Pourquoi la parole des victimes de viol est importante

Une victime de viol partage son histoire à d'autres survivantes. Inspiré de faits réels, ce témoignage raconte la volonté de trouver du soutien, par un groupe de parole.

Pourquoi la parole des victimes de viol est importante

En partenariat avec Nikon (notre Manifeste)

J’ai une théorie sur les émotions. Je pense qu’elles sont plus ou moins contagieuses, que parfois elles se transmettent, s’additionnent ou se multiplient.

Par exemple, quand on partage la joie, on l’augmente. Quand on partage sa tristesse, on la diminue, on la rend plus facile à porter.

C’est pareil pour la souffrance, je crois. Lorsqu’on la partage, elle peut devenir plus supportable.

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Le partage d’une souffrance, d’un espoir et d’une revanche

Le partage, c’est le thème du Nikon Film Festival 2018. En allant faire un tour sur les films les plus récents, je suis tombée sur celui-ci : Je suis une victime. Clique sur l’image pour le découvrir !

Je suis une victime : clique pour découvrir le film !

Une femme, une rue, une nuit, un traumatisme. C’est avec la volonté de partager son vécu et de trouver un soutien que Diane se rend dans un groupe de parole et y délivre son témoignage…

Rencontre avec le réalisateur, Arthur Morard

Arthur a 16 ans, il est au lycée, passionné de cinéma et de théâtre.

« Je réalise des petites vidéos depuis mes 5 ans ! Je prenais plein de photos, je faisais avancer des objets pour que ça fasse une vidéo !

Je choisis des sujets de plus en plus élaborés. Depuis peu, j’ai ouvert une chaîne YouTube et un compte Instagram où je partage mes créations.

J’aime changer d’univers, créer des ambiances. Je m’intéresse souvent aux thèmes de la féminité.

Plus tard, j’aimerais devenir réalisateur ! »

Je suis une victime, inspiré de faits réels

J’ai demandé à Arthur qu’est-ce qui l’avait inspiré ou motivé à traiter le partage sous l’angle du partage de la parole d’une victime de viol :

« Je voulais participer à ce concours, et je réfléchissais à l’idée du partage : pour moi, il y avait l’idée de soutien, de groupe, de cohésion.

Le groupe de parole, ce sont des femmes qui partagent un traumatisme. Pour moi, c’est important de continuer à parler des violences sexuelles.

Il y a quelques semaines, il y a eu un cas similaire dans ma ville : une femme a été victime d’une agression, elle a porté plainte, les forces de l’ordre l’ont prise en charge, mais ils n’ont pas patrouillé le même soir pour essayer de retrouver l’agresseur.

Et ce soir-là, une autre femme a été violée par le même agresseur.

Ce court-métrage est inspiré de faits réels. »

La force du partage entre survivantes

Arthur a démarché lui-même l’actrice principale et les figurantes dont il avait besoin pour réaliser ce film, comme il se l’était projeté.

« Lorsque je réfléchissais à comment mettre en scène le partage, je projetais une salle sombre, une mise en scène calme, pour qu’on se concentre vraiment sur la parole de la femme.

Je réfléchissais aussi à qui je voulais pour incarner ce rôle. J’ai vu des photos de Juliette Coste sur les réseaux sociaux, je l’ai contactée pour lui proposer ce rôle, ce sujet, elle a lu le scénario et ça lui a beaucoup plus.

J’ai choisi le figurant et les figurantes une à une, je voulais montrer une grande diversité dans les profils et les représentations des victimes de violences sexuelles, parce que ces violences ne discriminent pas.

Ce groupe de parole, c’est une projection de l’image que j’en avais : je n’ai jamais pris part à une telle expérience, c’est totalement fictif. »

Arthur voulait faire passer un message fort, en abordant la notion du partage à travers la violence du viol.

Et c’est aussi ce qui m’a particulièrement touchée dans ce film : l’idée de force, de puissance et de reconstruction qui germent sur le terreau de la violence et du désespoir.

Rendez-vous sur le site du Nikon Film Festival pour soutenir le film d’Arthur et découvrir d’autres productions !

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Clemence Bodoc

Clémence Bodoc a été jeune cadre dynamique dans une autre vie, avant de rejoindre la Team madmoiZelle. Elle s’intéresse à l’actualité et à l’écologie, aime la politique et les débats de société. Grande fan de sport (mais surtout à la télévision), et de cinéma (mais seulement en VO), son nom de scout est dinde gloussante azurée. Elle ne mord pas mais elle rit très fort.

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Commentaires
  • Bealor
    Bealor, Le 19 novembre 2018 à 14h13

    Ca y est j'ai regardé ! (J'avais lu l'article dans le train alors je regarde pas de vidéo pour préserver mes petites data ;). c'est très joli et touchant, le visuel est esthétique, la bande-son aussi... mais je garde mon impression concernant les remarques énoncées plus haut. Je ne pense pas que le réalisateur soit un "profiteur" du thème des violences sexuelles mais c'est "simplement" une histoire, ce que une personne a vécu, romancé, mis en scène, qui n'a pas vocation à représenter ce que la majorité des victimes ont vécu. Et c'est pas grave, et c'est très bien aussi :) l'important c'est qu'on en parle :)

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