X-Men: Days of Future Past, un blockbuster dans les règles de l’art

X-Men: Days of Future Past est le dernier-né des studios Marvel : Wolverine doit sauver le monde en retournant dans les années 70 pour modifier un futur apocalyptique ! Orgie de 3D, de scènes de combat et de mutants sont au programme.

X-Men: Days of Future Past, un blockbuster dans les règles de l’art

Lorsqu’on est fan, on peut se passer d’un bon nombre de choses, à commencer par un esprit critique. Dès le départ, je savais que X-Men: Days of Future Past allait me plaire parce que les studios Marvel feraient du fan service à haute dose. Puis-je pour autant sacrifier mon éthique journalistique sur l’autel des fesses de Wolverine, qui apparaissent dès les cinq premières minutes du film ?

Une chronologie compli… oh et puis zut la cohérence !

Ce nouvel opus de la saga X-Men prend chronologiquement place après la mort de Phénix/Jean Grey dans X-Men l’Affrontement final et l’aventure en solo au Japon de Wolverine dans Wolverine le combat de l’immortel.

Dans Days of Future Past, nous nous retrouvons dans le futur, quelques jours après les derniers films si on en croit le vieillissement des acteurs, cent ans plus tard si on en croit les évolutions technologiques qu’on nous présente.

Dans ce futur apocalyptique, les mutants et mêmes les humains susceptibles de donner naissance un jour à des mutants, sont traqués et tués par les Sentinelles, des robots capables de s’adapter à leurs pouvoirs. Les décors sont tous bien noirs pour bien nous faire comprendre à quel point ça craint, et la Chine où se réfugient nos héros est représentée de façon encore plus cliché que dans un restaurant asiat du 13ème arrondissement de Paris.

Kitty Pride, a.k.a. Ellen Page, se retrouve dotée de la capacité de faire remonter dans le temps un autre mutant et la décision est prise de renvoyer Wolverine dans les années 70 avant que l’inventeur des Sentinelles ne puisse mettre au point sa macabre invention grâce aux gènes de Mystique, a.k.a. Jennifer Lawrence.

Les années 70, c’est après les événements de X-Men Le commencement/First Class à la fin duquel nous laissions Xavier et Magneto irrémédiablement ennemis, le professeur X venant de se prendre une balle dans la moelle épinière et donc de perdre l’usage de ses jambes.

Comment Kitty est-elle passée de « je traverse les murs » à « je voyage dans le temps » ? Pourquoi est-ce Wolverine qui repart dans le passé alors que dans le comic il s’agit de Kitty elle même ? Et pourquoi le Xavier des années 70 se remet à marcher ?

Il faut bien comprendre deux notions-clefs qui vous permettrons d’aborder à jamais tout l’univers Marvel.

La physique Marvel

Il n’y a jamais eu aucune incohérence dans aucune oeuvre Marvel. Oui, le professeur X est vivant alors que Jean Grey l’a réduit en poudre. En même temps fallait regarder la scènes bonus-post générique de l’épisode 3 :

D’ailleurs Xavier version jeune remarche (ce n’est un secret pour personne : on le voit dans les bandes annonces). Pourquoi ? Grâce à un médicament bien sûr ! Médicament qui répare sa moelle mais transforme son ADN. Car c’est bien connu : l’ADN, ça se transforme en deux coups de seringue.

Il y a aussi l’explication fumeuse qui fait de l’ADN de la peau de Mystique le secret de la force des Sentinelles…

Il faut tout sacrifier à l’univers Marvel : on est fan ou on ne l’est pas, ce n’est pas le genre de film qui se regarde avec un petit carnet pour être bien sûr de ne louper aucune erreur de timeline — qui d’ailleurs sont bien pire dans le comic ! Je propose donc ce concept : la Physique Marvel, différente de la physique newtonienne, euclidienne ou relative, un monde où tout est possible, tout est réalisable : tu mets « ADN » dans l’explication et ça marche.

Malheureusement les erreurs de timeline sont souvent trop grosses pour être manquées. Le youtubeur Durendal vous explique tout cela dans son analyse très pertinente de l’ensemble de la saga.

Mais Durendal n’est pas un fan de comic et il l’assume pleinement. Il n’en aura donc pas eu la même lecture que la mienne car le fan service l’aura laissé de marbre. Moi, au contraire, je défends l’idée d’un art du fan service.

De l’art du fan service

Wolverine est le héros de ce film. Parce que Kitty, qui est l’héroïne de l’aventure dans le comic, elle est bien gentille mais elle n’a pas la même fan-base.

Le problème, c’est qu’il est un peu paumé dans ce passé à moquette et moumoute. Il se contente de transmettre un message venant du futur avec la subtilité d’un mammouth laineux. Eh oui : Wolverine fait vendre et les studios préféreraient s’arracher un bras que de perdre une telle machine à sous…

À côté de ça nous avons moult nouveaux mutants qui arrivent, avec pour seul intérêt le fait de faire frétiller la culotte et l’égo du fan qui pourra se dire « Ah, je l’ai reconnu, suis-je rusé ! ».

Le plus bel exemple, c’est bien sûr Vif-Argent, le mutant ultra-rapide que s’arrachent les studios Marvel et Disney, les responsables de la saga Avengers. Objectivement, il n’était pas nécessaire que ce soit lui plutôt qu’un autre. Mais voilà : durant l’intégralité de ses scènes (dont la plupart sont à hurler de rire), le fan a un sourire béat et c’est Noël en plein mois de mai. Vous voulez vraiment le priver de ce petit plaisir ? Monstre !

Vif-Argent, futur personnage culte

En fait, Durendal reproche aux films Marvel de ne rien prendre avec gravité, de ne pas prendre de risques (par exemple, on commence tou-te-s à savoir qu’aucun personnage important ne meurt vraiment). Mais moi, c’est justement cette absence de gravité, ce côté « physique Marvel » assumée qui m’amuse dans cette saga !

Plus généralement le fan service est souvent mal vu. Mais dans X Men: Days of Future Past on ne peut pas cracher dessus : c’est l’ADN de ce film et même des comics. Et comme j’ai dis ADN, mon explication marche.

L’équilibre est bien maintenu, entre les clins d’oeil à foison qui brossent notre petit amour-propre de fan dans le sens du poil et une intrigue tout à fait compréhensible pour ceux qui prendraient le navire X-Men en court de route. Et vu que c’est clairement le meilleur de la franchise, je les envie…

Pourquoi est-ce que ça marche ?

Pourquoi est-ce que l’on pardonne tout à un film X-Men ? Parce que le spectateur n’est pas pris pour un idiot.

La franchise a créé une première trilogie grand spectacle mais dramatique, et s’oriente désormais vers un style plus proche des Avengers avec beaucoup plus d’humour. Elle ne se contente pas de resservir la même soupe de film en film, mais cherche des moyens d’innover ! Wolverine le combat de l’Immortel était à ce titre très original.

Changer le passé, le but de Days of Future Past, c’est une façon discrète de conduire le public vers un reboot afin de gommer les erreurs de timeline passées. C’est autrement plus élégant que de simplement dire, comme dans Avengers ou Superman, « Bon ben… ce qu’on a fait avant ça compte pas les gars ! ». De plus, les paradoxes temporels, marotte des apprentis voyageurs dans le temps, sont non seulement bien maîtrisés (Retour vers le futur ayant été une des principales influences), mais aussi expliqués dans leur subtilité avec une allusion à la théorie de la relativité.

Ce film porte la caution « qualité Peter Dinklage »

Dans les films de super-héros, le niveau a clairement augmenté depuis le début des années 2000 avec, d’un côté, la saga Batman de Nolan qui a rappelé aux adultes qu’eux aussi pouvaient aller voir des justiciers masqués, et de l’autre la saga Avengers qui a posé les règles actuelles du genre, boosté par les équipes Disney.

Dans ce contexte, Days of Future Past fait un peu son marché parmi ce qu’il se fait de mieux dans le genre : l’esthétique très léchée, de vrais méchants aux vraies motivations, un regard critique sur le manichéisme, un rythme ultra efficace…

Tout simplement un film grand spectacle

Il faut se l’avouer, ce qui gomme les erreurs de script c’est que quand je paie 10€ mon billet, il me faut plus que des émotions ou de la réflexion, que l’écran de mon ordinateur ou des petites salles moins chères seront capables de me transmettre tout aussi bien. Je veux du grand spectacle avec une 3D qui vaut son pesant de cacahuètes, passer un bon moment et ne pas décoller mes yeux de l’écran !

Si quelque chose paraît trop improbable, ce sera la faute à l’ADN qui modifie la substance machin-chouette, et le film retombera sur ses pattes avec un petit sourire canaille, l’air de dire : « Ouiii, je saiiis j’ai déconné, j’avoue… mais tu me pardonnes dis ? Regarde comme je suis mignon ! ».

Voir les fesses de Wolverine après les 5 premières minutes bourrées d’incohérences monstrueuses, ça me fait le même effet qu’un chiot qui fait le beau et les grands yeux après avoir pissé sur le tapis du salon. Impossible de lui en vouloir.

Armez-vous donc d’un bon paquet de bonbons, d’un soda, de tout votre second degré, d’un peu d’indulgence et allez savourer ce blockbuster printanier ! Et si vous vous retrouvez assise à côté d’un petit malin qui passe son temps à relever une à une les incohérences, remplissez-lui la bouche de pop corn.

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