardez quand même ce que vous donnez à manger à vos gênes ...

    Alors évidemment je ne parle pas des filles avec des petites poignée d'amour toute mignonne, des hanches un peu trop large ou des joues rondes, ce sont des filles "normales" qui j'espère n'auront jamais l'hystérie de brandir une pancarte "fiere d'être ronde". Je parle vraiment de celles qui déforment leur naturel et forcent la raison (et s'il le faut à la loi et la politique) à les considérer comme normal, à leur devoir un respect ...

    http://static.guim.co.uk/sys-images...259598717242/Overweight-Demonstrators-001.jpg

    Séditieusement votre,
    Merci pour ce commentaire qui a particulièrement éclairé mon esprit....

    Ma mère ayant été anciennement mannequin et se battant aujourd'hui contre une thyroïde lui faisant prendre du poids est tout simplement une nuisance pour la société.
    Son physique n'est absolument pas normal,elle devrait d'ailleurs se cacher dans un terrier en attendant que quelqu'un lui fasse signe de sortir.
    Et pour finir ma mère ne mérite pas de respect car ses kilos en trop ne sont pas digne d'une personne normale.

    J'espère que tu te sens parfaitement bien dans ta peau car pour moi tu es une honte à toi toute seule,le genre de cas sociaux dont on arrive pas à se débarrasser.
    Violent?Oui mon commentaire l'est, tout comme tes propos qui sont rabaissants et écœurants.

  • Dreambreaker
    Dreambreaker, Le jeudi 23 août 2012 à 03h01

    Il faut arrêter de faire passer les rondes pour des victimes. Ce n'est pas le cas. Être ronde n'est pas une fatalité, ça ne prive ni d'amour-propre, ni d'amour tout court, et ça n'empêche pas toutes les rondes de dormir. Être ronde, c'est NORMAL, parce que tous les êtres humains ne sont pas faits de la même façon, ça fait partie du large éventail de possibilités de ce qu'une personne peut-être. Et franchement, il faut savoir passer par dessus à un moment donné. Ca devient gonflant à force, toutes ces nanas "rondes" qui se plaignent de ce qu'elles sont et qui n'ont aucune conscience qu'elles ne sont pas à plaindre (je ne parle pas d'obésité, qu'on soit bien d'accord, c'est deux choses différentes, l'obésité est une maladie, être ronde, non).

    Je suis ronde. Je l'ai toujours été, beaucoup moins quand j'étais petite, beaucoup plus depuis que je me suis cassé le genou à l'âge de 13 ans et que l'opération n'a pas suffit à réparer les dommages. Résultat, je n'ai le droit à aucun sport, et même la marche doit être pratiquée dans les quantités les plus minimes possibles. Ajoutons à ça que j'aime manger, et que mon humeur influe (dans les +++) sur mon alimentation, sans oublier le fait que j'ai un père qui est comme moi, une mère qui l'est aussi, et nous sommes plutôt petits dans la famille, que nous avons une ossature assez épaisse, et me voilà. J'ai 21 ans, je fais 1m64, et je pèse 68kg.

    Pendant très très longtemps, j'ai souffert de cette condition de "ronde", bien que pour moi, j'étais simplement grosse. Il n'y avait pas de demi-mesure, il n'y avait pas de relativité, il n'y avait que mon ventre trop flasque, et mes cuisses qui ne rentraient jamais dans les jeans qui me plaisaient. Ah j'en ai fait, des séances de shopping après lesquelles je finissais en larme parce que rien ne m'allait et que les vendeuses avaient pitié de moi. J'ai aussi eu du mal avec les garçons, à tel point que j'ai décidé que jamais aucun ne serait capable de juger que j'étais assez bien pour lui, alors j'ai été au plus simple : j'ai adopté une sexualité qui ne me satisfaisait pas, mais qui était beaucoup plus simple... avec des filles. Cool, non ? Voilà, pour faire vite, le parcours d'une ronde qui en a eu marre de ne pas aimer son corps parce que le regard des autres lui paraissait insupportable et malveillant.

    Et je suis passée à autre chose. En une année, je suis devenue une nouvelle personne. Je n'ai pas maigri, non, je n'en suis pas encore là, mais j'en ai eu marre de devoir me cacher parce que mes amies étaient mieux foutues que moi et plus agréables à regarder. pour la première fois depuis des années, je me suis mise en maillot de bain devant des mecs qui me plaisaient, et je ne me suis pas cachée derrière ma serviette. J'ai acheté des fringues qui correspondaient à mes goûts, et pas des trucs noirs, laids, informes, destinés seulement à cacher mes formes -ce genre de vêtements que seules les rondes portent et qui donc sont comme une enseigne lumineuse et clignotante qui hurle à qui veut l'entendre qu'une grosse est dans le coin.

    Je sais tout le mal-être que c'est que d'être ronde, que d'être différente, surtout, mais je relativise, et aujourd'hui il me fait vomir. Ma meilleure amie fait 10 cm de plus que moi, et pèse à peine 50kg. Et le pire dans tout ça, c'est qu'elle est magnifique. Et vous savez quoi ? Je le suis aussi. Vous l'êtes aussi. Vous êtes vous, avec vos kilos, et merde, tant mieux ! Ce qui importe, c'est d'être en paix avec soi-même, pas d'être en paix avec le reste du monde. Si vous vous regardez dans le miroir et que vous vous dites "merde, qu'est-ce qu'ils vont penser de moi, dans la rue, dans le métro, à la piscine ?", alors il y a un problème, et ce ne sont pas de bonnes raisons pour maigrir. Si par contre, vous vous regardez dans le miroir et que vous vous dites "merde, je ne pourrais pas m'acheter cette veste qui me plait tant, et je ne m'aime toujours pas", alors vous êtes sur la bonne voie. Peut-être.

    Tout ça pour dire que cette amie, elle a autant souffert de sa maigreur au collège que moi j'ai souffert de mon surpoids. Être ronde n'est pas une fatalité, être mince non plus, ce qui l'est en revanche, c'est d'être DIFFERENTE. Cultiver sa différence, c'est ce qui permettra d'oublier vos rondeurs, et ce qui fera oublier aux autres votre rondeur. Se teindre les cheveux, porter des vêtements aux couleurs flashy, avoir des activités super cool, briller par votre humour, votre intelligence, votre bon coeur, ou par vos tatouages, c'est ce qui changera tout.

    On est toutes belles, on est toutes fortes, et surtout, nous ne sommes pas des victimes, même si l'on est rondes. Le genre de propos comme ceux tenus par Neoxys (tu me débectes, ma chérie) sont juste à vomir, ce sont le genre de propos qui poussent des gamines à se priver de bouffer pendant des semaines parce qu'elles ne supportent pas l'image que leur renvois le miroir et la différence avec ce qu'elles voient dans les magasines et qu'elles imaginent être la réalité. Je ne vais pas aller plus loin, je risquerais de te dire que tu es conne. Oups.

  • NinieLeo
    NinieLeo, Le samedi 18 janvier 2014 à 13h18

    Utiliser une suite de mots savants pour écrire ton article ne te rend pas plus intelligente mais plus LOURDE.....

  • Schlobi
    Schlobi, Le samedi 18 janvier 2014 à 13h41

    ninieleo;4565437
    Utiliser une suite de mots savants pour écrire ton article ne te rend pas plus intelligente mais plus LOURDE.....
    Euh tu les sors ou ses mots savants ? je trouve au contraire qu'elle écrit bien et simplement .

  • Etsu-Reiko
    Etsu-Reiko, Le mardi 21 janvier 2014 à 19h01

    Pour ma part je fais 178 centimètre pour 98 kilo. J'ai de longues jambes qui me gâche la vie parce les pantalons venduent en boutique normal sont trop court et coupe au dessus de la cheville, et je porte du 44/46, je vous dis pas la galère. En plus de ça, je fait une pointure 44 en chaussure, et un 100E pour de ce qui est de la poitrine. J'ai une tête énorme, alors je galère à trouver des chapeau à ma taille, fin bref, plus je décris mes défauts, plus j'ai l'impression de décrire un être absolument Hors norme.
    Du coup, je suis obligé de porter des baskets (Je vois déjà venir celles qui me diront "mais il y a des sites spécialisés qui vendent des grandes pointurse pour femme" je répondrais seulement que bah oui mais non, à 350 euro les bottines, j'ai pas les moyens.) et réussir à être féminine dans ces conditions, c'est vraiment galère. Du coup je me rattrape sur ce que je peux faire comme tout le monde : me maquiller, me teindre les cheveux etc. Mais bon c'est pas avec mes converses, mon jean bleu dégueulasse et mon tee shirt géant que je vais être ultra glamour. Ou même glamour, tout simplement. Ça ne m'empêche pas d'avoir des amis, et un copain pour qui je suis la plus belle femme du monde. Donc je n'ai pas à me plaindre.

    Mais de tous mes défauts, c'est mon poids qui me dérange le plus. Quand je sors du cercle familial, quand je travaille ou quand on me présente à d'autre personne, j'ai l'impression qu'ils se souviendront de moi comme "la grosse au cheveux rouge" Alors je fais de mon mieux pour n'avoir à rencontrer personne. Je n'ai jamais rencontrer les amis de mon copain, parce que j'ai peur qu'ils se disent qu'il sort avec un thon et pourtant ça fait 18 mois que l'on est ensemble. (Oui, je sais c'est stupide)

    Parfois je me regarde dans la glace, et j'imagine que j'ai la possibilité de modifier mon corps, comme dans les sims, c'est complètement ridicule, je vous l'accorde, mais j'aimerais tellement pouvoir me sculpter, choisir mon poids.

    Parce que oui, je ne l'ai pas choisi, et personne ne choisi d'être en surcharge pondéral. Quand j’étais enfant, j’étais grande et fine et dans ma famille on m'appelait la sauterelle (à cause de mes longues jambes) puis vers 13 ans j'ai pris du poids, rapidement. Pourtant je ne mangeais pas entre les repas, je ne mangeais pas de bonbons ou de chips, je ne buvais pas de soda, mes parents étaient contre tout ça.
    Aujourd'hui j'ai 20 ans, quand je "grignote" je mange une poire ou un kaki. Je bois beaucoup de thé, et je marche aussi, mon copain étant végétarien je ne mange pas de viande non plus, On mange des pâtes le vendredi soir, et des pommes de terre une fois par semaine, et les seuls moment ou je mange des saloperie (genre chips, bonbon), c'est en soirées. Mon copain à la même alimentation que moi, pourtant fait 183 centimètre pour 54 kilo. Et oui, il fait partie de ces personnes qui n'arrivent pas à prendre un gramme. Moi par contre c'est l'inverse, je prend du poids très facilement, et mon humeur est le facteur le plus important de mes prises de poids. Quand je déprime, je grossis. Quand je vais bien, je mincis. Il y a un an, je pesais 84 kilo. J'ai pratiquement pris 15 kilo depuis. (Il y a 5 ans, j'en pesais 130) Alors qu'est ce que je peux faire ? Un régime ? J'en ai tenté plusieurs, à part une bonne anémie, je n'en ai rien tiré. Me faire vomir ? J'ai grandit en voyant ma sœur se mettre deux doigts dans le fond de la gorge, alors surement pas.

    Je ne suis pas ronde, je suis grosse. C'est comme ça. Je ne lis pas de magasine féminin, et pourtant je suis mal à l'aise comme je suis. Ça m'emmerde, vraiment. Mais je reste optimiste, et je me dis que je finirais bien par mincir mais pour le moment je ne connais pas la solution miracle. A vrai dire je ne pense pas qu'il y en ai, quand je n'aurais plus de problème et que j'irais bien, je perdrais surement à nouveau du poids.

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