Des collants poilus contre le harcèlement de rue en Chine

Pondu par Sophie-Pierre Pernaut le 18 juin 2013     

Des collants poilus contre le harcèlement de rue auraient été inventés en Chine. Idée maline, grosse boutade ou façon de céder devant l’oppression oculaire ?

L’été est une saison appréciée : on peut se décharger d’une grosse couche de vêtements,  remiser les bas en laine au placard et enfin faire goûter à nos jambes et nos épaules le plaisir de prendre l’air.

Oui, mais voilà : ce faisant, il n’est pas rare de nous prendre des réflexions dans la face. Qu’elles soient positives ou négatives, elles interviennent alors que nous n’avions rien demandé.

Avoir des remarques sur son physique quand on est juste sur le chemin de la fac ou de la terrasse ensoleillée la plus proche n’est pas des plus agréables. Et, même si c’est parfois considéré comme de la drague ou comme de la flatterie de la part des personnes qui les profèrent, ces déclarations sont du harcèlement de rue.

Pour lutter contre les regards et les réflexions qui assombrissent le quotidien de bon nombre d’entre nous, un WTF mode-sociétal aurait été inventé en Chine : des collants poilus pour, je cite Aujourd’hui le monde, « éviter de se faire reluquer les jambes par des pervers ». Une photo de l’accessoire porté a été partagée sur le réseau social chinois Weibo :

Des collants poilus contre le harcèlement de rue en Chine poil

Il existe peut-être des chances pour que cet accessoire rassure certaines filles et femmes qui rentreraient chez elles seules le soir, peut-être même à juste titre. En un sens, c’est une façon amusante de répondre à la perversité de certains regards, de faire comprendre de manière humoristique que notre corps ne fait pas de nous des objets sexuels en libre-service pour les yeux, voire pour le reste.

Dans un autre sens, ne serait-ce pas une façon de plier ? De renier sa propre féminité — du moins, quand on a décidé de l’exprimer avec des jambes pas ou peu velues, ce qui ne veut évidemment pas dire qu’une fille poilue ne peut pas être féminine [insère ici mentalement un coeur destiné à toutes les sortes de pilosités du monde] — pour ne pas attirer le regard de certains hommes ?

L’enfiler, c’est également, mine de rien, une façon d’abandonner son bien-être : des collants poilus qui couvrent tes jambes en plein été, c’est l’impression de macérer dans son jus, simplement pour ne pas être reluquée ni agressée.

Évidemment, rien ne nous dit que cette tendance sera adoptée en Asie : après tout, peut-être qu’il s’agit simplement d’un détournement humoristique d’une création originale qui n’a pas ce but. Que la personne qui a posté cette photo était finalement ironique quand elle parlait d’une protection anti-regard-de-pervers.

Et toi, que penses-tu de cette initiative ? La trouves-tu drôle et novatrice, déprimante, ou un mélange de tout ça à la fois ?

Harclement de rue

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Sophie-Pierre Pernaut (dite SPP, dite Sophie) écrit pour madmoiZelle depuis l'an 2011. Elle s'est donnée pour mission de vous informer, de vous divertir et d'éventuellement vous faire rigoler avec son humour somme toute assez crétin. Elle aime la tartiflette et les chèques en blanc.

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Les 10 dernières réactions à cet article sur le forum

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  1. SolemniaSolemnia

    Le 18 juin 2013 à 14:15

    Posté par lily-g
    Et puis appeler ça du "harcèlement de rue" c'est fort quand même ! Personnellement, je ne suis pas traumatisée à vie quand quelqu'un m'interpelle dans la rue en me disant que j'ai de jolies jambes. Et si il me dit qu'elles sont moches, bah tant pis, c'est pas mon mec. Du moment qu'il ne vient pas me toucher tout va bien, les réflexions elles me passent au dessus ! Alors oui, ça peut être lourd à force, je suis d'accord, mais de là à s'enlaidir… (et puis comme dit une certaine Madz, les réflexions négatives avec ces collants risquent d'être bien pires…)
    Pour ma part, c'est cette paranoïa générale qui commence à me faire peur moi…


    Je vais te répondre également par un extrait de mon expérience qui je pense correspond à beaucoup de filles ici. Je ne réside pas dans un pays tropical contrairement à @MorganeGirly mais à la fois à Paris et dans une bête ville de banlieue parisienne. Et pourtant les remarques, les regards déplacés, c'est tous les jours. Et vu le temps pourri qu'il fait ici, je ne mets pas de jupe mais plus souvent des pantalons (j'imagine que ça serait 10 fois pire en jupe, enfin je pense, je n'en sais rien). Une partie de la semaine et le week end j'habite dans une assez petite ville et dans un quartier qui n'est pas spécialement réputé comme chaud (enfin c'est un quartier "bourgeois" non loin d'un petit centre ville), quand je sors c'est pour me rendre dans le centre mon trajet à pieds dure environ 10 minutes, sur ces 10 minutes je dirais minimum 5 minutes de remarques
    Passer devant des bars/troquets : je me fais allumer à tous les coups, les remarques sont généralement très insistantes (la plupart du temps j'ai un casque de musique et les personnes m'interpellent jusqu'à ce que je l'enlève pour les entendre me dire "hé salope voijieompfpfpfpff haha" et si j'ose le garder, ils me suivent, sur plusieurs mètres, etc)
    Pareil pour quand j'arrive faire mes courses dans le centre : si je vais au Sephora du coin, 1 fois sur 2 il y a un mec pour me suivre jusque dans le Sephora en me faisant des sourires et des remarques de merde.
    J'ai testé être seule : énormément de remarques
    en groupe de copines : encore pire (c'est comme si on était du bétail à chasser, alors qu'on a envie de passer un bon moment entre filles, c'est fatiguant)
    avec mon copain : remarque déplacés aussi ce qui a déjà amené mon copain à se battre, etc..

    Si tu as la chance d'être dans un endroit ou on ne te dit rien, c'est très bien, mais ce n'est pas pour autant que c'est le cas de pratiquement tout le monde, constate qu'ici on est beaucoup à vivre ce "harcèlement" (parce que oui, il s'agit de harcèlement. Faut bien faire la différence entre un bonjour cordial et quelqu'un qui tente d'engager une conversation avec POLITESSE (j'insiste vraiment la dessus)

    Je veux bien "passer au dessus" , mais c'est très difficile. Quand je marche dans la rue, j'aimerais qu'on me foute la paix, donc quand on m'interpelle mille fois, qu'on me suive, qu'on m'ordonne de faire des choses (je ne trouve pas ça normal qu'on me fasse enlever mon casque juste pour me dire des conneries) je me sens obligée de surveiller mes moindres mouvements, d'être ultra-méfiante (changer de trottoirs quand je vois un groupe de mecs trop important et que je sens qu'ils vont me faire chier, etc)

    La plupart du temps, je réponds comme une folle hystérique et on me fout la paix (une fois sur deux) mais à quel prix ? Je dois prendre du temps sur ce que je comptais faire, je dois m'énerver, j'ai peur de me faire casser la gueule (enfin un peu moins maintenant que je me suis mise à faire du sport intensément et que celui qui vient me chercher aura une mauvaise surprise :cretin: mais bon avant c'était une de mes plus grandes craintes), etc…

    La rue n'appartient à personne, ni moi, ni les femmes, ni les hommes. Je trouve donc nécessaire qu'un certain respect y règne la aussi (je ne suis pas contre la drague dans la rue mais y a des formes à y mettre)

    donc parler de "paranoïa générale" désolé mais non, je sais que ça n'arrive pas à certaines personnes, mais le harcèlement de rue il s'agit d'une réalité qu'il est nécessaire de pas nier et qu'il faudrait au contraire, contrer.

    ce qui me permets de basculer sur l'article en lui même >>> je trouve que ces collants "poilus" c'est une très mauvaise idée

    1) le risque de remarques est encore plus élevé (bah oui ma bonne dame, pas épilée tu ne réponds pas aux critères de ces messieurs, ils doivent donc encore plus te remettre dans le "droit chemin")
    2) est-ce vraiment à la fille de se "protéger" des remarques ?
    3) Je sais qu'il y a certaines filles qui restent le plus sobre possible quand elles savent qu'elles vont devoir sortir seules (ça m'est déjà arrivé, épuisée et pas envie de me prendre encore pléthore de remarques à la con, je me suis un peu brimée dans l'espoir qu'on me foute la paix) (et ça marche pas, hein) est ce que c'est une démarche sensée d'aller dans ce sens ?
    Il faut empêcher le harcèlement de rue mais en s'en prenant aux harceleurs, pas aux personnes qui n'ont rien demandé.
  2. Laurel WildcatLaurel Wildcat

    Le 18 juin 2013 à 15:53

    Je trouve ça tellement stupide que je n'arrive pas à croire que ce n'est pas un canular.

    Déjà, on ne devrait même pas avoir à chercher à se protéger de ces réflexions. Je vis au pays des Bisounours, certes, pour moi l'homme est encore muni de capacités cérébrales, et est encore capable de se comporter convenablement en société.
     Cacher le corps de la femme pour ne pas attirer les hommes, c'est au final mettre les hommes dans le même sac, et les réduire à l'état primaire; Peut-être que ces grossiers personnages se sentent peut-être dominants et irrésistible (je pense, sinon pourquoi le feraient ils) mais arrivent ils à comprendre que pour les personnes présentes, c'est un gros boulet, décérébré, un primate en jogging?

    Les collants en eux même, c'est WTF.
    Tu mets un pantalon, tu te laisses pousser les poils, tu mets des chaussettes de mémés mais là c'est absurde,s'épiler les jambes pour mettre des faux poils après?




     
  3. SolemniaSolemnia

    Le 18 juin 2013 à 19:33

    Posté par minie-c
    Mais enfin les filles, vous habitez où ??


    J'habite en banlieue parisienne et à Paris intra muros le reste du temps, cela dit, cela m'arrive beaucoup moins à Paris (par exemple je ne me fais quasiment jamais emmerdé dans le métro, alors que j'entends pléthore d'histoire d'agressions, harcèlement dans le métro, etc) . (j'ai coutume d'aller aussi plusieurs fois par an en Italie, et la par contre, le harcèlement ne m'arrive absolument jamais.Je m'y fais toujours aborder de façon très courtoise et les garçons n'insistent jamais quand je refuse leurs avances) (pourtant j'ai déjà lu beaucoup de témoignages de filles s'étant fait embêté en Italie, comme quoi) (enfin bref fin du hors sujet)

    Peux-tu enlever ta citation s'il te plait ? Merci.
  4. MorganeGirlyMorganeGirly

    Le 18 juin 2013 à 20:34

    @minie-c
    Mon témoignage la c est sur l Ile Maurice, donc pas en France, mais dans un pays quand même fréquenté par des dizaines de milliers de Français par en an qui en reviennent ravis. Et pas un pays considéré comme particulièrement agressif vis a vis des femmes. D ailleurs, dans la plupart des autres situations, ca va.
    Je donnais ce témoignage pour expliquer ce qu était le harcelement de rue. Car ce qu on vit a une échelle bien moindre (des mecs relous qui te parle mal une fois de temps en temps), c est du harcelement de rue aussi, sauf que comme ca n arrive pas avec la même fréquence, on se dit "c est juste un relou, lâche l affaire"…
    Mais ca fait partie de la même démarche parce que c est ça qui font que des filles vont éviter tel itinéraire ou de prendre tel transport, ou qu elles auront peur de sortir seules le soir, même si dans leur quartier ça ne craint pas tant que ça.

    Alors en dehors de ca, mon expérience du harcèlement en France est assez variable.
    Je suis parisienne d origine et ca varie totalement d un quartier a l autre. Moi, je viens d un quartier assez bobo de la Rive Gauche et ouais, ya des relous, j ai jamais aimé ça mais c est vivable. D ou le fait que moi aussi a la base, je pensais que parler de harcèlement de rue, cetait abuse et c etait jouer la carte de la victimisation. Je trouvais ca vachement chiant qu on m aborde de manière peu distinguée régulièrement et avec insistance mais c était gérable et certainement pas susceptible d atteindre mon bien être.

    Mais dans paris même, la situation va devenir toute différente dans un autre quartier.
    Je sais que quand je monte dans les quartiers Nord en soirée, je vais fermer mon manteau pour cacher la mini jupe qui ne me pose aucun problème dans le Sud parce que ya des mecs qui me mate agressivement dans le métro. En journée, ya des quartiers où la drague de rue ressemble franchement a du harcèlement quand tu sais ce que c est (je te suis, je t insulte, je ne prends pas tes réponses négatives au sérieux, j insiste en marchant a tes côtés pour avoir ton numéro, je te reproche de m avoir fait perdre mon temps si tu dis non etc.)
    Malgré ça, comme je ne côtoyais les quartiers Nord les plus chiants que de manière ponctuelle et que je vivais donc ça avec distance, je considérais que le terme harcèlement était quand même excessif.

    Le truc qui m a vraiment ouvert les yeux ça a été un soir sur les Champs Elysées où je rentrais avec des copines a 3h du mat (et je croyais jusqu alors que ça allait dans ce coin). Tout le long de la route, les mecs refoulés des boites qui zonaient en attendant je ne sais quoi nous ont insultées, appelées de plein de doux noms, même attrappées agressivement pour nous "dire juste un truc deux secondes putain!"… et que ça s est conclu avec un connard qui nous traitaient de salopes et de petites putes en marchant a coté de nous et nous gueulant de lui sucer sa bite. Quand on lui disait d arrêter et qu on l a même poussé, il a juste trouvé ça super marrant et il a continué a nous suivre.
    Au final, on a pris un taxi.
    Quand il m a déposée dans un quartier plus proche de chez moi qui est aussi un gros lieu de sortie (Châtelet pour ceux qui connaissent) et que la, personne ne ma adressé la parole, que je pouvais circuler librement dans l indifférence générale, j ai eu un choc devant le fossé entre les deux quartiers. Dans un, j étais libre et égale aux hommes, dans l autre, on jugeait que j étais a la disposition du regard des hommes du moment que j étais dans la rue et que mon seul droit était de marcher vite en baissant les yeux si pour me faire aborder le moins possible.
    La, j ai repensé a l expression harcelement de rue et j ai tout a coup trouvé qu elle était tres appropriée pour ce qui venait de m arriver.

    A part ça autre exemple français, j ai ressenti un certain harcèlement a Strasbourg dans le centre les soirs de weekends, mais comme dans la ville même en dehors de ces moments la, ça va, ça reste encore supportable, et c est pas l ecrasante majorité des mecs qui se comportent comme ça, juste une bande de petits cons. Une copine qui vient d une banlieue de Strasbourg dit que c est comme ça en parmanence dans son coin et a peur de sortir le soir.

    Bref, pour dire que l intensité varie d un quartier a l autre mais on peut retrouver ça dans toutes les régions je pense.
  5. Nomade_Nomade_

    Le 18 juin 2013 à 20:42

    Je suis la seule à penser que en plus de tout ça, ce genre de collants doivent être hyper inconfortables et doivent gratter à mort ?
  6. minie-cminie-c

    Le 18 juin 2013 à 20:52

    Posté par morganegirly
    @minie-c
    Mon témoignage la c est sur l Ile Maurice, donc pas en France, mais dans un pays quand même fréquenté par des dizaines de milliers de Français par en an qui en reviennent ravis. Et pas un pays considéré comme particulièrement agressif vis a vis des femmes. D ailleurs, dans la plupart des autres situations, ca va.
    Je donnais ce témoignage pour expliquer ce qu était le harcelement de rue. Car ce qu on vit a une échelle bien moindre (des mecs relous qui te parle mal une fois de temps en temps), c est du harcelement de rue aussi, sauf que comme ca n arrive pas avec la même fréquence, on se dit "c est juste un relou, lâche l affaire"…
    Mais ca fait partie de la même démarche parce que c est ça qui font que des filles vont éviter tel itinéraire ou de prendre tel transport, ou qu elles auront peur de sortir seules le soir, même si dans leur quartier ça ne craint pas tant que ça.

    Alors en dehors de ca, mon expérience du harcèlement en France est assez variable.
    Je suis parisienne d origine et ca varie totalement d un quartier a l autre. Moi, je viens d un quartier assez bobo de la Rive Gauche et ouais, ya des relous, j ai jamais aimé ça mais c est vivable. D ou le fait que moi aussi a la base, je pensais que parler de harcèlement de rue, cetait abuse et c etait jouer la carte de la victimisation. Je trouvais ca vachement chiant qu on m aborde de manière peu distinguée régulièrement et avec insistance mais c était gérable et certainement pas susceptible d atteindre mon bien être.

    Mais dans paris même, la situation va devenir toute différente dans un autre quartier.
    Je sais que quand je monte dans les quartiers Nord en soirée, je vais fermer mon manteau pour cacher la mini jupe qui ne me pose aucun problème dans le Sud parce que ya des mecs qui me mate agressivement dans le métro. En journée, ya des quartiers où la drague de rue ressemble franchement a du harcèlement quand tu sais ce que c est (je te suis, je t insulte, je ne prends pas tes réponses négatives au sérieux, j insiste en marchant a tes côtés pour avoir ton numéro, je te reproche de m avoir fait perdre mon temps si tu dis non etc.)
    Malgré ça, comme je ne côtoyais les quartiers Nord les plus chiants que de manière ponctuelle et que je vivais donc ça avec distance, je considérais que le terme harcèlement était quand même excessif.

    Le truc qui m a vraiment ouvert les yeux ça a été un soir sur les Champs Elysées où je rentrais avec des copines a 3h du mat (et je croyais jusqu alors que ça allait dans ce coin). Tout le long de la route, les mecs refoulés des boites qui zonaient en attendant je ne sais quoi nous ont insultées, appelées de plein de doux noms, même attrappées agressivement pour nous "dire juste un truc deux secondes putain!"… et que ça s est conclu avec un connard qui nous traitaient de salopes et de petites putes en marchant a coté de nous et nous gueulant de lui sucer sa bite. Quand on lui disait d arrêter et qu on l a même poussé, il a juste trouvé ça super marrant et il a continué a nous suivre.
    Au final, on a pris un taxi.
    Quand il m a déposée dans un quartier plus proche de chez moi qui est aussi un gros lieu de sortie (Châtelet pour ceux qui connaissent) et que la, personne ne ma adressé la parole, que je pouvais circuler librement dans l indifférence générale, j ai eu un choc devant le fossé entre les deux quartiers. Dans un, j étais libre et égale aux hommes, dans l autre, on jugeait que j étais a la disposition du regard des hommes du moment que j étais dans la rue et que mon seul droit était de marcher vite en baissant les yeux si pour me faire aborder le moins possible.
    La, j ai repensé a l expression harcelement de rue et j ai tout a coup trouvé qu elle était tres appropriée pour ce qui venait de m arriver.

    A part ça autre exemple français, j ai ressenti un certain harcèlement a Strasbourg dans le centre les soirs de weekends, mais comme dans la ville même en dehors de ces moments la, ça va, ça reste encore supportable, et c est pas l ecrasante majorité des mecs qui se comportent comme ça, juste une bande de petits cons. Une copine qui vient d une banlieue de Strasbourg dit que c est comme ça en parmanence dans son coin et a peur de sortir le soir.

    Bref, pour dire que l intensité varie d un quartier a l autre mais on peut retrouver ça dans toutes les régions je pense.


    ok merci pour l'explication, ça éclaire :)
    C'est vrai que la plupart du temps, les allusions/réflexions ne sont pas aussi agressives et qu'on dit juste "ce sont des relous, peu importe", mais ça m'a fait penser à ce qu'avait dit une fois Rejane Senac (une chargée de recherche au CNRS qui a travaillé sur le féminisme et que j'ai pu voir en conférence), que tous ces petits "riens" étaient en réalité des formes diffuses et des manifestations de la représentation dévalorisée des femmes dans la société. D'où l'intérêt d'éduquer nos garçons… Quant à l'Ile Maurice, je savais pas que c'était spécialement violent pour les femmes.
  7. MorganeGirlyMorganeGirly

    Le 18 juin 2013 à 21:03

    Posté par minie-c
    ok merci pour l'explication, ça éclaire :)
    C'est vrai que la plupart du temps, les allusions/réflexions ne sont pas aussi agressives et qu'on dit juste "ce sont des relous, peu importe", mais ça m'a fait penser à ce qu'avait dit une fois Rejane Senac (une chargée de recherche au CNRS qui a travaillé sur le féminisme et que j'ai pu voir en conférence), que tous ces petits "riens" étaient en réalité des formes diffuses et des manifestations de la représentation dévalorisée des femmes dans la société. D'où l'intérêt d'éduquer nos garçons… Quant à l'Ile Maurice, je savais pas que c'était spécialement violent pour les femmes.


    Ces petits riens effectivement comptent plus qu on ne le croit.
    par contre pour Maurice, non c est pas violent pour la plupart des femmes (mais le sexisme varie d une communauté ethnique a une autre et d un milieu social a un autre car la société mauricienne est très diverse). Je ne veux pas dire du mal injustement du pays. Le harcèlement de rue est très présent dans une forme non physique (mais pas forcément ressentie par les touristes) et les femmes apprennent a avoir peur de l espace public mais en dehors de ça, elles ont sont relativement libres de circuler, de travailler etc. En surface, c est une société plutôt égale, en profondeur, c est plus compliqué.
  8. MarahMarah

    Le 18 juin 2013 à 23:37

    Très mauvaise idée.

    Ma soeur a un avis sur la question des poils que je comprends et que je trouve légitime( mais que je n'arrive pas encore à assumer pour ma propre vie) :

    Dire à une femme que ses poils sont moches et pas féminins relève d'une technique appelée "marketing de la honte" puisqu'en dehors de désordre hormonal la pilosité féminine est normale et les mollets chauves absolument pas naturels.


    Forte de cette opinion elle a arrêté de s'épiler (son couple va bien, son mari, un des rares mecs à avoir été élevé à l’écart des médias de masse et de la pornographie la trouve sexy au possible)
    Il lui arrive donc de se balader en short avec ses poils au vent.
    Il lui est arrivé de se faire INSULTER dans la rue à cause de ça.

    Pour bien vous faire comprendre qu'être "féminine" n'est pas une option mais une obligation dictatoriale pour certains.

    Les mêmes cons qui considéreront que vous êtes à leur dispositions dans la rue, vous insulterons (ou pire pour les plus connards de la branche) si vous ne collez pas aux critères patriarcaux de la féminité.


    Les collants à poils ne sont pas une solution. A aucun point de vue.
  9. CharliePenny FraserCharliePenny Fraser

    Le 19 juin 2013 à 01:01

    @Marah Je trouve ton commentaire intéressant, seulement je me permets de te reprendre sur cette phrase: "en dehors de désordre hormonal la pilosité féminine est normale et les mollets chauves absolument pas naturels" :ma grand-mère, ma mère, certains de ses frères et soeurs ainsi qu'une de mes soeurs à moi ont la chance d'avoir les bras et les jambes totalement glabres et ce, naturellement… :shifty:  C'est un euphémisme de dire que je les envie quand je dois m'épiler tous les deux-trois jours à cause des gènes d'italien de mon père :facepalm: :lol:
    - mode rabat-joie off -
  10. MaggieMayMaggieMay

    Le 19 juin 2013 à 11:34

    Non mais je n'arrive pas à comprendre ce qui se passe dans la tête de certains hommes ! Certains de vos témoignages sont vraiment effarants. Si on avait affaire à une poignée d'illuminés, ce serait différent, mais là on voit bien que plein d'hommes trouvent ce genre d'approche normale. J'ai envie de dire : POURQUOI ?!
    Bref, plutôt que de redire ce qui a déjà été dit 1000 fois, voici une petite image qui résume assez bien les choses :

    Spoiler!

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