4 trucs pour régresser positivement

Entre le stade des gouzigouzis et l'obtention de ton diplôme d'ingénieur en science et génie des matériaux il s'en est passé des trucs. Mais revenir en arrière, ça n'a pas que du mauvais finalement.

4 trucs pour régresser positivement

Selon ce grand penseur qu’est Wikipédia, régresser s’apparente au fait de passer d’un état psychique a un état archaïque. Bien que je ne comprenne pas totalement le sens de cette phrase je note un mot qui tend a en ressortir gravement et à s’imprimer en gras dans mon crâne : archaïque –  pour sur, ça ne sonne pas aussi bien que « vacances » ou « Barbe à papa ». Arc-ha-hic, ça vibre plutôt avec le temps des dinosaures, des silex toussa toussa. Bref, régresser ne semble rien donner de bien bon.

Mais, il n’y a pas de mal à donner du old à moudre à ton cerveau de temps à autre. Les chercheurs appellent ça la régression positive. Alors que certaines personnes font face à des situations angoissantes par des comportements antérieurs – comme subitement manger le chaton d’en face, juste parce que quand tu avais six ans trois quart le siamois de ta tante t’avais vomi dessus – il est parfois constructif de regarder vers l’arrière. C’est le principe même de la régression positive : dépasser ses propres défenses et réactiver des choses positives. C’est le psychologue polonais Kazimierz Dabrowski qui a été le premier à mettre un nom sur cette manière de voir les choses, au service de soi.

Pour parler plus simplement, j’ai l’impression que le fait de régresser positivement marque surtout une vision de toi plus adulte. Assumer les choses que tu aimais quand tu avais six ans, c’est cool, et ça fait partie de ce que tu es.

Porter des culottes

Avant : Tu as porté des couches puis des culottes à pois sous des salopettes jaunes. Ça c’était jusqu’à ton année de CM2, lorsque Margot ramena fièrement son poster de Christina Aguilera qu’elle te montra rapidement dans les toilettes pendant la récré de quinze heures. S’offrit alors à toi l’étonnant monde des pantalons trop grands avec la taille trop basse et aux cuisses trop trouées – placard magique qui était formellement astreint à rester fermé (tes parents avaient l’esprit plus net que le tient, bizarrement). Puis advient le collège, terres arides où cartables à roulettes et autres accessoires Poivre Blanc ne faisaient pas long feu.

Ensuite il y a eu ton amie de 4èmeB qui profita du temps d’attente devant la cantine pour entamer une tirade vantant les mérites de la cordelette inaugurant depuis ce matin son entre-fesses. Que ce soit par pur plagiat ou par pseudo commodité, les nombreuses joies du string firent leur apparition dans ton tiroir peu de temps après.

Maintenant : À moins de le supporter complètement, tu ne devrais plus t’infliger l’insupportabilité d’un amas de tissus – certes petit, mais qui semble aussi pénible qu’une piqure d’ortie sur la deuxième phalange de ton gros orteil (sans ongles pour pouvoir te gratter). Les boxers c’est joli, mais cette vilaine habitude qu’a le coton à ne vouloir faire qu’un avec ton anu’ peut, à force, devenir la pire chose sur Terre. C’est à ce moment précis que la régression positive apparait.

La magie.

Au diable les préjugés sur ce triangle de tissus que certains pensent uniquement réservé à leur petite cousine. La culotte est la chose la plus cool du monde. Elle n’est pas laide et peut être bien plus sexy qu’un string fendu en fausse peau de bête morte. Porter une culotte te donne tout à coup un potentiel de cuteness aussi fort qu’une opération de sauvetage de bébés bélugas (si elle est rose/avec des chats/du liberty/ornée d’une princesse de Disney, c’est encore mieux). Tu te sentiras bien mieux en moins de temps que tu auras besoin pour dire « splipapaillettes » !

Assumer le fait de faire la sieste

Avant : À la maternelle tu adorais/détestais la sieste – quoi qu’il en soit, tu dormais une après-midi quasi-entière tous les jours. Quand tu as grandi et décrété que la sieste c’était « pour les bébés » tu as décidé de mettre de côté cette pratique triviale qui te faisait bien trop penser à ton arrière grand-mère et à Ronflex (#143 du Pokédex). Hier encore, tu refusais de tourner de l’oeil après la digestion intense d’un Sub’30 un peu trop épicé. Le soir, Tumblr te tenait bien mieux compagnie que ton oreiller.

Maintenant : Tu acceptes que même quand on a pas passé la quarantaine, se poser quelques instants pour ronfler c’est pas si mal. La sieste de tes cinq ans te rendait moins ronchonchon, il serait peu être temps de s’y remettre non ? Ok, peut-être que dans ton esprit il n’existe que deux types de spécimens adoptant une aptitude à pioncer royalement alors que le soleil est encore à son zénith : les gosses et les vieux. Tu t’enfonces alors le plus grand de tes dix doigts dans l’oeil ! Dormir dix minutes est la meilleure chose que tu puisses faire lorsque tu sens le stress s’emparer de ton âme – ou que ton patron arrive pour te parler et que tu as fêté la Bar Mitzvah de ton poisson rouge jusqu’à point d’heure.

Avant.

Après.

Mater une saison complète de Degrassi – Nouvelle génération

Avant : Tu avais douze ans et FilleTV venait de se pointer tel un messie de la chaine câblée. Tu matais en boucle le genre de séries censées t’apprendre la vérité sur le poil qui venait d’apparaître sur ton aisselle et sur la relation inquiétante que tu entretenais avec le poster du chanteur de Tokio Hotel. Tu ne ratais pour rien au monde ton rendez-vous Pyjama Party et tu ne manquais aucune occasion de prononcer le mot « Kawai » – en Big-up à cette émission trop coolos qui criait un peu trop fort. Et puis il y avait Degrassi, ce lycée parfait où tous les élèves arrivaient à s’attirer les pires problèmes de l’univers entier. Tu t’es délectée de chaque épisode comme tu le ferais désormais d’une bonne boisson de grand. Après, tu as grandi. Et tu es passé à des émissions beaucoup plus matures et élévatrices de l’âme : style Tellement Vrai.

Ça c’était quand même une sacré série.

Maintenant : Dimanche, seize heures, pluie, Coco Pops. L’heure de la procrastination a sonné mais tu as déjà épanché ta curiosité sur Facebook, alimenté ton Tumblr sur les nébuleuses et regardé tous les replay disponibles de C’est ma vie. Le problème parvient à te titiller l’esprit. Le pire ennemi d’un dimanche qui tue pointe son fourbe nez pointu : l’ennui. Alors là y’a pas trente six solutions du côté de la régression positive : soit tu pars faire une sieste – mais si tu as bien suivi les conseils de Soeur Mary-Eunice tu viens seulement de décoller (difficilement) tes paupières, donc pas terrible – soit tu ressors les dossiers télévisuels qui ont fait de toi, ton vrai toi. Que ce soit Degrassi, Friends, Vidéo Gag, Lizzie McGuire, Digimon ou Sailor Moon, une petite dose de nostalgie te feras beaucoup plus de bien que cinq shots d’expresso devant Des Racines et des Ailes.

Arborer un T-shirt Goonies Never Say Die

Avant : Petite, ton film préféré c’était Saturnin et la Fée pas comme les autres, ou à la limite Labyrinthe – avec David Bowie sexy en diable (moule kiki fourni). Puis tu es tombée amoureuse de Léo dans Titanic, d’Orlando dans Le Seigneur des anneaux et de Robert Downey Jr dans Iron Man. Et le petit canard vivant dans un monde où les facteurs sont des oies et où les chiens vont à l’école était bien loin et enterré dans un petit coin de ta tête. Le tout protégé par un panneau avec mille LED clignotantes esquissant les mots « C LA TEU-HON ».

Maintenant : La régression positive c’est aussi retendre les liens qui te tiennent à ton passé. C’est également défoncer les écriteaux de ta jeunesse pour piocher dans les petites choses qui ont fait de toi la MadZ qui tue que tu es aujourd’hui. Ensuite il suffit de les dépoussiérer un peu et de t’en faire comme un immense étendard que tu baladerais partout avec toi – pas pratique mais libérateur. Donc, cours vite t’acheter un T-shirt Pokémon et ressors tes chaussettes Winnie l’Ourson au lieu de les porter uniquement lorsque tu es seule.

Régresser un peu et renouer avec les choses que tu aimais ou que tu faisais il y a quelques années est un bon moyen de te sentir bien mieux. Crois-moi. Loin de te rendre plus crétin ou de te restituer ton acné et ta force extra-orale, tu te sentiras bien plus adulte. Je finirais cette formidable leçon de vie (n’est-ce pas ?) comme il se doit – par une superbe citation kitsch : « La connaissance, c’est partager le savoir qui nous a fait grandir » – Olivier Lockert. Voilà.

Quelles sont tes façons à toi de régresser de manière positive ? Non, se rouler par terre devant une paire de salomés vernies ne fait pas partie de cette manière de penser. 

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Madrina
    Madrina, Le 30 avril 2014 à 17h44

    J'adore regarder encore et encore les Disney, de mon enfance et ceux d'aujourd'hui, en chantant les chansons à tue-tête, et j'en suis fière ! :unicorn:

    et il y a peu de temps, je me suis achetée une magnifique culotte avec Panpan de Bambi dessus, il est trop mignon :culotte: <3

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