« Trop bonne, trop conne » : comment arrêter d’être « trop gentille » ?

Être gentil•le, un défaut ? Certainement pas... À condition de ne pas en souffrir. Alors, comment ne pas se faire marcher dessus quand on a tendance à tout laisser passer ?

« Trop bonne, trop conne » : comment arrêter d’être « trop gentille » ?

Il y a quelques années, j’ai rencontré un mec en soirée qui a insisté pour m’offrir tous mes verres. Il avait 30 ans et un travail mais vivait pourtant toujours chez ses parents. Quand je lui ai demandé pourquoi il n’avait pas son propre appartement et il m’a répondu :

« Je n’ai pas les moyens car je suis trop gentil. J’offre des verres, des restaurants à tout le monde. C’est mon plus grand défaut, ma gentillesse. »

Plus tard dans la soirée il m’a fait des avances que j’ai refusées. Je me souviens encore l’entendre rouspéter, disant qu’il ne comprenait pas, qu’il avait été gentil pourtant. Moi, je me suis cassée. Je n’avais pas vu de gentillesse dans sa démarche, plutôt un gros masque flouant la personne qu’il aurait pu être.

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Il n’a pas été gentil, il a juste cherché à me brosser dans le sens du poil sans jamais me contredire.

Au-delà de cet argent dépensé, à aucun moment il ne s’était montré lui-même. Il ne faisait que me brosser dans le sens du poil, ne cherchait jamais à me contredire. Quand je le taquinais, c’est tout juste s’il ne s’excusait pas de me laisser cette opportunité.

Dans un sens, je le comprends car j’ai eu la même démarche dans le passé : tout faire pour plaire à tout prix et ne pas heurter les autres quitte à m’oublier. Sauf qu’être gentille ne m’a jamais attiré plus d’ami•es. En revanche, j’ai souvent eu droit à des petits cons profitant de la situation. J’ai moi-même été une petite conne avec ce mec en acceptant tous ses verres tout en le trouvant nul.

Un jour j’en ai eu marre. Je me suis rendue compte que ça me faisait plus de mal que de bien. Alors j’ai changé.

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Être gentil pour les autres (et non pour soi), ça n’a aucun intérêt

J’ai longtemps eu extrêmement peur du regard des autres et, encore aujourd’hui, j’ai souvent du mal à le gérer. Avoir l’impression de décevoir me fendait le cœur.

Bien entendu, ça a eu des côtés positifs dans ma vie. Par exemple, j’ai toujours été très efficace dans mon travail de peur de décevoir mes employeurs ou mes parents. Sauf que ça aurait été quand même mieux que toutes ces performances, j’y arrive pour moi et non pour les autres, non ?

Ma vie, je la vis dans ma tête, non pas dans celle des autres. Écraser mon ressenti pour que d’autres le vivent bien est inutile. Alors voici les astuces que j’ai utilisées pour arrêter d’être la gentille dans le but de devenir simplement moi-même.

Faites la balance entre votre ressenti et celui des autres

On est d’accord : heurter gratuitement quelqu’un est sans intérêt. Mais à force de vous restreindre, vous risquez de passer à côté de vos propres envies et de votre propre personnalité.

Quand vous sentez que quelque chose ne vous va pas, faites le point : qu’est-ce que vous n’aimez pas dans cette situation ? Est-ce le comportement de l’autre ? Le regard qu’il vous porte ? Vous-même ? Êtes-vous forcément le/la fautive ?

Essayez de jauger avec du recul : vous avez certainement envie de réagir d’une certaine manière. Comment pourriez-vous faire autrement ?

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Posez des limites

Vous pourriez réagir autrement… Ou pas, donc. À partir de là, il est très important de se fixer des limites pour savoir quel est le maximum que vous supportez. Quand quelqu’un a un comportement qui vous déplaît, il faut réussir à faire une balance équitable, cette fois entre ce que vous pensez juste et ce que vous pensez pouvoir endurer.

Être capable de survivre à une situation ne veut pas dire bien la vivre.

Beaucoup de gens sont trop gentil•les uniquement parce qu’ils se sentent capable d’accepter bien pire. Mais être capable de survivre à une situation ne veut pas dire bien la vivre, et là est toute la nuance.

Par exemple, il peut être excusable qu’un pote arrive en retard une fois sans trop donner de raison. Ce n’est pas grave, même si ce n’est pas agréable. En revanche, c’est embêtant quand ça arrive à chaque fois. La limite se trouve idéalement au moment où on bascule de l’acceptable à l’abusif. C’est à ce moment là qu’il faut réagir.

N’ayez pas peur de déplaire

Malheureusement, personne ne plaît à tout le monde. On peut bien sûr optimiser ses chances, se rendre plus aimable… Mais il faut garder en tête que les gens appréciés ne sont pas ceux qui sont gentils par peur de déplaire, plutôt celles et ceux qui savent poser des limites quand ça va trop loin.

Essayez sur une petite action d’être impertinent•e, de ne pas être celle ou celui qu’on attend de vous. Pas besoin de faire quelques chose de fou.

Un de mes exercices au début était de ne plus laisser passer quand mes voisins ou collègues ne répondaient pas à mon « bonjour ». Alors je répétais mon « bonjour » de plus en plus fort jusqu’à ce qu’en face, l’autre réagisse. Ça a toujours marché et j’en suis toujours ressortie un peu plus fière et confiante. Être gentille c’est une chose, avoir le respect en est une autre.

La critique en trois temps, idéale pour se faire respecter

Enfin, ma solution idéale pour ne plus être trop gentil•le se fait avec une critique en trois temps. Dans un premier temps j’exprime le problème, dans un second je donne mon ressenti, dans un troisième je propose une solution.

Par exemple, ça pourrait donner :

« Quand tu tapes des pieds (le problème), moi ça m’énerve (expression de son ressenti). Est-ce que tu pourrais arrêter s’il te plaît (solution) ? »

Sinon, je ne peux que vous conseiller l’article sur comment critiquer sans braquer qui expose tout un tas d’idées pour pouvoir en faire en comprenant les autres et sans braquer.

Être gentil•le n’est pas un défaut !

Enfin, je rappelle qu’être gentil•le n’est pas un défaut. Penser aux autres est très important et l’empathie est l’une des qualités que j’apprécie le plus chez les autres (et je ne suis pas la seule).

Ce qui est un défaut, c’est d’avoir peur du regard des autres, de ne plus réussir à penser à soi et à son ressenti, de ne pas savoir poser de limites et finalement de se faire écraser, de ne pas s’autoriser à être la personne que nous sommes.

Ce qui est bien, c’est qu’on peut tout à fait résoudre ça tout en restant quelqu’un de gentil. Il n’y a pas d’un côté les gentil•les et de l’autre les méchant•es. Il y a juste toute une palette de personnalités réagissant différemment. Alors exprimez-vous comme vous êtes et vivez heureu•x•ses !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Illyria
    Illyria, Le 6 octobre 2016 à 21h20

    J'ai toujours eu un problème avec cette expression et j'en aurai toujours un je crois.
    Je suis de nature gentille, je ne calcule pas ce que je fais pour savoir si ça paraît trop ou pas assez gentil...j'arrive pas à comprendre comment on peut être "trop" gentil. Pour moi on l'est ou on ne l'est pas.

    Être gentil ne veut pas dire être naïf.

    Je fais spontanément ce qu'on nomme des choses "gentilles", mais je n'attends rien en retour. Évidemment certains en profitent, et généralement ce sont ceux qui n'ont aucune importance dans ma vie, donc je m'en fiche un peu.

    Non, vraiment, j'arrive pas à comprendre cette expression.

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