5 trucs auxquels on s’habitue quand on n’a pas de conversation

Parler avec des gens, c'est bien, sauf que parfois, il est difficile de se prendre au jeu de la conversation. Voici 5 trucs auxquels on s'habitue quand on oublie l'art rhétorique.

5 trucs auxquels on s’habitue quand on n’a pas de conversation

Dans la vie privée, au boulot, quand on rencontre des amis d’amis, ou de la famille d’amis, il y a toujours un moment où on doit faire la conversation à quelqu’un. C’est un concept très cool, que j’aime beaucoup ça la plupart du temps et dans lequel je m’en sors bien.

« Malheureusement » (je mets des guillemets parce qu’il faudrait pas en rajouter trois couches non plus), je ne suis pas toujours bonne dans l’exercice. Parfois, il suffit d’un rien pour que je devienne un peu nulle niveau papotage. Ça m’arrive même avec les personnes dont je suis très proche : je ne sais plus quoi leur dire, mais c’est pas grave, les silences ne sont pas impressionnants. On n’a pas de sensation d’avoir quelque chose à prouver quand on est face à un ami ou un parent qui sait qu’on n’est pas stupide.

Forcément, quand on n’a pas (ou peu) d’intimité avec l’interlocuteur/l’interlocutrice, qu’on n’est pas en plein flirt ou quand on ne lui parle pas de trucs précis dans un contexte particulier, c’est vachement plus difficile de vivre sereinement ce genre de moments. Et c’est sur cette « gêne »-là que j’ai envie qu’on se concentre ensemble.

Amis, amies de la conversation, prenons-nous la main (la mienne est moite, parce que je me suis stressée toute seule pour me mettre en conditions) et revenons sur les trucs récurrents de quand on n’a pas de conversation.

La sensation d’être abandonné

Être dans une phase où on n’a pas de conversation quand on est dans un bavardage de groupes, ça va, ça passe. Les attention whores dans mon genre peuvent éventuellement mal vivre le fait de ne pas être à l’origine des meilleures blagues, mais c’est relativement reposant.

Cependant, ce repos n’est pas éternel.

Est-ce que tu as déjà vécu ce sentiment terrible d’abandon, quand tu discutes en groupe d’amis, et qu’une à une, tes connaissances les plus proches s’en vont se chercher un verre/passer un coup de fil/fumer/uriner/arroser des plantes/les deux en même temps, et te laissent seule avec la personne du groupe que tu connais à peine ? Moi, oui. C’était pas simple.

La solitude à deux. Une allégorie. — Huile sur canvas.

Tu sais, ça fait un peu ascenseur émotionnel de la sociabilité : tu t’amuses, tu ris, tu papotes et d’un coup, tu réalises qu’alors que l’échange reposait sur sept personnes, vous n’êtes plus que deux. Tu ne t’étais pas préparée à cette éventualité. C’est une sensation qui me rappelle les moments où un fou rire se transforme en malaise, pour diverses raisons :

  • parce que tu as fait la vanne de trop, celle qui allait trop loin, et que ça casse l’ambiance
  • parce que t’es en cours et que tu te fais engueuler
  • parce que t’as pas vu que le petit bonhomme était rouge et que tu te fais klaxonner
  • parce que soudain, tu te rappelles que tu stresses à mort pour l’exam/l’entretien/le premier jour de boulot auquel tu vas assister le lendemain et que c’est justement pour ça que tu as eu envie de rire
  • parce que tu viens de voir un géranium. Y a des gens phobiques si ça se trouve alors je mets cette possibilité au cas où.

Regarder ailleurs, à la recherche de quelqu’un de plus bavard

Si un jour, tu discutes avec quelqu’un et que tu le vois parcourir la salle des yeux, sache que ce n’est pas contre toi : crois-moi, il/elle fait ça pour ton bien. Je suis bien placée pour le savoir puisque je suis l’une de ces personnes (au cas où tu prendrais cet article en cours de route sans avoir lu le synopsis). Ça part d’une bonne intention.

Par contre si y a un regard dans ce style, fuis cette personne fort ronchonne.

Cette intention, quelle est-elle ? Je te le donne en mille : croiser le regard d’une personne qu’il/elle connaît, dont la conversation ne contient pas de creux, afin de l’inclure dans la séance de bavardage pour que ses propres silences et bafouillages passent inaperçus.

Blagues nulles et pas toujours assumées

Je sais pas si c’est ton cas, mais moi, j’ai tendance à me réfugier derrière l’humour quand je ressens un truc pas super agréable.

Si tu savais le nombre de fois où j’ai RÉELLEMENT fait la blague du pingouin qui respire par le cul pour me donner une contenance lors d’une conversation où ma rhétorique est naze, tu me regarderais peut-être pas du même oeil.

À lire aussi : Les trucs qu’on fait pour se donner une contenance

L’angoisse de ne pas pouvoir rebondir

Ce n’est pas parce qu’on n’a pas tout le temps la conversation sémillante et vibrante qu’on ne sait pas rebondir sur ce que disent les autres.

Personnellement, je compte même beaucoup sur ce que mes interlocuteurs me disent, parce que dans les moments gênants, j’ai besoin d’un point d’appui pour lever un peu mes fesses du sol de la parlotte. Je m’en sors presque toujours super bien : ça consiste à relancer, à creuser et à s’intéresser. Je suis plus habituée à écouter et écrire qu’à parler et lire, ceci expliquant cela.

Mais parfois, c’est le blackout : tu perds le fil de la phrase parce que t’as croqué trop fort dans une chips, ou parce que quelqu’un a éternué derrière toi, tu ne sais plus quoi répondre, tu perds tes moyens.

Ça ne veut même pas forcément dire qu’on est timides. Ça veut juste dire qu’on est un peu faillibles sur quelques petits trucs. C’est pas bien dramatique, tout ça.

Tout verbaliser

Que faire quand on a envie de dire un truc, mais qu’on trouve rien de drôle, de sympa, d’intéressant à balancer ? En état de semi-panique, je choisis malgré moi, après vingt secondes de silence, de verbaliser des trucs vraiment nazes, comme « j’ai faim », « j’ai froid » ou « j’ai envie de manger des pâtes ». La fille chiante, quoi. Tellement, tellement chiante. Il m’est même arrivé une fois de sortir un « je sais pas pourquoi, je suis vachement ballonnée en ce moment, ça doit être ma marque de céréales », avant de réaliser ce que je venais de faire.

Du coup, j’essaie d’apprendre ce sketch des Nuls par coeur parce que quitte à dire un truc chiant autant y foutre le paquet :

Il y a encore le niveau au-dessus, qui revient à aller jusqu’à verbaliser le mal-être qu’on ressent, du genre « haha, pardon, je dis de la merde, c’est parce que cette conversation est gênante, on dirait qu’on est chiants ». Quand je me retrouve face à des verbaliseurs ou verbaliseuses de ce genre, je te jure que je ressens un soulagement énorme de voir que je suis pas la seule à souffrir.

Contre toute attente, c’est plus efficace que n’importe quel marteau pour briser la glace. Faudra que j’y pense, à l’avenir.

T’es dans mon cas ? Allez, on dit qu’on s’en fout. Mais en attendant, viens nous raconter quelles sont les caractéristiques les plus récurrentes de ton « manque » de conversation !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Zgu
    Zgu, Le 7 octobre 2014 à 13h09

    @CharliePenny Fraser bravo :top: De mon côté je me suis pas trop forcée non plus mais il y a eu quelques fois où j'ai du parler fort pour faire entendre ma vanne et LES GENS ONT RI :paillettes:
    Puis j'ai retrouvé des personnes que j'avais pas vu depuis longtemps donc on a eu de quoi papoter.
    Mais comme toi le soir j'ai eu du mal à m'endormir alors que j'étais naze. Le cerveau toujours en mode blabla :lol:

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