« The Invention of lying » : une comédie réussie où le mensonge fut inventé

Il faudrait que le bruit qu’on fait autour d’un bon film soit inversement proportionnel à l’attention que lui portent les distributeurs français. Quand, dans sa deuxième semaine à l’affiche, un des meilleurs films de la première moitié 2010 ne joue plus que dans quatre salles, les bras m’en tombent et je décide de m’agiter pour […]

« The Invention of lying » : une comédie réussie où le mensonge fut inventé

Il faudrait que le bruit qu’on fait autour d’un bon film soit inversement proportionnel à l’attention que lui portent les distributeurs français. Quand, dans sa deuxième semaine à l’affiche, un des meilleurs films de la première moitié 2010 ne joue plus que dans quatre salles, les bras m’en tombent et je décide de m’agiter pour en parler. Inutile de m’éterniser sur le mépris répandu pour la comédie américaine : parlons du film, simplement.

Cette comédie réussie, c’est The Invention of lying, de et avec l’Anglais Ricky Gervais, comique assez peu connu si ce n’est pour la création de la série The Office. A part ça, il apparaît dans La Nuit au musée et surtout Ghost Town (La Ville fantôme), sorti en 2009 dans un nombre de salles que je vous laisse imaginer, et que je n’ai pas eu le plaisir de voir.

Comme son titre l’indique, le film part de cette amusante idée : un monde dans lequel le mensonge n’existe pas. Le premier quart d’heure plante le décor avec brio, enchaînant les gags où le franc parler des personnages donne lieu à des situations particulièrement drôles. La principale, c’est le rendez-vous entre Mark (Ricky Gervais), loser rondouillard, et Jennifer (Jennifer Garner), belle jeune femme riche à l’ADN prometteur. La situation est donc cocasse, elle lui dit qu’il n’a aucune chance vu son physique et sa situation peu avantageuse ; tandis qu’il lui demande franco s’il pourra coucher avec elle ou au moins espérer un baiser, etc. Mieux vaut laisser les gags top secrets car ce qui est réussi, c’est surtout la surprise qui nous plonge en plein cœur d’une situation incongrue et pourtant devenue réaliste dans ce cadre bien mis en scène, jusque dans les moindres détails (excellentes publicités – bien sûr pas mensongères – par exemple).

"I don't understand why I'm homeless and you are not" ©Universal Pictures International France

Et un beau jour, donc, le fameux Mark, viré de son boulot de scénariste (dans un monde où la fiction n’existe pas, on peut imaginer le genre de tâches qui lui reviennent), invente le mensonge. Comme ça. Il invente le mensonge et dans un monde qui ne le connaît pas, tout ce qu’il dit passe logiquement pour argent comptant. Le film ne s’essouffle donc pas une fois que son idée de départ est épuisée, puisqu’il en naît précisément une autre. La nouvelle aptitude du protagoniste lui permet de prendre sa revanche sur le monde ; un monde dans lequel il invente non seulement le mensonge, mais aussi Dieu (The Man in the sky), dans une scène assez réussie où il essaie de rassurer sa mère mourante.

Le mensonge, dans la fiction, est donc ferment de trouble. La ville de départ, hyper policée, est confrontée à ce germe surprenant. Le monde se réinvente un peu avec cette comédie, avec des gags hilarants comme le détournement des Tables de la loi sur cartons Pizza Hut. Je ne vous en dis pas plus.

Il y a une autre dynamique qui se développe parallèlement à celle de l’humour : c’est bien sûr celle de la comédie romantique. N’oublions pas que le point de départ était le rencard entre le petit gros et la grande beauté. L’histoire ne s’arrête bien sûr pas là, notamment à partir du moment où le protagoniste a cette capacité de faire du monde ce qu’il veut – et il reste le seul à pouvoir le faire. Seul problème : il n’a pas l’ADN qui permettrait à Jennifer d’avoir de beaux enfants, sinon des petits gros au nez court… Mais l’happy end final est loin d’être une déception. On peut le comparer à celui du récent Arnacœur, souvent rapproché – à juste titre – des réussites comiques américaines. Ici, la situation assez similaire est moins dérangeante, plus agréable même car le cadre est différent. Nous sommes dans un monde qui n’existe pas, un monde dans lequel le fantasme d’un loser (prendre sa revanche sur le monde) est amené avec brio, humour, délicatesse. Que demander de plus ?

© Universal Pictures International France

Il y a peut-être un détail en plus, agréable, qui apporte encore un point à The Invention of lying. C’est la présence de seconds rôles façon clin d’œil, notamment Jonah Hill en dépressif (Superbad), Martin Starr (figure fantôme de tous les films d’Apatow, un des meilleurs personnages de la série Freaks & Geeks et d’Adventureland de Greg Mottola), Tina Fey, Edward Norton et Philip Seymour Hoffman.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Deb M.
    Deb M., Le 18 mai 2010 à 4h21

    J'avais commencé à le matter, mais j'ai pas aimé et j'ai pas pu le finir :flappie:

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