Mon bénévolat en Inde, et comment je m’y suis sentie à ma place — Carte postale

Il y a peu, Annaïg a réalisé l'objectif de vie qu'elle s'était fixé à douze ans : aller en Inde et y aider les gens. Elle vous raconte ses trois mois de bénévolat dans un orphelinat près de Delhi.

Mon bénévolat en Inde, et comment je m’y suis sentie à ma place — Carte postale

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« La Cité de la joie : c’est le nom paradoxal que porte le plus grand bidonville de Calcutta. Un cloaque boueux où s’entassent 70 000 hommes réduits au stade extrême de la misère, gravement touchés par la maladie et soumis, par le dénuement, à des trafics ignobles. (…)

Dominique Lapierre a partagé l’existence de ces damnés de la terre. Il raconte leur épopée de la misère qui, malgré tout, est un chant d’amour, un cri de bonheur, un hymne à la vie, une leçon de tendresse et d’espérance pour tous les hommes de notre temps. »

J’avais douze ans quand j’ai lu La Cité de la joie de Dominique Lapierre. J’avais douze ans quand cette lecture m’a donné envie de connaître l’Inde. J’avais douze ans quand est né un objectif de vie : aller là-bas, et aider les gens. Quand j’y pense, se passionner pour un pays en découvrant sa misère la plus intense témoigne d’une tendance un poil maso, non ?

Il m’aura fallu quelques années… mais je suis finalement partie ! Forte de mes expériences d’animatrice et d’éducatrice ainsi que de mes voyages, je suis partie seule, pour être bénévole dans un orphelinat près de Delhi pendant trois mois. L’association qui m’a permis de mener à bien ce projet, c’est Enfants de Shanti.

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Une adaptation à l’Inde délicate

Je savais que ça ne serait pas simple, et il m’a fallu trois semaines pour me sentir totalement à l’aise et ne plus vouloir repartir. En Inde, tout est « trop » : trop de chaleur, de pollution, de bruit, de monde… Je l’ai autant détestée qu’adorée. Parce que dans tout ce « trop », finalement, il y a énormément de vie.

Si tu penses en tant qu’Occidental•e, tu es fichu•e, tu ne peux pas ressentir pleinement l’Inde.

Pour réellement aimer et comprendre l’Inde, j’ai dû laisser de côté mes repères occidentaux, parce que si tu penses en tant qu’Occidental•e, tu es fichu•e. Tu ne peux pas ressentir pleinement l’Inde.

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Mon bénévolat s’est déroulé au sein d’une école pour enfants handicapés et dans un petit orphelinat accueillant huit enfants. Je ne suis pas partie en me disant que j’allais changer le monde. En revanche, j’étais persuadée que j’enrichirais mes propres pratiques professionnelles, et qu’au final, je recevrais sûrement plus que je ne pourrais donner.

Je suis éducatrice, et même si j’ai vu certaines pratiques qui m’ont heurtée, cela m’a permis de m’interroger : qu’est-ce qui est bien ou mal ? Je ne sais toujours pas. Mais je ne peux juger, tant les mentalités, les formations, les visions du monde sont différentes.

Des voyages aussi inattendus que merveilleux

Trois mois, c’est suffisant pour s’attacher. J’ai reçu tellement d’amour, rencontré des personnes extraordinaires, des enfants qui seront des adultes formidables.

J’ai pu vivre certains de mes rêves, j’ai rencontré des personnes extraordinaires et j’ai pu découvrir plusieurs facettes de l’Inde en voyageant.

J’ai aussi eu la chance de voyager et de découvrir d’autres régions et facettes de l’Inde, du Rajasthan à l’Himalaya, du Gange à la frontière indo-pakistanaise… Ces moments vécus ont occasionné de magnifiques rencontres, j’ai pu vivre certains de mes rêves, et ces périodes de « tourisme » étaient d’autant plus géniales que je n’en attendais rien.

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Quand j’ai quitté la France, je ne savais pas trop comment ce séjour allait se passer. Je savais juste que j’allais prendre part à un projet de bénévolat, je n’avais pas prévu de visiter le pays. Alors tout ce que j’ai découvert était d’autant plus merveilleux.

Mon endroit favori est incontestablement McLeod Ganj. C’est une petite ville dans l’Himalaya où vit la communauté tibétaine en exil. C’est calme, c’est beau, c’est frais (oui, quand on vient de Delhi où il fait 45-48°C, on apprécie grandement). J’y ai fait des rencontres incroyables, je m’y suis découverte. Comme disent nos amis québécois, je suis tombée en amour avec McLeod Ganj.

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Le besoin de retourner en Inde

Partir a été difficile, les larmes ont coulé. Mais j’ai promis de revenir, très vite. Et ce besoin est très pressant maintenant que je suis de nouveau en France. Depuis que je suis rentrée, je n’apprends que des mauvaises nouvelles, l’état d’esprit général est morose, les gens râlent pour tout…

En Inde je me suis sentie à ma place, même s’il y a des aspects négatifs.

En Inde, je me suis sentie à ma place, même s’il y a beaucoup d’aspects négatifs, particulièrement en tant que femme. Mais je ressens ce besoin d’y retourner, et de retrouver celles et ceux que j’aime et que j’ai dû laisser derrière moi.

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Il m’est toujours difficile de parler de ce voyage, tellement il a été fort, et parce que souvent, les mots ne suffisent pas. J’ai tenu un blog, Carte blanche à mes rêves, pendant ces trois mois si vous voulez en savoir plus : les impressions y sont plus chaudes et ça sent les épices !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Miniza01
    Miniza01, Le 8 juillet 2016 à 23h18

    "En Inde, tout est « trop » : trop de chaleur, de pollution, de bruit, de monde… Je l’ai autant détestée qu’adorée. Parce que dans tout ce « trop », finalement, il y a énormément de vie."

    C'est exactement la phrase qui m'est venue en tête après mon voyage (deux semaines, c'est rien). Ça pousse trop, trop de mondes, de bruits, de misères, d'inégalité, mais il y a aussi une extraordinaire énergie qui se dégage de tout ça. Je garde une expérience mitigée de l'Inde mais pourtant malgré tout j'en reste profondément bouleversée.

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