Voyager à petit prix : astuces et conseils 2/2

Voyager demande la maîtrise d'un certain nombre d'astuces pour ne pas être un luxe. Après avoir vu où et quand partir intéressons-nous à la question du comment !

Voyager à petit prix : astuces et conseils 2/2

Cette fois-ci tout est prêt : tu as tes dates, tu as pris les précautions relatives à ta santé et tu n’attends plus que de sentir la douce brise de l’aventure sur ta nuque.

Attends une seconde, jeune amazone des aéroports, je n’ai pas fini de te donner tous mes conseils !

Dans quelles conditions partir en voyage ?

C’est le nerf de la guerre, la question du « comment ».

C’est-à-dire avec quel moyen de transport et quel hébergement, les deux postes de dépenses les plus conséquents, tu comptes aller à l’aventure.

  • La question du transport

La question du transport est plus épineuse qu’il n’y paraît. Il ne s’agit pas simplement d’une question de coût et de temps. Il s’agit aussi d’une question écologique et éthique.

Voyons un peu ce que l’on peut faire de moins cher à l’aune de ces critères !

  • Du côté des avions

Les avions low cost sont, en Europe comme sur les longues distances, quasiment imbattables en termes de prix. Même en rajoutant les faux frais (la navette jusqu’au centre-ville, les frais de bagages…), ils restent une bonne affaire.

Mais cela se fait aux dépens des conditions de travail du personnel : dans cet article du Nouvel Observateur, nous découvrons par exemple que les employé-e-s de Ryanair doivent payer leurs formations… La Tribune souligne aussi un nombre incroyable de pratiques illégales au regard du droit du travail : 30€ par mois déduits du salaire pour le prêt de l’uniforme, interdiction de vivre à plus d’une heure de l’aéroport, etc.

Je ne serai pas hypocrite : j’emprunte régulièrement cette compagnie, sans laquelle la plupart des mes voyages n’auraient pas pu avoir lieu.

Heureusement le secteur est en forte évolution, remettant en cause l’hégémonie de Ryanair & co. sur le secteur du moyen-courrier (vol dont la durée est inférieure à 5 heures), donnant aux consommateurs plus de choix : Air France s’est récemment mise au low-cost avec Transavia France et Hop !, tandis qu’une partie des compagnies à bas prix traditionnelles comme Easy Jet montent en gamme… Affaire à suivre !

Pour les avions longs courriers, la question n’est pas exactement la même. Tu ne recherches plus seulement le bas coût mais aussi un peu de confort.

Je peux vous jurer qu’entre un avion hors d’âge vieillot d’une compagnie low cost et un avion flambant neuf de chez Etihad Airways, il y avait, comment dire… Un océan de différences. Vous le ressentez très vite au bout de 10 heures de vol : d’un côté un siège étroit et inconfortable, de l’autre une petite boisson citronnée offerte avant même le décollage ; d’un côté un plaid en synthétique qui pique, de l’autre du coton moelleux…

Une bonne compagnie ne pratique pas de tarifs prohibitifs sur ses vols longs-courriers. Du coup, entre un aller simple sans escale et trois avions low cost qui vont vous faire passer deux jours dans des aéroports à cause des escales, il y a de quoi hésiter : ce qu’on économise sur le prix du billet, on le perd souvent en sandwich et autres magazines pour passer le temps !

  • Le train

Pour le train, je te recommande de te renseigner sur le programme InterRail.
C’est tout les pays européens (et même un peu plus) qui se prennent par la main pour te dire : viens, allez viens, viens parcourir l’Europe avec nous… On sera bien toi et nous…

Concrètement, pour 350€ tu peux voyager non-stop pendant 22 jours : il suffit de monter dans le train et c’est bon ! Quasiment toute l’Europe te tend les bras. À titre personnel j’ai ainsi été du Luxembourg à la Serbie en passant par l’Autriche, la Slovaquie, la Slovénie… bref, c’était super et j’espère que toi aussi tu t’amuseras à prendre le train au gré des vents !

Un mois de joyeux bordel et de beaux souvenirs grâce au pass InterRail

Quelques points à prendre en compte tout de même :

  • Les infrastructures ne sont pas les mêmes partout… Paris-Amsterdam ça va vite, Bucarest-Sofia c’est une bonne grosse nuit de train !

Voilà. C’est… C’est pas des TGV partout quoi… (Belgrade, Serbie)

  • Votre pays d’origine n’est pas éligible et vous devez rejoindre la frontière française par vos propres moyens, pour une fois c’est tant pis pour les Parisiens et tant mieux pour les frontaliers !
  • Vous pouvez avoir à payer un petit supplément pour les trains à grande vitesse dans lesquels une réservation est obligatoire.

Heureusement, il y a tout autant d’avantages :

  • Ce pass vous donne également accès à de très fortes réduction sur les ferrys, par exemple entre l’Italie et la Grèce.
  • En choisissant des trains de nuit vous économisez une nuit d’hôtel !
  • La plupart du temps vous n’avez pas de réservation à faire, vous pouvez donc improviser votre parcours au fur et à mesure.

Autant dire que vous avez de quoi vous lancer dans un épique rail-trip le temps d’une semaine ou plus ! À noter qu’il existe également des versions « one country » moins chères, idéales pour les madZ sans permis qui veulent être autonome durant leurs deux semaines de vacances en Italie par exemple.

  • Le bus

J’assume ma petite préférence pour la compagnie iDBUS de la SNCF que j’ai régulièrement testée et dont j’apprécie les prix réguliers et raisonnables : les horaires sont respectés, les bus d’une propreté impeccable, il y a des prises et du WiFi, parfait pour tenir toute une nuit ! De plus les sièges sont très confortables et plutôt grands par rapport à la moyenne.

La cerise sur le bus ? Naïma vous a fait un article sur les réductions iDBUS de l’été

  • La question de l’hébergement

En terme de logement aussi, j’ai mes petites préférences : depuis longtemps j’ai troqué les hôtels impersonnels et hors de prix pour les auberges de jeunesse, même quand je voyage en couple.

J’ai mon site préféré, french.hostelworld. com, car c’est le plus complet et celui avec le meilleur système de comparaison/réservation. Il ne m’a jamais fait défaut, même à la dernière minute.

Pourquoi cet amour de l’auberge de jeunesse ? La vie en communauté permet de rencontrer des gens, mais le relatif anonymat qui y règne permet aussi aux plus solitaires de rester dans leur bulle, la présence régulière de cuisine permet de faire sa popote (ce qui change tout sur un budget lorsqu’on part plus de quelques jours), et les auberges de jeunesses ont connu une considérable montée en gamme proposant des projets originaux comme des péniches, des design audacieux, sans compter leur localisation au coeur des villes.

Ceci est une ancienne prison communiste transformée en auberge de jeunesse débordant de swag (Slovénie)

En couple, on peut régulièrement réserver des chambres pour deux, à des tarifs très compétitifs par rapport à l’hôtel.

Voici mes conseils pour éviter les mauvaises expériences  :

  • Les sites permettant de comparer les avis sur les auberges sont généralement fiables, consultez-en plusieurs si possible
  • Méfiez-vous des auberges situées autour des gares et autre lieux de transports type aéroport
  • Choisissez une formule « petit déjeuner offert », c’est toujours ça de gagné et on est sûr de commencer la journée le ventre plein !
  • Elles sont peu nombreuses, mais certaines villes sont littéralement prises d’assaut et les aubergistes le savent. Certains en profitent même pour multiplier les pratiques abusives : méfiance dans les grandes villes d’Italie notamment.
  • Demandez toujours à voir la chambre avant de payer. Si ce n’est pas possible, insistez, si ce n’est toujours pas possible, PAR-TEZ !
  • Les astuces qui tuent

Osez mélanger les modes de transport, tout en vous fixant des limites. En utilisant l’avion, puis le bus, puis le ferry puis le taxi, pour faire Paris-Belfast, j’ai économisé des sous. Mais j’ai aussi perdu deux jours…

Il faut savoir trouver un bon équilibre entre économie, confort et aspect pratique. À titre personnel je me limite à deux modes de transport, par exemple pour un Paris-Londres je peux tout à fait envisager un Paris-Lille en train puis un Lille-Londres en bus !

Enfin, adaptez-vous au pays ! Au Royaume-Uni on trouve de nombreux bus qui traversent le pays de part en part, densité de réseau que nous n’avons absolument pas en France. L’Irlande se découvre plutôt en voiture ; aux USA, les liaisons par avion entre les grandes villes sont bien plus développés que chez nous.

Gérer les faux frais

Il y a deux types de faux frais : ceux auxquels vous ne pouvez pas échapper, et ceux qui ont l’air incontournables, alors qu’en fait vous pouvez vous en passer.

Parmi ceux auxquels vous n’échapperez pas se trouvent tous les frais relatifs à votre sécurité et à la législation : faire un visa, acheter un sac à dos qui ne vous tordra pas le dos, les médicaments nécessaires, des baskets adaptées… La qualité de votre voyage dépendra de la qualité de ces investissements.

Citons également les faux frais liés à vos réservations : avances aux hôtels, navette pour rejoindre les aéroports low-cost, frais de payement par carte bancaire…

Et puis il y a les autres. Les musées. Les cinémas. Les concerts. Pour ceux-là, étudiez l’argent qu’il vous reste (normalement le montant se situe entre entre « bouhouhou » et « ouin ouin ») et divisez-le par le nombre de jours où vous serez en vadrouille, de façon à obtenir votre budget loisirs quotidien, qui comprendra aussi… la nourriture !

La cuisine de l’auberge, l’alliée indispensable de la voyageuse en galère.

Concrètement, lorsque je fais un budget-voyage (une autre de mes grandes passions de control freak), je procède ainsi :

  • Je fais le total de l’argent mis à ma disposition. Ce qui inclut mes économies, mais aussi mes revenus du mois que je ne dépenserai pas en France pendant ce temps-là.
  • Pour l’hébergement je compte 20€ la nuit en moyenne, je multiplie par le nombre de jours où je veux voyager. Je soustrais cette somme à mon budget.
  • J’envisage ma destination : le Périgord, Berlin ou Tokyo, je déduis à mon budget le prix du transport.
  • Je divise ce qui reste de mes maigres économies par le nombre de jours passés à l’étranger afin d’obtenir mon budget journalier.
  • Si ce budget est sous la barre des 10€, je revois mes prétentions à la baisse, surtout dans les pays développés. En Europe 15€ par jour c’est un bon minima histoire d’être sure d’avoir deux repas par jour et de l’eau plate (wouhou).

Ne pas oublier qu’au sein d’un contient, d’un pays ou d’une ville, le coût de la vie varie beaucoup : l’Europe du Nord est plus chère que l’Europe du Sud, qui est elle-même plus chère que l’Asie du Sud-Est. Il est parfois malin de partir plus loin et d’investir sur un billet d’avion en sachant qu’une fois sur place on dépensera moins.

Réfléchissez également à ce qu’implique en terme d’éthique la recherche du prix le plus bas : la course absolue à la bonne affaire implique une économie peu viable humainement et écologiquement parlant, et il est parfois plus intelligent de ne pas partir du tout plutôt que de voyager en profitant de la main-d’oeuvre d’un pays peu développé. Le débat est ouvert, tout est affaire de dosage et de morale personnelle, question pour laquelle je m’en remets à votre évidente bonne volonté de madmoiZelles !

En attendant, bonnes vacances à toutes, et pour celles qui ne peuvent pas partir loin, on peut toujours se donner l’illusion d’avoir pris des vacances exotiques le temps d’un samedi ou d’un dimanche à Paris !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Akenda
    Akenda, Le 6 août 2014 à 1h38

    Hey !
    Personnellement je compte faire un voyage du 2 au 12 septembre en passant aux Pays-Bas, Belgique, Allemagne et peut être Autriche (Ou Autriche et pas Allemagne). Tout ça pour dire que je n'ai pas trop compris le principe d'interrail... Quelqu'un peut m'expliquer ? Parce que je n'arrive pas à savoir ce qui serait le plus avantageux pour moi (ou alors d'autres trains, de préférence de nuit...). C'est la première fois que j'organise un voyage toute seule.

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