Les repères médicaux et le cycle restent flous
Plus d’une femme sur deux attend d’avoir entre 18 et 24 ans pour effectuer sa première consultation gynécologique. Céline Berardo, directrice générale du Lab HEYME, explique ce décalage par un manque de repères transmis au bon moment. De plus, 71 % des jeunes ignorent l’âge recommandé pour réaliser un frottis. Les règles ne sont pas mieux maîtrisées : la durée moyenne d’un cycle est ignorée par 70 % des sondés, qui l’estiment à seulement 15,8 jours. Concernant l’utilisation des tampons, plus de la moitié pensent à tort qu’on peut les garder plus de quatre heures.
Le consentement souffre de dérives préoccupantes
Si les adolescents définissent théoriquement le consentement, les incompréhensions pratiques demeurent tenaces. Ainsi, 11 % des 15-28 ans pensent qu’un accord est permanent, même si l’un des partenaires change d’avis pendant le rapport sexuel. Ce chiffre grimpe à 22 % chez les collégiens et les lycéens. De plus, un quart des jeunes s’imagine encore que souffrir pendant les rapports est normal et sans gravité, une opinion très marquée chez les élèves du secondaire. Face à ces dérives, Céline Berardo rappelle que le consentement est une discussion permanente qui peut évoluer à tout moment.
Les fausses croyances sur la contraception et les infections
Du côté de la contraception, 55 % des adolescents s’imaginent encore que les méthodes naturelles, comme le calendrier, permettent d’éviter efficacement les grossesses. En matière d’Infections Sexuellement Transmissibles, les fausses informations circulent librement. Plus d’un quart des jeunes est persuadé qu’il existe un vaccin contre le VIH ou la chlamydia. Ce chiffre atteint même 41 % chez les collégiens et lycéens concernant le virus du sida. À l’inverse, alors qu’un vaccin efficace existe contre le HPV, seul un peu plus de la moitié des jeunes informés sont vaccinés, loin derrière le Danemark qui frôle les 90 %.
Le dialogue familial doit s’imposer face aux écrans
Pour s’informer sur le consentement, nos adolescents se tournent massivement vers les réseaux sociaux et leurs amis (82 %). L’école n’arrive qu’en quatrième position, et les parents à la cinquième place. Cette circulation d’informations fragmentées explique la profusion d’approximations chez nos enfants. Il devient primordial de briser les tabous à la maison pour offrir à nos adolescents un espace de parole sécurisant, bienveillant et scientifiquement exact. Discuter ouvertement du cycle, déconstruire l’idée qu’un rapport puisse faire mal ou rappeler l’importance du préservatif sont autant de démarches nécessaires pour les aider à devenir pleinement acteurs de leur santé.
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