Les droits des femmes dans le monde – Apparence, sexe et libertés

La rédac’ de madmoiZelle a décidé de se pencher sur l’état des femmes dans le monde, et de faire un tour d’horizon des avancées et des régressions. Cette semaine, on clôt le sujet en s'intéressant aux libertés des femmes concernant la sexualité et l'apparence.

Les droits des femmes dans le monde – Apparence, sexe et libertés

– Article rédigé à six mains par FloLaura Minelli et Sophie-Pierre Pernaut.

L’homosexualité féminine

À l’échelle du monde, l’homosexualité féminine reste un sujet tabou. Pourtant, certains pays et États ont légalisé le mariage voire l’adoption. Le meilleur exemple de cette ambivalence est l’Afrique du Sud : dans ce pays, le mariage homosexuel est légal depuis 2006. Pourtant, au quotidien, les femmes lesbiennes doivent se cacher au risque de se subir de qu’on appelle des « viols correctifs » : des hommes violent des homosexuelles dans le but de les remettre dans le « droit chemin » (= l’hétérosexualité). Lors des 10 dernières années, 31 femmes ont été tuées à la suite de viols correctifs et de passages à tabac, leur seul tort ayant été d’être lesbiennes. Sur tetu.com, vous pouvez lire le témoignage d’une victime de viol correctif.

Dans d’autres pays, l’homosexualité féminine est passible de peine de prison, voire même de mort. Quelques exemples : le Malawi (5 ans de prison), la Malaisie (20 ans de prison), le Sénégal (entre 1 mois et 5 ans), l’Iran (100 coups de fouet)… On note une forte influence des religions sur ces pays, avec des cultes qui peuvent parfois tolérer les comportements homosexuels, mais ne les cautionnent pas. L’homosexualité féminine est d’autant plus décriée qu’on y voit un obstacle à la procréation. Les lesbiennes sont donc l’objet d’une véritable stigmatisation, d’une chasse aux sorcières dans laquelle la dénonciation est encouragée.

À l’opposé, d’autres pays font figures d’avant-gardistes en ayant légiféré depuis plusieurs années sur le statut des homosexuelles. En effet, les Pays-Bas, la Belgique, l’Espagne, le Canada, l’Afrique du Sud, la Norvège, le Portugal, l’Islande, la Suède, l’Argentine, le Danemark, 7 états des États-Unis et 2 états du Mexique ont légalisé le mariage des homosexuels.

L’adultère

La perception de l’adultère et les sanctions qui peuvent en découler varient selon les pays, les cultures et l’influence qu’y ont les religions. En France, par exemple, l’adultère a été dépénalisé en 1975 avec la loi du 11 juillet 1975. Il n’est plus depuis cette date considéré comme une faute pénale. En revanche, il est toujours considéré comme une faute civile, et reste une des premières causes de divorce en France.

Dans les pays appliquant la loi islamique, l’adultère est répressible de la peine de mort par lapidation, pour les hommes comme pour les femmes. Notons que, comme nous l’explique cette entretien sur Oumma avec le Professeur Mahmoud Azab, spécialiste de l’Islam, cette sanction n’est pas dictée par le Coran mais par un Hâdith (des propos soi-disant tenus par le prophète Mahomet) et la mort par lapidation pour punir une femme d’un adultère n’est donc absolument pas inhérente à la pratique de l’Islam. Parfois, dans certaines religions de certains pays, une femme est punie pour adultère alors qu’elle a été violée, comme en témoigne l’histoire de Mosammet Hena, au Bangladesh. Cette jeune fille de 14 ans qui aurait été violée par son cousin marié de 40 ans avait été accusée par un conseil religieux d’adultère et condamnée à subir 100 coups de fouet. Au bout de 70 coups, elle s’est évanouie avant de succomber à ses blessures à l’hôpital. À noter que son cousin aurait eu à subir la même sanction s’il n’avait pas trouvé le moyen de s’enfuir.

Les femmes et la sécurité

D’après l’ONU, « la violence faite aux femmes désigne tout acte de violence fondé sur l’appartenance au sexe féminin, causant ou susceptible de causer aux femmes des dommages ou des souffrances physiques, sexuelles ou psychologiques, et comprenant la menace de tels actes, la contrainte ou la privation arbitraire de liberté, que ce soit dans la vie publique ou dans la vie privée« .

Les études menées sur la sécurité des femmes dans le monde ont abouties à des résultats consternants : une femme sur trois serait victime, au cours de sa vie, de violences. Une femme sur cinq se ferait violer, ou serait la cible d’une tentative de viol. Les crimes prémédités et perpétrés par les hommes sur les femmes pour « protéger l’honneur de la famille » sont au nombre de 5000 par an et restent souvent impunis. En Europe, 30% des femmes auraient été victimes de harcèlement sexuel. En France, on estime qu’en 2011 75 000 femmes ont été violées, et 10% seulement d’entre elles ont porté plainte.

D’après Amnesty International, les violences faites aux femmes peuvent être classées dans trois catégories :

  •  Les violences perpétrées par la famille : il s’agit du viol et de la violence conjugale, de la torture et des meurtres dits « d’honneur », des mutilations génitales, des mariages forcés, voire des avortements ciblés sur les foetus de sexe féminin.
  • Les violences perpétrées par la société : on parle du harcèlement, du viol, de la prostitution forcée, des agressions, de l’utilisation du viol comme arme de guerre. Ce sont aussi les coutumes d’un pays défavorables aux femmes.
  • Les violences perpétrées par l’État : ce sont les tortures, viols, séquestration commises par des personnes portant l’uniforme ou par des fonctionnaires. On peut également faire entrer dans ce cadre les lois discriminants les femmes.

D’après l’ONU, la situation semblerait pourtant s’arranger, puisque 125 des 193 États interdisent la violence conjugale. Mais les victimes osent rarement faire savoir qu’elles sont la cible de violences : en France, seules 10% des femmes violées portent plainte, et même lorsqu’elles brisent la loi du silence elles ne sont pas forcément prises au sérieux et sont même parfois culpabilisées. Au Maroc par exemple, les mentalités semblent évoluer depuis le suicide d’une jeune femme qui, pour ne pas être déshonorée, avait été contrainte à épouser son violeur. Des faits divers ont été rapporté en Arabie Saoudite et en Somalie, où des femmes auraient été lapidées par décision de justice après avoir été violées.

Outre la difficulté à admettre la nécessité de l’émancipation, les victimes de violence sont parfois confrontées à des difficultés matérielles lorsqu’elles tentent de fuir : certains pays empêchent les femmes de voyager seules ou de travailler et les conditions de voyages peuvent être particulièrement dangereuses pour les femmes seules qui sont vulnérables.

Sources : Médecins du monde, Le MondeFondation Surgir, Oxfam, ONU Femmes

Les femmes et l’apparence

En Europe, les femmes ont longtemps été contraintes de respecter de stricts codes vestimentaires, souvent imposés par la pression sociale, parfois même par la loi. En 2012, les femmes européennes sont-elles plus libres ? Oui… Et non. Faisons un rapide tour du monde, sans jugement aucun.

En France, les débats sur les codes vestimentaires dans les lieux publics ont été intenses ces dernières années. Qu’on soit pour ou contre, la loi vient toujours réglementer notre apparence en interdisant le port de signes religieux à l’école ou le port du niqab et de la burqa dans les lieux publics. Les Pays-Bas, le Royaume Uni et l’Allemagne ont tous réglementé le port de ces vêtements.

En Chine, le métro de Shangaï a diffusé récemment l’annonce suivante s’adressant aux jeunes femmes portant des tenues légères, légèrement emprunte de slut-shaming : « Dans le métro, ce serait étrange de ne pas être harcelée avec une telle tenue. Les pervers sont relativement nombreux. Jeunes femmes, pour éviter de crier au loup, un peu de tenue s’il vous plaît ». Une campagne humoristique a été diffusée en réponse par des internautes.

Aux Émirats Arabes Unis, les populations autochtones, qui ne représentent que 10% des 8 millions d’habitants, ont lancé un débat sur la création ou non d’un code vestimentaire. En effet, le mélange des cultures créé parfois un malaise chez les Emiratis, traditionnellement de confession musulmane, même chez les plus modérés. Une jeune femme à l’origine du débat explique : « Si les Emiratis étaient plus visibles, on ne voudrait pas les offenser. Mais maintenant nous sommes une minorité, et nous sommes obligés de faire appel à l’autorité. Nous ne demandons pas aux gens de s’habiller comme nousNous ne jugeons pas non plus, jamais. Faites ce que vous voulez et habillez-vous comme vous le voulez, mais avec certaines limites. Respectez uniquement les gens ici« .

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Lieve
    Lieve, Le 29 juillet 2012 à 23h39

    Putain c'est flippant!

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