Thirteen Tales of Love and Revenge (The Pierces)

À la première écoute d’un album, j’ai souvent une foule de pensées qui apparaissent rapidement entre mes deux cages à miel. La plupart du temps elle n’ont aucun intérêt, à part pour les psychanalystes, et puis parfois, elles forment le squelette d’une chronique musicale. Voilà ce qui m’est venu à l’esprit à l’écoute du troisième […]

Thirteen Tales of Love and Revenge (The Pierces)

Thirteen Tales of Love and RevengeÀ la première écoute d’un album, j’ai souvent une foule de pensées qui apparaissent rapidement entre mes deux cages à miel. La plupart du temps elle n’ont aucun intérêt, à part pour les psychanalystes, et puis parfois, elles forment le squelette d’une chronique musicale. Voilà ce qui m’est venu à l’esprit à l’écoute du troisième album des Pierces : “ça c’est un drôle d’univers”, puis : “non mais attend ça me fait penser à… meeerde, à qui ça me fait penser ?!!!”“graah” et autres onomatopées, et enfin : “TIM BURTON !”.

Thirteen Tales of Love and Revenge est un disque qui fait carburer votre imaginaire à deux cents à l’heure, des images vous arrivent de tous les côtés. Leur univers est tout à fait unique, sans être complètement impénétrable. Et oui, ce disque pourrait être, au moins musicalement, la bande-originale d’un film de Tim Burton. CesTreize Contes d’Amour et de Vengeance ont été concoctées par de vraies musicophages, j’en veux pour preuve le panel d’influences qui s’ouvrent sur chaque piste. Musique de cabaret, ragga, gipsy music, pop, folk, les soeurs Pierce ont vraisemblablement été baignées dans la musique toute leur vie pour pouvoir s’approprier tous ces genres, et y apposer leur(s) patte(s).

Surprenant et éclectique tant au niveau musical (on passe volontiers d’une folk bavaroise modernisée à une électro-pop dansante) qu’au niveau des paroles. En même temps, il suffit d’aller jeter un coup d’oeil à leur biographie pour se rendre compte que l’imaginaire de ces deux filles est plus développé que la moyenne. On la croirait écrite par les frères Grimm ayant un peu trop abusé de l’absinthe et avait découvert l’acide avant tout le monde. Avec une imagination et un sens de l’humour pareils, pas étonnant qu’on retrouve ces deux composantes dans leurs paroles !

the pierces

Cet album s’écoute comme on lit un livre de contes, et là je ne fais pas preuve d’une très grande imagination, mais pourtant c’est bien le cas. Évidemment, si vous ne comprenez pas les paroles, vous perdez quelque chose. Apprenez l’anglais, bande de faignant-e-s !!! Comme un livre de contes, on pénètre dans cet album aussi facilement que dans un bain de chocolat chaud.

Arrêtons-nous quelques instants pour profiter de cette pensée.

Impossible de ne pas vous préciser que les voix des soeurs Pierce (Catherine et Allison de leurs prénoms) sont tout simplement splendides, pas extrêmement originales comme, au pif, celles de CocoRosie. Elles n’en font ni trop, ni pas assez. Chaudes et profondes, leur harmonie est parfaite. Elles me font alternativement penser à celles de Tori Amos ou Sheryl Crow qui se serait mise à faire de la bonne musique et à dire des choses intéressantes.

Paroles pleines d’honnêteté, notamment quand il s’agit de chansons d’amour, et plus particulièrement sur “Kill, Kill, Kill” qui parlera à tout le monde, ou sur la mélancolique et rageuse “Ruin” ou Allison chante : “I do not want for you to be happy/All that I want is for you to come crawling back to me.” Le tout est porté par des mélodies et des harmonies vocales magnifiques, magiques. Elles savent se faire drôles et sarcastiques sur le premier single, “Boring”, où elles se prennent pour des célébrités complètement blasées : “Galliano, Donatella, Dolce & Gabbana: boring.”

Leur univers est assez sombre et mélancolique et pourtant il y a une certaine joie de vivre qui le traverse de part en part, un détachement par rapport à toutes ses histoires d’amour parties en fumée. Les Pierces savent jouer avec le chaud et le froid, le sombre et le clair, et lorsque “Go to Heaven” se termine, on a cette étrange sensation, comme lorsqu’un film se termine, qu’on a adoré le voyage et qu’une indicible nostalgie nous empare. C’est ce genre de sensation qui personnellement me fait rester devant l’interminable générique de fin.

Allez donc voir, euh, écouter les aventures des soeurs Pierce, vous ne serez pas déçu-e-s du voyage !

J’te propose d’écouter "Secret" et "Three Wishes" que t’as peut-être entendues dans un épisode de Gossip Girl :

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Alice Ayres
    Alice Ayres, Le 3 avril 2009 à 23h59

    C'est l'album que j'écoute en boucle en ce moment, j'adore leurs textes!

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