Le Venezuela est-il en train de s’embraser ?

Le Venezuela est-il en train de s’embraser ?
Au Venezuela, la colère gronde. L'élection d'un nouveau président, Maduro, a donné lieu à des suspicions de fraude électorale, et son opposant, Capriles, exige que la lumière soit faite. Le peuple, du coup, se déchire...

C’est un article de crise que je vous écris, à l’image du pays dans lequel je me trouve.

Comme vous l’aurez probablement entendu dans les médias, le Venezuela a vécu des élections présidentielles très mouvementées dimanche dernier, qui ont « proclamé » Nicolas Maduro, héritier et fils spirituel de Chavez, président de la république. Je mets volontairement ce mot entre guillemets, car en terme de proclamation, tout porte au doute, et Maduro (ou « platanote » = « grande banane plantain », comme l’appelle le peuple de l’opposition) n’aurait pu générer moins de doute sur son élection et sa capacité à diriger un pays…

Une élection pas très nette

Déjà, durant toute la journée électorale, un certain nombre d’irrégularités ont été relevées par l’opposition : vote assisté, intimidation de la part de motards vêtus de rouge (la couleur du chavisme) autour des centres de vote, machines en mauvais état de fonctionnement, témoins du parti de Capriles, le concurrent de Maduro, expulsés des tables de vote, bureaux de vote restant ouverts bien après l’heure de fermeture officielle, nombre de votants effectifs supérieur au nombre d’inscrits dans certains centres…

Pourtant, dans la soirée, pendant que le comptage était en cours, Capriles annonce sur son Twitter recevoir d’excellentes nouvelles de différents États ; les rumeurs de victoire se multiplient sur les réseaux sociaux, avec des chiffres annoncés très positifs. Mais finalement, aux alentours de 23h, la directrice du Conseil National Electoral (CNE) annonce la victoire de Maduro avec 1% de voix en plus par rapport à son rival, mais près d’un million de voix en moins pour le chavisme qu’aux précédentes élections.

Et là, la déception de l’opposition mêlée à la tension qui planait depuis des semaines font tout éclater.

Pourquoi je ne cautionne pas ce nouveau gouvernement

Déjà du temps de Chavez, je critiquais certaines dérives du chavisme et la restriction de certaines libertés, mais là ça dépasse tout ce qui a été fait dans le passé.

Au moment de l’annonce des résultats, un des seuls membres neutres du CNE (traduction = non chaviste), propose qu’en raison du très faible écart qui sépare les deux candidats, un recomptage de 100% des votes soit effectué, pour vérifier et confirmer le résultat, un droit inscrit dans la Constitution vénézuélienne, afin de calmer les tensions. Si le recompte confirme la victoire de Maduro, et bien ainsi soit-il.

Maduro, dans son discours de victoire, a dû s’enflammer un peu et ne plus se sentir de joie, car il s’est tout de suite exclamé : « Le recteur Vicente Diaz vient de proposer d’ouvrir 100% des urnes, et de faire un audit… Eh bien on va le faire ! On n’a pas peur ! Que les urnes parlent, et disent la vérité ! ». Soit. Seulement voilà ; le lendemain, Nicolas tient un tout autre discours et considère cette demande comme un « caprice de bourgeois ». Il se fait d’ailleurs proclamer président dans la foulée, dès le lundi après-midi.

La colère monte, les victimes tombent

Et c’est là que tout dégénère. Les opposants sortent dans la rue, hurlent au nom du respect de leurs droits et de la constitution, et crient à la fraude. Si Maduro est si sûr de sa victoire, pourquoi ne fait-il pas ouvrir les urnes, de quoi a-t-il peur ? Capriles annonce qu’il ne se laissera pas faire, qu’il est dans son droit, et il invite « sa moitié » de Vénézuéliens à aller protester devant les différents centres du CNE du pays pour le pousser à respecter sa promesse de recomptage.

Une foule impressionnante se rassemble alors place Altamira à Caracas, et en d’autres endroits du pays. Les militaires de la garde nationale débarquent pour surveiller le mouvement, mais finissent par contrer les « attaquants » et se mettent à lancer des bombes lacrymogènes. Toute cette après-midi est très agitée dans tous les coins du pays, et le gouvernement finit par annoncer 7 morts et 61 blessés, dont Maduro tient Capriles pour responsable. Seulement, les informations sur ces victimes restent floues, on ne connaît pas leur identité, ni le lieu présumé du crime… Alors attention, je ne nie pas qu’il ait pu y avoir des dérives du côté des opposants, il y a des casseurs partout et l’ambiance était vraiment électrique, mais dans un pays où la majorité des dirigeants des principales instances institutionnelles (Tribunal Suprême de Justice, CNE, ministères publics…), sont dirigées par des personnes ouvertement chavistes, on ne peut s’empêcher de mettre en doute les informations reçues.

Capriles rappelle alors que ses marches sont pacifiques, qu’il souhaite la paix, tout en continuant a réclamer le recompte des votes, et appelle à faire un « cacerolazo », un mode de protestation qui consiste à frapper sur une casserole pour exprimer son mécontentement ; à 20h, la moitié du pays entame alors un impressionnant « cacerolazo », qui se répète depuis lors tous les soirs à la même heure, et qui engendre parfois des réactions violentes de motards chavistes…

http://youtu.be/mgupBoXRpHY

Petit à petit, Maduro et son gouvernement se font de plus en plus autoritaires et multiplient les abus, tout en évitant le sujet du recompte des votes, ne faisant que renforcer les doutes sur leur supposée victoire et sur leur capacité à gouverner.
« El ilegitimo » (comme l’appellent aujourd’hui les opposants) s’est mis à tenir des propos complètement caricaturaux, traitant les partisans de Capriles de néonazis, de putschistes, et interdisant la marche du lendemain pour ne pas que ces gens là-aillent « répandre le sang et le meurtre » dans la ville, ajoutant qu’il n’hésiterait pas à « radicaliser la révolution ». Capriles décide alors d’annuler la marche, craignant une intervention de l’armée, et invite ses partisans à rester calmes, à appeler à la paix et à ne pas tomber dans les provocations.

De son côté, Diosado Cabello, un ancien militaire, président de l’Assemblée nationale crie en pleine séance que les députés ne reconnaissant pas Maduro « n’ont pas le droit à la parole, et qu’ils peuvent tout de suite se barrer d’ici ! Partez avec le fascisme !». Dans cette même Assemblée Nationale, un député de l’opposition reçoit un micro en pleine figure et doit se faire poser 16 points de suture

Une mainmise présidentielle sur les médias

Maduro continue à s’attaquer à l’opposition en les accusant de violence, de se déchaîner dans le pays et d’avoir brûlé plusieurs CDI (Centres de Diagnostic Intégral, des centres de santé), dans leur rage et leur soif de sang fasciste. Seulement voilà… Des citoyens ont tout de suite réagi et montré le « désastre » qui avait frappé ces CDI, en réutilisant la bonne vieille technique de preuve du journal daté

Maduro tente (mal) d’asseoir de plus en plus sa légitimité, et à l’heure où Capriles devait donner une conférence de presse (comme par hasard…), il se met en « cadena », une prise de parole officielle qui doit être obligatoirement retransmise par toutes les chaînes sous peine d’amende, pour diffuser sa réunion avec les dirigeants de l’entreprise PDVSA. Une fois son discours terminé, 1h plus tard, Capriles commence sa conférence de presse. Mais de nouveau au bout d´une heure, Maduro se remet en « cadena » pour retransmettre l’inauguration d´un CDI… On a comme l´impression que ce brave Nicolas a un peu peur de laisser parler son opposant ! D’ailleurs par la suite, il menaces les principales chaînes de télévision privées en leur disant « Attention Televen, Venevision, décidez de quel côté vous vous mettez, avec le peuple, la patrie, ou avec le fascisme ».

Et les abus continuent… Une chasse aux sorcières, comme le dénoncent les opposants, est en train de se mettre en place, les fonctionnaires sont surveillés ; une amie me rapporte que sa mère, policière, a dû supprimer toutes les photos et messages de son téléphone parce que le CICPC (le Corps d’Investigation Scientifique Pénale et Criminelle) a annoncé qu’ils allaient fouiller tous les téléphones pour vérifier qu’ils n’ont pas de photo de Capriles, et qu’on leur a suggéré d’y enregistrer des clichés de Maduro. Et les médias rapportent qu´au moins 5 personnes ont été arrêtées pour avoir participé au « cacerolazo », de chez elles, et non dans la rue.

Le Venezuela a besoin de stabilité

Tout cela fait sentir que le gouvernement a peu confiance en lui et en ses « partisans », et que les semaines (voire années, selon ce qui va se passer) à venir s’annoncent bien difficiles, même si Capriles s’est montré comme un leader d’envergure, que l’opposition est plus nombreuse que jamais, et que la révolution bolivarienne a perdu un grand nombre de voix.

Alors que penser de tout ça ? Au-delà de toutes les critiques politiques que cela soulève (indépendance des institutions politiques et de la justice, sur-intervention de l’armée, etc.), et de qui a été réellement élu président, c’est une énorme crise de confiance qui fragilise le pays depuis des années, et qui doit être résolue : ces rumeurs et diffamations incessantes, cette guerre pour les élections, sont avant tout une bataille pour la vérité, que chacun affirme détenir, et qui doit éclater au grand jour pour rétablir l’équilibre et l’ordre social. En attendant, il ne reste plus que les casseroles pour se faire entendre…

NB : Quelques heures après la rédaction de cet article, j’ai appris dans les médias qu’environ une centaine de jeunes ont été arrêtés par la Garde Nationale à la suite des manifestations ; ils sont toujours détenus et sont forcés à écouter et chanter des slogans pro-Maduro…

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  • SofiaMargarita
    SofiaMargarita, Le vendredi 19 avril 2013 à 20h21

    emel-;4061951
    Maduro a lui-même dit (dés le départ) qu'il ferait recompter les voix pour être sûr et parce qu'il savait pertinemment que Capriles les contesterait. Bizarrement, si Capriles avait obtenu le même résultat, je suis certaine qu'il aurait pété un câble si l'opposition l'avait accusé de fraude électorale. Capriles ? C'est pas le bonhomme qu'a pris les armes en 2002 ? D'ailleurs en 2002, la presse n'a pas participé au coup d'Etat ? Sa reconversion en démocrate sympa, bof.

    Sinon c'est amusant, l'Amérique du Sud a reconnu la victoire de Maduro (y compris la Colombie, le Chili qui ne sont pas des gouvernements de gauche. Le gentil Lula qu'on oppose toujours à Chavez a reconnu la victoire de Maduro tout en dénonçant l'ingérence de E-U qui n'en est pas à son premier coup d'essai), l'Espagne a reconnu ce résultat. Quel est le pays qui les conteste ? Les Etats-Unis ? Surprise ! S'il n'y a aucune tentative de déstabilisation...

    Puis pour la presse, sachant que cette dernière est majoritairement privée, faut arrêter. Entre les petites gens et l'autre camp, mon choix est vite fait.
    Tu sais, il y a aussi des "petites gens" qui votent pour Capriles... Comme je connais des gens qui vivent de manière tout à fait confortable et qui votaient pour Chavez... Tout n'est pas blanc ou noir...
    Pour exemple cette vidéo de "cacerolazo" contre Maduro dans un quartier de Caracas qui n'est pas exactement le Country Club...
    http://www.youtube.com/watch?v=i2NhOZ_s42Y
    C'est justement un héritage du gouvernement de ces 14 dernières années que je trouve vraiment triste, ce climat de haine entre deux camps; le peuple du Venezuela est complètement éclaté aujourd'hui entre les "gentils pauvres exploités" et les "grands méchants bourgeois exploiteurs"; dès que tu as un peu d'argent, tu es forcément un ennemi de la patrie; un de mes collègues s'est fait encercler de motards en tee shift rouge la semaine dernière, qui ont commencé à l'insulter de bourgeois, d'oligarque, sans aucune raison, peut-être à cause de ses habits, de sa tête,... Chavez a complètement capitalisé sur cette frustration et cette haine d'un ennemi commun, les riches, et Maduro continue dans cette voie.

  • SofiaMargarita
    SofiaMargarita, Le vendredi 19 avril 2013 à 20h42

    azeban;4061934
    Le système de vote Vénézuelien est reconnu par tous les observateurs internationaux comme étant un des meilleurs et plus sûrs au monde, les mêmes observateurs n'ont remarqué aucune irrégularité. Du coup c'est quand même assez dur pour moi de croire Capriles quand il parle d'irrégularités (d'autant que j'ai l'impression qu'il disait déjà "il va y avoir des irrégularités" à la précédente élection contre Chavez... ça donne un peu l'impression du "le score est serré j'en profite...)

    Quant à la mainmise les médias, je conseille tout de même le documentaire "La révolution ne sera pas télévisée". Les médias privés sont assez nettement anti-chavisme.

    Sinon, il me semble que la CNE a annoncé aujourd'hui que tous les bulletins allaient être recomptés.

    En tout cas, j'espère que la situation va se calmer (et que l'opposition ne va pas tenter le coup d'état...)
    Tiens, justement pile ce matin, la chaine Globovision vient de publier les preuves d'irrégularités présentées par le Comando Simon Bolivar, le parti de Capriles
    http://globovision.com/articulo/conozca-las-irregularidades-y-los-abusos-electorales-que-entrego-el-comando-simon-bolivar-al-cne

    Oui, c'est parce que le score est serré qu'il ose lancer ces accusations, il se sent plus fort et plus soutenu.

    Et j'espère aussi qu'il n'y aura pas de coup d'Etat... Oui le CNE a annoncé hier qu'ils recompteront les voix! C'est déjà un grand pas pour la tranquillité...

  • SofiaMargarita
    SofiaMargarita, Le vendredi 19 avril 2013 à 20h52

    emel-;4061951
    Maduro a lui-même dit (dés le départ) qu'il ferait recompter les voix pour être sûr et parce qu'il savait pertinemment que Capriles les contesterait. Bizarrement, si Capriles avait obtenu le même résultat, je suis certaine qu'il aurait pété un câble si l'opposition l'avait accusé de fraude électorale. Capriles ? C'est pas le bonhomme qu'a pris les armes en 2002 ? D'ailleurs en 2002, la presse n'a pas participé au coup d'Etat ? Sa reconversion en démocrate sympa, bof.

    Sinon c'est amusant, l'Amérique du Sud a reconnu la victoire de Maduro (y compris la Colombie, le Chili qui ne sont pas des gouvernements de gauche. Le gentil Lula qu'on oppose toujours à Chavez a reconnu la victoire de Maduro tout en dénonçant l'ingérence de E-U qui n'en est pas à son premier coup d'essai), l'Espagne a reconnu ce résultat. Quel est le pays qui les conteste ? Les Etats-Unis ? Surprise ! S'il n'y a aucune tentative de déstabilisation...

    Puis pour la presse, sachant que cette dernière est majoritairement privée, faut arrêter. Entre les petites gens et l'autre camp, mon choix est vite fait.
    Oui, Maduro a dit qu'il était d'accord pour recompter les voix, mais ensuite a dit qu'il ne voulait pas le faire. Ça ne plaide pas en sa faveur!

    Je ne cautionne pas du tout le coupe d'Etat de l'opposition de 2002, je trouve que c'était une idée stupide, anti-démocratique et que ça leur a fait perdre leur crédibilité.
    Mais pour reprendre ton argument, Chavez aussi a commencé par un coup d'Etat, en 1992, et il s'est ensuite reconverti "en démocrate sympa"...

  • Azeban
    Azeban, Le samedi 20 avril 2013 à 00h50

    sofiamargarita;4062233
    Tiens, justement pile ce matin, la chaine Globovision vient de publier les preuves d'irrégularités présentées par le Comando Simon Bolivar, le parti de Capriles
    http://globovision.com/articulo/conozca-las-irregularidades-y-los-abusos-electorales-que-entrego-el-comando-simon-bolivar-al-cne
    Désolée, je comprends seulement vaguement l'espagnol, et j'ai juste survolé le truc.
    Globovision, c'est tout de même, si je ne m'abuse, une des chaînes de télévision qui a soutenu le coup d'état de 2002 contre Chavez, donc je leur fais pas forcément très confiance.
    D'autre part, j'ai regardé les photos. Ça ne me semble pas prouver grand chose. Ça me semble assez facile pour un pro-Capriles de porter un T-shirt rouge, se faire prendre en photo, et dire "regardez le méchant Chaviste".
    Pourquoi les observateurs internationaux n'ont-ils pas relevé d'irrégularités, s'il y en a eu tant ?..

  • Patrick
    Patrick, Le samedi 20 avril 2013 à 05h42

    Je plussoie tellement, mais tellement cet article @sofiamargarita .
    Tu as réussi à parfaitement décrire ce que j'explique à mes amis et ma famille depuis dimanche dernier.

    La situation me rend folle: ça me rend folle de voir Maduro recevoir l'écharpe de président, la constitution dans la main, en continuant à sortir ses âneries et surtout en continuant à attiser la haine entre les vénézuéliens qui ne méritent qu'une chose: un peu de calme et de cohésion bordel.

    Je me doutais que certaines allaient réagir en mode "ben pourquoi la communauté internationale le reconnaîtle Maduro alors"? Bonjour intérêts pétroliers. "ben Capriles il est pas tout blanc hein, il a fait un coup d'état en 2002", et c'est sans compter sur celui de Chavez en 92. "Et les irrégularités, quelles irrégularités?" Sofiamargarita les a toutes relevées, un bon nombre de videos circulent ici et les illustrent parfaitement (videos amateurs, pas sorties des medias pour celles qui douteraient).
    Et c'est trop facile de crier au "évidemment vous tapez sur les "méchants chavistes"". L'opposition ici est loin d'avoir joué cette carte, 700 000 chavistes ont d'ailleurs reporté leur voix sur Capriles. (et dans ce cas précis encore il existe des videos montrant les rassemblements de motards venus pour intimider, et/ou autre).
    Surtout que concernant Chavez, un bon nombre de personnes s'accordent à dire en gros: d'accord ou pas d'accord avec cet homme, au moins il n'était pas un ignorant et savait emmener les foules là où il voulait avec sa verve et son charisme. Maduro est juste l'opposé de ça.


    Ca me rend folle de voir les gens minimiser ce qu'il se passe ici quand ils n'y vivent pas.
    J'ai vraiment peur pour le futur des vénézuéliens quand leur président appelle à la division.

    Ce pays mérite tellement mieux, ça me donne des frissons de voir les gens lutter pour un futur plus serein (et démocratique) de cette façon.

  • Lolli
    Lolli, Le samedi 20 avril 2013 à 12h53

    Les articles ne vont un peu que dans un sens c'est dommage...

    Et MDR les intérêts pétroliers quand on parle de maduro : les intérêts pétroliers c'est pas de ce coté la qu'ils sont.

    Si le candidat battu n'accepte pas la défaite c'est son problème, mais c'est pas une raison pour appeler aux émeutes un peu partout...

    http://www.michelcollon.info/Venezuela-l-opposition-et-les-USA.html

  • SofiaMargarita
    SofiaMargarita, Le samedi 20 avril 2013 à 16h50

    azeban;4062820
    sofiamargarita;4062233
    Tiens, justement pile ce matin, la chaine Globovision vient de publier les preuves d'irrégularités présentées par le Comando Simon Bolivar, le parti de Capriles
    http://globovision.com/articulo/conozca-las-irregularidades-y-los-abusos-electorales-que-entrego-el-comando-simon-bolivar-al-cne
    Désolée, je comprends seulement vaguement l'espagnol, et j'ai juste survolé le truc.
    Globovision, c'est tout de même, si je ne m'abuse, une des chaînes de télévision qui a soutenu le coup d'état de 2002 contre Chavez, donc je leur fais pas forcément très confiance.
    D'autre part, j'ai regardé les photos. Ça ne me semble pas prouver grand chose. Ça me semble assez facile pour un pro-Capriles de porter un T-shirt rouge, se faire prendre en photo, et dire "regardez le méchant Chaviste".
    Pourquoi les observateurs internationaux n'ont-ils pas relevé d'irrégularités, s'il y en a eu tant ?..
    Globovision, c'est une des seules chaines, si ce n'est la seule, qui a accepté de retransmettre les discours de Capriles durant la campagne électorale....
    Oui, évidemment, un t shirt ne prouve rien, mais alors à quoi se fier? Le parti chaviste est d'ailleurs soupçonné d'avoir utilisé cette technique, de se mêler à la foule des opposants et de créer des incidents...
    Et il y a d'autres irrégularités.
    Par rapport aux observateurs internationaux, ils ont visité 12 bureaux de vote, et ont observé le processus électoral, l'organisation etc. Mais combien y a-t-il de bureaux de vote au total?
    Leur réponse exacte ici:
    http://internacional.elpais.com/internacional/2013/04/16/actualidad/1366109495_132234.html
    Traduction: "Nous croyons que le résultat électoral est fiable car il peut être contrasté et car il assure l'exercice libre, secret et universel du vote" (...) Malgré leur soutien générique à la netteté du processus, les politiciens espagnols intiment au CNE de "donner une réponse le plus vite et de manière la puis transparente possible aux dénonciations d'irrégularités, tant pendant la campagne électorale que durant la journée des élections".

  • Emel-
    Emel-, Le samedi 20 avril 2013 à 16h52

    @patrick
    C'est vrai qu'il est préférable de se fier aux Etats-Unis pour ce qui est des élections vénézuéliennes. S'ils disent que Maduro a triché, Maduro a triché. Toutefois, il me semble que Capriles n'a pas remis sa victoire en question dans sa région alors qu’apparemment, il a devancé l'opposant de très peu de voix (et les méchants chavistes ont accepté sa victoire).

    Sans rancune, vous aurez tout le loisir d'organiser un référendum révocatoire. Il en a de la chance le peuple vénézuélien, on ne peut pas en dire autant dans nos pays où la démocratie serait la meilleure au monde.

    @sofiamargarita
    Quelle était la situation des "pauvres" avant l'arrivée de Chavez ? Et si le PSUV n'avait jamais pris le pouvoir, que serait-elle aujourd'hui ? Je ne suis pas sûre que Capriles aurait proposé une hausse de SMIC de 40% (c'est bien ça ?), c'est trop fort. On opprime des gens pendant des années et lorsqu'ils se réveillent (pas tous, évidemment), qu'ils prennent conscience qu'il est possible d'agir politiquement et que la pauvreté n'est en rien naturelle, on ne comprend pas l'éclatement qu'il y a entre les petits et les grands, on trouve leurs revendications comme étant sources de conflits, dangereuses. Je ne comprends pas l'existence des jacqueries par le passé, le printemps des peuples, le soulèvement des parisiens en 1871, la révolution russe etc. etc. Ou plus récemment les révoltes dans le monde arabe. Je me demande bien ce qui a pu poussé toutes ces personnes à se révolter. Sûrement pour le seul plaisir de voir du sang couler et les gens s'entretuer. La misère sociale, c'est une explication de gauchiste(s).

    L'Amérique Latine a traversé et a trouvé des réponses à ce que nous traversons aujourd'hui en Europe (il y a des attentats en Grèce contre des armateurs, des hommes politiques. La progression de suicides et de meurtres est 22% depuis la crise. En Italie, c'est un couple qui s'est donné la mort faute d'argent. Des gens qui s'immolent devant des banques etc. Mais au moins, ça ne fait pas de bruit et ça n'empêche pas la haute bourgeoisie de dormir tranquille). C'est gênant de voir des peuples se saisir des question économiques et sociales, on préfère quand des technocrates s'en chargent et que les gens (d'en bas le plus souvent) restent à leur place. Puis bon Maduro, un ex conducteur de bus président, on touche le fond n'est-ce pas.

    Je sais bien que ce n'est pas agréable lorsqu'on est confronté de fait à une situation où les gens sont politisés d'un camp comme de l'autre. Après je préfère ça à la dépolitisation totale de nos sociétés m'enfin. Comment le Venezuela en est-il arrivé là ? Pas sûre que Chavez soit responsable. La paix sociale a un prix, les gouvernements qui se sont succédé n'ont pas œuvré pour, ils en subissent les conséquences (je ne vais pas pleurer pour eux).

  • SofiaMargarita
    SofiaMargarita, Le samedi 20 avril 2013 à 17h23

    emel-;4063772
    @patrick
    C'est vrai qu'il est préférable de se fier aux Etats-Unis pour ce qui est des élections vénézuéliennes. S'ils disent que Maduro a triché, Maduro a triché. Toutefois, il me semble que Capriles n'a pas remis sa victoire en question dans sa région alors qu’apparemment, il a devancé l'opposant de très peu de voix (et les méchants chavistes ont accepté sa victoire).

    Sans rancune, vous aurez tout le loisir d'organiser un référendum révocatoire. Il en a de la chance le peuple vénézuélien, on ne peut pas en dire autant dans nos pays où la démocratie serait la meilleure au monde.

    @sofiamargarita
    Quelle était la situation des "pauvres" avant l'arrivée de Chavez ? Et si le PSUV n'avait jamais pris le pouvoir, que serait-elle aujourd'hui ? Je ne suis pas sûre que Capriles aurait proposé une hausse de SMIC de 40% (c'est bien ça ?), c'est trop fort. On opprime des gens pendant des années et lorsqu'ils se réveillent (pas tous, évidemment), qu'ils prennent conscience qu'il est possible d'agir politiquement et que la pauvreté n'est en rien naturelle, on ne comprend pas l'éclatement qu'il y a entre les petits et les grands, on trouve leurs revendications comme étant sources de conflits, dangereuses. Je ne comprends pas l'existence des jacqueries par le passé, le printemps des peuples, le soulèvement des parisiens en 1871, la révolution russe etc. etc. Ou plus récemment les révoltes dans le monde arabe. Je me demande bien ce qui a pu poussé toutes ces personnes à se révolter. Sûrement pour le seul plaisir de voir du sang couler et les gens s'entretuer. La misère sociale, c'est une explication de gauchiste(s).

    L'Amérique Latine a traversé et a trouvé des réponses à ce que nous traversons aujourd'hui en Europe (il y a des attentats en Grèce contre des armateurs, des hommes politiques. La progression de suicides et de meurtres est 22% depuis la crise. En Italie, c'est un couple qui s'est donné la mort faute d'argent. Des gens qui s'immolent devant des banques etc. Mais au moins, ça ne fait pas de bruit et ça n'empêche pas la haute bourgeoisie de dormir tranquille). C'est gênant de voir des peuples se saisir des question économiques et sociales, on préfère quand des technocrates s'en chargent et que les gens (d'en bas le plus souvent) restent à leur place. Puis bon Maduro, un ex conducteur de bus président, on touche le fond n'est-ce pas.

    Je sais bien que ce n'est pas agréable lorsqu'on est confronté de fait à une situation où les gens sont politisés d'un camp comme de l'autre. Après je préfère ça à la dépolitisation totale de nos sociétés m'enfin. Comment le Venezuela en est-il arrivé là ? Pas sûre que Chavez soit responsable. La paix sociale a un prix, les gouvernements qui se sont succédé n'ont pas œuvré pour, ils en subissent les conséquences (je ne vais pas pleurer pour eux).
    Je n'ai pas du tout envie de rentrer dans un débat sur les tenants et les aboutissants du chavisme, qui demanderait bien plus qu'un simple article et des discussions sur un forum pour en faire le tour. Je ne suis pas radicalement anti-chaviste et j'en reconnais les aspects positifs. Le but de cet article était de dénoncer ce qui se passe depuis la campagne électorale et la manière déplorable de "gérer" la crise et la haine entre les deux moitiés du Venezuela par le gouvernement, que EUX pour le coup, je déteste franchement. Vraiment, Maduro, Diosdado et leur petit groupe me font peur...

  • Patrick
    Patrick, Le samedi 20 avril 2013 à 21h53

    Et désolée mais dire que l'on se fie aux Etats-Unis pour affirmer que Maduro a triché c'est complètement faux et hors-sujet. Les gens ici n'ont pas attendu l'avis de ce pays pour dénoncer les irrégularités et se rassembler dans la rue, les réactions des pays et organisations sont arrivées après.

    Ce n'est pas parce que Capriles est le candidat de l'opposition qu'il est la marionnette des USA, c'est un peu cliché. Et il est LOIN, bien LOIN d'appeler aux émeutes partout, c'est le contraire!

    Je ne pense pas que @sofiamargarita cherche à dire que Chavez est le responsable de tous les maux, c'est en effet plus complexe et ça prendrait trop de temps de rentrer dans les détails à ce sujet. Pour moi, vivant sur place comme elle, son article est juste: la gestion des élections et post-élections pose plus que problème et c'est très frustrant de le vivre, même quand on n'a pas la possibilité de voter.

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