Plaidoyer pour laisser vivre nos rides

Amies, soeurs, compagnones d'âge mûr : l'heure est grave. Il s'agit de freiner cette invasion de mérou lippues qui envahissent nos quotidiens et nos supérettes.

Plaidoyer pour laisser vivre nos rides

Tous les articles beauté de Notre Temps et Avantages sont formels : nous devons, et ce dès notre petite cinquantaine (ah ! ce temps maudit de la ménopause) nous occuper des tranchées qui se creusent chaque jour un peu plus sur nos visages flasques.

Ovale qui perd de son élasticité, pattes d’oie qui s’engluent, perte de collagène au niveau du derme : autant dire que j’ai rien compris à la technicité du truc. Le dernier médecin qui m’a fait rêver, moi, c’était celui présenté dans « La clinique de la passion interdite », numéro 38452 de Nous Deux. Une petite coquinerie sur laquelle je ne m’étendrai pas aujourd’hui.

Je lance un appel à celles qui ont décidé de vivre pleinement leur montée de testostérone et leur perte d’élastine ! Rien ne sert de lutter : on est déjà des vieilles pommes, rien ne sert de s’en offusquer.

Prenons l’avantage sur ces jeunes filles nommées cougars, gourgandines profitant des derniers instants de répit de leur utérus avant de plonger, comme nous toutes, au temps des hormones en ébullition. Nous pouvons encore plaire à de fringuants jeunes hommes allant paisiblement vers la retraite sans pour autant vouloir cacher sur nos visages les traces du temps.

Marre de visages aussi lisses que des fesses de bébés qui nous refusent leur place dans le bus ! Marre de ces crèmes à 3 chiffres qui nous spolient de notre maigre retraite sous couvert de faire passer le prix en euros ! Les francs sont toujours là, dans nos mémoires, pour nous rappeler que tout prend mystérieusement un chiffre de plus. Nous refusons désormais toute dépense cosmétique au delà de 350 francs, soit 35 000 francs anciens. Quelle somme ! Et dire que notre première Nivéa ne coûtait que quelques sous !

Marre de ces techniques farfelues qui nous promettent 10 ans de moins au compteur en échange de quelques actes tranchants. Les fils d’or, plutôt que dans mes joues pour en effacer les rides, je préferais les voir sur mon compte en banque ou en faire profiter mes petits enfants. Les piqûres, après avoir pleuré tant de jours de ma jeunesse pour échapper aux vaccins du docteur, je ne me les infligerai pas dans les pommettes pour retrouver des expressions perdues. Que de gaspillage pour bon nombre d’amies… Leur si doux visage devenu celui d’une crêpe, malheureusement trop tiré par quelque docteur peu scrupuleux, ne me donne plus envie de me plaindre de mes deux escalopes à la Droopy en guise de joues.

Marre de ces filles à peine reconnaissables qui rentrent de leur nuit à l’heure où nous sortons faire le marché ! Nous ne comprenons pas ces modes capillaires, des styles débraillés, nous aimons l’élégance maîtrisée des charmes féminins. Que l’on garde chacune une part de mystère et ces messieurs n’en seront pas moins troublés.

Samedi, nous irons donc au thé dansant selon nos principes de beauté. Comme chaque jour, ma crème ne sera pas une nouveauté à base de cellules de je ne sais quoi, mais ma riche crème Yves Rocher. Après avoir redessiné mes sourcils avec un peu de crayon, j’oserai me farder d’un peu de rose aux joues comme quand j’étais un peu aventurière. Pour finir, un peu de rouge à lèvres et tout sera parfait. Avec mes rides, mon trait qui dépasse et ma permanente toute fraîche de ce mois-ci. Ne laissons plus nos vieux jours concurrencés par du plastique ! Le seul que j’accepterai, c’est dans la hanche, sinon rien.

Cet article t'a plu ? Tu aimes madmoiZelle.com ?
Tu peux désormais nous soutenir financièrement en nous donnant des sous !
Big up
Viens apporter ta pierre aux 2 commentaires !

Voici le dernier commentaire en date :

  • Hawley
    Hawley, Le 2 avril 2011 à 0h05

    Chère Dame de l'Institut,

    Je suis fort aise de lire votre article, car je suis moi-même tout à fait contre ces pratiques contre nature. D'ailleurs ma voisine Hortense a cédé à cette mode farfelue du Beau Toquse l'an passé, et cette chipie était bien fière du résultat! Mais voyez-vous, à peine un mois plus tard, ses piqûres ont perdu leur effet et tout est retombé comme un soufflé! Et la revoici avec son visage de shar-pei! Accomondons-nous donc de ces rides, elles sont la marque de notre expérience et de notre sagesse!

    Bien à vous,

    Marie-Georgette

Lire l'intégralité des 2 commentaires

(attention, tu dois être connectée pour participer — tu peux nous rejoindre ici !)