LOLservatoire de la Présidentielle (2 mars 2012)

Chaque vendredi, Marie.Charlotte vous offrira un petit best-of des wins et des fails de la course à la présidentielle, histoire que vous puissiez vous tenir au courant des rebondissements plus facilement.

LOLservatoire de la Présidentielle (2 mars 2012)

Vendredi – Le feuilleton

Saperlipopette ! Marine Le Pen avait tellement occupé l’espace médiatique jeudi dernier avec son non-débat sur France 2 que j’en ai complètement oublié de vous donner la suite de notre très palpitant feuilleton « les 500 signatures » ! Dans l’épisode précédent, Marine avait déposé un recours devant le Conseil d’Etat réclamant l’anonymat des parrainages, arguant que les « pressions » dont certains élus faisaient l’objet, entravaient la libre expression des opinions politiques et le secret du vote garantis par la Constitution.

Le Conseil d’État avait donc sollicité l’arbitrage du Conseil Constitutionnel sur ce point. Ce dernier a rendu sa décision le 21 février, déboutant assez logiquement la requête, le parrainage ne pouvant être assimilé à un vote. Mais je ne doute pas un seul instant que l’unique but poursuivi par le camp Le Pen n’était autre que de faire parler d’eux en se posant en victimes. A mesure que la date fatidique de dépôt des candidatures officielles – donc des parrainages – approche, le 16 mars, le compte y serait presque… et ce mercredi, Marine se voit déjà au 2ème tour.

Fin annoncée d’un faux suspense que les Le Pen ont entretenu comme ils ont pu ; le recours au Conseil Constitutionnel était un rebondissement nouveau dans ce marronnier des élections. Restent toujours en course d’autres candidats dont on ne sait pas s’ils le seront toujours après le 16 mars : Nicolas Dupont Aignan, Philippe Poutou, Dominique de Villepin et d’autres, vont-ils continuer l’aventure ? Si tu es maire d’une commune, envoie « PARRAINAGE » au 16-3-12 et soutiens le candidat de ton choix ! (prix d’un SMS + subvention de ton intercommunalité en jeu, selon parti de destination) 

Week end  – En quête d’opinions…

Ce week-end est l’occasion d’un point sondage. Car ça y est, Nicolas Sarkozy s’étant officiellement déclaré, le duel peut commencer. Si à cette évocation, vous imaginez une joute verbale alliant éloquence et finesse d’esprit, permettez-moi un LAULE bien gras ; je parle de la BATTLE DES SONDAGES.

Ifop, Ipsos, BVA, Sofres, les instituts réalisent en permanence des enquêtes d’opinion pour différents commanditaires, mais en période électorale, c’est carrément l’inflation. Les candidats, « petits » et « gros » les relativisent en permanence : ce ne sont pas les sondages qui font les élections, martèlent-ils. Or ce qu’ils redoutent est précisément l’influence de ces enquêtes sur la décision des électeurs.

Être favori des sondages n’est pas nécessairement un bon présage : on craint alors la démobilisation de son électorat. C’est en partie l’effet 2002 : les sondages insistaient tellement sur l’affiche du 2ème tour, Jospin-Chirac, qu’une partie de l’électorat de gauche 1/ a préféré aller à la pêche le dimanche 21 avril, 2/ s’est reportée sur les autres candidats – ils voteront pour Jospin au 2ème tour face à Chirac…

François Hollande est en ce moment « le favori des sondages », l’UMP le claironne comme s’il s’agissait d’une malédiction ; Nicolas Sarkozy « remonte », comme s’il s’agissait d’un exploit sportif. Eva Joly « ne décolle pas » nous répète-t-on, comme si progresser dans les sondages était une condition aussi importante que les 500 parrainages ; et bien sûr, les sondages ont bon dos ; on les dénigre parce qu’ils seraient une entrave à la liberté de pensée (mais j’ai pas suivi tout le raisonnement, je n’ai peut être déjà plus assez de cerveau disponible, allez savoir !) sans pour autant oublier de s’en prévaloir afin de se légitimer – comme lors du non-débat Mélenchon-Le Pen : chacun a rappelé ses bons scores pour justifier de sa représentativité.

Si les candidats fustigent volontiers les sondages en public, cela peut faire sourire lorsque l’on sait que leurs cabinets respectifs en sont d’avides consommateurs. Le Canard Enchaîné avait d’ailleurs épinglé l’Elysée durant le mandat de Nicolas Sarkozy, rapport à un volume de commandes passées auprès des instituts d’enquête quelque peu… démesuré. Et ces enquêtes sont une arme électorale : dès qu’un site d’informations lance un sondage, les candidats relayent le lien via leur Twitter et email de campagne, pour inciter les militants à voter massivement. Le but étant de pouvoir brandir un sondage positif… Je prends un malin plaisir à voter n’importe quoi en ligne juste parce que je peux.

Selon les instituts, les commanditaires, les journaux qui les publient, les sondages ne disent pas la même chose. Ou plutôt, on leur fait dire des choses différentes. Tout comme le cours de la bourse en dit moins sur l’économie réelle et davantage sur l’horoscope des spéculateurs ( « argent : tout va bien grâce à la conjonction de Jupiter et Pluton ! » – « vas-y, achète, je le sens bien aujourd’hui ! ») les sondages sont moins une photographie de l’opinion publique que le reflet de tendances médiatiques. Quand on vous explique qu’un sondage est effectué sur une base 1000 personnes selon des quotas (âge, catégorie socio-professionnelle, région d’origine, etc…) et que la marge d’erreur est de 3 points, permettez-moi de rigoler très fort quand on me dit que untel « progresse de 0,5% suite à telle annonce » ou « chute de 2% suite à telle autre » ou encore lorsqu’on vous donne l’heure du baromètre (Attention, risque de migraine) ! L’opinion est volatile : elle n’est sans doute pas la même à 14h qu’à 18h. Ouais comme la bourse en fait.

Alors, les sondages, une fatalité électorale ? J’ai bien peur que oui. Bon sang mais je ne peux quand même pas décider seule de mon vote, j’ai BESOIN de savoir ce que pensent mes concitoyens ! Une élection sans sondages serait comme un Qui veut gagner des millions sans le vote du public. En attendant, allez-donc tester votre connaissance du discours politique ; voyons si vous parviendrez à reconnaître la rhétorique Mélenchonienne ou la syntaxe originale de Nicolas Sarkozy avec ce petit quiz : « Les sondages c’est de la daube ! »

EDIT : Je ne suis visiblement pas la seule chroniqueuse à avoir remarqué que la tension électorale était un peu retombée en cette fin de semaine, et que du coup, parler des sondages permet de meubler en attendant le débat. Vous trouverez donc pléthore d’articles à propos des sondages sur le site de l’Express, de quoi faire une indigestion.

ET en plus d’être clairvoyante (« journée nationale de l’auto-promo« ), je ne suis pas la seule à être agacée par la volatilité des enquêtes d’opinion. Venez-donc faire votre marché sur Présibourse, un site sur lequel vous pouvez « acheter » des actions de candidats, oui oui comme à la bourse, et les revendre lorsque leur côte – indexée sur les sondages – monte. Illustration parfaite du propos que nous tenions quelques lignes plus haut. Et vive le LOL !

Mardi – Journée du FAIL

Sur le plateau de Parole de Candidat lundi soir, François Hollande a quelque peu hâtivement annoncé la mise en place d’une nouvelle tranche d’imposition à 75% pour les revenus supérieurs à 1 million d’euros annuels. Le journalisme n’étant plus ce qu’il était et l’opposition étant toujours ce qu’elle est, vous avez sans doute pu lire/entendre que les riches allaient être taxés à 75% de leurs revenus, voire 100% pour le Figaro (lol), qu’ils allaient tous quitter la France, et autres joyeusetés. Qu’en est-il réellement ? Je ne vais pas vous en faire le détail car cet article du Monde.fr l’explique très bien. Quant à savoir si cette nouvelle mesure provoquerait un exil massif de nos concitoyens bourrés aux as, rien n’est moins sûr compte tenu du taux d’imposition des très hauts revenus pratiqués par nos voisins européens. Il reste toujours Monaco, mais il n’y aura pas de place pour tout le monde…

A part les fameux 75% qui ont surpris beaucoup de monde, y compris dans le camp Hollande, tout ce qu’on retient de l’émission d’hier sont encore une fois les scores d’audience. A croire que le seul but de cette émission est de faire de l’audience, pas de permettre aux candidats d’exprimer leurs idées de fond. Je fais semblant de le découvrir alors qu’à l’arrivée d’Hollande sur le plateau, la première question de Laurence Ferrari était « ce matin sur RTL, Nicolas Sarkozy a insulté vot’ femme, paraît qu’elle aussi elle est mêlée avec les riches ! Qu’est ce que vous lui répondez ? » – je paraphrase.

Ce mardi, ce n’était pas, mais alors vraiment pas la journée de Nicolas Sarkozy. Une vieille affaire de nominations de ses conseillers avec un recours devant le Conseil d’Etat… Pour celui qui s’est déclaré « candidat du peuple » contre les copinages, ça fait tache. Deuxième anicroche, lors de son meeting à Montpellier, il saute tout un paragraphe de son discours sur l’éducation ; discours d’ailleurs que plusieurs sites (dont Slate et l’Express) n’ont pas hésité à croiser avec les propositions sur l’éducation que le candidat Sarkozy avait déjà formulées…en 2007… Du copier/coller dans un discours sur l’éducation, c’est moche ! Enfin, il annonce un peu hâtivement que la journaliste Edith Bouvier, blessée et bloquée à Homs en Syrie est saine et sauve au Liban… avant de devoir, deux heures plus tard, revenir sur sa déclaration… Journée du FAIL, mais mauvaise semaine en général pour le Président…Quand ça veut pas… !

Mercredi – Escalade de violence

Mercredi matin, Audrey Pulvar relate en quelques tweets qu‘elle et son compagnon Arnaud Montebourg ont été pris à partie par une bande de jeunes. Ils ont lancé du verre, leur ont dit que « Jean-Marie nous a donné la permission de minuit pour chasser du youpin » et autres délicatesses. La condamnation de cette agression a été unanime – ou presque ! Le conseiller UMP Eric Normand a tweeté que « Pulsar-Montebourg agressés à Paris c’est malheureux. Mais à force de stigmatiser les gens en les insultant ça arrive ». Classe. Devant le tollé provoqué par ces propos, il a quand même fini par condamner fermement.

Face à la vague d’indignation suscitée par ces faits, on avait failli oublier la vraie victime de l’histoire : Marine Le Pen ! Oui, il s’agit d’une manipulation orchestrée pour diaboliser le FN ! Bien sûr, elle condamne également, mais elle s’insurge contre la calomnie ! Qu’on lui prouve que ces jeunes gens, alcoolisés sans doute, étaient proches du FN !

Lu sur Twitter en réaction :  « C’est quand même un sacré budget tous ces figurants skinheads engagés en CDI pour diaboliser le FN. »

Je me disais aussi.

Il n’empêche, cet incident témoigne d’un climat de campagne tendu, très tendu. Les insultes fusent, Henri Guaino pète les plombs face à Jérôme Guedj (Conseil Général Essonne), Najat Belkacem compare Sarkozy à Poutine et Berlusconi. Au Grand Journal mardi soir, Ali Badou convoque l’élève Hamon (porte parole de François Hollande) et l’élève Guaino sur le plateau. Après une séquence vidéo édifiante sur les dérapages des derniers jours, le Directeur demande aux 2 trublions de baisser d’un ton. C’était au Grand Journal, 1ère partie (les 5 premières minutes).

Jeudi  –  Retour du LOL !

Chahutage à Bayonne pour Nicolas Sarkozy ; des manifestants indépendantistes basques (je dis ça à cause des bérets, des tracts et des insultes en basque) ont obligé le Président à trouver refuge dans un bar (dans lequel il avait prévu de se rendre) et d’y attendre les CRS avant de pouvoir en sortir (ça c’était moins prévu, j’imagine).

Certains n’hésitent pas à ironiser sur les réseaux sociaux… Le Petit Journal avait à plusieurs reprises moqué la mise en scène de certains déplacements du Président, où la foule avait été triée sur le volet… Retour à la réalité, au contact des ‘vrais’ gens ?! Non, il semblerait tout de même que la manif’ ait été préméditée ; à l’heure où j’écris ces lignes, l’UMP accuse le PS d’attiser les tensions…et le PS condamne les violences. (On débrief la semaine prochaine)

Décidément, le ton monte très vite et très fort dans cette campagne…Détendons l’atmosphère avec quelques divertissements : je vous invite à consulter cette infographie présentant le potentiel lol des candidats. Toujours grâce au MDR, le Mouvement des Démocrates Réunis (« Ensemble, tout devient risible »), découvrez le programme de « Morsay, le candidat (Kinder) surprise de cette campagne« .

Vous n’êtes pas sur Twitter ? Vous pouvez tout de même consulter un best-of quotidien grâce à Tweet de comptoir ; je vous recommande le comptoir du 29/02.

BONUS : pour se quitter de bonne humeur, vous aviez vu l’affiche, voici le film La Francforte !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Karibou
    Karibou, Le 3 mars 2012 à 16h25

    J'adore cette série d'articles, leur seul défaut étant que j'y passe une demi-heure à chaque fois parce que je clique sur tous les liens !

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