Pourquoi The Island est une bien meilleure émission de survie que Koh-Lanta

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The Island, c'est l'émission qui ressemble à Koh-Lanta sans l'être vraiment. Et pour cause, elle est beaucoup mieux. Lucie vous explique pourquoi.

Pourquoi The Island est une bien meilleure émission de survie que Koh-Lanta

Pardon l’opinion publique de vous éclabousser avec ce pavé que je m’apprête à jeter dans la mare de votre confort audiovisuel.

Il est temps de revendiquer fièrement ses valeurs et d’assumer ses préférences, quitte à se mettre toute une nation en marche à dos.

Pardon Denis Brogniart, mais The Island, c’est quand même bien mieux que Koh-Lanta, et en voilà les raisons.

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The Island contre Koh-Lanta : l’histoire d’une déception inacceptable

Mon enfance a été bercée par Koh-Lanta. C’était le rendez-vous familial hebdomadaire par excellence depuis sa première saison en 2001, donc l’attachement à cette émission est évident.

En 2007, les téléspectateurs font la connaissance du jeune et équilibré (il tenait super bien en équilibre) Grégoire, et je tombe immédiatement en amou…admiration pour cet être aussi intègre qu’intelligent et sportif.

J’y vois le gagnant de l’émission et le héros de mon cœur, tandis que les autres candidats le considèrent comme l’adversaire imbattable à abattre.

Lors d’une épreuve d’immunité où les participants doivent restés suspendus et enroulés autour d’une poutre, Grégoire a les intestins en vrac. Il ne remporte pas le totem qui lui garantit la poursuite de son aventure parce qu’il est obligé d’abandonner pour déféquer.

Les autres candidats y voient l’occasion rêvée de renouer avec leur chance de remporter le chèque du vainqueur. Il est éliminé.

L’injustice est insoutenable. L’espèce humaine perd toute sa valeur et je décide que je ne regarderai plus jamais Koh-Lanta (sauf pour le Choc des héros, l’émission avec d’anciens participants, où Grégoire revient trois ans plus tard).

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The Island contre Koh-Lanta : la fin de l’injustice

L’injustice n’existe pas dans The Island, puisqu’il n’y a pas d’élimination. Il n’y pas d’espèce de conseil de discipline où on inscrit le nom de la personne que l’on aime le moins pour la faire partir, en éteignant son flambeau comme on éteint la flamme de son espoir.

Les candidats auxquels vous vous attachez ne sont pas jetés comme des mouchoirs usagés à cause d’une stratégie digne d’une élection de délégués et élaborée par des gros jaloux.

Si les gens quittent l’émission, c’est juste parce qu’ils sont pas bien (psychologiquement ou physiquement). La frustration n’existe plus : j’ai de l’empathie pour ceux qui abandonnent et je suis rassurée de voir être évacués ceux qui souffrent.

Seul le courage et l’humanité sont au centre de cette émission. C’est fort.

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The Island contre Koh-Lanta : la vraie survie en milieu hostile

Les participant•es ne font pas The Island pour espérer gagner un gros chèque à la fin de l’émission (hors contrat bien sûr), mais pour l’expérience (et sans doute dans l’espoir de rencontrer Mike Horn).

mike horn M6

Apprends-moi, Mike

Les aventuriers de The Island sont dans des conditions plus rudes que celles et ceux de Koh-Lanta. Pour eux, pas de massage après une épreuve de confort, pas de riz, pas de coups de fil à mamie : ils sont sur l’île pour 30 jours sans rien d’autre qu’une machette et une gourde.

Avec The Island, on est dans la vraie survie, dans ce que l’être humain est capable d’accomplir de plus fou (genre boire son urine, sans avoir vu qu’il y avait une source d’eau potable juste derrière) !

Les participants ne courent pas par-dessus des gros rondins de bois dans un temps imparti, mais ils sont capables de résister à des conditions bien plus extrêmes. C’est fascinant à observer, à s’en inspirer, pour se dire que finalement il ne fait pas si chaud chez soi et que ce fond de semoule asséchée a quelque chose d’appétissant avec du recul.

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Koh-Lanta emmène ses candidats sur des plages plutôt sympas. The Island choisit des îles hostiles, de préférence en pleine saison des moussons, avec des puces de sable, des grosses araignées et des caïmans.

The Island contre Koh-Lanta : des préoccupations ancrées dans les réalités

À quoi pensent les aventuriers de The Island quand ils voient des caïmans ? Que c’est sacrément dangereux ? Non. À courir loin par précaution ? Non. À déplacer leur camp pour ne pas se faire croquer pendant la nuit ? Non plus.

ILS VEULENT LE BOUFFER !

Ils ne mangent rien, ils sont à bout à de force. Alors qu’ils étaient en train de commander un Menu B13 au restaurant japonais trois semaines auparavant, ils en sont réduits en pleine survie à voir un caïman et à penser que ça serait vraiment une super idée de manger cet animal très dangereux qui peut les tuer.

Ils n’ont pas non plus peur des boas, dont ils font des brochettes.

À croire qu’ayant arrêté de faire caca pendant des jours, la perspective d’un peu de fer et de fibre leur donne des ailes.

Car au passage, dans Koh-Lanta, ça parle de stratégie, de rationnement, du manque de la famille. Dans The Island, des vraies préoccupations de la vraie vie — ce qui inclut le caca — sont au premier plan.

Les gars ne vont pas aux toilettes pendant des jours, ils stressent, ils s’en parlent, ils libèrent la parole sur le sujet ! C’est finalement biologiquement très instructif.

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Les interactions sociales sont aussi au cœur de l’émission : comment un groupe d’inconnus (petits ou grands, d’hommes, de femmes ou mixte) s’organise-t-il dans des conditions extrêmes ? Qu’est-ce qui nous fait autant adorer détester des individus et en admirer d’autres ?

Biologie, sociologie : The Island est un puits d’apprentissage !

The Island contre Koh-Lanta : Ève la star de The Island

D’ailleurs, apprendre des choses, on le fait avec Mike Horn, aventurier connu pour avoir mené des expéditions en solitaire dans des conditions extrêmes et pour avoir son émission sur M6 où il emmène une célébrité en terrain hostile : À l’état sauvage.

Mais il y a aussi un autre visage dans la deuxième partie de soirée qui mérite toute l’attention : celui d’Ève Massart.

Ève Massart est une ancienne infirmière en réanimation cardiaque. Elle a suivi une formation de secourisme dans les milieux hostiles. Elle a également travaillé avec les commandos de recherche et d’action en jungle sur le département guyanais.

Elle est donc la référence en matière de survie pour The Island, où elle vient apporter son éclairage sur ce qu’il s’est passé pendant l’émission avec son expertise, son recul, mais aussi son amusement.

Elle vient aussi donner quelques astuces, en expliquant par exemple comment construire une canne à pêche automatique avec un peu de fil et trois bouts de bois (littéralement), la marche à suivre pour faire de la pâte de termites, ou encore comment observer les animaux dans leur habitat naturel.

Elle est fascinante, très inspirante, un vrai modèle de femme débrouillarde et capable de réaliser des choses incroyables !

Et toi, quelle émission préfères-tu entre Koh-Lanta et The Island ? Pour quelles raisons ?

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Lucie Kosmala


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Commentaires
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  • Kolibawa
    Kolibawa, Le 20 mai 2017 à 16h52

    En fait Koh Lanta c'est de la télé-réalité et The Island un documentaire.

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