J’ai tout plaqué pour partir en voyage — Témoignages de madmoiZelles

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Tout plaquer pour partir en voyage, beaucoup en rêvent mais ces madmoiZelles l'ont fait ! Elles nous le racontent à l'occasion de la sortie d'American Honey le 8 février.

J’ai tout plaqué pour partir en voyage — Témoignages de madmoiZelles
Ce dimanche, on vous emmène en voyage ! Entre les vacances scolaires, l’été à préparer et les billets à réserver, bien des gens ont des envies d’ailleurs. Et si ton style c’est plutôt le cocooning, tu peux aussi voyager depuis le fond de ton lit ! Allez, monte sur mon tapis volant : direction #VoyageVoyage et ses endroits magiques !

Cet article a été rédigé dans le cadre d’un partenariat avec Diaphana
Conformément à notre Manifeste, on y a écrit ce qu’on voulait
Publié initialement le 7 février 2017

Nouveau film d’Andrea Arnold après notamment Fish Tank, American Honey suit Star, une jeune texane qui part à l’aventure avec un groupe de vendeurs de magazines à travers les États-Unis.

Elle laisse tout derrière elle pour ce voyage imprévisible, qui va bouleverser sa vie.

À l’occasion de la sortie du film, des madmoiZelles nous ont raconté comment elles avaient tout quitté pour partir à l’aventure.

Pourquoi tout plaquer ?

Les madmoiZelles qui ont quitté tout leur quotidien l’ont généralement fait parce qu’il était devenu synonyme d’enfermement. C’est le cas d’Alison :

« Je n’étais tout simplement pas heureuse dans ma routine de vie. Le cycle métro boulot dodo m’épuisait, ne m’épanouissait pas.

Je rêvais constamment de tout plaquer, de partir à l’aventure sans savoir de quoi demain serait fait. J’ai toujours eu un esprit rebelle ; faire partie d’une case, être en règle avec ce que la société veut de toi ne me convenait pas.

J’ai plaqué mon boulot qui était de gérer des restaurants, j’ai rendu mon appartement dans la foulée. J’ai déposé mes chats et mes affaires chez mes parents, pris un peu de temps pour économiser, peaufiner mes projets et surtout trouver le courage de me lancer. »

Theodora ne voulait pas non plus d’une vie routinière — du moins pas tout de suite :

« J’ai tout quitté il y a maintenant deux ans, après avoir fini mes études. Je voulais partir depuis un moment déjà mais je ne me sentais pas prête, pas assez mature, et j’étais qui plus est dans une relation sérieuse.

Quand j’ai fini mes études, je me sentais prête et me disais que c’était le parfait moment car j’étais à la croisée des chemins.

Et puis j’avais peur de débuter une vie « d’adulte », de commencer à travailler et de m’installer quelque part en m’enfouissant dans une vie toute tracée et routinière…

J’étais curieuse, désireuse d’aventure et de folie. C’est l’Australie qui m’attirait, de par tout le bien que j’en entendais à droite à gauche et la facilité de s’y rendre grâce au PVT.

J’ai travaillé quelques mois en tant que serveuse pour mettre assez de sous de côté pour partir. »

Maëlys a bientôt 21 ans. Elle a tout plaqué en septembre dernier pour partir en voyage.

« À vrai dire, j’ai tout plaqué un peu avant ça. L’année dernière, je me retrouvais après une première année de fac qui ne m’avait pas plu, j’avais trouvé un job pour travailler avec les enfants à l’école (périscolaire), et j’étais à la recherche de ma « voie » comme on dit.

Et puis il y a eu le 13 novembre, et ma cousine, âgée de 30 ans, qui y est décédée. Je suis alors passée d’une année de travail tranquillou à me demander « mais qu’est-ce qu’on fout sur Terre si c’est pour mourir si jeune ?! ».

Et des questions il y’en a eu d’autres, plein même, qui tournent en boucle et qui font partie du deuil je suppose.

Et puis c’était de moins en moins facile, je refoulais tout, je suis tombée souvent malade et je me suis renfermée sur moi-même.

D’un coup ça a été évident : il fallait que je parte. J’ai ensuite tout organisé, toute seule, avec l’argent que je gagnais, pour partir à la rentrée de septembre. Heureusement j’avais le soutien de mes proches, mais c’est bien ce projet qui m’a fait finir l’année. »

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Salomé a quitté son CDI rare et son appartement formidable pour commencer un chapitre complètement différent :

« Je traînais ce projet de partir voyager depuis un certain nombre d’années, depuis le lycée en fait. Lorsque j’ai trouvé que c’était le bon moment, j’aurais pu prendre un congé sabbatique d’un an pour être sûre de retrouver mon boulot, sous-louer mon appart’ pour reprendre mon quotidien à mon retour, mais non.

J’ai préféré tout quitter pour clore le chapitre de ce que j’avais construit jusque-là et pouvoir en écrire un nouveau avec ce voyage. Je ne voulais pas que cette aventure soit juste une parenthèse dans mon quotidien.

Je veux vivre ma vie comme j’en ai envie et non pas en fonction de la pression que la société veut me mettre sur les épaules. Je pense que c’est aussi pour ça que j’ai tout plaqué.

J’ai donc mis un gros strike dans ma sécurité financière et matérielle, pour aller vivre mon plus grand rêve. »

Et ce grand strike ne se fait pas toujours complètement dans la sérénité.

Le saut dans le vide

Alison se souvient :

« Le plus difficile a été de trouver le courage de le faire : l’envie était présente chaque matin mais j’attendais un déclic, déclic qui a été un nouveau patron malhonnête pour qui il était impossible de travailler en restant fidèle à ses valeurs.

Suite à un conflit avec ce dernier, j’ai donné ma démission et éprouvé mon premier sentiment de liberté.

Une fois libérée de mon emploi j’ai plaqué tout le reste, mon appartement, mes amis, ma vie… et je suis partie ! C’était dur de se lancer, j’ai été hantée par la peur d’échouer, de ne pas m’en sortir, de ne pas trouver mon bonheur, de quitter ma zone de confort, le fait de savoir ce qu’on perd mais pas ce qu’on trouve… »

Au moment du départ, cette peur peut se faire drôlement vertigineuse, comme Noémie le raconte :

« La dernière semaine avant le départ a été particulièrement angoissante : je n’avais plus d’appartement, plus d’affaires, et je vivais chez ma cousine. Je l’avoue, durant cette semaine, l’angoisse m’a submergée, je me suis demandé ce que je faisais !

Je lâchais tout pour un avenir totalement inconnu et incertain, et si je me plantais ? Et puis le jour J est arrivé, et c’est en larmes que j’ai quitté ma patrie — le saut dans le vide fait toujours flipper.

Mais je savais que je réalisais mon rêve et plus encore, que je faisais ce qui était enfoui en moi depuis toujours mais que par souci de conformisme, je m’étais résolue à oublier. »

Salomé n’a quant à elle pas éprouvé de grande peur tant elle avait soif d’aventure :

« Étrangement, ça a été très simple de tout quitter. J’étais sans doute arrivée à maturité, psychiquement parlant, pour enclencher ça.

Je mentirais si je disais que je ne me suis jamais posé la question de l’après : ce que j’allais faire en rentrant, si j’allais retrouver un poste de psychologue en addictologie (secteur très spécifique et plus que bouché), si j’allais m’en sortir financièrement, etc.

Toutes ces questions me sont venues en tête mais à chaque fois, la réponse était la même : je verrai bien le moment venu. Autant j’ai très peu confiance en moi de manière générale, autant je me fais confiance pour rebondir après cette expérience. »

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La liberté de l’aventure

Salomé avait des envies bien précises, et elle s’est attachée à prendre son temps :

« Je voulais partir en Asie parce que j’avais envie de découvrir ce continent depuis longtemps.

Je voulais voyager au maximum par voie terrestre pour des raisons écologiques, mais aussi parce qu’à mes yeux le trajet fait partie intégrante d’un long voyage comme celui-ci.

Je voulais aussi prendre mon temps. Ne pas être dans la course aux pays, en voir le plus possible en un maximum de temps ne me correspond pas. Je voulais me laisser le temps de m’imprégner un minimum du pays, de sa culture, en exploitant les visas au maximum.

Du coup, la ligne si mythique du Transmongolien s’est imposée à moi. Prendre le train de Moscou à Pékin en passant par Oulan-Bator me semblait idéal.

Et puis, en cherchant un peu, j’ai découvert qu’il existait un train pour aller de Paris à Moscou alors je suis montée dedans.

Au final, je suis allée de Paris à Shanghai en train (en passant par la Russie et la Mongolie). J’ai volé jusqu’au Japon, puis du Japon jusqu’en Birmanie. De là, j’ai poursuivi en Thaïlande en bus et demain matin, je file au Laos en bateau par le Mékong. »

Alison voulait s’éloigner de certaines valeurs :

« J’étais en quête de spiritualité, je voulais m’éloigner du capitalisme, du matérialisme de cette société qui ne me correspondait pas.

Pour mon premier grand voyage, j’ai choisi l’Amérique, mon rêve de gosse, du Nord au Sud en commençant par le Canada et finissant sur la cordillère des Andes. »

Theodora devait trouver du travail sur place, une contrainte qui l’effrayait, mais elle s’est vite rendu compte que cela irait :

« Je suis restée un an en Australie, ce qui signifie que j’ai réussi à trouver du travail là-bas — plusieurs emplois à vrai dire, à plusieurs endroits. Et c’était pas gagné d’avance : le fait de ne pas trouver de travail était l’une de mes grandes peurs avant de partir.

Serveuse, barmaid, travaux divers et variés dans des fermes pour obtenir mon deuxième PVT, nettoyage dans un camping en échange du logement, vendeuse… Au total, j’ai travaillé 7 mois sur 12, j’ai voyagé et profité le reste du temps.

J’ai eu beaucoup de chance au niveau du travail, que j’ai trouvé relativement facilement malgré mon anglais très moyen et mon manque d’expérience.

Je me rappellerai toujours de ce moment où je me suis pris la première grosse claque de voyage, lorsque l’on reste bouche bée devant un paysage ou un endroit qui nous marque profondément et à jamais, et qu’il nous fait réaliser d’où l’on vient et le chemin parcouru pour en arriver là.

Qu’il nous fait comprendre que le rêve est devenu réalité. C’était dans un petit avion survolant la Grande Barrière de corail… »

Comme elle, aucune des madmoiZelles ayant témoigné ne regrette d’avoir tout plaqué pour partir en voyage.

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Et si c’était à refaire… ?

Theoroda a trouvé dans son périple ce qui lui manquait pour s’épanouir dans son quotidien en France :

« Ce voyage m’a tellement fait grandir, mûrir et changer. Ce furent 19 000 km qui m’ont fait prendre conscience que seule, je pouvais réussir à entreprendre ce dont j’avais envie. Que si on en a l’intime conviction et une volonté forte, personne ne peut nous empêcher de vivre nos rêves et d’aller au bout de nos projets.

Il m’a aussi permis d’y voir plus clair quant à mon avenir proche, de ne plus être aussi perdue qu’en finissant mes études, d’avoir de réels projets, un plan de carrière ; d’être sûre de mes choix, et d’être plus déterminée que jamais.

Il m’a enfin donné la confiance en moi qu’il me manquait. Il m’a ouvert l’esprit comme rien n’aurait pu le faire, et m’a fait voir au-delà de mes propres frontières. Sans compter l’amélioration fulgurante de mon anglais ! »

Noémie a elle aussi souligné les grands bénéfices du voyage en solitaire :

« Durant ces quatre mois, j’ai affronté toutes mes peurs : je voulais que ce voyage me serve à avancer et ne plus voir le monde à travers mes angoisses ou mes peurs. Dans notre société, où l’on est obsédé par ce qu’on fera demain et par l’illusion du contrôle sur les choses, j’ai appris à vivre le moment présent.

Demain n’existe pas, j’ai lâché toute volonté de contrôler les choses pour seulement me laisser tomber dans le vide en acceptant de ne me raccrocher à aucune branche.

Je vis au jour le jour, comme si chaque jour était le dernier et quand quelqu’un me demande « c’est quoi ta vie rêvée ? », je lui réponds « celle que je mène ». Alors à toutes celles qui doutent, foncez, vous ne regretterez jamais de l’avoir fait.

C’est dans la solitude et dans les moments où l’on doit se débrouiller seule, qu’on apprend vraiment qui l’on est. Puis en toute honnêteté, quand on voyage seule, on n’est jamais vraiment seule, on rencontre toujours des gens avec qui faire un bout de chemin, avec qui partager une histoire, un verre, une soirée. »

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Et pour les madmoiZelles qui sont parties en couple, le voyage n’en a pas moins été une expérience bouleversante. Efe’ explique :

« Ça m’a coûté mon couple (un voyage, c’est beaucoup de tensions et de fatigue, ça a mis en avant nos différences et nos incompatibilités), mais je pense que ça n’a fait qu’accélérer une rupture qui se serait sinon produite plus tard. »

Ce fut le contraire pour Charlotte :

« Ce voyage nous aura beaucoup rapprochés, mon copain et moi. On a fêté nos 10 ans sur une plage australienne, on a vécu des trucs très forts ensemble, positifs et aussi négatifs. C’était parfois la galère mais on a tenu bon, et ça a rendu notre couple plus fort, je pense.

À l’heure de vous écrire ces quelques lignes, il nous reste un peu plus de deux mois avant de rentrer de cette année sabbatique, et même si j’ignore encore de quoi sera fait notre retour, je ne regrette pas un seul instant d’avoir quitté ma petite vie douillette, ma zone de confort, pour voyager.

Ça m’a rendue plus forte, plus résistante au stress, plus débrouillarde, ça a amélioré mon anglais, ma capacité à discuter avec des inconnus de tout et de rien.

Je me rends compte aussi que je suis plus curieuse de ce qui m’entoure, je ressens plus le besoin de sortir des sentiers battus, de découvrir et d’apprendre tous les jours.

Pas un seul jour ne ressemblait à un autre, et c’est ça que j’ai adoré. Et en rentrant, je serai tellement heureuse de retrouver mes amis et ma famille, ils ont pris une nouvelle valeur depuis qu’on est partis. »

Alison s’est sentie redevenir elle-même après son voyage :

« Je ne suis pas revenue changée mais en phase avec moi-même, comme redevenue ce que je suis au plus profond de moi et non ce que l’on veut que je sois. Le voyage m’a guérie de tous mes maux. Ça été une véritable thérapie.

Mon unique regret est de ne pas l’avoir fait plus tôt. »

Maëlys conclut :

« J’ai trouvé sens à mes questions, à mon avenir, à notre futur à tous, et je me suis libérée des événements de novembre. J’ai admis ma tristesse et ma colère pour la transcender en une boule d’énergie qui me prend encore au ventre, plus d’un mois après mon retour.

Je ne regrette rien, cette expérience était unique et m’a complètement bouleversée. Je suis de retour avec une envie folle d’être heureuse et épanouie, et ce qui est certain, c’est que je ne m’arrêterai jamais de voyager. »

À lire aussi : REPLAY — Pourquoi (et comment) partir seule en voyage ?

Melissa

Mélissa fait les témoignages, mais ce n'est pas elle qui vit toutes les histoires qu'elle raconte - et heureusement parce que sa vie serait un peu compliquée ! Elle aime les pois et s'empiffrer de Kinder en sirotant son thé.

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Commentaires
Forum (22) Facebook ()
  • Sassegra
    Sassegra, Le 5 septembre 2017 à 1h31

    VeganFox
    @Léona B. moi aussi c'est pour 6 mois environ :happy:
    Spoiler
    Edit : je me permets de mentionner mon blog même s'il est déjà dans ma signature : http://grassforpillow.wordpress.com , il peut vous être utile pour préparer ce type de voyage parce que je commence à y mettre des articles sur ce sujet notamment (organisation, itinéraire, matériel pour voyager léger ... )
    Il est trop bien ton blog, surtout la partie ou tu fais tes 42km en pleine nature toute seule. Moi qui suis une accroc du confort tu m'as limite donne envie de tenter un truc comme ca un jour. un jour...

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