Nantes n’est pas bretonne… mais pas loin !

Aujourd'hui, Soizic s'attaque à un sujet sur lequel Ligerien•nes et Breton•nes s'affrontent depuis environ des siècles et des siècles... Nantes ! Une ville qui n'est pas en Bretagne, mais est un peu bretonne quand même...

Nantes n’est pas bretonne… mais pas loin !

Cher•e habitant•e de la belle ville de Nantes en Loire-Atlantique que tu voudrais breton•ne, je tiens à affirmer mordicus que nous ne sommes pas en Bretagne.

De ce fait, tu utiliseras le néologisme « ligérien•ne » pour parler de tes origines et non pas ton mot préféré, « breton•ne ».

Oh, cher•e Nantais•e aspirant•e breton•ne, je puis imaginer les regards noirs que tu essaies de m’envoyer par pixels, de même que je puis entendre les incantations celtes que tu profanes à mon égard afin que je sois transformée en kouign-amann, mais ça ne sert à rien de pleurer : on considère que Nantes n’est plus en Bretagne depuis la Révolution française !

Alors tu arrêtes right now parcequefautpasprendreSoizicpourunegalette-saucisse (les vrai•es comprendront la référence).

galette-saucisse

So good.

Bon, par contre, je remarque que Nantes, cette petite teigne, ne se détache pas de ses origines (oui Breton•ne radical•e, tu exultes, je sais). Alors, comme diraient (presque) les Beatles, roll up for the Nantes tour !

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Les Festnoz

Tout d’abord, je tiens à parler des Festnoz. Il n’y en a pas à Nantes même, certes, mais dès que tu te rapproches de la mer (disons à une vingtaine de kilomètres) et que la saison arrive, c’est tout un florilège de festivals bretons qui voit le jour avec ses danses, ses binious, ses crêpes…

C’est assez agréable, voire carrément dépaysant. Il faut reconnaître que la musique celtique a un certain charme ! Tu as l’impression que tu vas trouver un lutin caché quelque part.

Et puis tu vois des stands pour le rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne. Là, ça ne rigole plus.

Les gentilles mamies qui t’accostent se transforment en korriganes (véridique ! VÉRIDIQUE !) quand tu affirmes ne pas te rallier à leur cause (perso, je crois qu’il y a d’autres problèmes qu’il faudrait d’abord régler comme, au hasard, la faim dans le monde, mais bon, elles ne l’entendent pas de cette oreille).

korrigan

Mesdames bonjouuur.

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Les tags façon « Nantes aux Breton•nes »

Eh oui, les tags. Bon, la plupart du temps ce n’est pas du grand art, mais moi ça me fait toujours rire. Je sais qu’il s’agit de dégradation de l’espace urbain et je condamne fortement ce geste.

Pourtant, je ne peux m’empêcher d’imaginer la personne en train de taguer rageusement « 44=BZH ».

Je la vois, par un triste mercredi après-midi, prendre sa bombe de couleur rose, un sweat-shirt dont elle relève la capuche, furetant dans les rues de la ville à la recherche d’un mur où exprimer tout son spleen. Elle devait être en manque de caramel au beurre salé.

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Les prénoms bretons

Les Bretons sont les inventeurs des prénoms les plus étranges au monde, prénoms que tu vas retrouver en Loire-Atlantique. Tout un art.

Bon, je ne parle pas des prénoms tels que Gwenaëlle ou Loïc, mais de ceux comme, au hasard, le mien. Je suis fière de mon prénom mais bon, il faut avouer qu’il a étonné plus d’une personne.

Entre celles et ceux qui galèrent à le prononcer (chère homonyme Soizic, ne va PAS en Espagne où le son « z » n’existe pas) et celles et ceux qui se moquent clairement de moi (coucou les vendeurs de Starbucks !), eh bien ce n’est pas une partie de plaisir tous les jours.

Et je ne parle même pas de celles et ceux qui ne savent pas l’écrire et qui, par orgueil, ne me demandent pas de l’épeler et l’orthographient « Swasik ».

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Notons par ailleurs que ce charmant prénom signifie « petite Françoise » et que j’atteins difficilement le 1m61… vraiment des marrants, ces Bretons.

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Le nom des villes écrit en breton

C’est surtout cela qui sème le trouble selon moi ! Comment voulez-vous expliquer à des « étranger•es » que votre ville n’est pas bretonne si, en arrivant, ils voient annoncé « Nantes-Naoned » ?

C’est normal puisque c’est le nom historique, mais est-ce que les Parisien•es appellent leur ville « Lutèce » ? Oui ? Au temps pour moi alors !

Et toi ? Penses-tu que Nantes n’est pas en Bretagne mais que, tout de même, elle ne joue pas franc-jeu ?!

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Etp
    Etp, Le 23 février 2017 à 22h43

    Pazzi
    Euh déjà je savais pas que le nom de Soizic pouvait être considéré comme étrange x)

    Ensuite je trouve qu'on apprend pas des masses sur le débat Nantes en Bretagne, même si le ton est humoristique et qu'on est pas en train de faire un cours (bon j'ai ri au passage du tagueur 44=BZH hahha). Cela énonce plutôt des trucs assez faux donc ça m'a pas trop fait rire.

    Effectivement comme l'ont relevé d'autres personnes je crois pas que les ligériens s'affrontent depuis perpète vu que la région Pays de La Loire est très récente. Et puis euh... je suis nantaise et je n'ai pas de grand sentiment d'appartenance ligérienne hein, je veux dire la Sarthe la Mayenne je connais mais alors pas du tout. Forcément en tant que nantaise je me sens plus bretonne que ligérienne, je veux dire c'est quoi l'identité ligérienne ? J'ai appris le terme relativement récemment pour quelqu'un qui a grandi en Loire-Atlantique d'ailleurs.

    Je rejoins sur le terme Naoned qui est un peu idiot sur les panneaux mais pas pour les raisons énoncées dans l'article. Nantes, comme Rennes (et la moitié de la Bretagne) n'a jamais été une grande brittophone (je rappelle qu'à l'est de la Bretagne on parlait des langues romanes d'oïl dont le gallo). Et le nom Nantes est antérieur à l'arrivée des Bretons en Amorique, comme Vannes d'ailleurs. Donc c'est pas comme mettre sur les panneaux Paris/Lutèce mais Paris/Lutezec quoi.

    Par contre sur la côte de Loire-Atlantique on parlait bien breton (plus qu'en Île et Vilaine à mon avis).

    Enfin bref la Bretagne n'est pas égal à la langue bretonne et Nantes est bien en Bretagne, c'est mon point de vue de Nantaise d'origine morbihanaise 100 pour cent pur beurre.
    Coucou, le médiéviste se ramène /o/
    Alors, je fais mon mémoire là-dessus (du moins partiellement là-dessus, mon sujet concerne les élites rurales bretonnes dans l'évêché de Vannes, et je suis amené à parler dans une de mes parties des fluctuations de la limite bretonnante au cours du Haut Moyen Âge et du Moyen Âge central.
    Et.... ce que tu dis est faux concernant le fait que Nantes n'a jamais parlé breton. Je résume mes notes de fiche de lecture :

    Noël-Yves Tonnerre, c'est THE gros spécialiste de la Bretagne médiévale, la base pour tout médiéviste s'intéressant au sujet ; et un illustre inconnu pour tous les autres. Et voilà ce qu'il raconte :

    Noël-Yves TONNERRE, « L’Aristocratie du royaume breton »
    In La Royauté et les élites dans l’Europe carolingienne (du début du IXe aux environs de 920), Régine LEJAN, éd., Villeneuve d'Ascq : Centre d'Histoire l'Europe du Nord-Ouest, Université Charles-de-Gaulle-Lille 3, 1998, p. 487-504.
    En gros, entre 753 (prise de Vannes par Pépin le Bref) et 937 (victoire d'Alain Barbetorte qui, pour bien abréger sachant que c'est pas tout à fait vrai, met en gros fin à la guerre contre le royaume de Franquie occidentale (l'ex-empire de Charlemangne) et fait que la Bretagne n'est plus un royaume mais un duché), c'est la grosse merde. Il y a des révoltes, des prises de villes, des reprises de ville, bref c'est chaud patate, et il se trouve que les chefs français (ça existe pas la France à l'époque, mais j'ai dit que je simplifiais) ont commencé à mettre leurs gars un peu partout dans le pays nantais, et leurs gars, ils parlaient en langue romane.

    Du coup, avant tout ça, on a grosso modo une Bretagne homogène fortement marquée par caractère celtique, et après tout ça, on a deux Bretagne :
    • Basse = Bretagne de langue bretonne
    • Haute = Nova Britannia qui parle en langue romane.
    Et y'a pas de limite linguistique stricte car des zones où les 2 langues sont parlées, mais on a l'existence d’une zone romane qui favorise la montée de l’influence du français et du recul du breton !

    Donc voilà, avant tout ce bordel, Nantes parlait breton. :)

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