Les gens en trottinette, ces dangers publics qui s’ignorent

Les trottinettes ont l'air très sympathiques à première vue, mais en vérité, elles sont fourbes. Enfin surtout leurs propriétaires. La preuve.

Les gens en trottinette, ces dangers publics qui s’ignorent

En général, j’aime beaucoup les mots qui terminent en « -ette ». Je trouve qu’ils ont quelque chose de rieur, de gentiment chafouin, comme « croquette », « boulette », « chouette », « galipette »…

Mais il y a un traître. Un mot faussement sympathique : j’ai nommé la sournoise « trottinette » (ou patinette, selon les usages).

L’enfant en trottinette, un danger public à roulettes

Les parents qui offrent à leurs enfants une trottinette semblent avoir oublié qu’ils ne les ont pas conçus avec une direction assistée. Pourtant la vie ne cesse de fournir des indices au quotidien : un enfant lambda se prend assez régulièrement des coins de mur droit dans le faciès, se vautre au moindre petit alizé et semble peu capable de marcher dans un endroit fréquenté sans tâter le moelleux du manteau d’un•e inconnu•e. Il a également tendance à barrer subitement le passage des badauds bougons, hypnotisé qu’il est par une vitrine animée ou un étalage de bonbons.

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Les enfants ont aussi la manie de paumer leurs parents dans une foule, voire de confondre n’importe quelle dame avec leur illustre daronne. De toute évidence, ils ne sont pas prêts pour conduire, même un véhicule non motorisé.

Freiner en trottinette, prochaine mission impossible d’Ethan Hunt

Un autre point qui me semble important à soulever, c’est le frein installé à l’arrière de la trottinette. Pour replacer les choses dans leur contexte : on laisse les enfants débouler à toute vitesse sur le trottoir, là où les piétons flânent ou marchent d’un pas assuré vers leur prochain rendez-vous.

Logique, donc, que le risque de collision se concrétise. Estimons un temps de réaction d’une certaine longueur (en partant du principe que l’enfant parvienne à réagir et ne reste pas les yeux écarquillés sans rien faire, pris de panique), associé à un effort physique consistant à lancer son pied vers l’arrière et appuyer sur le frein pour que le véhicule cesse sa course enragée. Vous l’aurez compris, le crash est quasi-inévitable.

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Figure 2 : enfant ne contrôlant plus sa trottinette

Enfin, notons que ce véhicule est certes plus pratique à emmener partout, mais bien plus fatigant qu’un vélo en termes d’activité de plein air. Le parent sait donc qu’en cas de longue balade, à un moment, il devra la porter, cette trottinette. Et avec le petit balancement de la démarche, elle vous donne des petits coups pointus dans les cuisses. C’est douloureux.

J’en viens donc à poser la question suivante : les parents achetant à leurs rejetons une trottinette aiment-ils véritablement leurs enfants et le reste du monde ? 

Les adultes en trottinette, un peu trop confiants

Mais rétablissons maintenant la justice : les adultes en trottinettes sont bien pires que les enfants. Eux ont la confiance. Eux n’ont pas le guidon qui tremblote quand il y a du monde sur le trottoir. Ils filent aussi vite qu’un nyan cat à des vitesses indécentes, comme si l’absence d’essuie-glaces sur leur véhicule faisait d’eux des piétons ordinaires. Cette vitesse élevée vient probablement du fait que ces trottineurs imaginent qu’ils sont aussi fins que leur machine. Sauf que non, ils sont beaucoup plus larges et ne passent pas entre deux personnes sans embarquer au passage un cabas Monoprix !

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Arrête de faire le malin. 

Ils pensent que c’est drôlement pratique leur machine : ça se promène partout, même dans les transports. Ils oublient qu’on ne peut pas poser la bête, même pliée, sans qu’elle ne se mette à rouler toute seule à la moindre secousse (souvent pour aller s’échouer contre une cheville qui n’avait rien demandé à la vie). Ils oublient que c’est un objet plein de coins pointus, peu agréable à recevoir dans le gras du bide quand on s’entasse dans le bus. Ils oublient qu’ils vont avoir le cheveu collé frontal et l’auréole à la prochaine réu, vestiges d’un effort physique plutôt comique lorsqu’il est exécuté en costard.

En bref, la trottinette ne devrait pas être manipulée sans être titulaire, au minimum, du BSR. En attendant, faites attention quand vous tournerez à la prochaine rue, qu’une patinette sauvage ne vous lance pas son attaque « charge »…

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Feudartifice
    Feudartifice, Le 27 janvier 2016 à 19h42

    J'ai jamais compris l'intérêt de la trottinette, moi ç m'énerve plus qu'autre chose d'en faire
    mais alors le roller, le roller c'est génial !

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