Le congé de naissance s’allonge pour favoriser le partage
Le nouveau congé de naissance, dont l’entrée en vigueur est prévue pour le 1er juillet 2026, s’annonce déjà comme un tournant majeur pour les jeunes parents. Actuellement conçu pour durer deux mois par parent en plus des congés maternité et paternité classiques, ce dispositif pourrait encore évoluer. Les experts du Haut-commissariat recommandent en effet d’ajouter un troisième mois d’indemnisation. Cette extension ne serait toutefois pas automatique car elle serait conditionnée au fait que le second parent, le plus souvent le père, prenne au moins un mois de ce congé.
Cette proposition s’inspire directement des modèles scandinaves où l’implication précoce des pères est un pilier de l’équilibre familial. En plus de l’indemnisation prévue à hauteur de 70 % puis 60 % du salaire net, ce mois supplémentaire permettrait de sortir du tête-à-tête exclusif mère-enfant et de réduire la charge mentale qui pèse encore trop souvent sur les femmes. Le rapport préconise aussi de renforcer l’accompagnement via les PMI ou les Maisons des 1 000 premiers jours pour que chaque parent puisse trouver ses marques sereinement.
Pour soutenir ce changement de culture, le rapport suggère également de renforcer l’accompagnement via les services de Protection Maternelle et Infantile ou les Maisons des 1 000 premiers jours, en créant notamment des groupes de pères sur le modèle suédois.
L’indemnisation financière devient enfin un levier réel
L’un des freins majeurs au recours au congé parental jusqu’ici résidait dans la faiblesse de l’indemnisation. Avec l’ancienne PreParE, les parents devaient se contenter d’un forfait mensuel d’environ 456 euros, une somme souvent insuffisante pour maintenir le niveau de vie de la cellule familiale. Le nouveau dispositif change radicalement la donne en indexant l’indemnité sur les revenus réels des parents. Sauf modification de dernière minute, le premier mois de ce nouveau congé devrait être indemnisé à hauteur de 70 % du salaire net antérieur, et le second mois à 60 %, le tout dans la limite du plafond de la Sécurité sociale.
Ce changement d’approche est essentiel pour permettre aux classes moyennes et aux ménages les plus modestes de s’arrêter sans sacrifier leur équilibre budgétaire. En proposant un revenu de remplacement proportionnel au salaire, le gouvernement espère rendre le temps passé avec l’enfant accessible au plus grand nombre. Cette revalorisation montre une prise de conscience des réalités économiques actuelles : s’occuper de son enfant est un travail de soin qui mérite une reconnaissance financière solide et non plus un simple dédommagement symbolique.
L’accès à la garde d’enfants devient une priorité nationale
Au-delà des premiers mois passés à la maison, la question du mode de garde reste le nerf de la guerre pour de nombreux foyers. Le rapport souligne des inégalités sociales frappantes puisque seulement 19 % des familles les plus modestes ont accès à un mode de garde formel, contre plus de 70 % chez les ménages les plus aisés. Pour corriger ce déséquilibre, le Haut-commissariat plaide pour la mise en place d’un accès effectif à une solution de garde pour tous les enfants dès l’âge de 1 an.
Trop de parents, et particulièrement les mères, se voient contraints de prolonger leur arrêt d’activité ou de réduire leur temps de travail faute de solution fiable et abordable. En faisant de la garde d’enfant un droit concret, l’ambition est de sécuriser le parcours des parents dès la fin du congé de naissance. Cette continuité entre le temps familial et la reprise du travail est perçue comme la clé pour rassurer les couples qui hésitent encore à s’agrandir.
La politique familiale s’adapte aux nouvelles aspirations
Toutes ces mesures s’inscrivent dans une volonté de repenser notre modèle social sans pour autant imposer une norme démographique. Le Haut-commissariat reconnaît que les politiques familiales ne peuvent pas, à elles seules, inverser des tendances sociétales profondes comme le recul de l’âge de la première maternité ou l’évolution des aspirations personnelles. L’enjeu est donc d’accompagner une dénatalité consciente en offrant un filet de sécurité plus protecteur.






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