Tout sur ma mère, le classique ciné de la semaine pour briller en société

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En 1998, Pedro Almodóvar signait Tout sur ma mère, une immense déclaration d'amour aux femmes, que Kalindi met à l'honneur dans son « classique de la semaine ».

Tout sur ma mère, le classique ciné de la semaine pour briller en société

Il y a quelques semaines, je vous écrivais un article sur Chavela Vargas, une artiste féministe qui a prêté son nom à un joli documentaire, dont madmoiZelle était la fière partenaire.

Ledit documentaire était en partie narré par l’homme dont il est question aujourd’hui.

Un cinéaste aux très jolis succès, qui place l’humain, et surtout la femme, au centre de tout.

Chavela, sa longue tresse, et sa guitare.

Pendant de longues années Pedro Almodóvar a posé son regard bienveillant sur la grande Chavela, comme il le pose sur toutes les femmes. Pour elle, il écrira une lettre, commençant par ces quelques mots :

« Pendant 20 ans je l’ai cherchée, sur les scènes où elle se produisait habituellement, et du jour où je l’ai enfin trouvée, dans la minuscule coulisse de la Sala Caracol à Madrid.

Il m’a fallu vingt ans de plus pour m’en détacher, jusqu’à cet adieu interminable, sous le soleil irritant madrilène. »

Des mots d’amitié à une artiste qui nous a quittées il y a des années.

Parce qu’il est comme ça, Pedro Almodóvar. Quand il aime, c’est furieusement, à la manière des personnages qui peuplent ses films.

Et encore plus celui qui va suivre…

Tout sur ma mère, de quoi ça parle ?

Tout sur ma mère (avec Cecilia Roth, Penélope Cruz, Marisa Paredes et Antonia San Juan) fait le portrait de l’amour immense. Celui que l’on développe pour un amant, une amie, une rencontre ou un enfant.

Un amour perdu qui bousille la vie de Manuela, une infirmière passionnée de littérature.

Son fils unique l’emmène un soir au théâtre voir Un Tramway nommé désir. Au sortir de la pièce, Esteban se fait renverser par une voiture, sous les yeux désespérés de sa mère.

Rongée par le chagrin, Manuela part à la recherche d’un homme qu’elle a aimé avec ardeur : le père de son fils…

Tout sur ma mère, auréolé de succès

Sorti en 1998, Todo sobre mi madre, de son titre original, a su mettre tout le monde d’accord.

Il a été récompensé par le Prix de la mise en scène au Festival de Cannes, le César du meilleur film étranger, l’Oscar du meilleur film en langue étrangère, 3 Goya (dont meilleur film).

De prestigieuses récompenses qui viennent assoir le talent du créateur de Attache-moi, Talons aiguilles, et Parle avec elle.

Les personnages atypiques de Tout sur ma mère

Almodóvar aime capturer les instants de vie de ceux qui sont les oubliés du monde. Ceux qu’on laisse trop souvent sur le bas-côté.

Comme à son habitude, il dresse le portrait d’êtres humains faillibles, qui évoluent en-dehors des convenances, au-delà des normes sociales.

Se mêlent les destins d’une actrice lesbienne, de son amante accro à la cocaïne, d’une mère en deuil, d’une religieuse séropositive enceinte d’une femme trans…

Oui, je sais : sur le papier, ça sent le film tire-larmes à plein nez. Lorsque j’ai lu le synopsis de Tout sur ma mère pour la première fois, il y a longtemps, j’ai eu envie de filer un coup de fil à Almodóvar pour lui dire :

« T’en fais trop Pedro ! »

Mais le trop prend, chez Almodóvar, des airs d’évidence… Et j’en redemande.

Le théâtre, au centre de Tout sur ma mère

C’est avec une maturité éclatante qu’Almodóvar a pensé son film.

Il l’a construit comme une pièce de théâtre en plusieurs actes, dans lesquels s’entrelacent mille références, et place ainsi la dramaturgie au coeur même de son intrigue.

Immense déclaration d’amour aux actrices, Tout sur ma mère s’articule autour d’une pièce de théâtre qui a changé la vie de tous les protagonistes du film, qu’ils aient joué dedans ou qu’ils l’aient juste aimée : Un tramway nommé désir.

Une pièce écrite par Tennessee Williams en 1951.

Le théâtre, c’est ce qui anime presque tous les personnages désincarnés de Tout sur ma mère. Un art qu’ils vivent avec fureur. La même fureur que Stella, Stanley et Blanche, dans Un Tramway nommé désir

Une oeuvre dans une oeuvre, voilà ce qu’a créé Almodóvar.

Les femmes sont au coeur des films d’Almodóvar

La femme plurielle est au cœur de tous les films du cinéaste. La femme complexe mais décomplexée, à l’image de Rossy de Palma, l’une de ses muses.

Vous savez pourquoi ? Tout simplement car sa mère et sa soeur ont été les héroïnes de sa vie. En grandissant à leur côté, en les regardant vivre, il a développé pour elles un amour infini.

De l’amour, d’ailleurs, Almodovar en a à revendre. Il l’a prouvé mille fois dans ses films, en sublimant les femmes qui l’inspiraient.

En couple depuis longtemps avec un homme, il a d’ailleurs admis que la seule femme qui aurait pu le faire « changer de bord » est Pénélope Cruz, l’une de ses comédiennes fétiches !

Pour résumer, Tout sur ma mère est un appel à l’amour infini. Un film que Pedro Almodóvar a dédié à Bette Davis, Gena Rowlands, Romy Schneider — des actrices qui ont joué les actrices…

Et la boucle est bouclée.

À lire aussi : Le Tombeau des lucioles, le classique (déprimant) de la semaine pour briller en société

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Commentaires
  • Kalindi
    Kalindi, Le 28 novembre 2017 à 14h55

    Simone castor
    Tout sur ma mère, c'est le premier Almodovar que j'ai vu, et c'est toujours mon préféré. Toutes ces femmes sont magnifiques, et Cecila Roth prend aux tripes avec son regard et sa force.
    Kalindi, tu choisis bien tes classiques !
    Merci beaucoup, ça me fait vraiment plaisir :) !

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