Cette semaine, Ophélie est triste et a le blues : c’est la fin du mois d’août et avec elle, la rentrée qui pointe son nez.
Les vacances sont terminées, t’as acheté ton cartable Chipie ? Moi j’ai toujours rêvé d’un Eastpack qui me dégoulinerait dans le dos, à porter d’une seule épaule comme un titan écrasé sous le poids des douze travaux de ses livres de physique-chimie. Un sac-a-dos cradingue à trente balles que j’aurai pu customiser de citations crypto-marxiste au blanco afin de régner dans le cercle très fermé des fumeurs-de-clopes-sous-l’amphi aux récréations. Mais mes parents n’ont jamais voulu que je possède un Eastpack véritable, j’ai hérité d’une vague copie chinoise et j’ai raté ma vie sociale lycéenne à cause de détails comme celui-là .
Photo cc flickr Firesam!
J’ai toujours détesté la rentrée, même quand j’ai été assez grande pour décider que cette année-là – et pourquoi pas la suivante – je ne rentrerai nulle part, je resterai en dehors de tout. Là encore j’ai détesté septembre, même lorsque la fac commençait mi-octobre à cause des amphithéâtres bloqués et des cours à rattraper; je n’aimais pas ce mois-là .
Ces derniers temps lorsque je fais mes courses j’évite avec soin le dédale des stylos plumes qui tâchent les doigts, celui des cartouches Parker qui coûtent une blinde et qui s’explosent au fond de la trousse en tissu enduit et rugueux. Au rayon des fournitures scolaires les familles se disloquent « Maman, tu ne m’aimes pas si tu ne m’achètes pas un cahier Oxford à gros carreaux, marge peinte en rouge, couverture cartonnée et papier doux doux doux pour y recopier des mots et des concepts bien durs. Tu veux que je rate mon année ? Ma vie ? Hein, c’est ça ? »
Et l’agenda dans lequel les copines vont nous écrire des mots d’amour qui ne dureront qu’une année ou trois et auxquels on repensera quelques siècles plus tard en regardant leurs photographies Facebook de femmes épanouies, mariées et primipares ou sur le point de l’être. C’est essentiel, le choix de l’agenda, le cahier sur lequel on notera toutes les choses que l’on ne fera pas.
Bon sang, qu’est-ce que je déteste la rentrée. Moi je reprends des vacances en septembre, je pars avec les retraités faire le tour des plages que vous avez cruellement abandonnées, je rends des visites de courtoisie aux vendeurs de churros qui pleurent dans l’huile de leur friture, je fais tourner le petit commerce des échoppes de cartes postales qui ne voyagent vers nulle part.
Dans la ville c’est partout qu’on se retrouve en prenant un air un peu surpris et qu’on échange sur nos souvenirs de vacances « Vous êtes parti où ? Ton mélanome est au top, plutôt côte Basque ou Méditerranée ? Ah oui, je suis bien d’accord, la Côte d’Azur c’est pour les ploucs, les derniers prolos que la classe ouvrière n’a pas eu le temps d’assassiner. Moi j’ai fait du surf à Hossegor, entre deux boutiques Quicksilver j’ai pas eu le temps de m’ennuyer ! »
Si tu n’as rien fait de ton été tu es socialement inexistant car en vacances il faut travailler du ciboulot, il faut se reconstruire, arriver en septembre en homme nouveau, plein de projets, d’idées et d’ambitions.
Car c’est le mois maudit des inscriptions aux cours de gym, aux cours de dessin, aux cours de poney, aux cours de macramé-scrapbooking, aux cours de cuisine-moléculaire-sans-gluten, aux cours de langues scandinaviques, aux cours d’accomplissement de soi-même, aux cours de gens au courant de tout qui trouvent qu’ils n’en font pas assez et se rajoutent des activités épanouissantes pour sortir du quotidien.
Moi je ne critique pas, mais les activités j’ai toujours détesté ça aussi. Les « Et toi tu fais quoi en dehors ? (du travail, des cours) » et autres « c’est quoi tes hobbies ? »; mes hobbies c’est de hurler des « CHUT » aux spectateurs bruyants pendant les bandes annonces du cinéma et de lire des livres dans les bistrots en surlignant en ROUGE les passages importants; jamais eu besoin de prendre de cours pour ça. Alors aux yeux du monde je passe pour celle qui ne fait rien d’épanouissant, à la rentrée. C’est un comble, parce que c’est évidemment eux qui en font trop. Ces multi-tâches, multi-occupés qui passeront le reste de l’année à râler parce qu’ils n’auront jamais le temps de ne rien faire entre le yoga, le boulot et l’ameublement du quatre-pièces chez Maisons du Monde.
Non décidément, septembre est un mois très emmerdant. Il me pose problème, il faudrait voir à le sacrifier sur le calendrier, ou à l’alléger, je n’en sais rien; mais il y a beaucoup trop de méchants enjeux et de souvenirs traumatiques qui se ravivent pendant ces trente jours.
Le plaisir de la nouveauté et du changement est sans cesse gâché par l’évocation du passé, le souvenir des premiers jours d’école dans une classe où l’on ne connaissait personne, à user toute son énergie en essayant de passer pour quelqu’un de sympathique avec qui on aurait envie de partager des paupiettes de veau à la cantine le midi. Le souvenir des enfants qui hurlent aux portes des écoles, les pieds serrés dans des chaussures propres et notre désarroi devant le changement obligatoire que tout le monde semble s’imposer.
Oserais-je dire qu’à la fin de cet été je suis encore exactement la même qu’avant le mois de juin (en faisant abstraction de mes traces de maillot de bain que personne ne voit de toute manière – et qui s’estompent inéluctablement mais néanmoins tristement) et que cette monotonie existentielle va probablement durer encore un peu ?
On va essayer de me contredire, je le sais bien. Il paraît qu’il y a des gens qui attendent IMPATIEMMENT la rentrée, pour eux c’est synonyme de renouveau, de rythme et d’amitiés retrouvées, de changements prometteurs, d’automne confortable et de feuilles mortes qui craquent sous les pieds.
Moi aussi j’aime l’engouement de la rentrée littéraire, le changement d’une Miss météo que tout le monde trouvait mauvaise par une nouvelle Miss météo que tout le monde s’accordera à trouver encore plus mauvaise sur Canal+.
Par exemple, Doria Tillier sera la nouvelle Miss Météo du Grand Journal
Je voudrais aimer le mois de septembre mais il y a ce cafard qui se glisse insidieusement en moi lorsque je vois le soleil se coucher chaque soir un peu plus tôt et qui m’empêche d’apprécier l’amplitude du renouveau qui s’offre à moi. Septembre aura toujours cette odeur de colle Cléopâtre à l’amande amère et de plastique neuf qui me pèse sur l’estomac.








Le 26 août 2012 à 19:41
J'ai toujours aimé la rentrée. Sûrement parce qu'arrivé mi août je commence sérieusement à m'ennuyer. J'aime la nouveauté, les bonnes résolutions (que je ne tiens jamais).Cette année c'est différent. l'année dernière je n'étais pas en étude. Alors oui j'ai hâte parce que ça fait plus d'un an que je n'ai pas été en cours, que j'alterne l'ennui et les petits boulots. Hâte de reprendre un rythme normal, d'étudier mais peur parce que c'est une réorientation. Après une licence je retourne en première année de DUT. Je vais me retrouver avec des gens qui ont4 ans de moins que moi. J'ai peur de me sentir à l'écart, peur de me rendre compte que je n'ai pas fait le bon choix.
Mais j'ai hâte d'y être puisque ça fait plusieurs mois que j'y pense à cette rentrée !
Le 27 août 2012 à 06:09
Mais moi j'ai trop HAAAATE de rentrerj'en peux plus de pas voir mes copines, mes etudes passionnantes me manquent et je veux revoir mes profs trop badass
(ouai, je suis un peu accro a mon ecole
Le 27 août 2012 à 11:23
Moi j'aime bien la rentrée pendant 2 jours ! Apres environ trois mois de vacances, je suis contente de retourner à la fac, mais dès qu'il s'agit de vivre les cours à fond, je rêve de la tranquillité de la ville en plein mois d'aoutBon cette année , je me sens larguée parceque réorientation et départ dans une nouvelle ville… Aaaaah je vais devoir me faire de nouveaux copains d'amphi !! (mais vu que j'aime pas les gens bah ça va être un peu compliqué ! )
Le 27 août 2012 à 12:36
Et dire que je commençais juste à me faire aux vacances… Ma rentrée est dans 4 jours et je n'ai pas la moindre envie de me lever tôt tous les matins , de retourner à la fac et de revoir la faune qui peuple mon amphi…Laissez moi dormir , donnez moi un mois de plus…
Je fais partie de celles qui détestent leur fac et qui ont donc le fameux cafard de rentrée et même de prérentrée (que celui qui a inventé ce concept se dénonce)…Bref, courage et profitons de ce qui nous reste !
Le 27 août 2012 à 12:46
Article wonderfulement écrit.Sinon je veux pas penser à la rentrée, je crois que je n'ai jamais été aussi peu motivée pour reprendre le chemin de la fac. De toute façon aujourd'hui on est encore en août, donc l'été n'est pas encore terminé, donc en fermant les yeux très fort on est encore loiiiin de septembre. Voilà , CQFD.
Le 27 août 2012 à 12:50
Je pensais ne jamais dire ça, mais j'attends la rentrée avec impatience ! Depuis que je suis partie pour les études, tout le monde est parti de ma ville et hormis quelques bonnes amies, je n'ai quasiment personne là -bas. Je ne me sens plus chez moi : beaucoup ne me donnent plus de nouvelles pour je ne sais quelle raison, une partie de ma famille proche refuse de venir… En fait j'ai l'impression qu'une grande partie des mes "vrais amis" sont à Strasbourg (là où je fais mes études). Donc pas de blues de rentrée pour moiLe 27 août 2012 à 22:14
Je suis pas fan de la rentrée, d'habitude, mais cette année je ne reprends les cours qu'en janvier prochain, et d'ici là j'ai beaucoup de boulot à faire chez moi avec des échéances-qui-font-peur… Du coup le rythme scolaire normal et rassurant me manqueLe 27 août 2012 à 22:35
Cette année, septembre est synonyme de fiesta et de dodo : OUI JE TRAVAILLE DEPUIS LE 20 JUIN.Et puis, j'y crois au renouveau, j'ai hâte du tourbillon, du repos des cours - toujours moins chiants que le travail -, j'ai hâte des fêtes étudiantes, j'ai hâte de revoir mes amis de fac, de découvrir un nouveau chez moi, j'ai hâte des nouvelles têtes.
Pour moi, septembre c'est synonyme de nouveau, d'espoir, de défis. Et puis l'année dernière, je me suis eclatée en septembre-novembre-décembre (ce qui me paraissait impossible) alors bon.
Je crois que c'est parce que je suis déterminée à poursuivre l'esprit d'insouciance des vacances toute l'année (mis a part les DM et les Partiels, je le fais plutot bien)
Par contre les siestes impromptues et les réveils à midi vont cruellement me manquer.
Le 28 août 2012 à 17:38
@WallaceBon bah moi je suis une fanatique de la rentrée, et surtout celle là , parce que les deux dernières je retournais en prépa, et que là , j'ai même pas l'impression que je vais travailler en septembre. Le seul truc qui me fasse peur c'est de m'intégrer mais sinon tout me plaît : nouvelle école, nouvelle ville, nouvel ordi (
Bref, cette rentrée, j'en compte les jours depuis même avant mes vacances !
Le 28 août 2012 à 18:03
La rentrée c'est trop bienCette rentrée, je rentre dans une nouvelle fac, je vais avoir un nouvel appart, ma meilleure amie va s'éloigner pour le plus grand bien de notre relation, je vais faire quelque chose qui me plait maintenant plutôt que quelque chose que je dirige vers un avenir ma foi incertain.
J'aime pas spécialement ma nouvelle fac, mais je sais qu'il y aura des personnes cool (@Bluebell.
Septembre, c'est la période de l'année où quand tu te réveilles (même très tôt) il fait déjà jour, tu peux partir avec juste un gilet/petit pull le matin (et des ballerines
J'aborde la rentrée sereinement. J'ai passé un été plus que pourri, je ne veux plus jamais penser à ces derniers mois. Les choses commencent à peine à tourner, et j'ai vraiment hâte de me plonger dans le travail pour penser à autre chose.
La rentrée, ça veut dire le week-end de la braderie, où on retrouve tous les copains avant de prendre des voies différentes, et parfois, de se dire au revoir jusqu'à l'été. La rentrée, c'est la mise en place d'un nouvel emploi du temps, d'un nouveau rythme. Avant de crouler sous les disserts et les partiels, on va boire des verres entre copains au bar du coin parce que septembre c'est aussi, pour certains, une indépendance nouvelle, et donc une nouvelle vie. On se plaint des profs qu'on a plus, de ceux qu'on a, on compare avec les autres.
Septembre c'est l'excitation des nouveaux cours, sans le stress des examens. Avoir la chance d'étudier, c'est merveilleux. Je trouve qu'il y a rien de mieux que de se lever motivé le matin pour aller en amphi apprendre de nouvelles choses.
On profite également de la rentrée pour se fixer de nouvelles résolutions et des objectifs plus moins réalisables. "Oui cette année, je squatte moins l'ordi et je vais en BU"
Je ne sais pas si je vais réussir mon année, si je vais me faire des potes à la fac, si je vais finalement arrêter de fumer, je n'ai même pas la certitude que cette année va mettre fin au cycle infernal dans lequel j'ai passé 3 ans, MAIS je veux y croire, et septembre ça m'aide à y croire. Septembre c'est le renouveau.
Sans déconner, septembre c'est aussi le retour des séries
Puis le week-end avant la rentrée, je vois mes Madz d'amour