« The Night Of », une mini-série HBO entre « Making a Murderer » et « Oz »

Cet été, débarque The Night Of, la mini-série de HBO qui vous plonge dans un Manhattan noir et procédurier comme vous ne l'avez jamais vu.

« The Night Of », une mini-série HBO entre « Making a Murderer » et « Oz »

Publié initialement le 16 juillet 2016

HBO a lancé il y a quelques jours sa dernière mini-série en date : The Night Of co-créée par Steven Zaillian et Richard Price qui ont respectivement scénarisé des titres comme La liste de Schindler ou encore Sur écoute (et il est écrivain). Huit épisodes la composent. Le premier épisode dure 1h20, alors accrochez-vous pour le terminer.

Retour en arrière en 2013, Criminal Justice est un projet de Zaillian développé avec l’aide de feu James Gandolfini et basé sur le thriller britannique de Peter Moffat. Finalement, ce sera cet été que la mini-série devenue The Night Of sera diffusée avec John Turturro reprenant le rôle de Gandolfini.

Pour vous donner une idée avant même d’aborder l’histoire, l’effet donné ressemble à une plongée dans un épisode de New York Unité Spéciale (mentionnée nommément), mais qui s’étirerait sur une saison entière, saupoudrée d’une touche de Sopranos mais aussi de Sur écoute, puisque certaines personnes de l’équipe artistique avaient bossé sur cette série. Ça contient également la violence de Oz lors des scènes carcérales, et d’autres petites références qui pourraient vous plaire. En somme, des doses de toutes les grandes séries d’antan.

Une ambiance propre à The Night Of

Manhattan, sa vie nocturne. Nazir Khan (Riz Ahmed) est étudiant, et pour rejoindre une soirée, il emprunte sans demander le taxi de son père une nuit. Bien sûr, les gens croient qu’il est chauffeur de taxi, mais le jeune homme les refuse. Mais pas la cliente qui monte à bord de son véhicule. Commence alors une nuit de folie entre drogue, alcool et sexe.

Le problème est que quelques heures plus tard, il se réveille aux côtés de la jeune femme en question, morte et que son sang colle à ses mains. Le voici en prison, pour homicide, seulement il ne se rappelle plus de rien.

Le problème est que quelques heures plus tard, il se réveille aux côtés de la jeune femme en question, morte et que son sang colle à ses mains. Le voici en prison, pour homicide, seulement il ne se rappelle plus de rien.

Intervient alors John Stone (John Turturro) qui interprète son défenseur et qui va tenter de le tirer d’affaire. Mais encore une fois, il n’y a pas d’idéaliste dans cette série, mais que des cyniques.

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Le premier épisode est vu du point de vue de Naz, le spectateur s’attache à ce jeune adulte qui paraît bel et bien innocent, jusqu’à ce que les choses ne soient plus aussi évidentes. D’ailleurs, ce doute de sa culpabilité est un atout majeur de la mini-série, on n’est jamais sûr•es.

Une immersion dans le système

Un jeu du chat et de la souris va se dérouler dans les ramifications du système légal très procédurier, mais aussi du complot qui se cache derrière le meurtre, ainsi que de la dure vie derrière les barreaux de Rikers Island, la deuxième plus grande prison des États-Unis.

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En même temps, la vie continue pour les parents de Naz qui viennent d’un milieu modeste et ne peuvent pas se permettre de mettre de l’argent dans la défense de leur fils, surtout après la saisie du taxi qui était leur gagne-pain. Parallèlement, le spectateur suit le quotidien de Stone avec des problèmes très terre-à-terre.

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Le rythme de The Night Of se construit dans fausse note

En plus du mystère qui entoure l’affaire du suspect, une dimension sociétale s’ajoute à l’histoire. Le scénario dépeint également la vision de la société américaine envers les Musulmans par exemple, mais aussi sur tous les points gouvernementaux.

Le rythme de The Night Of se construit dans fausse note, entre les montées de tension et le réalisme apporté aux situations. HBO a du budget et appose sa marque de fabrique.

Tous les ingrédients d’une grande série, mais…

Objectivement, il y a tout ce qu’il faut dans The Night Of pour la décrire comme une excellente série.

Objectivement, il y a tout ce qu’il faut dans The Night Of pour la décrire comme une excellente série : des personnages torturés et complexes campés par des acteurs au poil, une intrigue assez intriquée pour qu’on ait envie d’en savoir plus tout en dévoilant des indices pour ne pas trop nous frustrer, une réalisation digne d’une œuvre cinématographique… Bref, tous les éléments dont un sériephile peut rêver.

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Seulement, voilà. Je trouve ça particulièrement vide au fond. Je ne sais pas si c’est parce que je suis lasse de cette noirceur dans les séries, ou parce que je trouve The Night Of trop fouillis et trop réaliste.

Je penche plutôt pour ce deuxième point, j’ai l’impression de voir une série qui a voulu intégrer tous les éléments de différents programmes (cités plus haut) sans réussir à trouver son propre ton. Du coup, ce n’est pas mauvais, au contraire, mais The Night Of reste une série qui a trop réfléchi à comment se mettre à la hauteur de ses prédécesseurs, et ça ne fonctionne pas.

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Le pire je crois est le personnage de John Stone. Tel un détective alcoolique d’un polar de Gérard de Villiers, il est divorcé, use de prostituées, s’entend mal avec son fils… le combo gagnant quoi. Et exactement ce qu’on attend dans une série noire.

Donc voilà, The Night Of vaut définitivement le coup d’œil, mais elle n’est clairement pas faite pour moi. Les huit épisodes sont diffusés sur OCS City et sur OCS Go en replay jusqu’au 5 septembre.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Lthiz
    Lthiz, Le 9 août 2016 à 0h57

    Je ne suis pas trop une fan des films/séries (et même livres) dans le style un peu policier mais là, bizarrement, j'ai accroché. Le premier épisode est clairement trop long. L'histoire n'avance pas trop pour l'instant. Mais j'y ai trouvé quelque chose de fascinant. Je veux savoir la vérité et je ne suis pas d'accord pour le personnage de John l'avocat. Je trouve qu'il est le plus intriguant et je veux savoir POURQUOI cette fixette sur ses pieds. Je flaire la surprise de fin de saison.

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