Voyager seule, mais pourquoi (et comment) donc ?

Si voyager devient de plus en plus simple, voyager seule quand on est une femme n’est pas évident pour tout le monde. Sarah, voyageuse solitaire convaincue, défend sa cause.

Voyager seule, mais pourquoi (et comment) donc ?

S’il y a un truc que j’aime autant que les pâtes et les lolcats dans la vie, c’est bien les voyages. Je conçois que cela vous fasse une belle jambe (voire même deux) dans l’immédiat, mais mine de rien, cette introduction est d’importance pour ce qui suit. Car j’aime tellement voyager que je ne vois aucun problème à le faire seule.

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Peut-être que vous non plus, qui me lisez, ne voyez pas le problème. Tant mieux. Surtout si vous êtes une femme, comme moi. Mais pour beaucoup de gens, voyager seul, pour des raisons diverses et variées, c’est bizarre. Et voyager seulE… Ben c’est pas facile. En même temps, vous me direz, quand on a peur de rentrer seule chez soi la nuit, ce n’est pas trop logique d’aller chercher la merde à l’autre bout du monde, si ?

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En fait, ce n’est pas tout à fait ça. Mais laissez-moi commencer par vous expliquer pourquoi je voyage seule, comment je m’y prends, et surtout, pourquoi j’aime ça malgré ma pauvre condition de faible femme ! (Tu la sens l’ironie, là ?)

Du plaisir d’arpenter le monde par soi-même

On a tous et toutes des raisons différentes pour prendre la route en mode solo. En ce qui me concerne, je ne voyage pas dans le but d’être seule, mais bien pour voyager : que je me retrouve seule à le faire, à l’occasion, n’est généralement qu’un enchaînement de circonstances qui ne me dérange pas.

Oui, car je ne suis ni asociale ni misanthrope dans la vie, ou alors seulement dans le métro en heure de pointe, et encore moins sans ami•e•s. Et lorsque l’occasion se présente, j’aime autant partir en road-trip en bonne compagnie ou en week-end avec mes ami•e-es les plus proches, que de prendre mon billet sur un coup de tête et me barrer sans guère plus qu’un « allez salut ! » à l’assistance. Si je veux partir, et qu’on ne peut pas me suivre sur le coup, la dernière chose dont j’ai envie c’est de me couper les ailes sous le prétexte que personne ne peut m’accompagner.

Rapport qu’il n’y a pas que Max qui a le droit d’être libre.

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Yolo avec mes chameaux

Effectivement, en groupe ou seule, ce n’est pas la même façon de voyager. Mais c’est pour moi une façon très libératrice de voir le monde, de découvrir des choses qui changent de mon quotidien, et surtout de rencontrer des gens différents. C’est mon voyage, mon aventure, et j’en tire un sentiment d’indépendance et d’invincibilité jouissif qui se répercute agréablement sur ma confiance en moi au quotidien.

Voyager seule, un mode de vie qui peut vous convenir

Pour autant, je n’ai aucun problème à concevoir que cette façon de faire ne convienne pas à tout le monde. C’est une question de caractère et de ressenti personnel, et absolument pas de courage. Je suis quelqu’un avec un fort besoin d’indépendance, c’est un fait et je le sais… mais je ne suis pas plus courageuse qu’une femme qui ne voyage pas seule parce qu’elle sait qu’elle n’aime pas ça !

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En revanche, je sais que beaucoup de femmes aimeraient « franchir le pas », mais avouent ne pas oser. Ah, mais voyez-vous, je comprends, et parfois même partage, ce qui fait peur dans le fait de voyager seule. Mais pour avoir sauté le pas, je peux vous jurer que ça vaut le coup. Si vous ne voulez pas voyager seule, ce n’est pas grave. Mais si c’est quelque chose qui vous fait envie, faites-le.

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Je sais pertinemment, pour les avoir traînés un moment, quels sont les deux boulets qui peuvent nous retenir au sol. Or vous savez quoi ? En vrai, si c’est que ça, on peut les envoyer bouler (les boulets) (héhé).

La peur de la solitude

Est-ce que nous n’avons pas toutes et tous peur de la solitude ? Il est vrai qu’être à plusieurs est généralement une force. Partir à deux ou plus, c’est rassurant : en cas d’imprévu, on ne sera pas seul•e à affronter les galères, et on pourra compter sur les atouts de chacun. Il y a bien des cas où être seul•e peut même être handicapant, comme lorsqu’on doit arpenter une gare sans ascenseur avec un sac énorme. Bref, oui, de nombreuses situations sont moins stressantes à plusieurs.

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D’un autre côté, savourer un peu de solitude peut s’avérer salvateur. C’est plutôt sain, en vrai, d’avoir une vie sociale mais de savoir également apprécier sa propre compagnie à l’occasion. Et non seulement partir seule, c’est se prouver qu’on est capable de faire des choses par soi-même, mais c’est libérateur. Voyager seule, c’est pas de contraintes, pas de pression, et surtout aucun besoin de donner le change.

Tu pètes un câble, t’as envie de pleurer un coup ou au contraire de danser en slip ? Dans la limite de la décence en public, éclate-toi. Tu sais précisément ce que tu as envie de faire et voir ? Boum bébé, fais tes plans, tu n’as pas besoin de prendre en compte les désirs des autres ! Parfois, un peu de solitude, ça permet aussi de décompresser comme jamais.

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Et tu sais quoi ? Voyager seule n’est pas que synonyme de solitude. On rencontre plus facilement des gens lorsqu’on est seul•e, et les voyageur•se•s sont plus prompts à engager la conversation qu’en d’autres circonstances du quotidien.

La peur du regard des autres

L’autre problème de la solitude, c’est que c’est vaguement tabou. Faire des choses seul•e, c’est un peu être sans ami•e, et tapoter sur son téléphone pour faire genre on attend quelqu’un. Du coup, j’en profite pour faire passer un truc : et si on décidait que c’était des conneries et qu’on se lâchait un peu la grappe ?

Je vous dirais bien « en vrai les gens s’en foutent », mais si c’est souvent vrai, ce n’est pas toujours le cas. Si la plupart du temps je ne ramène de mes voyages en solitaire que des rencontres bienveillantes, je me rends compte que, peut-être selon les pays, le fait de voir ma petite personne menue sans chaperon en surprend, voire choque, certain•e•s. La semaine dernière, j’étais en voyage de presse à Budapest pour le festival de Sziget : à partir du moment où j’ai posé le pied à l’aéroport et jusqu’à ce que j’arrive au festival, la première chose que m’ont dit tous les gens que je rencontrais, c’était « vous êtes toute seule ?! ».

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Moi au 234ème « t’es toute seule ?! ».

Non, ma maman m’attend au coin de la rue. MAIS OUI JE SUIS SEULE, je suis en voyage de presse, c’est quoi ton problème, fallait que je ramène ma famille pour être légitime ? Je suis seule avec mon utérus, et j’entends bien en profiter autant que si j’étais accompagnée. Deal with it.

Comment sauter le pas (en toute sécurité) ?

Oui, j’avoue, il y a aussi la dimension sécurité à rajouter à tout ça. Mais de la même manière que je ne supporte plus de me faire raccompagner au métro ou chez moi le soir, « au cas où », il est hors de question que je me pourrisse la vie parce qu’un tas de zozos ne font pas la différence entre un être humain d’apparence féminine et un morceau de viande. Pour autant, je ne me mets pas en danger.

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J’ai des réflexes de sécurité lorsque je suis seule le soir, j’en ai aussi pour voyager, que ce soit jusqu’à la ville voisine ou en Australie. De toute façon, même si le fait d’attraper son sac à dos et se barrer, c’est un vieux fantasme… Dans la réalité, un voyage ça se prépare. Ce ne sont que quelques précautions supplémentaires, qu’un homme peut suivre autant qu’une femme, que je vous livre ici modestement.

  • Planifiez à l’avance pour parer aux désagréments

Se paumer en rase campagne dans un pays étranger à la nuit tombée, c’est plus fun quand on est en groupe, prêt•e•s à se défendre (ou se bouffer en cas de disette) mutuellement. Pour éviter de passer la nuit dehors, et sans planifier votre voyage dans les moindres détails, prévoyez les étapes importantes, à savoir transports et hébergements, et surtout, notez quelques plans B en bas de page au cas où. Ça prend pas dix minutes de plus avant de partir, et on dort mieux la nuit.

  • Prévoyez des hébergements qui vous mettent à l’aise

Vous n’avez pas trop de sous, et une offre en CouchSurfing parfaite se présente à vous… sauf que c’est chez un mec avec lequel vous n’avez échangé que trois mots ? Si vous ne le sentez pas, autant investir ailleurs. Votre auberge de jeunesse est un peu éloignée du centre, ou n’a plus de dortoirs non-mixtes, et ça vous stresse ? Laissez-la tomber. Partir seule, c’est certes sortir de votre zone de confort, mais pas vous mettre en danger. Suivez votre intuition, et ne vous forcez jamais lorsqu’une situation vous met mal à l’aise.

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PS : de votre côté, messieurs, si vous offrez votre canapé à une demoiselle, s’il vous plaît, redoublez d’efforts pour la mettre à l’aise. Invitez des amies, proposez-lui de la rencontrer au préalable dans un lieu public, d’échanger sur Skype, etc. Comprenez bien que la dernière chose dont une femme a envie, c’est d’avoir peur des hommes… Mais trop de faits divers et de mauvaises expériences nous enjoignent à faire preuve de méfiance.

  • Soyez joignable, et sachez qui joindre en cas d’urgence

Au-delà de la paperasse inévitable en cas d’exil lointain, comme les assurances, pensez à dire à vos proches où vous allez, et comment vous serez joignable. Ça peut vouloir dire acheter une carte sim sur place (très intéressant si vous restez plus d’une semaine au même endroit), ou vérifier que votre forfait vous permet de passer des appels à l’étranger facilement. Si vous comptez bouger, partagez au moins l’ébauche de votre planning à quelqu’un.

Bon, bien sûr, si Tonton José est du genre à vous harceler toutes les heures, tournez-vous plutôt vers Tatie Josette, qui n’use du téléphone qu’en cas d’extrême urgence.

  • Osez !

Et si je m’ennuie ? Et si j’arrive pas à parler aux gens ? Et si j’arrive à rien avec mon anglais pourri ? Et si, et si, et si… Je vais vous avouer un truc : des galères, si vous voyagez, vous allez en connaître ! Ça fait partie du truc, de la même manière que si vous adoptez un petit chaton mignon, il va vous chier des atrocités radioactives dans la litière. Mais vous nettoyez, et tant que vous ne vous prenez pas le caca dans la gueule, vous survivez et continuez à câliner le chaton. (Oui je suis docteur ès métaphores.)

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Si, encore une fois, vous avez envie d’essayer de partir par vous-même, tentez le coup ! Faites preuve d’audace ! Forcez-vous à aborder les gens ! Au pire, ça ne vous plaît pas, ou on vous met des vents. Au mieux, vous vous faites des ami•e•s pour la vie sur place et vous vivez un truc de folie. Qu’avez-vous à perdre ?

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Quoi qu’il advienne, à votre retour, tout dans votre quotidien vous paraîtra plus simple. Et vous serez fière de l’avoir fait. Alors bon, dites : on va pas laisser les quelques glandus qui traînent sur cette planète nous empêcher de découvrir tous les autres, si ?

Et toi, tu voyages seule à l’occasion ? Tu as des conseils ? Ou au contraire, c’est pas ton truc, ou tu n’oses pas ? Viens nous raconter ton expérience, et serrons-nous les coudes partout dans le monde ! (John Lennon OUT)

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Kalinou
    Kalinou, Le 29 juillet 2016 à 21h00

    @Lal.W : Tu peux t'inscrire sur leur site www.archelon.org dans la partie "Become a volunteer" -> "Application"
    C'est pas très compliqué, il suffit de leur donner tes disponibilités et ce que tu veux faire.
    A savoir qu'il y a plusieurs possibilités :
    1- être bénévole au dispensaire (soigner, nourrir, laver les tortues)
    2- être bénévole dans les projets d'été (surveiller la ponte des tortues et le maintien des nids, vérifier que les bébé tortues trouvent bien le chemin vers la mer lorsqu'ils sortent de l'oeuf)

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