L’affaire Jérémy Doku révèle des stéréotypes parentaux persistants
En plein cœur de la Coupe du monde, l’attaquant belge Jérémy Doku a pris une décision que de nombreux parents considèrent comme une évidence : rejoindre son épouse à Londres pour la naissance de leur fils, Praise. Ce geste intime a pourtant été vivement critiqué sur le plateau de l’émission L’Équipe de choc par la présentatrice France Pierron. En affirmant qu’un père ne sert à rien lors de l’accouchement et qu’il y perd son temps et son énergie au détriment de sa carrière, la journaliste a suscité un tollé immédiat sur les réseaux sociaux, entraînant sa suspension temporaire de l’antenne.
La journaliste Clémentine Sarlat a immédiatement réagi en rappelant qu’en 2026, il est indispensable de valoriser la paternité et d’encourager l’implication des pères. Cette sortie médiatique montre que pour certains, la naissance reste une affaire purement féminine ou médicale, où l’homme n’aurait sa place que dans les tribunes. Réduire le co-parent à un spectateur passif face à l’acte médical, c’est ignorer la révolution intime qui se joue dans les maternités d’aujourd’hui.
À lire aussi : Dans les maternités, la lente évolution de la place du coparent
La salle de naissance est le terrain d’un véritable travail d’équipe
Donner la vie n’a rien d’un long fleuve tranquille. C’est une traversée intense, parfois effrayante, où la mère se retrouve dans une vulnérabilité totale. Prétendre que le partenaire n’est qu’un figurant impuissant relève d’une méconnaissance profonde de ce qui se joue dans l’intimité d’une maternité. Le deuxième parent est la personne de confiance, celle qui masse, qui encourage entre deux contractions, et qui aide à canaliser l’angoisse.
Sa présence permet de former une équipe solide face à l’imprévu. Si une décision médicale doit être prise en urgence ou si la peur s’installe, avoir son partenaire à ses côtés pour porter cette charge émotionnelle change absolument tout pour la personne qui accouche. Un accouchement n’est pas seulement un acte médical, c’est un événement familial fondateur qui se traverse ensemble.
L’engagement précoce protège de la charge mentale future
Au-delà du soutien direct pendant le travail, les premières heures de vie du nouveau-né posent les fondations de la parentalité future. Les études scientifiques s’accordent aujourd’hui sur les bienfaits du lien précoce avec les deux parents, notamment grâce au peau à peau qui possède de véritables vertus biologiques pour le nourrisson. C’est aussi à la maternité que s’acquièrent les premiers réflexes comme changer une couche, donner le premier bain ou essayer de décoder les pleurs.
À lire aussi : La grossesse et l’accouchement vus par les pères
Lorsque ces gestes de soin sont partagés dès le départ, le couple avance au même rythme. Si le père est exclu ou se tient à distance de ces apprentissages, la mère devient par défaut la spécialiste officielle du bébé dès le retour à la maison. C’est précisément ce mécanisme inconscient qui nourrit une charge mentale disproportionnée et installe des inégalités durables au sein du foyer.
Ouvrir les portes des blocs obstétricaux aux pères a demandé des décennies de progrès social et d’évolution des mentalités. Il serait préjudiciable de balayer ces avancées en renvoyant les hommes à une supposée inutilité biologique. Bien sûr, chaque configuration familiale est unique et toutes les naissances ne suivent pas le même modèle. Mais lorsqu’un parent exprime le souhait profond de vivre ce jalon fondateur, son choix mérite un respect absolu.
Écoutez Laisse-moi kiffer, le podcast de recommandations culturelles de Madmoizelle.






































Les Commentaires
Il n'y a pas encore de commentaire sur cet article.