5 films d’amour platonique, impossible ou poétique

S'aimer sans jamais s'ébattre, c'est ce que vivent les personnages qui habitent au pays des romances impossibles. Kalindi te présente 5 de ses films préférés sur l'amour platonique, qui feront doucement enfler ton cœur.

5 films d’amour platonique, impossible ou poétique

En partenariat avec The Jokers (Notre Manifeste).

Publié le 9 octobre 2018 — Mon père est né loin d’ici, sur une île perdue au milieu de l’Océan Indien.

Là-bas, pas d’effusion de sentiments, en tout cas pas dans sa famille. Dire « je t’aime », ça ne se fait pas, alors embrasser quelqu’un ou avoir un geste tendre…

Avec ses frères et sœurs, mon père s’est muré dans une pudeur handicapante, qui entamerait plus tard sa relation avec moi, sa fille unique.

Les amours impossibles dans les arts

Galveston, le film de Mélanie Laurent, en partenariat avec The Jokers

Petite, je n’avais pas accès aux films dans lesquels les personnages s’ébattaient que ce soit avec fureur ou même avec douceur. Le sexe était prohibé dans ma télévision.

Alors à la puberté, quand l’envie m’a pris d’en savoir plus sur ce que je devais ne surtout pas savoir, je me suis réfugiée dans les livres.

J’ai découvert très jeune La première éducation sentimentale qui signait ma rencontre avec Flaubert.

Une rencontre qui aboutirait à un amour fusionnel avec une branche romantique de la littérature.

Après Flaubert il y a eu Stendhal, qui consacrait sa vie à la chasse au bonheur et à l’amour et puis les sœurs Brontë aussi, précurseuses d’une littérature féministe. 

J’ai lu les soupirs, les étreintes, les caresses et me suis lovée dans les bras de Julien Sorel ou encore de Mr. Rochester.

Ma machine à rêver avait été enclenchée, sans qu’aucune de ces histoires passionnées ne se concentre sur le sexe.

Les romans qui me plaisaient le plus parlaient d’amours impossibles, de celles qui n’ont pas d’issues heureuses.

L’amour platonique et les fantasmes qu’il génère, l’amour platonique et ses étreintes interdites : voilà quelles étaient mes passions.

Les années ont passé et j’ai eu l’âge d’aller au cinéma seule. J’ai découvert l’amour au cinéma et surprise : les plus explicites étaient celles qui me plaisaient le moins.

Même en images j’avais besoin de suggestions. Encore et toujours, j’aimais les romances platoniques. Les amours intellectuelles où deux non-amants se lisaient des bouquins plutôt que de se toucher.

Ou faisaient d’autres choses d’ailleurs. Il y a mille sortes d’amours platoniques, puisque c’est une notion qui varie en fonction des circonstances.

Bref, tu veux en découvrir quelques unes ?

Alors cette sélection devrait te plaire.

Galveston, la fiction sulfureuse de Mélanie Laurent

Mélanie Laurent a des qualités indéniables de réalisatrice, qu’elle n’avait pour l’instant jamais mises au service du film de gangster.

Ces trois derniers mots t’ont fait peur ?

N’aie crainte, ici on est loin d’American Gangster.

Au cœur de Galveston, il y a surtout l’humain. Celui qui doute, qui a peur, qui souffre et qui tombe amoureux.

Cette fiction signée Mélanie Laurent adapte un roman de Nic Pizzolatto, lui-même responsable d’adapter son texte original en scénario.

Il livre un récit soigné que la créatrice du très beau Respire a mis en scène avec brio.

Galveston, dont madmoiZelle est cette semaine la très fière partenaire, est un road trip sulfureux qui présente deux personnages écorchés par l’expérience d’une vie douloureuse.

Roy (Ben Foster) est un petit gangster, dont les poumons sont rongés par le cancer. Un soir qu’il doit effectuer une mission, son boss lui tend un guet-apens dont il est censé ne jamais revenir vivant.

Mais c’était sans compter sur l’entrainement de Roy, qui parvient à s’en sortir et sauve même une jeune prostituée (Elle Fanning).

Ensemble ils sillonnent les routes brûlantes d’Amérique en direction de Galveston.

Roy et Raquel n’ont a priori rien en commun. Lui est une brute épaisse au cœur tendre, elle est une jeune femmes paumée, persuadée de devoir vendre son corps pour gagner son pain.

Entre les deux, un lien se crée rapidement.

Un lien tendu et vibrant qu’il leur est difficile de qualifier. Amitié de nature filiale (elle a l’âge d’être sa fille) ? Amoureuse ? Ou amitié tout court ?

Les deux âmes perdues évoluent d’une case à l’autre sans jamais vraiment les pénétrer. Leur relation ne supporte pas l’adjectif et se contente d’être ce qu’elle est à l’instant présent.

Galveston est un film haletant et sulfureux, qui m’a mordu le cœur.

J’en suis sortie chamboulée, mais prête à y retourner pour voir Raquel et Roy s’aimer encore un peu. Juste un peu plus.

Je te recommande mille fois ce thriller à fleur de peau, qui sort le 3 octobre au cinéma.

Lost in Translation, les insomnies tokyoïtes de Coppola

J’entends souvent dire que Sofia Coppola ne réalise que des films chiants. Je ne peux pas donner complètement tort à cette rumeur, cependant sa filmographie est ponctuée de très bons produits.

Prends Lost in Translation par exemple. L’ensemble est passionnant et décrit un amour platonique crédible.

Bob Harris, un acteur sur le déclin, débarque dans la capitale japonaise afin d’y tourner une publicité pour du whisky. La majeure partie du temps, il erre d’un bout à l’autre de sa chambre d’hôtel, en peignoir.

En parallèle, Charlotte, la jeune épouse d’un photographe renommé s’emmerde sec, d’autant plus qu’elle doute de sa relation avec son mari, qui passe les trois quarts de son temps en compagnie de stars.

Bob et Charlotte vont finir pas se rencontrer, au détour d’une nuit embrumée par l’insomnie. 

Au fil du temps, les deux esseulés se rapprochent, car le poids de la solitude est dur à porter quand on est loin de chez soi.

Perdus dans cette ville qu’ils ne parviennent pas vraiment à intégrer, ils vont s’ouvrir leur cœur lors d’une soirée qui va bouleverser la fin de leur séjour…

Je te recommande vivement Lost in Translation, déjà parce qu’il y a BILL MURRAY et parce qu’il présente une relation purement platonique, basée sur la sincérité et l’échange intellectuel.

Edward aux mains d’argent, l’amour poétique selon Tim Burton

J’ai un rapport compliqué à Tim Burton.

Je l’ai aimé, je l’ai adoré, je l’ai détesté, je l’ai re-aimé, et puis j’ai été déçue.

Mais de notre relation j’ai envie de ne conserver que le meilleur.

Je me rappelle notre première rencontre. Il s’était glissé dans la VHS de L’Étrange noël de Monsieur Jack, avant que celui-ci ne commence, pour y placer son court-métrage nommé Vincent

Un délice d’étrangeté qui à l’époque me glaçait le sang mais avait aussi un gout de reviens-y.

De Burton, je voulais en voir plus. Alors Beetlejuice, Ed Wood, Mars Attacks! et bien sûr Edward aux mains d’argent y sont passés.

Et Edward était mon préféré. 

J’aimais tout de lui, et surtout ses airs de clown triste.

Rappelle-toi de cette histoire, plutôt semblable à un conte :

Edward a des ciseaux à la place des mains. Ce qui est bien pratique pour tailler les haies et couper les cheveux de ses voisins.

Ce jeune homme au grand cœur a longtemps vécu seul dans une demeure sinistre, où lui a donné vie son créateur. Mais Peg, une représentante en cosmétiques, lui offre le gîte et le couvert, en ville.

Dès lors, Edward tombe amoureux de sa fille ainée. Seulement, le monde est une jungle, et notre jeune homme gracile aux mains d’argent va l’apprendre à ses dépens…

Cette fiction façonnée par les mains expertes de Burton est une fable délicate mais cruelle mettant en scène un amour impossible.

Tout ce dont je raffole, tu commences à le savoir !

In The Mood for Love, l’évidence impossible de Wong Kar-Wai

Sorti en 2000, In the Mood for Love est une pépite signée Wong Kar-wai, délicat réalisateur hong-kongais.

C’est l’histoire de M. Chow (Tony Leung) et Mme Chan (Maggie Cheung). Ils emménagent, l’un avec son épouse, l’autre avec son mari, dans des appartements voisins.

L’épouse n’est pas souvent là. Le mari est en déplacement professionnel. M. Chow et Mme Chan, unis par leur solitude, se rapprochent, deviennent amis.

Puis comprennent que la femme du premier le trompe avec l’époux de la seconde.

Dans la douleur, la trahison, les deux cœurs brisés commencent à battre à l’unisson. Et pas seulement par amitié…

S’il est évident que les personnages d’In The Mood for Love vivent un amour ardent, aucune scène d’ébat n’est portée à l’écran.

Au spectateur de décider par la suite si les héros se sont aimés jusque dans la chair, où s’ils en sont restés à des confidences énamourées.

Wong Kar-Wai te laisse être maitresse du destin des amants imaginaires. 

Alors enclenche ta machine à rêver et donne une suite à leur histoire. Tu verras comme l’imagination stimule le désir. Encore plus que des images.

Jane Eyre, l’amour timide vu par Cary Joji Fukunaga

Jane Eyre, c’est une histoire que tu connais peut-être par cœur. Et pour cause, ce roman a traversé les époques en s’offrant plusieurs adaptations cinématographiques et télévisuelles.

Parmi toutes les versions existantes, celle de Cary Joji Fukunaga est de loin ma préférée.

Je suis capable, de toute manière, d’aller voir un film sur le simple nom de ce gars, qui ne réalise qu’avec sensibilité et justesse.

Je te conseille au passage de voir Beasts of No Nation, la première production originale Netflix façonnée justement par Fukunaga.

Bref, en 2011 le cinéaste ambitieux s’est attaqué à ce géant de la littérature et encore une fois, le défi a été relevé haut la main.

Jane Eyre raconte le périple sentimental d’une jeune femme malmenée par la vie. Une romance si tragique qu’elle en est presque shakespearienne.

Jane, une jeune femme détestée par sa famille, se fait gentiment expulser de chez sa tante pour atterrir dans un internat très peu accueillant.

Plus tard, elle intègre la grande demeure d’Edward Rochester, un homme très riche et taciturne, pour qui elle officie en tant que gouvernante.

Bien sûr, elle finira par tomber folle amoureuse de lui, et croira en une potentielle relation. Mais les choses seront loin de se passer comme elle le souhaite…

Alors OK, on est pas sur un amour 100% platonique. Il y a quand même un baiser à l’écran, mais je mourrais d’envie de te le caser ici, pour la pudeur de l’amour qu’il décrit.

Un amour construit sur l’autel de la connivence intellectuelle, pas physique.

Alors, ça compte non ?

Voilà chère lectrice, j’espère que tous ces mots t’auront donné envie de céder à quelques heures de cinéma, installée chez toi ou tout au fond d’une salle de cinéma, à retenir ton souffle pour ceux qui n’ont pas le droit de s’aimer.

Et n’oublie pas d’aller voir Galveston, le coffret précieux d’une idylle impensable, le 10 octobre au cinéma !

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Commentaires
  • Lullabulle
    Lullabulle, Le 11 octobre 2018 à 22h59

    En effet, il paraît que les séries de la BBC sont top! Ça fait un moment que j'en entends du bien, je vais peut-être me lancer!

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