Ces trucs à savoir à l’approche des 25 ans

À l'approche de ses 25 ans, Sophie-Pierre Pernaut liste quelques changements minimes que ça implique — et dont elle aurait aimé prendre conscience avant.

Ces trucs à savoir à l’approche des 25 ans

Dans quelques mois, je franchirai le cap un peu flippant des 25 ans. J’aurai un quart de siècle. Je ne me sens absolument pas vieille, parce que 25 ans, c’est que dalle, et que mon manque sporadique de maturité me fait éteindre mon téléphone quand la banque tente de me joindre. Mais voilà, parfois, ça m’angoisse.

J’essaie de ne pas y penser, mais il m’arrive d’avoir du mal à ne pas pousser un cri d’effroi quand je prends pleinement conscience d’un truc qui a changé dans ma vie, rapport à mon âge.

Ça c’est ma tête quand je réalise que je vais bientôt devoir payer le TGV plein pot.

J’étais pas prête, putain. C’était pas ma guerre. Et il se trouve qu’une bonne partie d’entre vous êtes plus jeunes que moi, et que je vous aime suffisamment pour vous éviter une ou deux surprises fort désagréables. Voici les trucs auxquels il faut que tu prépares mentalement.

Je peux me souvenir de ce qu’il s’est passé il y a quinze ans

Avant, quand on me parlait d’un évènement vieux de dix, voire quinze ans, je haussais les épaules : comment aurais-je pu m’en souvenir ? J’étais soit trop petite, soit pas née. Maintenant, les choses ont changé.

Le mois dernier, on me parlait de la mort de Diana. J’ai alors dit « Ah ouais, moi je me souviens, je me levais, c’était un dimanche, je portais ma robe de chambre bleue et blanche et ma mère repassait quand je l’ai appris ». Mon interlocuteur, pour me faire plaisir, m’a complimentée sur ma mémoire : « c’était y a 16 ans quand même », a-t-il dit, impressionné.

SEIZE ANS, bordel. Je suis suffisamment vieille pour me souvenir d’un truc qui a SEIZE ANS.

Ça paraît, évidemment, absolument logique, mais quand on réalise soudainement qu’on est capables de se souvenir de ce qu’il s’est passé il y a plus de quinze ans, on comprend surtout qu’un jour, on se souviendra de ce qu’il s’est passé il y a vingt ans, puis trente, puis cinquante puis mille… Les souvenirs conscients, personnellement, sont comme le tabasco dans le jus de tomate qu’est ma vie : ça pique.

Ton visage peut éventuellement changer

Il faut savoir un truc : un visage, ça change toute la vie. Il change jusqu’à ce qu’on devienne physiquement adulte, et après il vieillit. Avec les os qui perdent du volume et tout. Certains organes, comme le nez et les oreilles, continuent même de grandir avec le temps.

Et autant j’étais préparée à me dire qu’un jour, j’aurais des rides et pas seulement une verticale au niveau des fesses, autant j’aurais bien aimé me préparer à ça. Aux cernes qui se creusent parce que mon manque de sommeil, invisible à l’oeil nu pendant longtemps, se traduit désormais par deux vanity-case sous les yeux, et au nez plus épais. J’ai mis une grosse vingtaine d’années à accepter mon visage que je trouvais trop « pipou » pour ma personnalité et en deux ans, ce trou de balle a décidé d’avoir les traits un peu plus durs. Bâtard.

En plus, cet après-midi, Myriam H., collègue sympa, m’a conseillé de commencer à muscler mon périnée. Depuis, je n’ai pas l’impression de ne muter que de la face.

Selfie.

Il devient plus compliqué de rencontrer de nouvelles personnes

Je dis pas que passé vingt ans, on vit reclus sans jamais sortir de chez soi, qu’on baisse la tête dans les transports d’un air triste et que les inconnus ne viennent plus jamais nous adresser la parole parce qu’on prendrait un air sévère d’institutrice des années 50. On ne regarde pas non plus les filles plus jeunes avec un mélange de circonspection, de mépris et d’envie.

Non, vraiment, les choses ne sont pas si désespérantes que ça, tant qu’on n’a pas choisi de faire de son existence un film de François Ozon. 

Ce que je dis c’est que, souvent, à 25 ans, les groupes d’amis sont suffisamment bien formés pour cesser d’accueillir un nouveau membre toutes les semaines. Et qu’une fois installées sur son lieu de travail, on connaît vite tout le monde. Et qu’à partir du moment où tes amis ont trouvé les études qui leur correspondaient et ont cessé de changer de cursus tous les ans, les nouvelles recrues se font plus rares.

Ce n’est pas forcément triste, c’est juste un peu moins exotique. La vie est toujours une fête, mais elle a un peu moins l’air d’une Skins Party.

Les gens ont plus tendance à te demander conseil

Régulièrement, je reçois des mails de petits frères ou soeurs de connaissance pour les renseigner sur mes études et mon parcours. Je me sens un peu comme une conseillère d’orientation, mais ça ne me dérange pas : j’essaie de faire ça bien, parce que je trouve ça cool de pouvoir aider les autres.

Mais quand je prends un peu de recul, je te raconte pas l’angoisse : on vient me voir, moi, parce qu’on estime que je suis suffisamment adulte pour être de bon conseil. Moi, qui me fais régulièrement réprimander par mes parents quand je rentre chez eux le week-end parce que je triture mes comédons, suis considérée par des personnes plus jeunes comme quelqu’un de mature. Ça fait tout drôle.

Le point culminant a tout de même eu lieu au printemps dernier, quand deux filles de dix-neuf ans un peu saoules m’ont demandée, alors que j’attendais mon tour aux toilettes d’un bar, de les conseiller sur des trucs à caractère sexuel. Ce que j’ai fait du mieux que je pouvais, certes, mais alors déjà je suis pas non plus une experte ès prostate et pour le coup, j’ai gravement eu l’impression d’être Brigitte Lahaie au micro de son émission de radio.

« Règle d’or : avant d’accepter que Régis ou Régine vous mette son pied dans l’anu’, assurez-vous qu’il ou elle n’a pas les ongles mycosés », que je leur ai dit. 

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  • Pandareine
    Pandareine, Le 4 novembre 2013 à 16h59

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