Typologie des trucs à goûter aux États-Unis #2 — Le sucré

Cette semaine, Lilly Lou vous livre sa deuxième carte postale culinaire des États-Unis, d'où elle est revenue saucée. C'est parti pour le sucré !

Typologie des trucs à goûter aux États-Unis #2 — Le sucré

Bon, maintenant qu’on a parcouru les plats salés avec la première partie, il est grand temps de passer au dessert/casse-croûte. Là encore, il y a de quoi s’enjailler !

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Le « frozen yogurt »

Le frozen yogurt, ou fro-yo pour les intimes, commence tranquillement à s’installer en France (mais si comme moi tu habites à Saint-Rondin-les-Bains, tu vas devoir patienter). Le principe est tout simple : au lieu de mettre de la crème pour faire de la crème glacée, on met du yaourt. C’est donc moins gras… mais pas tellement moins sucré, soyons honnêtes.

Aux États-Unis, toutes les générations courent en attraper un en cas de besoin de sucre, même les moins jeunes. Je dis ça parce que j’ai vu un couple d’au moins soixante-dix ans s’offrir un froyo un dimanche soir, alors que la décoration de la boutique était très rose-glitter-Justin-Bieber !

Pinkberry est l’une des premières enseignes à s’être lancée sur le marché du yaourt glacé, en 2005. Depuis la marque s’est installée en Amérique du Sud, en Europe, en Asie et au Moyen-Orient (mais toujours pas à Saint-Rondin-les-Bains, ça va sans dire). Pinkberry surfe sur le côté peu calorique de ses glaces et met en avant des parfums très « fruits de saison » avec des choses plutôt originales (citrouille, litchi ou grenade) et des parfums plus classiques (chocolat-noisette, cookies & cream ou tarte au citron).

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Le strict minimum.

Plus accessible et grand public, Yogurtland offre un choix de glace plus gourmand avec des parfums parfois un peu conceptuels (genre Birthday Cupcake Batter, Almond Midnight Mocha ou encore Bugs Bunny Carrot Cake — si tu as compris ce que c’est, pose ta candidature pour le Nobel), mais aussi beaucoup de parfums typiquement américains qui mettent l’eau à la bouche (Root Beer, Red Velvet Cupcake, S’mores, Peanut Butter, Oatmeal Cookie).

Il y a également un large choix de toppings (des cochonneries à mettre dessus), depuis les Oreos/M&M’s/Reese’s écrasés jusqu’aux fruits. À titre personnel, je trouve que mettre des fruits sur un yaourt glacé c’est un sacrilège, mais vous faites comme vous voulez. Moi, je vais doucement m’inscrire aux froyos anonymes.

Si vous n’avez pas la patience d’attendre l’Amérique, sachez que Boon, une marque française, comme à s’étendre dans le pays (notamment à Paris, Nice, Macon, Marseille…) !

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Les gâteaux et les pâtisseries

Si vous connaissez déjà les cookies, les brownies, les cupcakes et les coffee cakes à l’américaine grâce à l’expansion des Starbucks, il y a pourtant encore quelques spécialités qu’il faut essayer au pays du gras pour faire craquer la carte bleue et la ceinture du pantalon.

Les meilleurs pancakes sont ceux d’Ihop, ou International House Of Pancakes. On y trouve des pancakes classiques mais aussi quelques spécialités, et surtout (SURTOUT) des combos pour le petit-déjeuner avec des œufs, des saucisses ou des hashbrowns. Les hashbrowns sont des galettes de pommes de terre frites à l’huile que je vous conseille fortement — le matin, ça cale ! À Ihop, les portions sont énormes : les omelettes contiennent minimum quatre œufs, on te ressert du café tant que tu en veux, bref, c’est un brunch parfait pour seulement 10 à 12 dollars. Si vous préférez faire des pancakes chez vous, on trouve aussi des mix (des boîtes) dans tous les supermarchés pour moins de 2$. Ensuite, il suffit juste de s’entraîner pour maîtriser la cuisson..

Et bien sûr, il y a les churros, une spécialité espagnole. Plus grands et moins gras, les churros américains n’ont pas du tout le même goût ni la même texture que leurs congénères européens. On les trempe généralement dans du chocolat fondu et ils sont souvent aromatisés à la cannelle. J’ai eu une mauvaise expérience avec les churros, puis une (assez) bonne, mais attendez-vous quand même à ce qu’ils soient très différents de ceux que vous connaissez.

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Ça baigne moins dans l’huile mais c’est bien quand même.

Autre spécialité typiquement commémorative : la tarte à la citrouille ! Dans la recette traditionnelle, elle est parfumée au gingembre, à la noix de muscade, à la cannelle, aux clous de girofle et à la cardamone (où comment additionner des ingrédients que je n’aime pas). Du coup, la pumpkin pie a un goût particulier. Laissez-vous tout de même tenter par une petite part pour Thanksgiving histoire de ne pas passer pour un•e rustre.

Mais s’il fallait décerner des prix à la meilleure des pâtisseries américaines, je mettrais en troisième position les Pop-Tarts, ces « gâteaux » qu’on toaste au grille-pain pour faire fondre le tout. En deuxième, on aurait les cookies de Levain Bakery à New York, de véritables merveilles. Ils sont à six dollars la pièce, et le magasin en sous-sol est compliqué à trouver, mais soyez obstinés : ça vaut le coup !

Et enfin, le plus grand, le plus fort, la vedette c’est… Gaston le cheesecake. Au programme, on trouve des dizaines de goûts et de possibilités. Mais mon préféré, c’est et ça restera le Turtle Cheesecake, à base de chocolat, caramel et noix de pécan.

Pour manger un cheesecake aux États-Unis, je conseille (j’ordonne) d’aller à la Cheesecake Factory qui propose ab-so-lu-ment tout ce dont vous avez rêvé… Dieu merci leurs cheesecakes sont excellents, parce que les décors sont à vomir, façon lumières rares et décors roses pâles rappelant le voyage d’une sonde dans un intestin grêle.

À signaler enfin, les s’mores, que j’ai découverts lors d’une surboum de théologiens où l’attraction principale était le barbecue. Les s’mores ou « some more », parce qu’on en veut toujours plus, c’est le dessert typique des feux de camp : c’est un mélange de marshmallow fondu, de chocolat au lait et de biscuit Graham, et ça rend très vite accro. Du coup, on peut aussi en faire des glaces, des barres de chocolats, des tartes, des céréales, tout ça, tout ça.

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Bonjour vous.

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Le beurre de…

Le plus connu des « beurres » ou pâtes sucrées à tartiner, c’est le beurre de cacahuètes. Mais ça ne veut pas dire qu’il n’y en a pas d’autres !

Le beurre de cacahuètes se présente sous différentes formes — smooth ou crunchy (avec ou sans morceaux), et l’une des grandes spécialités que l’on peut faire avec, c’est le peanut butter and jelly sandwich, en utilisant, idéalement, de la confiture à la fraise. C’est LE goûter classique des enfants, celui qu’on voit dans toutes les séries américaines (c’est un peu cliché mais les gosses américains en mangent vraiment, hein).

La farine de cacahuètes existait avant, mais c’est un canadien, Marcellus Gilmore, qui a créé le premier le beurre d’arachide, auquel il a rajouté du sucre pour le rendre plus solide. Edson a repris son idée quelques années plus tard : le beurre de cacahuètes, très nourrissant, était une aubaine pour nourrir les gens qui n’avaient plus de dents ! D’autant plus qu’à cette époque, le pound (soit 450 grammes) n’était qu’a six cents. Une aubaine, je vous dis.

Présenté à l’exposition universelle de Saint Louis en 1904, le beurre de cacahuètes a été un tel succès qu’en quelques décennies les industriels se sont mis à en produire, jusqu’à ce qu’en 1932 et en 1958, les deux plus grandes marques de beurre soient créées : Skippy et Jif. Pour l’histoire complète du beurre de cacahuète, allez donc faire un tour sur le site de Peanut Butter Lovers.

Mais le beurre se décline aussi dans différents « parfums », qui existent pour la plupart avec et sans morceaux : on trouve du beurre de noisettes, de graines de sésame, d’amandes, de tournesol… Pour les plus gourmand•e•s, il existe aussi du beurre de gâteaux spéculos, une spécialité de Trader Joe’s (une tuerie), et selon la saison, du beurre de citrouille ou de pomme. Attention : si le beurre de cacahuète est courant et donc pas cher, c’est beaucoup moins vrai pour le reste. Comptez au moins 10 voire 12 dollars par pot.

L’oatmeal (les flocons d’avoine)

Petit-déjeuner typique estampillé « sain » aux Etats-Unis, l’oatmeal se compose de flocons d’avoine, cuits dans du lait, auxquels on rajoute du miel, des noix, des fruits frais ou secs, et/ou un jaune d’œuf. Ça a l’air très bon et pourtant… le seul que j’ai mangé m’a traumatisée à vie. D’autant plus que pour faire passer les flocons d’avoine non sucrés, on m’a donné un café noir serré sans sucre, à une époque où je buvais plus volontiers du Nesquick. Mes yeux ont pleuré, ma gorge a pris feu, mes papilles sont décédées, mais j’ai tout mangé, j’étais IN-VI-TÉE.

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Ça aurait eu l’air meilleur avec un sourire.

Les peeps

Les peeps sont de petits poussins en marshmallow qu’on offre aux enfants pour Pâques : avec les années, les couleurs se sont diversifiées et les lapins ont fini par tenir compagnie aux poussins. Outre une popularité incontestable auprès des plus jeunes, moi comprise, les peeps sont l’objet d’un contest show (un concours) du Washington Post depuis 7 ans.

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Le but est de créer une saynète avec des peeps en guise de personnages. C’est tellement beau et imaginatif que ça me redonne foi en l’humanité chaque fois que je regarde une de ces œuvres ! Parmi mes préférés, les peeps qui font des s’mores ou encore le Despeepable Congress (avec des Minions).

Le gagnant 2013, s’appelle « Twinkie : Rest in Peeps », Twinkie étant une petite génoise fourrée à la banane, qui est ressortie en magasins en juillet 2013 après avoir fait faillite en 2011 — vous apprécierez la subtilité du jeu de mots.

Le pop-corn

La popularité outre-Atlantique du pop-corn a plusieurs origines : chez les Aztèques, le pop-corn était utilisé au XVIème siècle pour ornementer des statues de dieux, des coiffures, ou même en faire des colliers. Le plus vieux pop-corn est même daté de plus de 5000 ans ! Mais depuis le XIXème siècle, l’utilisation du pop-corn s’est principalement limitée à la nourriture.

Depuis la Grande Dépression, puis la Seconde Guerre Mondiale, il s’est démocratisé grâce à son coût minime (entre 5 et 10 cents en 1930) et à cause de la pénurie de sucre des années 1940 : à cette époque, la consommation de pop-corn par les Américains a triplé.

Aujourd’hui, impossible d’y échapper ! Même si aller au cinéma reste une excuse incontournable pour s’en empiffrer (tout comme les matchs de football), les Américains en mangent aussi en solitaire. Et là-bas, le pop-corn est le plus souvent salé, avec beaucoup, beaucoup, beaucoup de beurre dedans… et rien qu’au mot beurre, mon sang de bretonne bout dans mes veines. Il y a surtout une infinité de choix, avec :

  • le pop-corn au beurre (d’accord, c’est la dernière fois que je mentionne ce mot dans cet article) (le beurre c’est la vie, quand même)
  • le nature à faire popper soi-même
  • celui au cheddar blanc qui me manque affreusement
  • ou encore au caramel ou au chocolat.

Le trail mix

Le trail mix, c’est l’alternative saine au sandwich beurre de cacahuètes-confiture de fraise pour le goûter : un mélange de noix, de fruits séchés et de graines, avec parfois du chocolat. Ce sont d’anciennes tribus nomades qui ont inventé ce mélange. Les Indiens d’Amérique ont même eu une version omnivore du trail mix, le pemmicam, un mélange de bison/de cerf (un seul à la fois, si, si) et de graines qui se conservait plusieurs mois et pouvait se transporter assez facilement.

Léger et pratique, le trail mix, comme son nom l’indique, est principalement utilisé pour les randonnées, même si de nos jours, tout plein de jeunes étudiants soucieux de leur santé préfèrent ces mix à une barre de Twix pour le goûter.

Suivant les pays, les trail mix peuvent changer de nom : on les appelle par exemple scroggin en Nouvelle-Zélande. Mais surtout, on distingue le banal trail mix du gorp, ce dernier comprenant des M&Ms !

Le chocolat

Last but not least, le chocolat aux États-Unis est à ne pas manquer, parce qu’il est généralement infâme. Outre les marques connues à l’internationale et leurs produits qu’on n’a pas en France, comme les M&M’s chocolat noir-framboise ou aux amandes, les Snickers au beurre de cacahuète et autres vilénies, le chocolat américain est gras, pâteux, bourratif. Bref, vous allez regretter Lindt.

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Une des plus grandes marques de chocolat est Hershey’s : créée en 1894 par Milton Hershey dans un coin perdu de Pennsylvanie, cette marque de bonbons s’est lancée dans le chocolat en 1905. L’une de ses créations, les Kisses, de petits chocolats typiques qui servent de décorations pour les repas de Noël, ont été élus chocolats préférés des Américains en 2013. Ils ont détrôné les M&Ms, à la première place depuis 8 ans.

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Je ne suis que joie depuis cette nouvelle.

Les deux grands géants du chocolat se concurrencent sérieusement : vous aurez peut-être remarqué (si vous êtes allés à New York …) (pause « j’me la pète ») que ce sont les deux seules entreprises de chocolats qui ont un magasin grand comme un terrain de football à Time Square. Même si je n’affectionne ni Hershey’s, ni Reese’s qui commence à faire connaître ses petites « cups » en France, je vous conseille quand même cette vieille publicité qui nous explique comment elles ont été inventées.

Bravissimo !

Enfin, pour ceux et celles qui pourraient se hasarder à acheter du chocolat pour Noël ou Pâques dans les supermarchés d’Amérique et de Navarre, je vous le déconseille : j’ai voulu faire plaisir à ma famille en leur ramenant un truc vraiment choupi (des ours/phoques/pingouins en chocolat), mais c’était immonde.

À très bientôt pour la suite et fin de ce tour d’horizon gustatif !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Gazounnette
    Gazounnette, Le 22 mars 2015 à 12h36

    J'arrive un petit moment après la bataille, mais à propos du peanut butter et de ses utilisations (en-dehors de nature avec une cuillère à soupe jusqu'à ce que ça reste coincé dans la gorge), il est possible d'en mélanger à du chocolat blanc fondu pour faire de petits "chocolats" (bien que cela ne contienne pas de chocolat...), ou alors salé, dans un curry de légumes!
    En tout cas merci pour cet article, je saliiiiiive !

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