Les abus sexuels à l’UNEF révélés dans une enquête de Libération

Par  |  | 4 Commentaires

L'UNEF (Union nationale des étudiants de France), un vaste syndicat étudiant, est au cœur d'une enquête de Libération qui lève le voile sur de nombreux cas d'agressions sexuelles perpétrées au sein de l'organisation.

Les abus sexuels à l’UNEF révélés dans une enquête de Libération

Depuis l’affaire Weinstein et le mouvement #MeToo (#MoiAussi) qui a suivi, de nombreux cas d’agressions sexuelles déclarées font la Une des médias.

Aujourd’hui, Libération publie une vaste enquête sur des cas de violences sexuelles perpétrées par des membres de l’UNEF, syndicat étudiant, sur d’autres membres de l’UNEF.

La lecture est parfois dure, mais permet de mettre en lumière le climat d’impunité qui a permis à tant d’hommes de perpétrer des agressions, souvent de façon répétée, sans être inquiétés.

À lire aussi : Je veux comprendre… la culture du viol

Les agressions sexuelles à l’UNEF révélées par Libération

16 femmes témoignent dans Libération, parfois sous couvert d’anonymat, parfois sous leur vrai nom. Toutes relatent des faits de violences sexuelles.

Les hommes accusés font partie, ou ont fait partie de l’UNEF. Les victimes aussi.

L’article parle de militants s’invitant chez des jeunes femmes, insistant très fortement pour avoir des relations sexuelles, n’écoutant pas leurs refus, pratiquant des actes sexuels sur elles pendant qu’elles dorment…

Laurie raconte, au sujet de Grégoire :

« Il commence à me déshabiller. J’essaye de le repousser, de lui dire que je ne veux pas, mais je n’ai plus de force. À ce moment-là, je me sens comme une poupée, sans vie. Il me viole. Il n’y a pas d’autres mots. »

D’autres témoignages visent des hommes haut placés dans la direction de l’UNEFLibération évoque une ambiance machiste, dans laquelle « les hommes pensent, les femmes organisent ».

Plusieurs femmes évoquent des abus de pouvoir, des dirigeants se servant dans la liste d’inscrites pour obtenir le numéro et l’adresse de celles qui les intéressent.

En filigrane se dessine une organisation opaque, sexiste, et une peur des victimes d’être ostracisées si elles dénoncent leurs agresseurs…

À lire aussi : J’ai porté plainte contre mon meilleur ami pour agression sexuelle

Cette enquête permet de comprendre les mécanismes ayant permis à ces agressions sexuelles d’être commises, et tues, pendant des années. Plusieurs plaintes ont été déposées.

À l’UNEF, les choses changent en faveur des victimes

Suite à la publication de cet article, Clémence, militante à l’UNEF, m’a contactée. Elle me dit :

« Je suis moi-même une victime d’agression sexuelle dans l’UNEF, plus récente.

Si je suis encore dans ce syndicat, c’est parce que l’UNEF a fait le choix et fait le choix aujourd’hui de ne plus excuser et de ne plus protéger les agresseurs mais les victimes. »

Clémence évoque un changement en profondeur au sein de l’UNEF, et une volonté affirmée de soutenir les victimes, de lutter contre les violences sexuelles et d’éduquer ses membres.

Elle m’explique après son agression, qui a eu lieu dans le cadre de l’UNEF, elle a directement parlé à la direction, sans craindre d’être mise de côté.

La réaction a été à la hauteur de ses attentes : l’accusé a été écarté des évènements immédiats, et c’est Clémence qui a été écoutée.

« Ce qui comptait, c’était ma volonté, celle de la victime. On m’a demandé ce que je préfèrerais (est-ce que je voulais qu’il soit exclu définitivement ou non par exemple). C’est moi qu’on consultait en premier. »

La jeune femme a porté plainte ; là encore, la direction de l’UNEF l’accompagne et la soutient.

Au-delà de son cas, Clémence m’explique que diverses actions montrent, selon elle, une volonté de changement du côté du syndicat :

« L’UNEF n’est pas en-dehors de la société. Donc on y trouve des soucis qui existent aussi ailleurs, comme les agressions sexuelles. Malheureusement.

Mais il y a des choses qui évoluent. Par exemple, on a des formations sur le consentement, notamment en soirée, des ateliers pour déconstruire des stéréotypes, des réunions non-mixtes

J’ai l’impression que tout est fait pour que ce qui m’est arrivé n’arrive plus. »

Je suis heureuse de voir que les choses changent, et que l’état des lieux dressé par Libération ne reflète pas forcément la réalité actuelle de l’UNEF. Pas à pas, le futur approche !

À lire aussi : L’autodéfense des femmes et l’éducation au consentement ne sont pas incompatibles !

Valeur : + de 35€
18.90€ + 4€ de livraison

Mymy

Mymy, entre deux bouquins qu'elle chronique parfois en vidéos, est la rédac-chef adjointe/correctrice/community manager de madmoiZelle. Elle aime rester chez elle, les chatons mignons, la raclette du dimanche et les séries télé avec des retournements de situation dedans.

Tous ses articles

Commentaires
  • Skojune
    Skojune, Le 23 février 2018 à 22h40

    Putain mais ça me sidère l'attitude de ces flics aussi... Lui demander de raconter son viol, devant le commissariat...
    N'hésitez pas à prendre le numéro RIO (celui écrit à droite sur la veste) et à en référer à l'IGPN (ils ont un site pour les "bavures policières" ou vous pouvez les saisir). Pareil si un flic vous refuse une plainte, dites lui que vous avez noté son RIO et que vous allez en référer à l'officier. Bref petit HS mais ça m'agace !!!

Cet article t'a plu ? Tu aimes madmoiZelle.com ?
Désactive ton bloqueur de pub ou soutiens-nous financièrement!

Gestion des cookies

Partages sur les réseaux sociaux

Grâce à ces cookies, nos articles peuvent être directement partagé sur les réseaux sociaux via des boutons de partages. Ces cookies sont gérés par l'éditeur de chaque réseau social.

Facebook, Twitter, Pinterest, Whatsapp
facebook
twitter
pinterest
whatsapp

Mesures d'audience

Nous mesurons les visites de manière anonyme sur les différents articles pour comprendre les intérêts de nos lectrices.

_ga, _gaq, _gid,
_ga, _gaq, _gid
cb

Stream

Nous faisons parfois des lives sur Youtube ou Facebook. On utilise ce cookie pour ne pas afficher les streams si tu ne souhaites pas les voir sur le site.

hideStream

Publicitaires

Ces cookies sont déposés par Smart AdServer et DFP, les outils que nous utilisons pour afficher des publicités sur le site. Ces publicités servent au financement de madmoiZelle et sa rédaction.

smartadserver, doubleclick
smartadserver
doubleclick

Close your account?

Your account will be closed and all data will be permanently deleted and cannot be recovered. Are you sure?