Hollywood nous ment – Les illusions sur les vacances

Le cinéma international a tendance à nous prendre pour des jambons, et les films & séries qui se passent en vacances ne dérogent pas à la règle.

Hollywood nous ment – Les illusions sur les vacances

Quand j’étais plus jeune et que je partais encore en vacances avec mes parents, j’étais pleine d’espoir. J’avais vu tellement de films et séries dans lesquels cette trêve estivale était pleine de rebondissements, d’amour et de rencontres que je me montais des scénarios incroyables pendant tout le trajet qui nous permettait de rallier le Sud et ses plages bondées en voiture.

Hollywood, aidé par quelques fictions de notre cru, m’a menti. Encore une fois. Après m’avoir fait croire que le sexe était une chorégraphie, qu’on a trop des bonnes têtes en hiver ou encore que les déclarations d’amour se font mieux sous la pluie, voici quelques petites choses que le grand et le petit écran se sont amusés à embellir pour mieux me décevoir.

Les potes sont toujours potes après les vacances entre potes

Derrière ce sous-titre pour le moins redondant se cache une réalité majoritairement présente dans les films : les vacances entre potes, ça soude, et ce même s’il y a quelques engueulades.

Mieux, ils partent toujours en vacances en grand nombre, ramenant tous leur copain/copine s’ils en ont. Personnellement j’y vois comme une volonté de fusiller son amitié : à moins d’avoir choisi son mec/sa copine dans son groupe de potes, les éléments rapportés sont bien souvent les premiers à foutre toute la complicité en l’air pour cause de non compréhension des blagues, de divergence en terme de rythme de vie ou de monopolisation des toilettes.

L’exemple le plus parlant pour moi, c’est Les Petits Mouchoirs : tous les protagonistes ont des défauts insupportables (parmi lequel le fait de laisser leur meilleur pote tout seul à l’hôpital entre la vie et la mort pour aller se griller la couenne au soleil MAIS PASSONS).

Ils vivent une expérience traumatisante, passent leur temps à hurler les uns sur les autres, et certains poussent même le vice jusqu’à ramener leurs enfants. Pourtant, à la fin du film, ils sont plus unis que jamais.

Je peux te dire que si c’est moi qui avais écrit le film, soit…

  • ils auraient fait semblant de ne pas être gonflés par les autres avant de critiquer tout le monde derrière leur dos en rentrant,
  • tout ceci aurait fini en bain de sang pour mon plus grand plaisir.

J’ai choisi cette photo parce qu’il y a Laurent Lafitte avec de la barbe dedans.

C’est toujours mouvementé

Dans les films qui se déroulent pendant les vacances, il se passe toujours des trucs : les gens se font séquestrer par de mystérieux voisins de leur résidence secondaire à la campagne (Funny Games), d’autres rencontrent l’amour, se retrouvent dans le même hôtel que leur ex (Sans Sarah Rien Ne Va) et les drames ou heureuses coïncidences s’enchaînent.

Je sais pas dans quel monde vivent ces gens (un monde qui n’existe pas puisqu’ils sont des personnages de films, ok, je sais, mais quand bien même), mais de mon côté, c’est bien en vacances qu’il ne se passe jamais rien. Et c’est logique : c’est pas en lisant sous un parasol, en mangeant des tomates et de la charcuterie sur un balcon et en marchant au moins 10 minutes par jour qu’il se passe des trucs.

Alors oui, en vacances, il peut nous arriver de voir un vendeur de beignets perdre l’équilibre parce qu’il a trébuché dans sa tong, ou croiser un sosie de Johnny Hallyday sur le port, mais on est loin de pouvoir en faire un film, dites.

Les rencontres se font naturellement

S’il se passe toujours quelque chose de dingue dans la vie des personnages d’un film, c’est peut-être bien parce qu’ils ont une grande facilité à faire des rencontres de la manière la plus naturelle du monde. Alors moi je veux bien, mais comment faire ?

Dans les films, les rencontres en vacances sont bien souvent faciles, et j’ai bien retenu la leçon : il suffit de se poser sur le sable, en maillot de bain, les genoux ramenés sous le menton et de regarder la mer d’un air absent, lointain.

Je ne sais pas si c’est le charme français de la nostalgie feinte, le sable qui semble plus confortable sous la raie des gens tristes, mais ça a l’air de super bien marcher.

Et je réalise alors comme j’ai été stupide de penser, pendant mon enfance, qu’il suffisait d’aller voir les groupes de gens de mon âge pour leur demander s’ils voulaient bien être mes copains.

Des vacances, tu reviens changé-e

Il n’y a qu’à voir Dirty Dancing pour comprendre. Quand Bébé arrive dans l’hôtel, elle est gauche et un peu coincée. À la fin de l’été, non seulement elle a appris à danser en 3mn30 (car en été dans les films, tout va plus vite que le reste du temps), mais en plus, elle a réussi à choper Patrick Swayze. Level de sensualité +++.

Prénom : Frances dite Bébé. Point fort : a appris la lambada en 27 secondes. Particularité : ne se laisse pas déconcentrer par la dame qui jouit sur sa gauche.

Les vacances dans les films sont une période de transition où les lycéennes reviennent à la rentrée changées, et laissent derrière elles leur statut de loser pour faire place à la popularité et au charisme. Elles se sont découvert une passion, et il leur suffit d’un léchage de glotte pour que le vilain petit canard ne devienne un cygne au string apparent. Je suis admirative.

Alors que moi, concrètement, le seul truc qui change en moi quand je reviens de vacances, c’est que j’ai des marques de maillot de bain. Tu parles d’une transition.

L’été, on fait péter l’hymen

Je sais, ça peut arriver dans la vie aussi : une rencontre incroyable au camping de la Truite Saumonée, le coeur qui s’emballe et la culotte qui palpite et bim, on perd sa virginité. Quand on le raconte aux copines, alors, elles ont du mal à nous croire : « tu peux dire n’importe quoi, on n’était pas là pour savoir si c’est vrai. Et après tu vas nous dire que t’as sauvé Rihanna de la noyade, peut-être ? ».

Je fais d’ailleurs partie de ces personnes qui ont passé toute leur adolescence à faire semblant d’avoir joué à touche-pipi pendant les vacances, espérant que les gens allaient avaler qu’à 1000km d’eux, j’étais capable de plaire.

Mais dans les films, on a la preuve. Et même les mecs qui s’y prennent comme des apprentis queutards insupportables finissent par dévoiler leur vraie personnalité à une fille qui craque et leur offre son intimité sur un plateau. C’est rageant.

Les roadtrips, c’est pas cher

Alors ok, traverser la France en R5, c’est toujours moins cher que de passer trois semaines dans un quatre étoiles. Mais tout de même : il y a des limites. Dans les films, ceux qui choisissent de partir en roadtrip pour les vacances sont les romantiques, les artistes torturés sans le sou.

Ils ont le regard qui dit « on mangera des haricots à même la conserve, on fera l’amour dans la paille et on se lavera dans des lacs. Ça va être fou, et beau. »

À croire que ces gens-là n’ont pas à faire le plein d’essence. Non mais sérieusement, dans le vrai monde, les gens sans trop d’argent ne partent pas forcément en roadtrip, parce qu’ils ne partent pas forcément du tout, faudrait voir à pas nous prendre pour des pigeons.

Et pour plus d’arnaque, voici la variante WTF du roadtrip romantique : la croisière de deux mineurs amoureux qui partent sans prévenir personne :

http://www.youtube.com/watch?v=C6l2Vi5sr1E

Et toi, quelles sont les illusions vacancières que les films ont entretenu dans ton esprit ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Loulou33
    Loulou33, Le 22 juillet 2013 à 16h36

    Dawson <3.

    Ça a beau être niais à souhait, et tout ce qu'il y a de non crédible c'est plus fort que moi j'aimais, j'aime et j'aimerais...

    Sinon dans le même genre on a :

    15 aout : Où des mamans abandonnent enfants avec l'ados de l'une d’entre elles et laissent les papas se démerder pendant 15 jours sans dire ni où elles vont ni jamais prendre la moindre nouvelles... *Personne ne préviens la police... Soit...

    A nous les petites anglaises : La meilleure pub au monde pour des séjours en Angleterre!

    Mon père ce Héros : Salut j'ai 14 ans et demi mais je fais des rancards comme si j'en avais 25... Et mon père est mon pote..



    Que de désillusions...

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