Sur le déboussolement post-partiels

Vous êtes en pleine période de partiels ou vous venez d'en sortir ? Attendez-vous à faire face au déboussolement qui suit ces terribles semaines d'examens.

Sur le déboussolement post-partiels

Le déboussolement post-partiels, petit ver luisant, survient lorsque, après avoir consacré ton temps, ton cœur, ton âme et tes tripes à une seule tâche pendant toute une semaine, tu te retrouves perdue, les bras ballants devant une vague d’oisiveté qui s’offre à toi avec plus d’abnégation qu’un tract d’ONG dans les rues marchandes d’une grande ville. Je parle de cette sensation d’inutilité qui te prend lorsque la pratique intensive de la procrastination révision ne rythme plus tes journées, lorsqu’enfin, ton examen est terminé.

En quoi ça consiste ?

Le Déboussolement Post-Partiel, que nous nommerons à partir de maintenant par son sigle scientifique DPP, arrive en seconde position d’une séquence en trois étapes dont le top départ est ta signature sur la liste d’émargement et le PLOP que font tes feuilles de brouillon en atterrissant dans l’énorme poubelle placée à côté de la porte d’entrée de l’amphi dans lequel s’est déroulé ton dernier examen (je te défie de lire cette phrase sans reprendre ta respiration). Ce petit PLOP, plus ou moins étouffé par les brouillons des étudiants moins inspirés que toi, agit comme la sonnerie de ton réveil organique. Nous entrons dans la phase 1 de ta vie après les partiels, l’euphorie Post-Partiel (EPP).

L’euphorie

Comme après une sieste de mille ans, ton esprit est rebranché à la réalité d’une façon soudaine et libératrice. Tu es mue par l’envie de crier à la vie que tu l’aimes car, contre toute attente, tu as survécu à cette épreuve. Le soleil est plus bleu, le ciel brille de toutes ses forces, tu sautilles telle une gazelle sous amphétamines, tu parles aux inconnus, ou, si tu es un peu plus timide, tu esquisses un sourire. D’ailleurs ton comportement ne choque personne car les gens qui t’entourent sortent du même amphi que toi et planent donc dans la même EPP. Tu entends des cris de liesse et des blagues de sociologues et ça te fait rire comme jamais.

Trois façons de mettre fin à l’EPP :

  1. Écouter Marco* qui t’explique ce qu’il a mis dans le petit c. du petit 2. du grand III. de sa dissert’ et te rendre compte que tu n’as pas mis la moitié de ces informations dans l’intégralité de ton plan bancal en deux parties et demi
  2. Fuir Marco en décidant de rentrer chez toi immédiatement
  3. Kiffer la vibe jusqu’à ce que tout le monde reparte vaquer à ses occupations, et te retrouver sur le perron de la fac, seule avec deux autres clampins, à te dire que tu mangerais bien des courgettes.

Tu pourrais faire durer l’euphorie post-partiel en lançant un « VENEZ TOUS CHEZ MOI, ON SE FAIT UN JEU DE L’OIE», mais tu n’as décemment pas la place d’inviter tant de gens chez toi. Et tu ne connais pas le prénom de la moitié d’entre eux.

 

Le déboussolement

Te voilà donc chez toi, avec une envie de courgettes que tu t’empresses de suivre et la sensation que quelque chose cloche. C’est le premier symptôme du DPP. Tu as raison, quelque chose cloche. Tu te sens perdue dans les 22m² de ton studio et tu ressens quelques difficultés à respirer : pour la première fois depuis 2 semaines, tu n’es pas OBLIGEE de faire quelque chose. En effet, tu as dépassé la date butoir, celle que tu t’étais fixée pour connaître par cœur l’intégralité des 37 pages de ton cours de sociologie de l’information et ta vie ne semble plus avoir de sens sans Graham Allison pour t’épauler. De plus tu ne sais plus à quoi penser étant donné que tu as employé les 6 dernières heures à passer en revue toutes les manières de corrompre un prof et que cela ne t’es pas vraiment d’utilité dans la vraie vie.

Il faut aller chercher l’explication dans ton inconscient : le DPP vient du fait que pendant une semaine (ou plus, pour les plus sérieuses d’entre nous) ta vie s’est arrêtée à une échéance précise, que ton inconscient voyait comme la promesse d’une pendaison sur la place publique. Il a donc effacé de ton cerveau la possibilité d’une ère Post-Partiels. En conséquence, tu as l’impression d’errer dans l’inconcevable et tu remarques un changement dans tes besoins vitaux. Bizarrement, battre ton record à Tetris pour la quatre-vingtième fois ne te semble plus d’une importance primordiale.

Heureusement, cet état n’est que passager et tu peux réduire les effets du DPP. D’abord, en passant ton temps avec d’autres personnes souffrant de ce dérèglement : en effet à plusieurs, vous trouverez bien une occupation qui vous remettra les pieds sur terre. Acheter des chaussures, ou aller chez le coiffeur sont de bonnes solutions.

La dernière phase de cette séquence est donc le retour à la vie normale, et pour ça, ne t’inquiète pas, les profs de ta fac ont pensé à tout. Afin de ne pas te voir désorientée, désabusée, désemparée, dès lundi, ils te surchargeront à nouveau de travail ce qui mettra fin à ton DPP et, je suis sûre remplira ton petit cœur de joie.

*Marco n’étant pas humain, il n’est pas soumis aux lois de la nature humaine telles que l’EPP ou le DPP. Et il ne fait pas pipi non plus. Enfin pas comme toi et moi.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Powpy
    Powpy, Le 22 janvier 2012 à 14h34

    Mes partiels se sont terminés vendredi soir, je suis rentrée chez papa-maman dans l'espoir de manger un vrai repas, de regarder des dévédés et de faire les soldes avec mes copines. Eh bien j'ai été malade toute la nuit, je me suis chopée une migraine monstrueuse hier et j'ai mal dormi. Je ne pensais pas que l'après partiels serait aussi violent. :shifty:

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