The Carrie Diaries : premier verdict – Jack & the TV

Pondu par Jack Parker le 17 janvier 2013     

The Carrie Diaries plonge dans l’adolescence de Carrie Bradshaw, l’héroïne de la série culte Sex and the City. Alors, qu’est-ce que ça vaut ? Jack Parker a regardé le pilote et vous dit tout !

Vous le savez peut-être déjà – et je l’avoue sans honte – je suis une grande fan de Sex and the City. Depuis toujours. Je connais les épisodes par coeur, je me refais volontiers des saisons en entier les dimanches de déprime, je vais parfois même jusqu’à boire un verre de vin et manger de la glace à même le pot devant mon épisode préféré, bref, je n’ai pas peur du cliché.

D’ailleurs, je pense que ce qui fait que j’apprécie autant la série, c’est justement parce que je m’autorise à coller à tous les clichés de « la fan de SATC » quand je me pose devant. Ça fait partie du truc, y a tout un tas de règles à respecter, c’est un véritable rituel et je ne m’en lasse pas. Pire encore, quand je discute de choses de la vie réelle avec ma meilleure amie, il arrive assez fréquemment qu’on cite un exemple de la série pour illustrer une situation vécue. Et toujours sans un soupçon de honte.

Bon, ça c’est dit.

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La genèse de Carrie Bradshaw

Quand j’ai entendu parler de The Carrie Diaries, le projet de prequel de Sex and the City qui nous plonge dans l’adolescence de Carrie, j’ai frémi. Ça m’enchantait pas du tout, j’ai jamais adhéré au principe de la préquelle, et je suis bien trop attachée à la Carrie trentenaire que je connais si bien. Mais ça hein, c’est le principe de tout bon fan qui se respecte : faut pas toucher au mythe, sinon on gueule. Sauf qu’en 2013, que vous soyez de fan de films d’horreur, de comédies romantiques, de Star Wars, des Tortues Ninja ou de Mon Petit Poney, vous ne pouvez plus échapper aux reboots/remakes/prequels/sequels – alors autant faire avec. On a beau râler, ça les arrête pas pour autant.

Je me suis donc faite à l’idée que le projet de The Carrie Diaries allait bel et bien voir le jour et j’ai suivi l’évolution du truc de loin, en faisant mine de ne pas m’y intéresser. Et cette semaine, le premier épisode est sorti et j’ai enfin pu me faire un premier avis. Et là, surprise… je crois que j’ai bien aimé.

The Carrie Diaries est en réalité une adaptation du roman du même nom écrit par Candace Bushnell, la créatrice de Carrie Bradshaw. Sorti en 2010, le livre raconte donc l’adolescence de Carrie et nous plonge dans sa genèse, son histoire, ce qui a fait qu’elle est devenue celle qu’on connaît. Il n’a pas fallu beaucoup de temps aux grands gens de la télé pour sauter sur le projet – car même si les adaptations ciné de Sex and the City n’ont pas eu un grand succès critique, elles ont quand même marché, et n’ont pas porté atteinte à la réputation de la série qui compte toujours autant de fans.

La preuve, nous sommes en 2013 et les références à la série sont toujours omniprésentes (la preuve avec Girls, dans la série comme en dehors, c’est inévitable puisque ça parle de meufs à New York). Tenez, il suffit de dire que je suis rédactrice freelance pour qu’on me lance « Ah ouais tu veux faire Carrie Bradshaw quand tu seras grande, c’est ça ? » (réponse : non, je sais que je ne serai jamais Carrie Bradshaw, merci). Si la série commence à prendre un sacré coup de vieux, son culte lui, persiste encore et toujours, malgré ses très nombreux détracteurs.

Pour des soucis de crédibilité, The Carrie Diaries nous plonge donc dans les années 80, version HD-Glossy parce qu’on est quand même en 2013. Carrie Bradshaw vit avec son père et sa soeur, Dorrit (elle perd une deuxième soeur dans la transition du bouquin à la télé) dans une grande et belle maison au fin fond du Connecticut qui nous indique que la famille est loin de crever la dalle. La série débute trois mois après le décès de la mère de Carrie, emportée par un cancer, en pleine rentrée scolaire.

C’est le premier élément qui fait grimacer les fans – en effet, dans Sex and the City, Carrie semblait venir d’une famille modeste et avait été abandonnée par son père à cinq ans. Sauf que la version « maman décédée/famille aisée » est présente dans la version papier de The Carrie Diaries, et personne ne peut s’opposer à la version de Candace Bushnell, puisqu’elle a bien le droit de faire ce qu’elle veut de ses propres personnages.

Carrie retourne donc au lycée avec ses deux meilleures amies, Mouse et Maggie, et doit faire face aux regards pleins de pitié de ses camarades. Elle a évidemment une grande ennemie – la fille la plus populaire de la classe – et un crush, Sebastian Kydd, petit nouveau au lycée (mais pas dans sa vie, suspense…). Et pour couronner le tout, son père lui offre un stage dans un cabinet d’avocats sur un plateau d’argent. Je vous laisse deviner où se trouve le cabinet en question. (Pssst, c’est à Manhattan).

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Larmes, froufrous, rires et paillettes

Alors avec un pitch pareil, vous vous doutez bien que la série va être relativement limitée niveau drame, suspense et compagnie. Pour ce qui est de l’esprit Sex and the City, on se doute bien qu’on ne retrouvera pas Carrie en plein comparatif de sex toys avec ses copines à la cafèt du lycée. D’ailleurs, elle est toujours vierge, alors comme ça c’est réglé. Mais la série parvient – du moins, dans le premier épisode – à prélever juste ce qu’il faut de l’esprit SATC pour l’adapter à sa nouvelle cible. Seul problème : celles qui sont en âge de regarder The Carrie Diaries ne sont pas visées par SATC, et inversement. Sauf quand on est une grosse attardée comme moi avec un énorme faible pour les séries pour ados. Si le fait de vous plonger dans le quotidien d’une adolescente alors que vous avez dépassé ce stade depuis longtemps ne vous dérange pas, alors ça devrait plutôt bien se passer.

AnnaSophia Robb, la nouvelle Carrie, arrive même par moments à placer quelques tics et expressions faciales qui rappellent Sarah Jessica Parker, en toute discrétion – et ça, c’est le petit plus qui m’a fait me sentir à l’aise. Côté rétro, c’est pas encore trop ça. Si la série ne faisait pas tout pour nous rappeler qu’on est en 1984 en s’appuyant sur des références à Rob Lowe et des accessoires fluo, on pourrait tout à fait transposer l’action dans les années 2010.

Mais avec la disparition de Gossip Girl, The Carrie Diaries offre une alternative bien plus fraîche et intéressante tout en gardant les grandes lignes qui ont pu nous plaire chez les gosses de riches de l’Upper East Side. On a de la mode, des histoires d’amour, des embrouilles, des rivalités, des jeunes filles pleines de rêves et des potins. Avec un peu de chances, The Carrie Diaries ira creuser un peu plus profond et évitera de suivre la même route que Gossip Girl qui a décidé de troquer twists raisonnables contre retournements de situations grotesques à répétition. La série n’échappera pas au label « série girly ascendant nunuche », mais ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose, si tant est qu’on aime ça.

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Et si vous avez le goût de l’aventure, faites comme moi : enchaînez un épisode de The Carrie Diaries et un épisode de Girls, pour un dépaysement assuré.

Un seul épisode, c’est peu pour se faire une idée, mais l’important c’est qu’il m’a donné envie de voir les suivants. J’ai regardé Gossip Girl jusqu’à la fin, même si ça m’a énervée, et j’étais triste de voir ma dose hebdomadaire de niaiserie girly disparaître avec la série. Si vous arrivez à supporter les nombreux monologues en voix-off de Carrie, et que vous faites un minimum abstraction de la version que vous connaissez, ça pourrait très bien se passer.

Et dernier avantage : la série possède une durée de vie potentielle assez longue. Entre la Carrie du lycée et la Carrie de Sex and the City, il y a une petite dizaine d’années de marge – alors si la qualité du show lui permet de rester à l’antenne assez longtemps, on pourrait assister à pas mal de choses intéressantes. Sachant que le créateur de la série a laissé entendre qu’on y retrouverait bien Miranda, Charlotte et Samantha, ça peut valoir le coup.

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Jack Parker est rédactrice multifonction pour madmoiZelle depuis janvier 2009. Elle aime tout ce qui se rapporte à la pop culture américaine, aux animaux, aux trucs bizarres qu'on trouve dans le monde et se nourrit essentiellement de films d'horreur et de nouilles instantanées.

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Les 10 dernières réactions à cet article sur le forum

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  1. Jack ParkerJack Parker

    Le 17 janvier 2013 à 17:17

    Posté par ithurielle
    Aaaah, Veruca Salt est de retour !


    Ah non, elle c'est Violet Beauregarde, la mangeuse de chewing-gum ! C'est Julia Winter qui interprétait Veruca :).
  2. IthurielleIthurielle

    Le 17 janvier 2013 à 17:27

    Posté par jack-parker
    Ah non, elle c'est Violet Beauregarde, la mangeuse de chewing-gum ! C'est Julia Winter qui interprétait Veruca :).

  3. LicentiaPoeticaLicentiaPoetica

    Le 17 janvier 2013 à 17:41

    Hier, un jour vide de ma vie de chômeuse comme les autres, je trainais sur dpstream pour me réveiller et là, que vois-je 0_0 ? Le fameux premier épisode de The Carrie Diaries ! Depuis le temps qu'on en entendait parler, j'avais hâte (et peur quand même) de voir ça.

    Étant très très bon public, j'ai bien aimé et je suis prête à voir la suite. Mais je pense qu'il ne faut vraiment pas essayer de faire de lien avec SATC parce que pour le coup, TCD n'est qu'une série pour ado et puis rien n'est comparable au mythique SATC.
    La seule chose qui m'a un peu dérangée, c'est que ca m'a beaucoup fait penser à Jane by Design pour celles qui connaissent (l'ado qui débarque de sa campagne pour bosser dans la grande ville et se faire embarquer comme par hasard dans le monde de la mode qu'elle adule).

    Bref, TCD ne sera pas la série du siècle je pense mais elle peut compter quelques beaux jours devant elle si les scénaristes la jouent fine. Elle a tout ce qu'il faut pour tenir la route.
    Je ne savais pas que Charlotte, Miranda et Samantha doivent finir par faire leur apparition et du coup j'ai multiplement hâte (pourtant, ce n'est pas près d'arriver normalement, elles se rencontrent à la vingtaine, non ?).
  4. ElledenElleden

    Le 17 janvier 2013 à 18:38

    Donc je suis la seule à ne pas avoir aimer ?
    J'ai juste eu l'impression de regarder Gossip Girl dans les années 80 (d'ailleurs, je trouve qu'il manque un truc, disons que ça se voit que le styliste est d'aujourd'hui. Dommage, Eric Daman était vraiment bon dans la saison 1 de GG) mais en moins bien.
    Je pense que ça y est j'ai dépassé le côté "j'aime les séries gnangnan avec ado riches et bien fringuées".
    Par contre, je suis contente de pas être la seule à avoir aussi remarqué qu'elle avait repris, discrétement, certains tics de Carrie de SATC.

    C'est con, j'ai adoré les livres The Carries Diaries mais le fait que ce soit la CW prouve que ça va être bien naze et culcul. Ils avaient réussi à gacher les livres GG, ils vont me gâcher ceux-là.
    D'ailleurs, l'histoire avance trop vite. Dans les bouquins, elle ne va pas à NY avant la fin du premier livre, il se passe toute une histoire avec Sebastien, Donna et ses amis avant qu'elle aille à NY. En plus, ce n'est pas pour aller bosser dans un cabinet d'avocat (non mais une ado de 16 piges ? sérieux ?!) mais pour un stage d'écriture pendant l'été.
    Ils introduisent New York beaucoup trop tôt, on a dû mal à comprendre son amour pour cette ville alors que dans les livres, Candace l'explique davantage.
    Je sais que ça n'a aucun intérêt de transposer page par page m'enfin il y a des limites !

    Autre problème : je sens qu'ils vont avoir un mal fou à faire partir les personnages qu'on a vu dans le 1 (Donna, Sebastien, Mousse…) et qu'ils vont trouver un moyen de les faire rester et venir à NY avec Carrie. Dans les bouquins (oui encore une fois), les persos du livre 1 sont intégralement remplacés dans le 2 pour d'autres. Carrie a toujours des nouvelles d'eux mais on ne les voit plus à toutes les pages.

    Bref, je pense qu'il y aura une annulation. De plus, il n'y a pas un gros suspense,dès le premier on sait ce qu'il va se passer, pas comme GG où Blair finissait avec Chuck (dans les livres, il est gay donc grosse surprise). On sait qu'elle ne restera pas ami avec ses copines de lycées, que ses amours ne vont pas durer… Enfin bon, je trouve ça plat et sans intérêt.

    Le seul truc intéressant et ingénieux :
    ATTENTION SPOILER (surligner, je ne sais pas comment le cacher)
    Donna est la cousine de Samantha dans le bouquin et c'est comme ça qu'elle rencontre Carrie
  5. ElledenElleden

    Le 17 janvier 2013 à 19:07

    Aucun rapport mais je n'arrive pas à accéder à ce sujet par l'article quand je clique sur "Viens participer sur le forum", ça fait Erreur.
  6. Cocomilie.Cocomilie.

    Le 17 janvier 2013 à 19:24

    Je ne regarde pas SATC, j'ai vu les films mais ça ne m'a pas emballé plus que ça, par contre, le fait que la série soit transposé pendant la jeunesse de l'héroïne dans les années 80 me bottent bien, je regarderais le pilote pour voir. :chat:
  7. Sr3s3Sr3s3

    Le 18 janvier 2013 à 09:35

    Je suis une grosse fan de la série SATC, alors j'ai lû pratiquement tous les bouquins de Candace Bushell (qui n'ont franchement pas grand chose à voir même si elle donnait son avis sur SATC- à part la 1ère saison sous forme de chronique peutêtre) et j'ai vu les films, qui m'ont déçue mais c'est une autre histoire et là bah la série me plait pas mal. Parceque je n'ai pas envie de faire le parallèle avec la Carrie de SATC, je vois ça totalement différement, même si la Carrie de 15 ans a pas mal de traits de caractères déjà de la Carrie New Yorkaise :). Bref moi j'ai eu un petit coup de foudre, donc ça ne remplacera pas Gossip Girl mais je sens le potentiel greluche à fond et j'adore ça :D.
  8. ManuMacMayaManuMacMaya

    Le 18 janvier 2013 à 11:55

    C'est moi où c'est un peu "sick" version Freud que son père l'appelle "Kiddo" comme le fait Mr Big ?
  9. SisleySisley

    Le 18 janvier 2013 à 23:27

    Alors que je suis fan de SATC, j'ai arrêté au bout de 8 minutes très exactement. J'ai l'impression de regarder un film pour ado de 13 ans qui bavent devant le beau gosse de la classe, avec tous les clichés et les vus-déjà vus des films de ce style.
    Ca m'a bien soulé.
  10. magjiemagjie

    Le 18 janvier 2013 à 23:57

    Alors il faut que je sois franche. J'ai essayé SATC, mais à l'époque j'ai pas aimé.
    Et puis là je vois qu'il y a  un prequel alors je me suis dite pourquoi pas commencer par ça. On sait jamais j'ai changé de mentalité et de goût depuis quelques années.
    Bref j'ai maté ce pilot et j'ai plutôt bien aimé. C'est peut être l'effet "en manque de gossip girl" (ou alors c'est la nostalgie Melrose place et Beverly hills). Mais franchement ce mélange de musique eightieth et de mode. Oui c'est un brin Jane by design (j'ai été déçu de son annulation). Mais ça me botte.
    Mais je me doute que au vu des chiffre ça va pas durer très longtemps. Enfin on sait jamais.
    Et puis ça va peut être me persuader de reprendre SATC.

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