Colocation : le mode d’emploi non exhaustif

Sophie-Pierre Pernaut a vécu deux ans en colocation et tout s'est passé à merveille. Concernée par la paix des ménages de tous poils, elle profite de son expérience pour te livrer les conseils qui, espérons-le, te permettront de vivre en communauté dans la paix et le bonheur.

Colocation : le mode d’emploi non exhaustif

Il y a trois ans, à cette même période, une copine de promo me proposait de me mettre en colocation avec elle. Moisissant dans 17m² avec pour seule ouverture sur le monde un velux qui donnait sur un mur, j’ai bien évidemment accepté, non sans greffer au projet une amie qui se plaignait de son appartement aussi petit qu’onéreux.

Nous avons eu la chance de nous entendre toutes trois à merveille pendant deux ans, et c’est la mort dans l’âme que nous avons rendu les clés de notre chez-nous il y a quelques mois. A l’intention des madmoiZelles envisageant de se mettre elles aussi en colocation, j’ai voulu donner mes propres conseils pour que cette expérience se passe aussi bien pour elles que pour moi. Un article avec plein de nostalgie contenue en dedans.


La colocation, c’est comme les figures olympiques : ça demande un travail de groupe de tous les instants.

Choisir ses colocs : le début de tout

Choisir ses colocs, c’est la base (même si je sais qu’il est parfois difficile de prendre le temps d’y réfléchir (je pense à celles qui arrivent dans une nouvelle ville ou un nouveau pays et qui doivent trouver une colocation au plus vite)). Si, néanmoins, la colocation est un projet que tu mûris dans ta tête depuis un moment, je crois qu’avec tous les témoignages que j’ai entendus et lus un peu partout, deux cas de figure sont à méditer, car à double tranchant :

  • Se mettre en colocation avec ses meilleur(e)s ami(e)s peut être dangereux. J’ai entendu bon nombre de témoignages de filles se mettant en « ménage » avec leur pote la plus proche et coupant les ponts à l’issue de quelques mois de vie commune. En cause, une fusion qui étouffe, ou un manque de communication (de peur de décevoir l’autre, on hésite trop longtemps à lui demander d’être un peu moins bruyant, par exemple). En revanche, plus rarement, j’ai eu ouï dire d’expériences de vie si plaisantes que l’amitié en est sortie plus forte que jamais.
  • Emménager avec des illustres inconnus dont on ne connaît ni la personnalité, ni le fonctionnement peut également poser problème dans le sens où la compatibilité d’humeurs n’est pas assurée. Ceci dit, une bonne surprise est vite arrivée.

En prenant en compte ces paramètres en plus de ma propre expérience, j’en ai déduit de manière très personnelle que la combinaison idéale revenait à se mettre en colocation avec des amis qu’on connaît depuis peu : on les connaît suffisamment pour savoir si la cohabitation se passera bien, mais suffisamment peu pour respecter leur espace vital, leur intimité et la propreté des pièces communes. Et il y a de toute manière des chances pour que, comme moi, tes colocataires deviennent au fur et à mesure membres de ce club très restreint qu’on nomme celui « des meilleurs amis pour toujours même si on meurt ».

L’organisation du ménage : la désamorce du conflit

Quand on est en colocation, l’entretien des lieux a une importance toute particulière pour plein de raisons que je vous présente ci-dessous :

  • Parce que la propreté, c’est plutôt cool. Les lombrics dans le frigo, moins.
  • Parce qu’on n’a pas forcément envie de se taper le ménage pour 2, 3 ou 4 personnes.
  • Parce qu’on n’a pas forcément envie d’avoir la réputation d’une cradingue alors qu’on a juste oublié de vider le pot de brosses à dents depuis 10 mois et qu’une eau y a stagné pendant tout ce temps.

Le plus judicieux, à moins d’avoir une mémoire sans faille, et de tout inscrire sur un petit tableau en variant les plaisirs chaque semaine. Genre :

  • Josie-Andrée, semaine 51 : vaisselle du soir, vidange du pot de brosse à dents
  • Lucas-Frédéric, semaine 51 : vaisselle du matin, aspirateur le vendredi, poussières du salon.
  • Thérèse-Urbaine, semaine 51 : serpillère samedi matin, poussières de la cuisine, gazinière.

(Note : Vous pouvez aussi utiliser vos vrais prénoms.)

La nourriture, pomme-frite de discorde

Autant tuer le conflit dans l’oeuf en posant les bases dès les premiers jours de la colocation : comment s’arranger pour les courses, le frigo, les repas, bref, comment gérer la bouffe ? Les possibilités sont multiples, les sources d’embrouille innombrables. Il faut penser à tout, en se posant les bonnes questions :

  • Qui fait les courses ?
  • Qui les paie ?
  • Faut-il faire les courses ensemble ou séparés ?
  • Faut-il payer chacune ses courses, ou faut-il diviser la note par le nombre de coloc ?
  • On mange la même chose ou pas ?
  • Et si on mange la même chose, est-ce qu’on mange ensemble ?
  • Ou est-ce qu’on mange des trucs différents ensemble ?
  • Si je manque de lait et qu’on a décidé de payer chacun ses courses, est-ce que j’ai le droit dans prendre une lichette dans la bouteille de Hugues-Ofré ?
  • Et inversement ?

Quel que soit le choix que vous ferez, le plus important est de s’y tenir.

Planifier des soirées sans gonfler son prochain

Tu veux organiser une soirée en semaine afin de, par exemple, te rapprocher de tes camarades de promo ? Soit, c’est très bien. Je suis absolument pour.

N’empêche qu’il vaut mieux prévenir tes colocataires et leur demander s’ils n’ont pas d’examen le lendemain. Ça paraît logique dit comme ça, mais je préfère le rappeler : ça m’est arrivé une fois d’oublier. Et si ça m’arrive à moi, ça peut arriver à n’importe qui (on me dit dans l’oreillette que non et que je suis simplement une grosse nouille, ce qui n’est pas totalement faux).

Le sexe en colocation : un détail qui n’en est pas un

Difficile de se laisser aller aux joies du frotti-frotta en toute impunité lorsqu’on sait que son colocataire est en train d’essayer de dormir de l’autre côté d’un mur plus fin qu’une tagliatelle de poireau. Pourtant, il existe des subterfuges très efficaces pour éviter de renoncer aux joies du coït. Ainsi, tu peux :

  • T’arranger pour que ton lit ne soit pas collé au mur entre ta chambre et celle de ton coloc,
  • Investir dans un lit qui ne grince pas trop (si tu peux pas, tant pis : t’as qu’à te mettre au sexe tantrique),
  • T’obliger à fermer ton clapet pendant l’acte,
  • Ou bien glisser un somnifère* dans le verre de ton coloc avant qu’il aille se coucher, puis glisser des boules Quiès dans ses oreilles,
  • Mieux encore : profiter de leurs absences (en cours ou en soirée) pour pouvoir te laisser aller à toutes les extravagances.

(*Évite quand même, s’agirait pas de les faire mourir)

Savoir resserrer les liens entre colocs : la clé du succès

Si tu n’as pas le même groupe d’amis que tes colocs et que tu ne vois ces derniers que rarement, voici mon conseil ultime pour créer une complicité entre vous : se prévoir un rendez-vous hebdomadaire, bimensuel ou mensuel pour se retrouver. Armés de thés, de gâteaux, de chips et/ou d’une bouteille de vin, profitez-en pour discuter ensemble, pour vous raconter vos vies, bitcher devant la télé et en saisir cette occasion pour parler de ce qui a dernièrement posé problème dans le bon déroulement de votre colocation. Un moyen d’éviter les conflits à long terme, le tout dans la bonne humeur.


« Et, Franck-Hubert, si tu pouvais éviter de laisser tes mouchoirs bourrés de miasmes dans mon tiroir à culottes, ça m’arrangerait. »

Et toi, quels sont les conseils que tu donnerais aux madmoiZelles souhaitant se mettre en colocation ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Laballadeuse
    Laballadeuse, Le 21 octobre 2012 à 12h59

    La coloc, je suis en plein dedans !
    Après etre rester 2 semaine en chambre chez l'habitant ( plus jamais mondieu...-_-' ), j'ai chercher rapidos une coloc.
    J'étais avec un gars super sympa, on se faisait des petits plats chaqun à son tour, il me faisait visiter la région, faisait le ménage sans rien demandé..enfin le top quoi ! Puis 2 semaines plus tard, son bail se terminant il est partit. Depuis, j'ai le droit à un étudiant erasmus tchèque qui est la pour 6 mois. Il est pas méchant mais vu qu'il ne travaille pas les week end, il force un peu sur la bouteille le vendredi et j'ai le droit aux chansons, aux pipis à coté de la cuvette et autres trucs du mec bourré ou joyeux ( au moins il est pas violent me direz vous ! ) enfin les canettes de bières et autres bouteilles de vin ici je connais ! Il consomme ca comme de l'eau ( que je n'ai jamais vu boire d'ailleurs), à même le bol !
    Régimes alimentaire pour lui c'est panures dans bain d'huile à tous les repas, douches portes ouvertes et vetements sur le seche linge jusqu'à ce qu'il en ai besoin. Je lui ai quand meme appris qu'avant de passer la serpillère, il fallait passer l'aspi ( oui, c'est plus pratique) et qu'on ne faisait pas sa machine à laver avec du produit vaisselle. Quand à faire griller UNE tartine, oui il aime snobé le grille pain pour allumer le four...Et pour plus de sexytude, des jolis pets tchèque qui rythment la journée :)

    Vivement la fin des 6 mois, j'vous l'dit !
    M'enfin m'enfin...Si je devait parler de l'appart et de la proprio ca serait drole aussi :) C'est une aventure et c'est provisoire ( voila mon leitmotiv ! )

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