Typologie des périls du ski

Pondu par Alfredette le 4 février 2013     

Alfrédette est allée passer quelques jours sur les pistes de ski. Elle en revient avec une typologie des trucs relous qu’on y subit.

Ah, février, doux temps du verglas, des pneumonies et des week-ends à la neige. Tu t’es délestée de deux ou trois organes vitaux pour partir à la montagne, et attends le jour du départ avec autant d’impatience que la réincarnation de John Lennon ? Alors laisse-moi te conter les périls qui risquent de jalonner ta route, et de transformer ton tendre week-end de ski en odieux stage de survie*.

*Bien entendu, toute ressemblance avec un week-end existant ou ayant existé serait purement fortuite.

Les transports

À moins d’habiter à Courchevel (ou d’avoir victorieusement triomphé des mille embûches du permis de conduire), il y a fort à parier que tu aies à braver les affres des transports en commun pour conquérir les cimes enneigées. Si tel est le cas, Tata Alfrédette a un sage conseil à te prodiguer : ne prends jamais le bus. Jamais. Car ce faisant, tu t’exposes à une marée de reflux gastriques (virages obligent), à un chauffeur qui retarde le départ de quatre heures en s’ouvrant l’arcade sourcilière (vécu), à un bus enneigé de l’intérieur, car ledit chauffeur a laissé la porte ouverte pendant trois jours (vécu), ou à une simple panne technique qui te forcera à attendre dans le froid par -10 degrés (ressenti -100) pendant quatre heures (vécu).

Moralité : Si au ski tu vas, pars en trottinette.

La bouffe

Parlons bien, parlons bouffe, et causons de ce drame national qu’est la nourriture sur les pistes. Entre les restaurants d’altitude, qui te proposent une omelette à un cinquantième de smic, des sandwichs gras et onéreux comme une mèche de cheveux de Justin Bieber (l’an dernier, Ellen DeGeneres en avait mise une aux enchères sur Ebay, et elle était montée jusqu’à 40 000$), et les buvettes en bas des pistes qui vendent des Coca au prix d’un paquet de blondes, se sustenter au ski peut coûter très cher. Et ce sans parler des victuailles proposées dans les hôtels : hier, au petit-déjeuner, nous avons dû choisir entre un yaourt périmé depuis janvier 2012, des céréales qui avaient l’aspect, le goût et l’odeur de tortillas, et des pâtes qui ressemblaient plus à une colonie de vers solitaires qu’à quelconque mets italien. Ambiance.

Moralité : Si au ski tu vas, des réserves de Chocapic tu feras.

Les fringues

Karl Lagerfeld et Donatella Versace ne cautionnent certainement pas les immondes combinaisons fluorescentes dont nous sommes obligées de nous parer pour ne pas finir congelées. Mais même si ces dernières sont fort pratiques, les porter est toujours infiniment embarrassant – surtout quand tu n’as pas eu le temps d’aller à Décathlon et que la seule tenue de ski que tu possèdes est la combi Marsupilami que tu portais en classe de neige, en l’an de grâce 1998.

Moralité : Si une certaine classe tu veux garder, daltonienne tu deviendras.

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Les lunettes en forme de coeur > n’importe quel masque Quechua.

La météo

Tu as vaincu les affres des transports, de la boustifaille et des fringues de ski. Fort bien, jeune padawan : Koh Lanta n’attend plus que toi. Mais sache qu’il te reste un grand péril à surmonter : celui de la météo. Car si le soleil n’est point au rendez-vous, et qu’une gueuse de tempête de neige se décide à squatter les pistes, tu risques de passer ton séjour au ski à jouer aux cartes avec tes compagnons d’infortune. Tristitude.

Moralité : Si au ski tu vas, Météo-France tu béniras

Les télésièges

Je ne sais pas vous, mais à chaque fois que je pose mon fessier sur un télésiège (après une heure de lutte à mort queue, donc), je tombe sur un voisin qui me rappelle combien la drogue, c’est mal. Hier encore, l’individu assis à mes côtés a eu la gentillesse de me rappeller que la soeur du cousin du toiletteur de son caniche était restée coincée dessus une nuit entière, et que « C’est quand même pas très solide, ces machins-là ». Autant vous dire que les dix minutes que nous passâmes ensemble furent longues, très longues.

Moralité : lorsque le télésiège tu prendras, n’hésite pas à crier quelque chose comme « J’ai une gastro-entérite et je saurai m’en servir ».

Les autres

Lorsqu’un certain Jean-Paul écrivit que « L’Enfer, c’est les autres », il devait certainement se trouver les quatre fers en l’air au beau milieu d’un mètre de poudreuse, bousculé par quelque snowboardeur maladroit. Mes bien chers frères, mes bien chères soeurs, unissons nos voix pour dénoncer un scandale plus ignoble encore que la victoire de Jenifer à la Star Ac en 2002 : j’ai nommé les gens sur une piste de ski. Parmi les pires spécimens que nous pouvons retrouver en ces lieux de perdition, citons :

  • Les étudiants avinés qui skient en chantant quelque chanson réprouvée par la morale catholique
  • Les bougres de bélîtres béotiens qui skient trop vite, oubliant que tu as raté ton flocon
  • Les handicapés de la neige qui mettent plus de temps à descendre une piste qu’à faire le Paris-Dakar en skateboard (ça, c’est moi)
  • Les boulets impénitents incapables de descendre une piste verte sans se muer en bonhomme de neige (ça, c’est moi aussi).

Moralité : Si tu me croises sur les pistes sans que nous entrions en collision, c’est que ton karma est très bon.

Et toi, quelles sont les choses qui te brisent les ovaires en mille morceaux sur les pistes ? Viens nous narrer tout cela dans les commentaires.

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Amoureuse des mots désuets et des métaphores vaseuses, Alfrédette officie sur Madmoizelle depuis l'an de grâce 2012. En attendant sa lettre pour Poudlard, elle est étudiante à Sciences-Pipo dans l'espoir de devenir dresseuse de pokémons. Dans la vie, elle aime jouer de la double-nasoflûte, porter des chapeaux, imaginer un futur radieux avec Adrien Brody, lire Miller et manger des flanbotti.

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Les 10 dernières réactions à cet article sur le forum

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  1. AnthraxAnthrax

    Le 04 février 2013 à 17:53

    Je citerais les gens dans les queues. Tu as droit au bâton dans les tibias/mollets, les gens qui foutent leurs skis sur les tiens, le truc bien sympa pour te bloquer et/ou les rayer, sans oublier cet éternel problème de non respect de l'espace personnel. Mais laissez moi au moins assez de place pour respirer bon sang.:scream:
  2. AlfredetteAlfredette

    Le 04 février 2013 à 17:55

    Posté par trigger
    Je suis absolument d'accord avec tout ca mais ce qui me fait m'interroger le plus est: comment fais-tu pour ne pas avoir les levres dessechees par l'absence de baume a levres indice 50 et ne pas avoir le rouge a levres qui coule a cause de la neige?!

    Quelle maitrise!

    Ah, mais le rouge à lèvres, c'était juste pour la photo : une heure plus tard, il coulait tellement que j'en avais sur le menton en que je ressemblais à quelque cannibale assoiffée de sang. Fail, donc.
  3. GlounsGlouns

    Le 04 février 2013 à 18:06

    Ne skiant que modérément, moi ce qui m'énerve vraiment, ce sont les autres. Quand tu te manges un gadin au beau milieu de la piste, tu les maudis les autres qui passent de tous les côtés à la vitesse de la lumière, t'empêchant de te concentrer pour arriver à te relever. Et quand en plus tu sais déjà pas te relever à la base, c'est relou (heureusement Papa est là pour venir à ma rescousse).
    Ah tiens, Papa aussi en fait il est relou quand il se prend pour le moniteur de ski de Jean-Claude Duss à vouloir m'apprendre le planter de bâton alors que je m'en sors très bien sans, et à skier comme un professionnel pendant que ma mère et moi galérons à descendre une piste bleue (bon, ça c'est en début de séjour, après une semaine on se fait des rouges faciles). Bon, évidemment c'est facile de faire son malin quand on est parti en classe de neige 10 ans de suite avec ses élèves de CM2.

    Ah, et sinon en deuxième position je citerais les gros groupes de danois qui foutent le bordel à moitié bourrés à 2h du matin dans l'immeuble (vécu il y a deux ans aux Arcs), et l'appartement minuscule parce qu'évidemment même après 30 ans de travail mes parents ne peuvent nous payer qu'un appartement de 30m², et donc tous les périls qui s'ensuivent quand on vit là-dedans pendant une semaine à 5 adultes:
    - une fois qu'on est assis chacun à sa chaise, on ne bouge plus
    - on entend Papa ronfler derrière la "cloison" de la chambre parentale
    - on entend Frangin 1 ronfler derrière le rideau qui sépare le couloir de la pièce à vivre
    - on entend Frangin 2 ronfler dans le lit du dessous (lits superposés dans le couloir si vous suivez bien)

    Mais bon, ce sont des sacrifices assez faciles à faire pour vivre une semaine face aux pistes et s'éclater in da snow même quand on maîtrise pas trop trop le chasse-neige ! Vivement dans 3 semaines !
  4. AzebanAzeban

    Le 04 février 2013 à 18:34

    Le monde c'est le truc insupportable n°1 (mais bon, je peux y aller hors saison, ouf^^), surtout les gens qui vont 4 fois plus vite que la vitesse qu'ils maîtrisent et qui sont des gros dangers publics…
    Sinon, moi je hais la piste qui a l'air toute gentille et qui en fait est monstrueusement verglacée (en même temps, je suis pas une bonne skieuse).

    Et aussi, le type qui skie avec toi mais qui ne se préoccupe pas DU TOUT de ton niveau. Et qui t'emmène sur des pistes (ou hors pistes…) trop dures pour toi parce que ça serait trop compliqué de s'arrêter pour te dire "moi je descend par ici mais tu devrais descendre par là".
  5. A.gatheA.gathe

    Le 04 février 2013 à 19:00

    Je pars au ski dans moins d'une semaine et pour la première fois. J'étais déjà flipée à la base mais là…En tout cas le coup de "J'ai la gastro" pour les télé-sièges me semble être une très bonne idée :yawn:
  6. laulau_croftlaulau_croft

    Le 04 février 2013 à 19:33

    Le pire du pire pour moi c'est le gens qui te montent sur les skis parce que les leurs sont des locations alors que toi tu as payer les tiens un bras ! :bomb:

    Et en second les bofs qui vont skier en jean avec l'écharpe d'un club de foot.
    ou encore :
  7. SeemstobegoodSeemstobegood

    Le 04 février 2013 à 19:46

    Mais si, c'est un vêtement sexuel la combinaison… Et super pratique, qui plus est ! :rotate:

    Il y a des trucs cool au ski, aussi ! Le froid polaire, les gerçures, les stalactites au bout du nez, tout ça… Ah ben non. (Roooh, j'exagère, pour sûr !)

    La sensation de glisse, l'impression d'être une sportive alors que trop pas, les paysages enneigés, les bouquetins, les marmottes qui emballent le chocolat Milka, l'air frais, le vin chaud du ski-bar, le tire-fesses, les monos de ski…

    La montagne, ça vous gagne ! :D
  8. katnissvswkatnissvsw

    Le 04 février 2013 à 19:55

    Je rajouterai le gamin mal élevé qui te fait tomber au départ du télésiège mais genre à 2 -3 mètres au dessus du sol.
  9. Paillette51Paillette51

    Le 05 février 2013 à 10:23

    N'étant allée que dans une petite station (on a pas tous le budget pour aller à Courchevelles, mesdames :innocent:), je ne me retrouve pas trop dans cette typo…

    Les transports : Déjà, nous on a tous bravés l'épreuve douloureuse du permis. Donc c'est parti en voiture…
    Mais pas évident quand on est pas habitué à rouler sur la neige à 10cm d'un ravin ! :scream:

    La bouffe : Là dessus on galère un peu aussi, parce qu'on avait misé sur la bouffe de l'auberge (peu cher), mais c'était pas top top… :D Donc on a bien fait d'emporter aussi de quoi grignoter ;)

    Les fringues : L'avantage d'être une noob en ski, c'est que j'ai jamais eu de fringues datant des années 90. On a du tout acheter chez décat', donc oui, on a bien pu se foutre de la gueule des autres :moqueur:

    La météo : effectivement c'est tout ou rien, en deux jours nous avons eu grand soleil et tempête de neige… Dieu bénisse les masques !

    Les télésièges : Là où on a été, c'était que des tire fesses :D Il n'y a pas de queue de ouf, et les gens sont polis, ne doublent pas, ne vont pas sur tes skis (ou alors c'est pas volontaire… hum…). Par contre, niveau flippe de te viander devant 20 personnes, on doit être à 8/10 de l'échelle du trouillomètre :erf: (9 quand le machin décolle d'un coup, 10 quand il s'arrête en montée)

    Et enfin les autres, que je ne jugerais pas trop, étant moi même LE boulet qui descend en chasse neige et en zig zag… J'aimerais juste ajouter une catégorie :
    - Les gosses hauts comme trois pommes qui skient tellement bien que t'as encore plus l'air d'une nase, et qu'à chaque fois que y'en a un qui te double en te frôlant, tu maudit ta mère de ne jamais t'avoir envoyé au ski quand t'était petite :crying:
  10. PepitozcrokettPepitozcrokett

    Le 05 février 2013 à 11:40

    Tres juste, ajoutons les chaussures qui font toujours mal, oui, mêmes celless à 300€ pour lesquelles t'as raketté toute ta famille, que le nez coule, etc.
    Mais le pire mal vient de l'intérieur c'est pourquoi j'ajouterais le chéri qui ne veut JAMAIS s'arrêter, pour qui 1 minute de pause est une minute perdue sur son plan karmique, qui veut manger sur le télésiège voire les fesses par terre dans la neige pour gagner du temps. Qui te traine sur les pistes jusqu'à ce que t'aies les cuisses en feu à un tel point que t'as envie de te mettre en position foetale là, devant la cabane à frite ou des snobinards crient bien fort leurs exploits imaginaires (Bernard il a pris la bosse à au moins 20 à l'heure!). Alors que moi ma passion c'est le vin chaud, le chocolat chaud, les transats au soleil et  lezarder dans mes moon boots après 58 min de ski environ. La montagne c'est plus fort que toi.

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