Typologie des pets

Après la typologie des pipis, une typologie des pets s'imposait (si si). Lola vous guide dans le monde enchanté et très nuancé des prouts.

Typologie des pets

D’après l’éminent et très sérieux dictionnaire le Littré, les pets se rangeraient selon le terme médical consacré dans la catégorie des flatulences, à savoir :

« collection de vents, c’est à dire de gaz, dans une partie quelconque du corps »

En effet, lorsque l’on ingère des aliments, ces derniers font d’abord un « arrêt » dans notre estomac qui les digère à l’aide du suc gastrique, puis la nourriture non assimilée s’achemine vers le gros intestin, où se trouvent des bactéries.

Celles-ci vont à leur tour se nourrir de tout ce qui n’a pas été absorbé par le corps pour son bon fonctionnement. C’est ainsi qu’elles libèrent des gaz qui, à force d’accumulation, finissent par être expulsés pour mener librement leur vie dans le grand monde.

A priori, rien de plus naturel donc que le fait de gazer.

Sauf que notre société et tous les codes de bienséance qui vont avec en ont fait un acte d’une innommable impolitesse. Vous serez sans doute surpris-es d’apprendre, comme je l’ai été moi-même en écrivant cet article, qu’une personne lambda pète tout de même environ quatorze fois par jour ! En fait, l’émission quotidienne de gaz est révélatrice du bon fonctionnement des intestins et donc d’une bonne santé.

Alors décomplexons : il est venu le temps de nous détendre du slip du derrière ! Assez tourné autour du pot, parlons peu, parlons pets.

Le pet discret, dit « le furtif »

C’est celui qu’on laisse sciemment s’échapper en un léger filet d’air, les fesses à demi-crispées, en louant tous les saints pour qu’il passe inaperçu. Ce qui, Dieu merci, est souvent le cas.

Et parce que le pet discret est quasi muet et tout à fait inodore, il est le pet parfait.

Le pet puant, dit « le nuage chimique »

Comme les autres de son espèce, il débarque souvent au mauvais moment, mais surtout au mauvais endroit — à savoir dans un espace réduit et généralement clos, concentrant à merveille son odeur nauséabonde. C’est le plus dévastateur socialement parlant.

C’est un peu Tchernobyl dans ton slip quoi.

J’ai connu une fille au lycée qui avait la malchance de vivre près d’une station d’épuration ; l’odeur fétide du lieu l’accompagnait jusque dans le bus, dans lequel tout le monde s’était accordé sur le fait qu’elle et ses pets en étaient la source. Autant vous dire qu’à défaut des garçons, le surnom « puduc » et son acolyte « le putois » l’ont poursuivie pendant des années.

Le pet bruyant, dit « le klaxon »

Lui c’est un petit rigolo, dans tous les sens du terme. Il se pointe au moment le plus inopportun, comme dans un blanc pendant un film en amoureux, dans un moment de détente entre copines, durant une conférence à la fac…

Et bien sûr, le comique a le sens du spectacle : il ne veut surtout pas nous faire la gentillesse, à nous et à ce qu’il nous reste de dignité, de passer inaperçu. Non, il préfère tirer sa révérence en empruntant la grande porte, et à défaut de nous faire sortir les violons, il annonce son envol en trompette.

Soit ça fait poiler tout le monde et finalement on sent qu’on a évité le pire, soit il laisse derrière lui un silence bien plus gênant que celui au cours duquel il a débarqué. En somme, il aime les départs en fanfare, ah ah.

Le pet sous les draps, dit « le plaisir coupable »

Ne faites pas les innocents, celui-ci aussi vous est bien familier. Si vous ne le faites plus maintenant, vous l’avez fait au moins une fois dans votre vie — peut-être lorsque vous étiez encore un enfant curieux et avide d’aventures, ou bien plus tard, un peu dégoûté, honteux mais l’esprit pas moins aventureux pour autant.

C’est le pet humé dans l’intimité de vos draps, un plaisir certes pas défendu mais toujours coupable, qui s’officie exclusivement seul — ou en couple pour les plus fusionnels, qui entendent TOUT partager.

Le pet à l’improviste, dit « le pet surprise »

Coucou, c’est moi !

C’est celui qui n’est jamais invité mais qui veut toujours être de la partie quand tu t’amuses : quand tu ris un peu trop fort lors d’une bataille de chatouilles, quand tu forces pour gagner vaillamment un bras de fer contre ton frère…

Tu l’auras compris, parce qu’il n’est jamais ni attendu ni bienvenu, on aurait aussi pu l’appeler : « Joe l’incruste ».

Le pet foireux, dit « la trace de frein »

C’est un marginal : toute son originalité réside dans le fait que même s’il peut passer inaperçu en société, il laisse tout de même une trace de son passage dans votre slip. Le revers de la médaille, en quelque sorte.

Le pet aquatique, dit « le jacuzzi »

Voici l’histoire d’un petit malin pas si malin que ça, ou la chronique d’un pet qui rêvait d’une échappée belle, discrète, furtive même, et dont la dérobade fit des vagues, enfin des bulles. Encore un triste naufrage donc.

Le simili pet, dit le « tire sur mon doigt »

Parce que c’est un imposteur, il est sans doute le plus détestable d’entre tous. Le simili pet, c’est celui inventé de toute pièce par de petits plaisantins à l’humour douteux, ceux-là mêmes qui posaient des coussins péteurs sur votre siège en 4ème B, ceux qui vous faisaient râler en proutant avec leurs mains/aisselles/genoux alors que vos essais étaient tous vains. C’est aussi votre oncle Jacky le chasseur, qui vous disait de tirer sur son doigt durant les interminables repas de famille…

Sa sonorité est médiocre, son odeur inexistante, et son potentiel comique plus que nul. Il ne devrait pas exister, il est à l’art du pet ce qu’est Cindy Sanders à la variété française : une injure.

Voyez-vous cela, tonton Jacky n’était donc pas le précurseur du jeu !

Et vous ? Quels sont les pets qui ont traversé votre vie, laissant derrière eux un trou béant où aujourd’hui seul s’engouffre le grand vent ?

En bonus, découvrez l’inénarrable pet de chevreuil !
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Voici le dernier commentaire en date :

  • Shinigamylle
    Shinigamylle, Le 13 juillet 2014 à 16h04

    Bahahahah ! Un article sur les prouts, comment j'ai réussi à ne pas le voir plus tôt ! (oui humour pipi caca quand tu nous tiens…)
    Bref, j'ai rigolé tout le long de ma lecture + la lecture des commentaires qui m'ont bien fait rire aussi ! Et aussi… J'ai dû lâcher facile une bonne dizaine de farts durant, je devais être inspirée…

    Sinon hé moi j'suis pas d'accord, mon papa est un fervent partisan du "tire sur mon doigt" mais par contre fait des prout MAGISTRAUX.
    Il nous a toujours éduquées, mes soeurs et moi, à prouter (car c'est pas bon pour la santé de se retenir dit-il et j'en suis persuadée), au grand malheur de ma mère qui est une grande pudique du prout.

    Bref, les prouts, c'est cool. Même si des fois les prouts surprises entre potes ont une odeur abominable, ça donne toujours une bonne grosse rigolade et ça c'est top. (et ça donne lieu aux prout vengeance comme l'a dit une Madz dans les commentaires, j'ai bien rien d'ailleurs !)

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