The Town, de Ben Affleck

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Il est coutume de penser que Ben Affleck est un cornichon. Avoir commencé sa carrière en signant le scénario du brillant Will Hunting ne suffit pas. Pendant que son compère Matt Damon signait pour une carrière intelligente lui valant une croissante popularité, pendant même que son frère Casey restait dans l’ombre – petits rôles, finalement […]

the town ben affleck

Il est coutume de penser que Ben Affleck est un cornichon. Avoir commencé sa carrière en signant le scénario du brillant Will Hunting ne suffit pas. Pendant que son compère Matt Damon signait pour une carrière intelligente lui valant une croissante popularité, pendant même que son frère Casey restait dans l’ombre – petits rôles, finalement plus prestigieux – Ben Affleck s’est lancé dans la gloire de la popularité absurde. C’est la raison pour laquelle, quand Gone Baby Gone est sorti, tout le monde a été surpris par l’apparent talent du Bostonien. Il avait d’ailleurs eu le bon sens de s’éclipser du film…

Finalement, il semble que ce soit là qu’il faille le chercher. Il semble que, paradoxalement, il ait su garder une authenticité dont même Matt Damon semble s’être éloigné. Entre les films Will Hunting, Gone Baby Gone et The Town, il n’y a rien dont on puisse se souvenir au sujet de Ben Affleck. Seuls ces films-là comptent ; et son obsession pour sa ville natale et ceux qui l’habitent. Un attachement parfois souligné avec maladresse, mais un attachement foutrement authentique.

Ses trois films, en fait (si on considère Will Hunting comme étant en partie son film), sont une variation de cette même obsession. Être né là-bas, faire avec, en être fier. Gone Baby Gone était brillant en ce sens dans la mesure où, sous une traditionnelle intrigue policière (et bien menée avec ça !), se cachait de sérieuses préoccupations morales – sur le fait de venir de quelque part.

The Town n’est pas le très bon film qui a tant surpris. Il n’y a pas tant de subtilité, sinon une assez lourde intrigue à base de braquages, courses poursuites et amour par-delà les clans – à deux doigts d’être sacrément convenue.

the town ben affleck

The Town, chien battu, première

C’est sans compter sur le regard de Ben Affleck – et je ne parle pas là d’un texte final en hommage à la bonté des gens de Charlestown (quartier de Boston dans lequel se passe le film). Je parle du fait de venir de ce coin, et d’en parler à chaque seconde d’un film, qui est plus qu’un thriller. Il y a plus que la tension omniprésente, les dialogues pleins d’esprit ou l’humour des situations – ce qui constitue déjà un bon point. Si la dimension morale est moins nettement amenée dans The Town, l’unique préoccupation du réalisateur couve toujours sous l’action. L’intrigue s’entiche d’histoires de racines. La romance mélange les genres. Ce n’est pas nouveau mais, franchement… c’est foutrement émouvant. Pas tant l’histoire de Doug que le regard de son double, derrière la caméra – en esprit au moins. Et si Ben Affleck, qui s’est passé cette fois des services de son frère, a à tort choisi la nullissime Blake Lively (qui copie-colle ses attitudes de snobinardes de Manhattan, passant alors en mode toxico-trash du quartier popu de Boston) et ne sait pas résister à quelques plans mégalos – qui sombrent finalement dans le ridicule du dernier – eh ben… rien à faire !

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MarianneF.


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Commentaires
  • Nevada
    Nevada, Le 3 octobre 2010 à 23h07

    Je suis allée voir le film en suivant mon mec, je ne savais donc pas du tout à quoi m'attendre, je n'avais même pas vu la bande annonce.
    Mais après coup, une merveille ! Rebecca Hall est géniale (alors que je l'avais peu apréciée dans Vicky Cristina Barcelona), et Ben Affleck parfait. Tout est parfaitement bien dosé dans ce film, l'action (mais pas trop), la violence (mais pas trop), l'amour (mais pas niais), le tout parsemé de quelques pointes d'humour et d'un scénario intéressant et bien ficelé.
    J'ai été prise dans le film de la première à la dernière minute, et ce n'est pas peu dire (2h03). On oubliera juste la prestation de Blake Lively, théâtrale et ratée.

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