De l’influence de l’éducation sur notre rapport au sexe

Pondu par Brigitte Lebuysson le 20 juillet 2012     

À quel point les discussions à propos du sexe que nous avons avec nos parents influencent notre vie intime ? C’est la question que se pose Brigitte Lebuysson cette semaine.

Les parents ont bon dos : on peut les tenir pour responsables de bien des choses, des raisons pour lesquelles on échoue dans notre vie scolaire aux choses qui font que nos relations amoureuses se cassent la tronche. Mais si ce sont à eux qu’on incombe les fondements de nos échecs comme ceux de nos victoires, c’est bien pour une raison : décider d’avoir des enfants, c’est être conscient qu’on prend un petit être dès sa sortie d’un utérus pour l’emmener vers la vie d’adulte et l’accompagner pendant la construction de lui-même. C’est savoir guider sans conduire, savoir s’effacer suffisamment de l’enfant et garantir sa sécurité. Être parent, ça répond à des codes bien précis et ça me semble bien trop compliqué pour moi qui vais de ce pas me coudre les trompes avec du papier de verre.

Parmi toutes ces prérogatives inhérentes à la condition de parent, il y a bien évidemment le sexe. À quel point notre rapport à la sexualité est-il influencé par nos parents ? Existe-t-il un dialogue parfait entre les parents et les enfants par rapport au sexe ? À quel point leur façon de nous éduquer influence-t-elle notre rapport au sexe ? 

Quand les parents se contentent du minimum syndical

Prenons un exemple lambda, par exemple, le mien. Le jour où j’ai eu mes premières règles marque la première fois où j’ai parlé de sexualité avec mes parents. Par parler sexualité, j’entends « me passer un livre d’éducation sexuelle datant des années 1980 en me précisant que si j’avais la moindre question, je pouvais venir leur poser ». Plus tard, ma mère a évoqué avec moi la contraception et combien il était important que je me protège, pour ne pas avoir d’enfants avant d’en souhaiter, mais surtout pour m’éviter d’attraper des MST plus ou moins graves. C’est elle qui m’a accompagnée pour mon premier examen gynécologique avant de me laisser voler de mes propres ailes, ma carte vitale en main.

Beaucoup des lectrices qui ont accepté de répondre à mes questions ont été dans le même cas que moi. L’une d’entre elles raconte :

« Ils m’ont parlé du danger du sexe à l’époque de mes premières règles, à 12 ans. Me protéger, ne pas accepter n’importe quoi des garçons, prendre mon temps, faire ma première fois par amour et non pour faire comme les autres. Cependant la masturbation, les préliminaires, les positions sexuelles, le plaisir, le porno, tout ça je l’ai appris seule, par les médias, les livres et mon imagination. »

Attention, pavé dans la mare imminent : nos parents s’inquiètent pour notre santé. Il est donc logique pour eux de nous parler contraception et protection contre les MST car ils n’ont évidemment pas envie de nous savoir malades ou malheureuses avec une grossesse non désirée. Ils n’ont donc aucune difficulté à nous parler des mécanismes qui pourraient nous éviter de connaître des désagréments plus ou moins sérieux. C’est ce qu’on appelle le minimum syndical de l’éducation sexuelle.

En revanche, dans leur envie de nous savoir heureux, certains restent toutefois mal à l’aise à l’idée de creuser le sujet pour nous apprendre à faire des préliminaires, à nous épanouir sensoriellement et à profiter de toutes les joies que nos parties peuvent nous apporter. Pour certains, l’influence de la propre éducation sexuelle qu’ils ont reçue par leurs parents jouent beaucoup : mon propre père a tout appris tout seul sans jamais oser en parler avec ses géniteurs et réciproquement, et face à moi qui apprend tout sur Internet, il y a un fossé qu’il n’a jamais su traverser. Conflit générationnel, tout ça.

Entretien et transmissions des tabous

Mais ce pourrait-il que toutes les filles de notre génération qui ont grandi dans des familles où la sexualité était un tabou entretiennent ce sentiment et cette façon restreinte et fermée de voir les choses ? Je ne suis pas sûre.

Sans vouloir faire de généralités, il est clair que notre génération a grandi avec Internet, où on trouve du bon comme du mauvais. Très vite, quand à l’adolescence, j’avais des conversations sur le cul avec des copines, j’ai appris à aller googler les termes utilisés pour voir si elles ne m’avaient pas dit n’importe quoi. Et c’est ainsi que mon grand précepteur du sexe est devenu le Net, où j’ai pris connaissance d’un nombre raisonnable de pratiques sur lesquelles je me suis renseignée, d’abord pour plaisanter, avant qu’elles fassent leur chemin dans mon esprit et que j’accepte leur existence dans le monde. Une autre lectrice raconte aussi être passée par le Net pour s’éduquer sexuellement :

« Concernant mon identité sexuelle je n’ai pas l’impression que ce manque de dialogue m’ait influencée. J’ai appris très tôt, par hasard, à me faire du bien toute seule, petite je n’avais pas vraiment conscience de ce que je faisais et puis avec le temps j’ai appris à comprendre pourquoi je me masturbais, ce qui m’excitait (porno sur le Net, téléfilms érotiques sur M6 le dimanche soir. »

Nombreuses sont celles qui ont compensé le manque d’échanges sur le sexe avec les parents par les conversations à ce sujet avec les amis, Internet, ou en regardant des scènes de nu à la télé, comme cette autre lectrice.

« J’ai dû tout découvrir toute seule, ma mère ne m’en a jamais parlé. Je suis la dernière de mes frères et soeurs, et c’était pareil avec eux. Elle nous a laissé faire notre apprentissage nous-même en fait. Par contre on avait souvent des discussions sur ma pilule, tout ça, mais rien de plus. Quand j’ai eu mon premier copain, la seule fois où ma mère m’en a parlé elle m’a juste dit : « Vous dormez ensemble ? Bon, on va te prendre rendez-vous chez le gynéco« . Rien de plus. J’ai donc fait mon apprentissage par moi-même, grace à Internet, avec mon copain, les copines, tout ça. »

En ce sens, on peut estimer qu’avec toutes les possibilités qu’on a pour assouvir notre curiosité et nos interrogations multiples, on peut facilement faire fi des craintes et des complexes de nos géniteurs pour se libérer nous-mêmes des tabous et de la culpabilité qui auraient pu brimer notre sexualité. Et – plus accessoirement – nous éviter de transmettre cette gêne à parler de cul à nos enfants si tant est que nous en voulions un jour.

De linfluence de léducation sur notre rapport au sexe

"On aurait peut-être dû lui dire qu'il fallait pas croquer…"

La masturbation : le seul vrai sujet tabou ?

Existe-t-il des parents complètement décomplexés de la nouille au point de n’éviter aucun sujet et de n’avoir aucun tabou ? Il y en a sûrement, mais pas dans le panel représenté par les lectrices qui ont bien voulu participer à la conversation. Une madmoiZelle nous a parlé de sa mère, très ouverte sur la sexualité et celles des autres et qui semble préconiser une sorte d’équilibre entre l’ouverture d’esprit et une certaine réserve. Toutefois, malgré la facilité avec laquelle elle traite le sujet, elle reste silencieuse sur un sujet :

« [...] Le sexe n’a jamais été tabou, surtout pour ma mère, mais le sujet n’est pas non plus abordé tous les jours; il y a une forme de pudeur sans complexe et sans honte dans ma famille.

[...] J’ai l’impression que maintenir un équilibre entre liberté d’aborder le sujet (absence de complexe) et pudeur est probablement une bonne idée. Mais en même temps, ça peut aussi envoyer des signaux contradictoires. Je me souviens que comme on n’en parlait pas tant que ça, j’avais honte de me masturber au début. Je pense que mes parents considéraient que mon plaisir et mes désirs ne regardaient que moi et qu’ils n’avaient pas à ingérer là-dedans, du coup au début je ne savais pas si je pouvais en profiter ou si c’était pas bien. »

Pourquoi un tel silence radio sur la masturbation, alors même qu’Ophélie Winter en a fait une chanson ?

Que peut-on en déduire ? Est-ce que la masturbation (notamment féminine) est quelque chose de complètement tabou dans notre société ? Ou bien est-ce tout simplement parce que les parents estiment qu’il y a des choses que nous devons découvrir par nous-mêmes et que cela relève de notre propre intimité ?

Peut-être que c’est un mélange d’un peu tout ça. Et peut-être qu’il est très sain au fond de découvrir le plaisir solitaire seule sans en dialoguer avec ses parents car c’est finalement le premier apprentissage sexuel que l’on vit. À l’instar de toutes les évolutions dans notre rapport au sexe que nous vivons, que nous avons vécu et que nous continuerons à vivre, la masturbation nous apporte son lot d’interrogations. Elle nous aide dès notre plus jeune âge à apprendre à connaître notre corps, à nous découvrir sensoriellement. C’est là le premier acte qu’on commet exclusivement seule dans notre chambre d’enfant. Le seul véritable problème relevé par quelques-unes des lectrices à ce sujet, c’est qu’à éviter le sujet de la masturbation, les parents n’ont pas su rassurer leur fille en leur expliquant qu’aucun sentiment de culpabilité ne devait en découler.

S’affranchir des parents

En épluchant les réactions des lectrices qui ont répondu à mes questions, j’ai bien noté que toutes ont su s’épanouir physiquement quelle que soit la façon dont leurs parents leur ont parlé de sexe – c’est bien le plus important. En fait, c’est comme si elles s’étaient construites toute seule à ce sujet, comme si elles avaient su s’affranchir du rapport de leurs géniteurs vis-à-vis du sexe pour se construire le leur. C’est bien la preuve que la sexualité échappe aux clichés qui voudraient que l’on entretienne les mêmes tabous de génération en génération.

Parce que rien ne doit se mettre entre nous et les spasmes vulvaires.

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Les 10 dernières réactions à cet article sur le forum

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  1. FloueFloue

    Le 21 juillet 2012 à 12:38

    Bon bah ça me rassure un peu tout ça, parce que j'ai aucun souvenir de mes parents abordant avec moi le sexe, les relations amoureuse etc, y compris le minimum syndical (alors que ma mère est médecin). J'en ai parlé très tôt avec mes copines en fait, parce que l'une d'entre elle était beaucoup plus rencardée sur le sujet (genre ses parents lui en ont parlé)
    La seul allusion avec ma mère, ça a été vers mes 19 ans, quand, en complet hors suj et avec un air méga gêné, elle m'a sorti "de toute façon, toi les garçons ils t'intéressent pas trop, il sont encore trop bêtes".
    J'ai pas eu le coeur de lui répondre "c'est surtout qu'ils me trouvent trop moche". :sweatdrop:
    J'aurais peut être du, ça aurait débloqué un truc
  2. aniochkaaniochka

    Le 21 juillet 2012 à 13:03

    Avec ma mère aussi, silence radio… J'ai eu le droit à "la chenille qui devient papillon" quand j'ai eu mes règles mais la prévention, les maladies, tout ça… Peanuts !
    J'ai pris rendez-vous toute seule chez le gynéco, me suis renseignée sur les protections, et fait le test HIV avec mon copain.

    Même encore maintenant, on évite d'en parler : elle reste choquée parce que j'ai des relations avant le mariage et pour elle, la capote et la pilule, c'est péché, puisque ça empêche d'avoir des enfants !

    Du coup, j'ai fait mon éducation sur internet principalement, et pitain, j'ai appris un paquet de conneries sur les forums : jusqu'à 12 ans, je croyais qu'on pouvait tomber enceinte en embrassant le pénis d'un mec, ou en se faisant lécher le frifri ! (Oui, je suis un boulet :red:)
  3. GandalfGandalf

    Le 21 juillet 2012 à 14:55

    De mon côté, même pas le minimum syndical non plus.

    Ma mère m'a vaguement parlé des règles en étant super gênée (et moi avec), mais bon, le jour où c'est arrivé, c'était juste super gênant à discuter, quoi. Elle m'a acheté des serviettes hygiéniques. Que j'ai assez rapidement troqué toute seule contre des tampons. Ha, et les protèges-slips, si t'en as besoin, c'est que "tu as un problème d'incontinence". Magnifique.

    Évidemment, toutes les histoires de maladies & contraception, j'me suis démerdée toute seule avec les copines, Internet et autres?

    Le top du top restant le jour où, dans la voiture, j'ai demandé un rendez-vous chez le gygy, sous couvert de "J'ai des cycles irréguliers", mais que bon, j'sentais bien que ça serait quand même plus safe si j'avais un moyen de contraception.

    Elle s'est garée à la oneagain, avant de me regarder, hyper crispée : "T'es en train de me dire que t'es enceinte ???"

    Pouet pouet pouet, mother epic fail !!!

    xD
  4. Daisy TrampleDaisy Trample

    Le 21 juillet 2012 à 15:49

    Ma mère nous a surtout expliqué l'importance d'avoir confiance en son premier partenaire sexuel (et si on l'aime, c'est encore mieux), et la nécessité de se protéger quoi qu'il arrive (on ne transige pas sur le préservatif). Elle nous a parlé de contraception et nous a toujours demandé d'aller lui en parler quand on penserait en avoir besoin (en précisant qu'une IVG n'est pas un moyen de contraception).

    Elle nous a aussi expliqué les règles vers l'âge de 8-9 ans (elle a eu ses règles à 12 ans, sa mère ne lui en avait jamais parlé, ça l'avait traumatisée).

    Par contre, ça m'aurait embêtée qu'elle me parle de plaisir sexuel. Pour moi (et je précise bien "pour moi"), les parents doivent rester en dehors de ça. Ce n'est pas à ma mère de m'expliquer comment pratiquer une fellation ou de me décrire ses positions préférées, ni comment atteindre l'orgasme…Après, chacun voit midi à sa porte mais c'est comme ça que je vois les choses. Le plaisir, c'est quelque chose qu'on découvre autrement: avec ses partenaires, en parlant avec ses copines, en se touchant, même avec des bouquins si on veut. Mais ça ne me viendrait même pas à l'idée de demander à ma mère si elle est vaginale ou clitoridienne et de m'expliquer comment atteindre l'orgasme.

    Je pense que le rôle d'un parent dans l'éducation sexuel est principalement à titre préventif. Après, il est évident que leur propre rapport au sexe va conditionner le notre. le fait que ma mère m'en parle si facilement, même en se cantonnant à l'aspect "protection et contraception", m'a aidée à être un peu moins inhibée dans ma vie sexuelle.

    Quant à mon père…eh bien, on n'était pas très proches, alors on n'en parlait pas du tout.
  5. BoomCha_*BoomCha_*

    Le 21 juillet 2012 à 23:26

    Je ne crois pas avoir eu le minimum syndical non plus.. Ma mère m'a offert un livre sur la reproduction humaine (:shifty:) quand j'avais 7 ou 8 ans, et m'a expliqué à la même période le fonctionnement des règles, et c'est tout !

    Ceci dit, ça ne m'a pas empêché de m'épanouir dans ce domaine :happy:

    Pour moi, les parents doivent seulement parler de tout ce qui est technique/préventif (préservatif) et prévenir de ce que sont les règles bien en avance (histoire que leur fille ne fasse pas une crise cardiaque en découvrant son frifri ensanglanté si elle est pubère avant ses amies et qu'elle n'en n'a jamais entendu parlé :non:), mais ne pas parler de la sexualité en tant que telle, à part si l'enfant pose des questions.

    Je trouve ça même malsain, les parents qui en disent trop et s'étendent sur leur propre vie sexuelle :sick2: J'ai beau être ouverte d'esprit, ce sont des choses qu'on apprend soi-même !

    A part ça, je ne crois pas que le fait que nos parents soient ouverts sur le sexe ou pas conditionne notre comportement futur puisque je pense qu'à l'heure actuelle, on se documente plus sur internet et avec nos amis plutôt que part nos parents (à part cas extrême de parents qui disent que le sexe avant le mariage, c'est mal, auquel cas on peut se sentir coupable de transgresser ce qu'ils ont dit..)
  6. ....

    Le 22 juillet 2012 à 00:41

    Big up pour le livre sur la sexualité x)

    Je ne me rappelle plus des titres des bouquins que ma mère m'a offert par contre mon frère avait eu le "guide du zizi sexuel" avec titeuf ! et c'était vachement bien foutu.


    Par contre ouai niveau transmission parentale par rapport à la sexualité ou même par rapport à tout ce qui attrait aux particularité d'être une fille, pour ma part zéro absolu.
    C'est pour dire, j'ai commencé à me maquiller à 16 ans (crayon noir+ mascara ouhhh) grâce à des tantes qui commençaient à s'inquiéter par rapport à ma vie sentimentale…
    :sweatdrop:


    anecdote perso quand j'ai commencé à avoir mes règles je lisais " princesse malgré elle" et justement dans ce livre l'héroïne utilisait des tampons et c'est grâce à cette lecture que j'ai commencé à mettre des tampons:happy:


    Personnellement oui la sexualité j'en parle avec des connaissances plus agées et puis mes amies; mais c'est tjrs gênant au fond, je ne peux pas vraiment participer.

    Et du coup c'est bcp moins gênant sur internet oui oui instructif ! Par exemple Laci Green eh ben oui j'ai appris pas mal de choses grâce à elle, et j'ai 18 ans :rotate:
    c'est grave non?

    Ou même la télé, la radio . bref les médias en général aident pas mal.
  7. sarahdlrpsarahdlrp

    Le 22 juillet 2012 à 00:42

    Je suis un peu choquée de voir que la plupart des parents n'abordent que très légèrement ce sujet.
    Moi, c'est tout le contraire, ma mère m'a toujours tout dit depuis toute petite. Peut-être trop parfois.
    J'ai su comment on faisait les bébés au moment où j'ai posé la question. J'ai su ce qu'étaient les règles vers 5-6 ans après avoir fait tomber de la confiture sur ma culotte. J'ai trouvé ça dégoutant et je n'étais pas impatiente que ça m'arrive.
    Ma mère m'a expliqué que les femmes n'avait pas besoin des hommes pour se faire plaisir puisqu'elle pouvait le faire seule quand j'étais toute petite aussi.
    Elle m'a aussi expliqué l'importance de préserver sa première fois pour quelqu'un d'important pour moi et j'ai suivi son conseil.
    Tout ce que je voulais savoir, elle me l'expliquait. Il n'y a jamais eu aucun tabous concernant la masturbation, la fellation, les positions. Jamais.
    C'est seulement maintenant en vieillisant qu'elle devient plus pudique.
  8. AutrucheAutrucheAutrucheAutruche

    Le 25 juillet 2012 à 16:09

    DU coté de ma maman j'ai eu le droit à
    - Le minimum Syndical
    - l'importance d'avoir confiance
    - le fait que la masturbation c'est bien mais il faut arrêter de le faire en public ( exhibitionniste à 2 ans c'est moi ! )
    - je peux aimer les filles et les garçons comme je veux
    Par contre pour les règles, je revenais de mon cross du collège, je croyais avoir fait caca dans ma culotte ( vive la texture dégueu ) et ma mère m'a vite donné un tampon en me disant " apprend, j'ai rien d'autre " (elle a plus ses règles) avant de filer au travail en retard.. j'étais un peu embêtée..

    Mon père a à peine découvert que j'avais une vie sexuelle et digère pas trop que je le fasse en dehors du contexte du couple traditionnel mais il préfère quand même que je soit en sécurité alors il dit pas grand chose. Il est assez peu réservé sur le sujet, quand il trouve mes capotes il fait une remarque mais insiste pas trop, par contre il aimerait bien savoir si j'aime les filles ou les garçons ( et je refuse de donner une réponse je trouve ça assez malsain de classifier ce genre de chose à la base, je préfère lui présenter des filles/des garçons ), il pose des questions si je vais dormir chez un ami, aime pas trop quand une amie vient dormir à la maison dans MON lit… c'est étrange..

    Après j'ai fait une grande partie de mon éducation à la sexualité avec Maïa Mazaurette et la découverte de "dés des positions" et autre " tubes de lubrifiant" découvert dans la maison, que je googlais par la suite.. ( oh la gamine malsaine. )
  9. Norma Jean.Norma Jean.

    Le 04 août 2012 à 17:34

    A cause des Feux de l'Amour, feuilleton très appréciée dans ma famille,j'ai appris très tôt ce que c'était (entre guillemets quoi mais je savais que ça existait) que de faire l'amour,vers le début de la primaire , or je pensais que c'était seulement dans un but hédoniste, j'ai appris au CE2 grâce à un livre d'éducation sexuelle dans la bibli' d'une classe de CM1 que c'était comme ça qu'on faisait des enfants.

    Par rapport à mes parents j'ai aussi eu le minimum syndical et tant mieux " Quand t'aura 18 ans ,si tu as des relations sexuelles il faudra faire attention toujours utiliser un préservatif blablabla" et assez tard ma mère m'a demandé si je savais comment on faisait les enfants je sais même plus si j'ai dis oui ou non mais je sais qu'on a pas continué la discussion.
    D'un côté je me dis que j'aurais pas voulu qu'on en parle plus mais d'un autre côté je suis vraiment mal à l'aise avec ça avec elle,j'ose pas imaginer le jour où je prendrai la pilule par exemple,ce sera trop bizarre!


    Sinon ce sont les livres en tout genre,mais surtout Difool et Madmoizelle qui ont fait mon éducation en matière de sexe,d'ailleurs je viens de m'apercevoir que j'ai arrêté d'écouter Skyrock au moment où j'ai commencé à passé du temps sur Mad!
    (2008 :supermad: )
  10. DreambreakerDreambreaker

    Le 05 septembre 2012 à 23:02

    Posté par BoomCha_*
    Je trouve ça même malsain, les parents qui en disent trop et s'étendent sur leur propre vie sexuelle :sick2: J'ai beau être ouverte d'esprit, ce sont des choses qu'on apprend soi-même !


    Ma mère est exactement comme ça. J'ai la chance d'avoir un père génial (que je ne vois que trop peu) qui est beaucoup plus sain dans son rapport au sexe (il n'en parle pas forcément, mais il ne s'en vante pas, quoi, et c'est rassurant). Ma mère, elle, aime vraiment ça, et en parle beaucoup trop pour moi, et ça a toujours été comme ça. Divorcée de mon père, remariée au père de mes soeurs, qu'elle a quitté ensuite parce qu'il était impuissant (merci de ne pas citer ce passage et la suite de mon post), elle entretient une relation avec un homme marié, qui a des enfants, et nous jette régulièrement dehors, mes soeurs et moi, pour être tranquille avec lui. J'ai des images d'elle, tenant une knacki à la main avec un regard complètement lubrique en regardant mon beau-père, lui reprochant le manque qu'elle avait de ça, ou encore les gels de massage, lubrifiants aux fruits qu'elle laisse bien à la vue après que son mec soit passé la voir (j'ai 21 ans, mes soeurs en ont 13 et 16), sans aucune considération pour ce qu'on peut en penser. Et ça a eu une grosse influence sur moi, vu que même maintenant, même si je l'assume peu, même si je le vis très mal, je n'ai jamais eu de relation sexuelle avec un garçon, parce qu'à mes yeux, l'acte sexuel n'a que trop de relation avec le regard lubrique dégueulasse de ma mère et de sa manie de parler de cul dès que la possibilité lui en vient. Je ne dis pas que je n'ai pas de désirs, que je ne me retourne pas parfois sur des personnes de ma fac en me disant "bon sang lui c'est où il veut, quand il veut" et que je n'ai pas des papillons dans le ventre quand je vois certaines scènes au ciné, ou dans des bouquins que je lis, mais j'ai ce blocage, cette idée qui s'incruste que c'est quelque chose de dégueulasse et que je ne veux pas être comme ma mère. *cas pitoyable bonjour*.

    Pour moi, le rôle des parents devrait se limiter à l'aspect minimum syndicale, justement : parler des risques, de l'importance de se protéger, de la pilule, dire qu'il ne faut pas hésiter à demander de prendre un rdv, expliquer ce qui doit l'être, point. Certains parents s'en sortent très bien et réussissent à en parler avec leurs enfants avec une liberté et quelque chose de sain que ma mère n'a pas et que j'envie énormément.

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