Shopping maudit !

On a tendance à dire que l’enfer, c’est les soldes. Que nenni, les amies, que nenni. L’enfer est un état sans fin de souffrance qu’on expérimente notamment quand on cherche des bottes fourrées pour passer l’hiver, et par extension, dès qu’on met une moufle dans un magasin. – Il n’y a jamais ce qu’on cherche. […]

Shopping maudit !

On a tendance à dire que l’enfer, c’est les soldes. Que nenni, les amies, que nenni. L’enfer est un état sans fin de souffrance qu’on expérimente notamment quand on cherche des bottes fourrées pour passer l’hiver, et par extension, dès qu’on met une moufle dans un magasin.

– Il n’y a jamais ce qu’on cherche. Jamais. Sur les basiques, on notera l’absence de manteaux chauds qui permettraient de survivre au froid (subtilement remplacés par des doudounes que même à douze ans on refusait de porter), la disparition des bottes fourrées sexy et pratiques (on est d’accord que porter du plat est impossible et qu’en talons-aiguille dans la neige c’est abusé), et l’inexistence du sac à dos classe qui permettrait de trimballer son ordi portable sans se casser les deltoïdes. Je ne vous parle même pas d’un joli t-shirt simple : autant demander le Graal.

– Il n’y a jamais notre taille. C’est évidemment hors de question quand on fait du 32 ou du 46, mais même dans l’intervalle, une règle universelle veut qu’il y ait toutes les longueurs, largeurs et profondeurs, sauf celles qu’on pourrait porter. C’est encore plus vrai pour les chaussures, domaine où on ne peut pas espérer prendre ou perdre du poids (je fais du 36, pointure maudite entre toutes, apparemment en voie de disparition à égalité avec les tigres du Bengale).

– Il n’y a jamais de place dans les cabines d’essayage. Même un mardi matin improbable, genre lendemain de jour de l’an. Il semble obligatoire de faire la queue, puis de se désaper dans un lieu minuscule où les crochets n’auront pas encore été inventés (parfois il y aura des crochets, mais du type particulier sur lequel tu ne peux rien poser sans que ça s’écroule). Une fois les vingt minutes d’attente subies, on se rappellera que les miroirs amincissent et que les éclairages sont travaillés pour qu’on se trouve canon dans n’importe quelle serpillère.

– Il n’y a jamais personne à la caisse. A part les 112 meufs qui attendent devant parce qu’elles ont eu la brillante idée de venir faire leur shopping un mardi matin improbable, tout ça pour ne pas trouver ce qu’elles voulaient parce que les manteaux chauds sont une vue de l’esprit, mais qui ont quand même acheté 85 slips histoire de ne pas être frustrées. 85 slips à la caisse quand les vendeurs ont fini de réassortir les étalages = 43 minutes d’attente par cliente. Ajoutons qu’en cousant 85 slips les uns sur les autres, on n’obtient certainement pas un manteau chaud.

Dans ces conditions, la seule raison de faire du shopping en hiver est : passer le temps au chaud en attendant son métro. On saluera bien sûr l’engagement incroyable des boutiques pour nous faire adhérer au concept de décroissance. Grâce à leurs mesures d’économie, il devient tout simplement impossible de claquer sa thune. La société de consommation ? Un mythe. Parfait pour les comptes, un peu moins pour la pneumonie que je vais chopper si je ne trouve pas de manteau… Riche mais congelée : tout un concept.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Kvet
    Kvet, Le 2 décembre 2010 à 13h22

    BlueBubbles: Décathlon est mon fournisseur officiel de chaussettes de ce genre ;o)

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